Hillerman, Tony - Dieu-qui-parle (1989 - Rivages 1991)

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Hillerman, Tony - Dieu-qui-parle (1989 - Rivages 1991)

Message par Varg le Jeu 13 Aoû - 11:20



Sollicité par le FBI comme traqueur pour un cadavre édenté trouvé près de la voie ferrée de Santa Fe, Joe Leaphorn est intrigué par un morceau de papier mentionnant le nom d'Agnes Tsosie et le mot Yeibichaï, c'est-à-dire le rite guérisseur connu sous le nom belagaana de Voie de la Nuit. Un mois plus tard, Jim Chee se retrouve à la dernière nuit de ce Yeibichaï, chargé d'intercepter un blanc nommé Highhawk, petit neveu d'Agnes Tsosie aspirant à devenir navajo et qui milite à Washington pour le retour dans leurs terres des ossements indiens détenus par le Smithsonian Institute de Washington.


C'est un roman extrêmement dense proposé là par Hillerman, qui mène séparément ses deux héros vers la capitale fédérale et ses intrigues. Comme à son habitude et selon le tempérament propre au sergent et au Légendaire lieutenant, l'affaire est évoquée d'un point de vue plus religieux/métaphysique (s'agissant de Chee) et plus rationaliste (dans l'enquête menée par Leaphorn), les deux points de vue s'unissant au final pour comprendre tous les enjeux de l'histoire (qui touchent aux dictatures sanguinaires d'Amérique Latine et à leurs opposants) et déjouer un complot particulièrement complexe.

Le personnage de Highhawk permet à Hillerman de se moquer, à bon compte, de ces blancs qui cherchent à se rapprocher d'un monde indien qui les fascine. Il développe également un nouveau portrait de tueur à gages qui ne s'éloigne finalement qu'assez peu de ceux de Wolf (in Le Peuple des Ténèbres) et de Vaggan (in La voie du fantôme) : même culte de la force brutale, même paranoïa, même solitude.

Une fois à Washington, Hillerman nous épargne le côté indien dans la ville s'agissant de Jim Chee, qui continue seulement de s'étonner – comme il le fait dans la grande Rèze – de l'absence de compassion des Blancs pour leurs semblables. Il complique également à loisir la relation amoureuse entre Chee et Janet, tandis que l'on sent dans chaque geste et pensée de Leaphorn l'absence de son épouse défunte.

Un bon cru avec une intrigue tarabiscotée à souhait.

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Dernière édition par Varg le Jeu 13 Aoû - 12:00, édité 1 fois
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Re: Hillerman, Tony - Dieu-qui-parle (1989 - Rivages 1991)

Message par Varg le Jeu 13 Aoû - 11:42

La couverture est une photo d'un très beau masque Yeibichaï, donc tout à fait en rapport avec l'histoire.

Cette cérémonie qui dure neuf jours et neuf nuits est la plus pratiquée sur la grande Réze. Au cours de la cinquième nuit, les garçons et les filles entre sept et douze ans – qui sont rassemblés autour du malade qui tente de retrouver l'harmonie – sont confrontés à la personnification terrifiante des Ye'i (le peuple sacré de la cosmogonie) portant ce type de masque. Ils seront ensuite appelés à regarder à travers le masque, donc voir "l'autre côté". C'est pour se soumettre à ce rite de passage que Highhawk, bien qu'adulte, est présent au Yeibichaï de sa très éloignée grand-tante.
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