Domino - Tony Scott (2005)

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Domino - Tony Scott (2005)

Message par stalker le Ven 28 Aoû - 14:47

Fille de l'acteur anglais Laurence Harvey et du mannequin Sophie Wynn, Domino est une jeune femme au tempérament très rebelle qui décide un jour de se joindre à un duo de chasseurs de primes formé par le dur à cuire Ed Mosbey et son jeune partenaire latino Choco. Très vite, la jeune femme se taille une belle réputation dans le milieu, ce qui attire l'attention du producteur de télévision Mark Heiss, qui offre au trio de participer à une émission de télé-réalité. C'est donc sous l'œil constant des caméras que Domino, Ed et Choco poursuivent leur dernière mission, au cours de laquelle ils se retrouvent mêlés à une sombre et complexe histoire de cambriolage dans la région de Las Vegas impliquant divers criminels, la pègre et le FBI.



Tony, petit frère de Ridley.
Son premier long métrage s’intitulait Les prédateurs (1983), une histoire de vampires modernes incarnés par Catherine Deneuve et David Bowie, troublants sur des airs de Bach et Delibes, qui marquera des esprits, mais ne contentera pas la critique. Il réalisera par la suite, entre autres, Top gun (1986), Le flic de Beverly Hills 2 (1987), Le fan (1996), Ennemi d’Etat (1998). L’attaque du métro 123 est actuellement à l’affiche.

Des Prédateurs à Domino, en ricochant par Le fan, quel rapport ?
Aucun, sommes-nous tentés de dire. Pourtant, une évidence apparaît ; elle se situe à l’échelle du traitement de l’image, du soin spécifique apporté au montage, au détriment parfois du scénario, mais aussi d’une approche plurielle des genres. Aucun grain n’est propre à Tony Scott, qui s’essaye, se disperse, se perfectionne ; tend même à s’effacer derrière des expériences formelles très éloignées, parfois discutables.

Domino rime avec Tueurs nés, d’Oliver Stone, mais il résonne aussi avec la touche parodique et critique du récent Boulevard de la mort, de Tarantino – où se combinent références mixées, obsession du montage, clins d’œil à gogo, cynisme et démesure. Un trip graphique parsemé de pieds de nez et de performances techniques, d’outrances et de dérision. On relève ici que le scénario est signé Richard Kelly (Southland tales, Donnie Darko). Seul un tandem pareil pouvait livrer une histoire aussi invraisemblable de chasseurs de primes stars de télé-réalité.

Mais cette histoire n’aurait jamais eu lieu si Lateesha (plus jeune grand-mère des Etats-Unis, à 28 ans – faites les calculs) n’avait pas baigné dans un trafic de faux permis de conduire, et si sa petite fille n’avait pas été atteinte d’une grave maladie, dont le remède (une opération non remboursée) coûte 300000 dollars. Lateesha rencontrera ainsi Domino, et il y aura des étincelles. En toile de fond de ce récit, ou au tout premier plan : un interrogatoire où Domino devra répondre de son implication dans une tuerie spectaculaire – prétexte pour Kelly et Scott à dépeindre un portrait contemporain des Etats-Unis.

Ici, les genres cinématographiques copulent en héritant les uns des autres et rendent un amalgame complexe. De même, les racines ethniques se mélangent et, comme le démontrera Lateesha sur un plateau télé, aboutissent à des identités nouvelles, telles que Latinegro ou Asianegro (toutes les combinaisons y passent).
Domino nous parle d’origines et d’héritages.
D’où venons-nous et qui sommes-nous à présent ? Où allons-nous ?



Domino, le personnage, n’échappera pas à ces interrogations et, malgré ses allures de salope-ex-mannequin-devenue-redoutable-chasseur-de-prime, possède aussi des failles, inattendues, car son blindage semblait à toute épreuve.
Que penserait le papa de Domino, célèbre acteur décédé, s’il voyait ce qu’est devenue sa fillette ? Qu’en pense sa maman, elle-même ex-mannequin ? Domino, fille indigne, hyper-sexy et sous ses airs guerriers, n’est-elle pas en train de démontrer à maman et papa qu’elle est devenue le contraire exact de ce qu’ils avaient programmé ? Le paradoxe d’une destinée toute tracée par la logique et la réussite génétique ?
Enfant de chœur raté + étudiante délurée + mannequin foiré = fille soldat sexuel = Domino = film déjanté.
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Re: Domino - Tony Scott (2005)

Message par Varg le Ven 28 Aoû - 20:43

J'ai fait l'effort...

Domino ne rime pas avec Tueurs nés. Domino a pompé un max Tueurs nés... C'est visuellement très MTV, laid, gros contrastes et super-filtres jaunasse vert retravaillés en post prod, ce n'est pas monté, c'est une espèce de bouillie avec des plans qui ne durent pas 3 secondes, pas d'échelle de plans, des ralentis qui ne se justifient pas, des zooms en veux-tu en voilà, des changements d'axes et de focales permanents sans intérêt autre sans doute que de me faire gerber mon apéro vespéral.

Tout cela agrémenté d'une bande son merdique et anonyme qui voudrait faire son expérimentale pour que les djeunes et les branchouilles à qui l'on destine le film puissent sentir qu'ils sont les maîtres du monde en regardant cela. Les acteurs cachetonnent, de toute façon, même si on leur avait demandé de jouer, la bouillie visuelle cacherait tout.

Et tout cela pour quoi ? Pour cacher pépère un scénario de tv show faiblard et lacunaire sous les apparences de la complexité et d'un bon happy ending baveux.


Vulgaire... C'est le mot exact.
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Re: Domino - Tony Scott (2005)

Message par stalker le Ven 28 Aoû - 21:03

Je me souviens que des regards s'étaient opposés sur le même principe, au sujet de Boulevard de la mort. C'était comparable.
Tout ce que tu décris sur le plan formel est rigoureusement exact. Et c'est précisément là que se trouve la parodie, à mon sens.
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Re: Domino - Tony Scott (2005)

Message par Varg le Ven 28 Aoû - 21:59

Donc, Scott fait un film moche, maladif, au scénario poussif et très moral, à la bande son abominable, avec des acteurs en dessous de tout, mais c'est une parodie ?

Une parodie de quoi ? De cinéma ?


Boulevard de la mort était creux mais au moins c'était mis en scène...
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Re: Domino - Tony Scott (2005)

Message par stalker le Ven 28 Aoû - 22:35

Une somme parodique. L'absence de mise en scène est de plus en plus courante, et pas seulement aux States (je prêche un convaincu, je sais). Le dernier exemple en date que j'ai vu, c'est la partie 2 de la saga Bourne. C'est du clip. Du hamburger pour décérébré. C'est une perche tendue à la parodie, à la caricature. Tout comme les effets que tu cites plus haut : ce maquillage de l'image à outrance, les ralentis dénués de sens, la couleur qui sature, etc. Puis la musique, effectivement. Puis le scénario, pas dessus tout. Domino ne se prend au sérieux du tout. C'est un vaste délire, mais complexe aussi, à mon sens. Il grouille de petites trappes et d'allusions très engagées. La séquence du plateau télé, avec Lateesha, est un exemple évident. On le prend dans la tronche et il nous reste à interpréter. Tout ça dans un gros bain d'effets spéciaux gerbants au possible. D'accord avec toi. C'était bien le but, je pense.
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Re: Domino - Tony Scott (2005)

Message par Varg le Ven 28 Aoû - 23:13

Que l'absence de mise en scène soit de plus en plus fréquente ne veut pas dire qu'un film non mis en scène est bon. Et qu'il puisse satisfaire un goût médiocre de plus en plus partagé ne me rassure pas vraiment.

Je n'ai pas vu les petites trappes et les allusions très engagées (le plateau télé n'est-il pas une resucée de True romance ?) ni le deuxième ou troisième niveau de discours qui m'auraient permis de visionner autre chose qu'un film de petit malin. Quant à pouvoir réfléchir dans ce bordel visuel et sonore de mauvais goût – si réflexion il doit y avoir – cela ne peut être réservé, comme je disais précédemment, qu'à des djeunes et des branchés aux nerfs d'acier et à l'estomac bien accroché, grandis dans la culture MTV.

Et ce n'est même pas un film déjanté...
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Re: Domino - Tony Scott (2005)

Message par stalker le Ven 28 Aoû - 23:31

Puisque tu le dis...
Mais je l'ai vu autrement.
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Re: Domino - Tony Scott (2005)

Message par Varg le Ven 28 Aoû - 23:59

C'est bête parce que j'aurais bien aimé voir le film de ta notice.
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Re: Domino - Tony Scott (2005)

Message par stalker le Sam 29 Aoû - 0:38

En revanche, je me passerai de voir celui dont tu parles :-)
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