Le voleur qui aimait Mondrian - Lawrence Block (1983)

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Le voleur qui aimait Mondrian - Lawrence Block (1983)

Message par stalker le Mar 1 Sep - 16:46



Bernie Rodenbarr est bouquiniste et connaît sa boutique par cœur. Il estime, il achète ou non, puis il revend. Rodenbarr estime aussi les bibliothèques des particuliers. Celle du richissime Onderdonk, par exemple, dans son appartement situé dans ce building nommé Le Charlemagne – une imprenable forteresse avec portiers et garçons d’ascenseurs, n’y entre pas qui veut, nous sommes à New-York.

Deux mille dollars, la bibliothèque. Quant au tableau de Pietr Mondrian qui figure dans le même appartement, Rodenbarr aura connaissance de sa valeur un peu plus tard, grâce à un jeu de circonstances fâcheuses qui font l’intrigue de ce roman.

Le voleur qui aimait Mondrian, c’est le même Bernie Rodenbarr.
Bern pour les intimes, qui, avant cette histoire, ne connaissait de Mondrian que les grandes lignes et les couleurs primaires. Mais quoi de plus stimulant qu’un meurtre sur le dos, puis deux tant qu’à faire, pour vous pousser à ouvrir les monographies ?
Alors Bern se retrouve en deux ou trois chapitres voleur de tableaux. Et même faussaire, par stratégie, car notre personnage est loin d’être stupide. Plein d’initiative, un trousseau de clés gros comme ça et un courage à deux mains, voire davantage, car les intimes s’associent aussitôt à Bern pour l’aider à sortir du pétrin dans lequel les circonstances l’ont mis : son amie lesbienne Carolyn ; Ray, le flic chargé de l’enquête ; l’exe à Bern, Denise ; puis le fils de Denise, puis les potes du fils à Denise, et même la voisine qu’en d’autres circonstances (ailleurs, dans un monde moins meilleur) aurait été la première à retourner sa veste et dénoncer sur-le-champ Bernie Rodenbarr.

Ça se complique.
Il s’avère peu à peu que Bern n’est pas seulement bouquiniste et cambrioleur, mais également génial. Cela dit, les situations et les pirouettes les plus invraisemblables soutiendront à leur tour le personnage. Quel veinard dans son mauvais sort, ce Bern. Et ça bascule lentement, au point d’en devenir complètement invraisemblable. Le monde entier semble aux pieds de Bern, c’est absolument merveilleux. On s’attend à ce que les caméras télévisées du monde entier (ou seulement celles des Etats Unis ?) prennent le relais du narrateur (Bern lui-même) pour dire leur compassion.

Jusqu’à la page 226 où un soupir me vient. Je referme le livre, 53 pages avant la fin. Vous poussez un peu trop loin le bouchon, Monsieur Block. Peut-être auriez-vous dû construire une intrigue un peu moins tirée par les cheveux, afin d’éviter au lecteur de vous suivre dans une blague pareille.



Série noire n°2403

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