Les guerriers de la nuit - Walter Hill (1979)

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Les guerriers de la nuit - Walter Hill (1979)

Message par Varg le Sam 8 Aoû - 16:40



Lors d'une assemblée pacifique des gangs de jeunes dans un New York désert, Cyrus, le leader des Riffs, est abattu. La trève étant rompue, une chasse à l'homme s'engage dans toute la ville après The Warriors, une bande de Coney Island, soupçonnée du meurtre, qui tente de rentrer chez elle.


Contemporain du carpenterien Escape from New York commenté ici-même par stalker, Les Guerriers de la nuit (The Warriors) de Walter Hill avaient bénéficié à sa sortie d'une interdiction aux mineurs, non pour les actes de violence qu'il montrait, mais pour l'incitation à la subversion que contenait son premier quart d'heure. Dire aux jeunes de cette ville (de toutes les villes) : « comptez-vous quand vous ne vous tapez pas dessus puis comptez les flics. Alors, vous voyez bien que cette (ces) ville(s) nous appartien(nen)t » avait de quoi filer des boutons à n'importe quel responsable municipal, du garde champêtre de Champignac au maire de New York.

Hormis ce joli discours valable quelle que soit l'époque, il faut reconnaître que le film a légèrement vieilli et pas toujours bien. Dans une esthétique des gangs proche de celle que l'on trouve dans Orange mécanique qui, lui-même de ce côté, est très daté, The Warriors est en fait une partie de drapeau, de gendarmes et voleurs qui utilise parfaitement le décor urbain d'un New York nocturne (la photo de Andrew Laslow est somptueuse) abandonné aux bandes et aux forces de police – qui restent une menace réelle et vague – mais qui est finalement assez planplan. Il y a du rythme, du blabla existentiel, les séquences de combat ne sont pas si ringardes que cela, même si le choix a été de les restreindre à une violence esthétisée et distanciée, mais on sait dès le départ que ces jeunots, que l'on nous a montré finalement sous un angle très sympathique dès le départ et que l'on sait accusés à tort, arriveront à bon port, yeah... Et que, surtout, certains d'entre-eux chercheront une nouvelle voie plutôt que la délinquance (ach ! rétemption touchour !)

Quelques jolies trouvailles, comme la voix de l'invisible animatrice radio qui rythme – comme un chœur antique – la progression des jeunes et de leurs poursuivants vers la terre promise, la fin assez western avec le duel sur la plage, les superbes brushings et coupes afro de la bande de Coney où ses jeunes acteurs inconnus se débrouillent finalement pas si mal et une ville déserte, soumise, immense playground que Giuliani 15 ans plus tard réoccupera à coup de tolérance zéro.

Entre Los Olvidados et Cidade de Deus, ces Guerriers de la Nuit sonnent désormais un peu désuets.
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Varg

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