La Compagnie

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La Compagnie

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 22:10

Une brève nouvelle de SF rédigée par mes soins. Si les instances supérieures jugent que ça ne s'apparente pas à du Polar, qu'on la retire ! (euh si j'ai bien compris, c'est ici qu'on poste les nouvelles, hein ?) Je précise aussi que c'est un machin que j'ai écrit il y'a trois ans, et qu'en ma courte vie, trois ans,c'est long. J'implore votre indulgence.
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 22:12

La Compagnie




Phobos. Deuxième satellite de Mars. Mon tombeau.

Je grave une nouvelle barre à coté des autres, dans le mur d'acier de ma cellule. Combien de jours? Bientôt une semaine... La lueur du briquet électrique vacille, parce que je dois mettre tout le poids de mon corps dans le geste, ce qui n'est pas chose facile depuis que la gravité artificielle a cessé de fonctionner. J'ai déjà cassé une des lames du ciseau qui me sert d'outil, à essayer d'ouvrir la porte scellée, mais rien n'y fait. Tout sera bientôt fini.

Le briquet vient de rendre l'âme. J'ai plus de clopes, de toute façon. L’obscurité est maintenant totale. Heureusement que le lit est soudé au sol. Et que les chiottes fonctionnent encore. Chut. J'ai cru entendre une voix résonner quelque part dans l'obscurité. Je me demande combien sont encore vivants. Et je regarde les étoiles.

Les premiers jours, après le départ des gardiens, y'avait un bordel monstre. Ça gueulait si fort que j'arrivais pas à dormir. Depuis, les choses se sont peu à peu calmées. Il doit rester que les anciens. Ceux qui, comme moi, ont eu le temps d'emmagasiner quelques provisions sous leurs lits. Et qui savent que gueuler ne sert à rien. Ça fait six jours que je rationne mon soja lyophilisé. C'est dégueulasse mais c'est mieux que de crever de faim. Enfin je crois.

Il fait de plus en plus froid, même si le mitard est bien isolé. Je tâtonne pour la couverture. C'est difficile de s'enrouler en trois dimensions. Quelques torsions encore... Je retrouve la position fœtale. Pour quelques instants. Étrange comme la boucle semble toujours se boucler. On m'a déjà parlé des anciens bouddhistes de la Terre, ceux qui croyaient en la réincarnation. J'ai eu pas mal de temps pour penser à la mort, ici dans le noir. Tout compte fait, je crois que la réincarnation, c'est ce qui me botterait le plus.

Mes pensées s'égarent. Je vais me réfugier quelque part dans le passé. Je suis enfant. Le vingt­-troisième siècle appartient à ma génération. Et à la Compagnie. Surtout à la Compagnie. La Compagnie. Vers le milieu du 21ème, elle avait commencé à fusionner avec les multinationales de l'information. Peut être même qu'au départ, la Compagnie était l'une de ces multinationales. Tout ça est tellement loin maintenant. Et les cours d'histoire étaient flous au sujet de la Compagnie, comme si finalement ça n'avait pas vraiment d'importance. Ensuite, je crois qu'elle elle a investi dans d'autres secteurs, ceux qui comme les médias touchaient l'homme de près. La bouffe. Les fringues. Les bagnoles. Le monde leur mangeait dans la main. Littéralement.

Peu à peu, la Terre elle même fut morcelée et engloutie, comme un immense camembert. Secteur après secteur, pays après pays. Il n'y eut pas de révolte. Aucun soulèvement. Des années de matraquage médiatique et d'un excès de confort avaient fait de la race humaine un cheptel paisible et lobotomisé, un gros bébé obèse, abruti par son propre bien être. On pouvait tout avoir. Et les écrans faisaient en sorte qu'on voulait tout avoir. Alors la compagnie donnait, créait un nouveau besoin futile, et donnait encore.

Surexploitée, la planète hoquetait, bientôt l'oxygène vint à manquer. La Compagnie nous protégea en nous construisant les maisons-bulles. Elle nous vendit l'air dont on avait besoin. Aux côtés des usines qui crachaient dans l'atmosphère leur bile carbonique, se dressèrent des raffineries, qui exportaient par milliards des bonbonnes de vie. On travaillait pour la Compagnie, puis on leur rendait notre paye en échange du droit de respirer. Bientôt le système économique monétaire devint obsolète. La Compagnie le replaça par la toute puissance du litre d'oxygène. L'argent devint la vie elle-même, n'en était plus seulement la métaphore inquiète.

J'avais douze ans quand ma famille s'installa dans sa première maison-bulle. C'était blanc et hygiénique. Je me souviens qu'il n'y avait pas de fenêtres, il ne fallait pas regarder dehors, parce que dehors la Terre se mourrait, et dans ses derniers soubresauts, mère nature essayait en vain de chasser son monstrueux parasite, sa progéniture dégénérée. On explora l'espace, en vue d'un autre rocher à vampiriser. La colonisation débuta, on vit bientôt des maisons-bulles sur la Lune. Puis sur Mars. Et à l’intérieur de ces cocons aseptisés, on regardait les écrans, et tout allait bien.

Un sourire ironique fait craquer mes lèvres sèches. Si j'avais su… Dans le noir, mon épaule vient toucher la paroi glacée du hublot de plexiglas renforcé. Dehors, dans le froid, les étoiles brillent. Un écho métallique fait résonner les entrailles d'acier de Phobos. Quelque chose grince dans les tréfonds de la bête. Une voix digitalisée et féminine se fait entendre dans le couloir mais les parois de ma cellule en déforment le son, rendant le message incompréhensible. Certains détenus l'ont baptisé Betty, cette voix. Pourquoi pas. Mon esprit dérive à nouveau vers ce monde que j'ai laissé il y'a si longtemps.
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 22:12

Bien sur, la Compagnie toute puissante avait modelé la société, en avait fait un pantin docile, prêt à tout croire en échange de l'air pur. Les cours d'histoire m'avaient parlé du passé, de cette époque barbare et chaotique qui précédait l'arrivée de la Compagnie. Les croisades, les bombes. Les écrans-éducatifs n'en disaient que peu aux enfants, mais suffisamment pour nous faire comprendre les avantages de ce monde paisible, où nous, consommateurs, pouvions consommer tranquillement. La maladie disparut. L'humanité se mit à vieillir de moins en moins vite. Notre espérance de vie doubla.

La mort restait la seule chose sur laquelle la Compagnie n'avait pas de prise, l'ultime frontière. Le remède fut d’inciter à vivre en profitant, jusque dans tous les excès, en évitant de penser à soi, en évitant surtout de penser aux autres, parce que face à la mort on était seul. Les cimetières disparurent mystérieusement. On ne commémora plus les morts, parce qu'ils nous ramenaient sans cesse à notre propre finitude, celle à laquelle il ne fallait pas réfléchir. On détournait les yeux, et on laissait la Compagnie se charger des petites choses désagréables que l'on n'était pas obligés de voir.

Le crime est devenu de plus en plus rare. La Compagnie avait sa propre section judiciaire. Nous, les criminels, toxicos et autres fous avons simplement été mis de coté, pour toujours. Envoyés sur Phobos, où la Compagnie a fait construire un gigantesque pénitencier, loin de tout. Loin surtout du regard d'une société propre, correcte. Une société que l'on ne doit heurter à aucun prix, ni déstabiliser, car cela risquait de la forcer à éclore de sa propre indigence. On nous a cachés, on ne parle plus de nous qu'à demi mots, comme d'un parent éloigné atteint d'une maladie terriblement gênante. J'ai déjà vu un prisonnier hurler, implorer qu'on le frappe, qu'on le batte, uniquement pour se voir dans les yeux de quelqu'un d'autre. Juste quelques secondes. Le gardien qu'il avait invectivé lui a tourné le dos.

J'essaye de me tordre pour dériver vers le lit. Je commence à avoir faim. Je m'empare d'un sachet de soja auto-cuisson. Saveur volaille aux asperges. Les gosses sur Terre doivent se demander ce que c'est une volaille. Ou une asperge. Le sigle de la Compagnie me fixe. Je me marre, dans la pénombre. Manger. Le truc c'est d'arriver à coincer le sachet contre un mur, le temps que la bouffe se réchauffe. Sinon tout sort, et c'est immangeable. Enfin, encore moins comestible que d'habitude. Je fourre une poignée de soja dans ma bouche. Mouais. J'avale, et je regarde les étoiles.

Je me remémore les incidents d'Europe. Si c'était à refaire, je le referai. Même si c'est la raison pour laquelle je vais mourir ici. Europe, ça fait un bail. La Compagnie s'est tourné vers la petite lune gelée de Jupiter au moment où j'ai arrêté mes études. J'étais un jeune et brillant diplômé fraichement sorti de l'une des académies les plus prestigieuses de la Compagnie. Je savais me forcer à sourire aux bonnes personnes, et j'étais plutôt propre sur moi. La suite était logique. J'étais dans le sixième transport, en partance pour Europe, rattaché à l'un des centres de distribution d'oxygène dont dépendrait la survie de la colonie. Europe était un monde inhospitalier, mais cela ne variait pas beaucoup de la Terre. L'essentiel de notre temps était passé à l'intérieur, devant les écrans. S'aventurer dehors sans combinaison équivalait à une mort rapide, comme à la maison. Le climat était particulièrement rude sur Europe. Mars à coté, c'était de la rigolade.

Pourtant, je m'y suis plu. Mais les bonnes choses ont toujours une fin. Durant le début de ma quatrième année dans le nouveau monde, une grosse tempête a frappé la colonie. Beaucoup d'installations furent endommagées, dont la plupart des centres de distribution. Nous perdîmes beaucoup de nos réserves, trop pour que le vaisseau de réapprovisionnement puisse arriver à temps. Il y eut des morts. Face au dilemme qu'allait bientôt causer le manque d'oxygène, les huiles ont demandé conseil à leurs supérieurs terriens. Ils reçurent l'ordre de garder assez d'air pur pour leurs propres maisons-bulles. Les autres furent condamnés à l'asphyxie. Sous la contrainte, la Compagnie dévoilait son vrai visage. Et les colons se soulevèrent, le premier acte de rébellion depuis plus de trois siècles. Il y eut des morts.

Quand les secours sont enfin arrivés, ils étaient armés. La révolution qui avait eu lieu sur Europe faisait peur aux gros bonnets de la Terre. Nous n'avions que peu de moyens pour nous défendre, et après quelques exécutions sommaires, nous nous sommes rendus. J'ai été envoyé sur Phobos, avec les autres. Nous savions, en arrivant, que ce rocher était notre destination finale. Pour certains la fin est arrivée plus vite que d'autres. Il parait que durant la première année d'incarcération sur Phobos, le taux de suicide est de plus de quarante pour cent. Les corps sont alors proprement éjectés dans le vide interstellaire, où ils dérivent un temps avant de cramer en entrant dans le nouvel atmosphère de Mars. Je n'aurai pas cette chance.

D’ailleurs, la planète rouge commence peu à peu à réapparaître dans le champ de vision restreint que m'offre le hublot. Ça fait des semaines que les traînées blanches des transports en provenance de la grande sphère poussiéreuse ne me cachent plus les étoiles. Tout le monde est parti. II y'a six mois, le dernier contingent de prisonniers est arrivé. Ils nous ont appris que dehors, sur Terre, la chute de la production d'oxygène ne pouvait plus être dissimulée. J'ai repensé aux émeutes d'Europe. S’ils avaient plus assez d'air sur Terre, qui allait se soucier des parias de Phobos, pièces défectueuses du grand rouage mis en place par la Compagnie? Je savais que c’était fini pour nous, ici. Cela fait des mois que j'ai fait la paix avec mes démons. J'espère que les idiots de la Terre y ont pensé aussi.

Finalement, ce que nous soupçonnions est arrivé. Les gardiens sont partis. Ça fait presque une semaine déjà. Je compte les jours pour ne pas devenir fou. Et je regarde aussi les étoiles, en songeant à la Compagnie. Elle est devenue un personnage, finalement. Même si la Compagnie est une somme d'êtres, une société, une civilisation maintenant, c'est comme si elle prenait ses propres décisions. Même en cherchant, je peux pas comprendre comment mon espèce a pu choisir ce chemin, le chemin de la Compagnie, qui si inévitablement, si évidemment, a conduit l'humanité à sa perte.

Je crois que j'aimerais revoir la Terre, encore une fois. Je n'ai pas peur d'être déçu, je sais ce qu'elle est devenue. Une prison. Comme Phobos, sauf que sur Phobos, on sait qu'on est au mitard. Je revois les visages et les écrans. Pourquoi en sommes nous arrivés là ? Pire, comment avons nous pu nous en satisfaire? L'homme est il à ce point malléable? Peut il se conditionner à devenir une chose si méprisable qu'il en arrive à passivement s'auto-détruire ? C'est stupide que même devant l'évidence, je n'ai jamais perdu espoir. Vieux fou.

Une sirène stridente retentit dans les artères de Phobos. C'est donc pour maintenant. Le ronronnement rassurant de la ventilation s'arrête net, et le voyant rouge du verrou hermétique de la porte s'éteint. Les générateurs de secours ont lâché. Théoriquement, il me reste encore assez d'air pour quelques heures, mais je sais que si le système est hors service, la dépressurisation est imminente. Je ne veux pas mourir enfermé ici. Je veux pouvoir regarder les étoiles. J'avale goulûment une bouffée d'oxygène, je saisis les ciseaux cassés qui étincèlent dans le noir à quelques centimètres de moi. Je m'arc-boute sur le rebord du lit et me propulse vers la porte. La lame passe en dessous avec effort, j'agrandis l'ouverture, lentement. Ne casse pas. Ne casse pas. Ne casse pas.

La porte coulisse vers le haut. Une lumière rouge pulse par en dessous, et l'alarme hurle de tout son saoul. Mes doigts trouvent une prise sous l'acier froid. Ciel que c'est lourd! Toute ma force frêle n'a plus qu'un objectif. Je veux sortir. Ça a bougé. Encore. Cette putain de porte est coincée. Je passe un nouveau pallier dans l'effort, et l'obstacle se libère. Je me glisse en dessous. Dans le couloir d'acier je dérive en me massant le dos. J'ai déplacé quelque chose à coup sur.

Je m'agrippe aux poignées de secours, qui sont fixés de part et d'autre du corridor. C'est long et épuisant, mais je sais que je dois faire vite si je veux atteindre le sas du dock à temps. Je dépasse mon bloc de cellules, et me dirige vers la salle de mess. La lueur rougeoyante m'offre assez de visibilité pour trouver l'entrée du couloir C, celui qui va au quai de chargement. Des plateaux repas entrent en rotation lente à mon passage, en un ultime ballet. Je ne me retourne pas.

Encore un long corridor, le froid métallique est un supplice. Au bout, la gorge béante du quai de chargement. Cet endroit d'ordinaire si bruyant s'est tu. Les pistons de la grande grue sont immobiles. Je dérive à travers un temple vide, un palais mécanique. Les traces, non, les cicatrices de la Compagnie sont partout. Sur les caisses, la machinerie, les quelques panneaux de sécurité. Le silence est oppressant. Le sas d'entrée, gigantesque, destiné à accueillir les transports de la Terre, trône à l'extrémité de la salle. C'est par là que commence le chemin vers les étoiles. Et la liberté.

J'entends nettement le premier sas s'ouvrir. C'est lent et ça grince. Puis dans un rugissement, je suis happé par un froid irrespirable qui m'expulse hors de Phobos. La pression de l'accélération est énorme, m'écrase. C'est rapide, au moins. Mon corps est brisé, mais j'ai le sourire. Je peux voir les étoiles. Ça valait vraiment le coup. Un autre point lumineux vacille au loin, je crois que c'est peut être la Terre. Je détourne les yeux. C'est suffisant. Je préfère les étoiles.

Depuis quelques temps, je pense souvent aux anciennes religions. Aux fous qui pensaient que l'on était pas seuls à la fin. J'ai essayé de croire même, mais non, ça n'a pas collé. Sans doute je savais que quelque part, c'était la même chose que la Compagnie. Le cocon chaud et rassurant. Les ornières confortables. Nos phobies nous font construire des cages à l'intention de tous, à l'intérieur desquelles on peut maintenir l'illusion. Faire semblant que tout va bien. Et même si au début on voyait très bien au travers des barreaux, ceux qui meurent, ce qui meurt, on a fini par ne plus regarder que le trompe-l'œil rassurant de la consommation. Nous nous plaisons dans la folie et l'obscurité. Que c'est triste. Nous aurions dû grandir. Et mourir comme des hommes, plutôt que de crever comme des moutons. C'est triste, mais en même temps... En cet instant ultime, les étoiles trépassent dans mes yeux et d'égoïstes pensées viennent habiter ce corps qui refuse de s'éteindre dans la solitude. Bien fait pour notre gueule.
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Re: La Compagnie

Message par stalker le Jeu 6 Aoû - 2:17

Searclaw a écrit:Une brève nouvelle de SF rédigée par mes soins. Si les instances supérieures jugent que ça ne s'apparente pas à du Polar, qu'on la retire (...)
Instances supérieures...
Voilà où ça nous mène de poster des messages de plus de 30 caractères à longueur de temps.

Il y a d'autres amateurs de SF ici, Searclaw, tu devrais les croiser sans tarder, ou les dénicher par toi-même en fouillant bien.

Je te lis sous peu.
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Jeu 6 Aoû - 2:21

Cool. Le moi d'il y'a trois ans est plus qu'ouvert à la critique.

(grosse perche tendue à l'intention de Varg)
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Re: La Compagnie

Message par Varg le Jeu 6 Aoû - 7:31

Searclaw a écrit:Cool. Le moi d'il y'a trois ans est plus qu'ouvert à la critique.

(grosse perche tendue à l'intention de Varg)

Je n'en doute pas un seul instant mais je ne lis malheureusement pas la production des gens du forum. Je ne pourrais donc exercer ma légendaire sagacité de lecteur sur tes écrits.
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Jeu 6 Aoû - 12:45

Carrramba, encorrrrre rrrrraté !
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Re: La Compagnie

Message par stalker le Dim 23 Aoû - 1:03

Pour en revenir à ton texte, Searclaw, que je viens de lire, ce genre d'univers ne me parle pas trop, personnellement. Sans doute est-il trop froid, ou simplement impensable. Disons que je ne pense pas le devenir de l'humanité dans ce sens, donc je ne trouve pas d'intérêt à le découvrir à travers des textes. Eventuellement au cinéma, quand il s'agit de très bons films, comme 2001 l'odyssée de l'espace, Alien (les trois premiers) ou Solaris (celui de Tarkovsky). Ou certains ouvrages de K.Dick, Gibson ou Ballard. Même si les différentes métaphores et projections que tu mets en oeuvre dans ta nouvelle me paraissent tout à fait fondées, et plutôt cohérentes, je n'éprouve pas d'attirance pour cet univers. Je ne saurais donc pas en estimer la qualité vis-à-vis du genre lui-même.

Une chose est certaine, je te préfère très nettement dans l'univers de Neva.
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Dim 23 Aoû - 11:38

Évidemment. Moi aussi. Je pense que cette nouvelle est maladroite dans le sens où le message n'est pas très subtil, et l'univers trop peu développé. Ceci étant tu remarqueras que toutes les descriptions sont très allusives, exactement comme dans Neva. Ça plait ou ça plait pas, je pense. Peut-être que ça marche dans un univers de référence, et pas dans un monde sans repères, je sais pas. Autant j'ai eu des retours partisans de gens qui ont adoré, d'autres ressemblaient plus au tien. Je ne me suis pas encore fait d'avis sur ce texte.
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Re: La Compagnie

Message par edmond Gropl le Dim 23 Aoû - 13:44

Searclaw a écrit:... dans le sens où le message n'est pas très subtil,.
C'est peut-être pas tres subtil mais ici, à Marseille où nous accumulons les jours de pollutions à l'ozone, où les medecins déconseillent fortement l'effort physique, où les asthmatiques et autres insuffisants respiratoires sont plaints, où l'on répète que les enfants et les personnes agées ne doivent pas s'exposer à l'air (???) et ou à aucun moment ne sont mis en cause les véritables raisons de ce mal ( à part des panneaux enjoignants l'automobiliste à baisser sa vitesse), ton texte devient pertinent.
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Re: La Compagnie

Message par stalker le Dim 23 Aoû - 13:57

Il est pertinent pour d'autres raisons, similaires. Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi il se déroule sur d'autres planètes. Est-ce utile ? Cet aspect du texte crée une distance avec le lecteur et sa réalité. Il peut se dire dès le départ : ah oui, ça se passe ailleurs, c'est de la SF, ça ne peut pas être ici et maintenant. Alors que si tu conserves le côté critique (et apocalyptique) de ton texte pour le remettre à échelle terrestre, et au XXIème siècle, il reprend du sens ; on peut s'approprier ce que tu énonces comme signes annonciateurs d'un désastre. On ne serait plus dans la SF, mais bien dans un présent palpable et donc d'autant plus inquiétant.
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Dim 23 Aoû - 14:54

Ben le coté "autre planète" ça partait de l'idée du caché. On cache ce qui dérange. J'aimais bien le concept de la lune-prison. Après le vrai pourquoi.... C'est plus "pourquoi pas". Je voulais faire un truc post-apo, un peu éloigné dans le temps, pour plus "d'objectivité". Mais celui que je prépare sera au contraire très moderne. A peine de la SF. Là c'est de la SF et ça se revendique en tant que tel.

Edit : Edmond j'avais pas vu que t'avais posté, merci pour tes commentaires. Stalker aussi d'ailleurs.
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Re: La Compagnie

Message par fredgev le Lun 24 Aoû - 15:20

stalker a écrit:Il est pertinent pour d'autres raisons, similaires. Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi il se déroule sur d'autres planètes. Est-ce utile ? Cet aspect du texte crée une distance avec le lecteur et sa réalité. Il peut se dire dès le départ : ah oui, ça se passe ailleurs, c'est de la SF, ça ne peut pas être ici et maintenant. Alors que si tu conserves le côté critique (et apocalyptique) de ton texte pour le remettre à échelle terrestre, et au XXIème siècle, il reprend du sens ; on peut s'approprier ce que tu énonces comme signes annonciateurs d'un désastre. On ne serait plus dans la SF, mais bien dans un présent palpable et donc d'autant plus inquiétant.

si je peux me permettre, mon cher Cyril, cette vision de la SF me paraît erronée. Son but, à mon sens, est justement de questionner le présent en spéculant sur l'avenir. La SF parle du présent. De toute façon, je ne vois pas comment ce texte aurait pu s'inscrire dans le présent, ici, maintenant. En le projetant ailleurs, là bas, demain, searclaw nous montre ce qui pourrait être.

Il n'y a pas de "mauvaise" SF, ni de "bonne" SF, pour moi, il y a de la bonne littérature, ou de la mauvaise littérature. Le genre n'est rien d'autre qu'un contexte. Le regard, intemporel.
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Re: La Compagnie

Message par stalker le Lun 24 Aoû - 15:56

Dans ma vision de la SF, je dis surtout que cette spéculation sur l'avenir crée une distance avec le présent. Je m'en suis tenu à ce point-là pour expliquer à Searclaw pourquoi je ne parviens pas à m'approprier ce genre de texte, en tant que lecteur en 2009.
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Lun 24 Aoû - 16:27

Ce que je peux comprendre. Enfin, accepter en tout cas. :-)
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Re: La Compagnie

Message par limbes le Jeu 27 Aoû - 12:01

Ce qui introduit de la distance pour moi dans ton texte, ce n’est pas tellement le décalage temporel dont parle Stalker, mais plutôt une forme d’artificialité de certaines des pensées du personnage dans ce genre de situation. Des passages où je ne vois plus le personnage de chair et d’os qui va bientôt mourir, mais toi en tant qu’auteur qui t’adresse au lecteur du XXIème siècle pour le mettre en face de sa passivité coupable et délétère. Pour moi (mais ce n’est que mon avis), ça lui enlève de sa force, car je trouve l’ensemble plutôt intéressant notamment les descriptions allusives que tu évoques (pour ma part j’aime bien l’allusif).
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Jeu 27 Aoû - 20:57

La dessus tu as parfaitement raison. C'est pourquoi je disais que je savais pas trop quoi penser de ce texte. Mais ouais, t'as bien cerné le coté maladroit que je lui reproche.
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Re: La Compagnie

Message par Manuel le Jeu 4 Mar - 16:55

Ben, j'y ai mis le temps ! C'est vrai que j'avais d'autres occupations. Mais j'ai fini par la lire.

Ce que j'ai à dire :

1/Ben, c'est très bien, et je ne comprends pas pourquoi tu sembles aussi insatisfait. Je suppose que tu as changé en l'espace de trois ans, et que tu as une vision moins tranchée de l'avenir et des responsabilités de chacun. C'est donc le fond qui doit te gêner. Mais pour la forme, ce texte me paraît de la bonne SF, comparable à ce que je lis sur les sites de ce genre. Moi, en tout cas, j'ai accroché.

2/Pour les références, j'ai d'abord pensé à la "Compagnie des Glaces", de GJ Arnaud. Et puis, à la SF américaine des années 80, très apocalyptique : Waterworld, Alien, la série V. C'est à ça que tu pensais ?

3/Une remarque : un briquet électrique au 23è siècle, c'est peut-être vraiment maladroit. Je suppose qu'on aura inventé autre chose.

4/Le thème de la planète-prison a déjà été employé dans la SF. J'ai même vu un vieux film dans lequel c'était des extra-terrestres qui transformaient la Terre en bagne pour leurs propres criminels.

5/L'idée des maisons-bulles est bien trouvée et rejoint ce qu'on prévoit pour la colonisation de Mars.

6/Histoire de parler, je signale que ce n'est pas Europe qui est envisagée pour implanter des êtres humains. C'est sa voisine Io, et aussi Titan, un satellite de Saturne. Ces deux-là sont presque des copies conformes de la Terre et on pense que c'est là que la race humaine a le plus de chances de s'adapter.
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Re: La Compagnie

Message par Searclaw le Ven 5 Mar - 1:04

Cool. Merci Manuel.

Alors....

1) C'est vrai que j'ai changé en trois ans, mais pas forcément dans ce sens là, au contraire, j'ai même fait subir des changements radicaux à ma propre vie pour me détacher de ce que j'y dénonce, dans l'idée. Ce n'est pas tant le fond qui me gène, c'est plus la forme. Sans doute parce qu'en trois ans, je crois que j'ai bien avancé au niveau du style, et il y a quelques trucs que je trouve maladroit. Ceci étant, c'est vrai aussi que je trouve le traitement du sujet pas suffisamment poussé, trop immature (mais pas dans sa radicalité, plutôt dans sa profondeur).

2) La compagnie des glaces c'est une de mes bibles, pourtant, j'ai réellement découvert cette série de bijoux après la rédaction du dit texte. Effectivement il y a une grosse influence Alien, j'aime énormément le Space Punk. Je ne sais pas si tu es familiarisé avec la série littéraire (dans les films c'est un peu moins présent, sauf peut être dans le deux) mais on en vient à une énorme critique des multinationales. Waterworld, j'aime bien l'univers, mais pour le coup, je peux pas le citer en référence. Où alors inconsciente.

3) Tout à fait. Mais je m'étais dit qu'un briquet à neutrons ça serait probablement interdit à bord d'une planète prison. Mais dans l'absolu, oui, bien sûr.

4) Ouais, c'est un thème visité et sur-visité. Mais j'aime bien ce thème, et ça collait bien avec ce que j'avais envie de dire : on cache et on éloigne ce qui gène.

5) Peut être que je verrai ça dans ma vie. Je parle de la colonisation de Mars, bien sûr. Mais je pense que beaucoup de choses devront changer avant, pour le meilleur ou pour le pire.

6) En fait j'avais imaginé une colonie sous la glace (dans l'eau) avec des forages géo-thermaux pour l'énergie. Mais j'avais coupé le passage décrivant tout ça, parce que ça me paraissait une digression inutile qui déservait l'histoire. Titan est repris dans tellement de littérature de SF (au cinéma aussi, avec entre-autres "Bienvenue à Gattaca") que j'ai voulu innové. Et Europe m'a toujours fasciné. J'aimerais tellement qu'on découvre de la vie quelque part dans les eaux chaudes près du noyau. Peut-être même des organismes complexes. Là, ça serait juste génial.

Merci pour tes commentaires Manuel. Ça me fait bizarre de parler de ce vieux bidule aujourd'hui.
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