Question critique

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Re: Question critique

Message par Varg le Mer 5 Aoû - 12:12

edmond Gropl a écrit:Effectivement.. Je ne doute absolument pas de la volonté des chroniqueurs de promouvoir et défendre le roman noir mais ce réflexe de regroupement sous la bannière "Serial Kronik" est étrange.
Je ne doute pas non plus de leur affection pour le genre noir et des efforts qu'ils ont toujours mené pour en parler. Je ne leur dénie évidemment pas non plus le droit de s'organiser en groupe, en ligue, en procession pour défendre leurs positions. Je m'interroge seulement sur les modalités et sur ce que sont vraiment ces positions.
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Re: Question critique

Message par Varg le Mer 5 Aoû - 12:23

limbes a écrit:A mon avis c'est la question essentielle, et dans ce cadre discriminer ça reviendrait peut-être à quelque chose de l'ordre de se donner les moyens de (re)trouver un désir singulier, propre, ou au moins plus lucide, en se forgeant à soi les outils pour cheminer en dehors du désir de l'autre.
(...)
Ce qui est frappant avec internet, c'est que ça nous met sous les yeux en permanence et bien plus qu'avant le désir des autres, et ce spectacle est assez monstrueux non pas par des heurts dantesques de subjectivités, mais bien parce qu'il nous plonge dans un brouet insipide et uniforme, dans lequel pour les raisons que donnent Varg il est facile de s'engluer un peu plus, pour "en être".

Tout le problème est là : le désir singulier, propre, ou au moins plus lucide existe-t-il ? Je pense que non, qu'il est toujours médiatisé par un tiers qui nous dit quoi désirer, attendant de nous, en désirant ce quoi, de lui confirmer que ce quoi est bien désirable.

Et c'est bien pour cela qu'Internet nous met sous les yeux tous ces désirs désirants, monstres humains en quête de quelque chose à désirer pour exister, car ce que l'on désire n'est pas la chose mais l'être qui désire tout en semblant de rien désirer.

Beaucoup de souffrances encore avant de trouver le chemin d'une autonomie de l'homme qui seule pourrait nous affranchir du désir de l'autre, miroir anthropophage de notre propre désir.
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Re: Question critique

Message par stalker le Mer 5 Aoû - 13:12

Varg a écrit:
Tout le problème est là : le désir singulier, propre, ou au moins plus lucide existe-t-il ? Je pense que non, qu'il est toujours médiatisé par un tiers qui nous dit quoi désirer, attendant de nous, en désirant ce quoi, de lui confirmer que ce quoi est bien désirable.

Et c'est bien pour cela qu'Internet nous met sous les yeux tous ces désirs désirants, monstres humains en quête de quelque chose à désirer pour exister, car ce que l'on désire n'est pas la chose mais l'être qui désire tout en semblant de rien désirer.

Beaucoup de souffrances encore avant de trouver le chemin d'une autonomie de l'homme qui seule pourrait nous affranchir du désir de l'autre, miroir anthropophage de notre propre désir.

Moi qui envisageais de faire de Noir Bazar un forum people, avec des posts pareils c'est assez mal barré...
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Re: Question critique

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 15:14

J'ai étudié la critique contemporaine durant mon parcours universitaire et cela me pousse à d'avantage de clémence que certains pour ces nouvelles formes de critique informels qui naissent sur le net.

Mon analyse du comportement de la critique dite "académique" envers un genre littéraire encore plus dénigré que le polar, la Fantasy, m'a fait prendre conscience que bien souvent, ils (les critiques) jouaient ni plus ni moins le rôle de ce que les sociologues anglo-saxons appellent les "gate keepers", c'est à dire de gardiens auto-proclamés des normes sociales et artistiques de l'ordre établi, prêts à fondre sans sommation sur tout ce qui diverge vaguement du canon culturel admis, et défendent pour le coup une idée qui me hérisse particulièrement le pelage, celui de l'Art avec un grand A, élitiste et inaccessible aux masses stupides.

J'en suis arrivé à la conclusion que je préfère de loin une critique maladroite constituée de gens ordinaires, plutôt qu'un cercle fermé de pseudo-intellectuels qui se permettent d'émettre des jugements absolutistes et manichéens sur l'art en général, et osent même prétendre avoir le pouvoir de décider de ce qui est de l'art, et de ce qui ne l'est pas, comme de ce qui relève de la Véritable Littérature, et de ce qui ne peut être qualifié -comme le Polar ou la Fantasy, que de "sous-littérature".

Au moins, les internautes n'en ont pour la plupart absolument rien à faire, et cherchent seulement à communiquer ce qui en mon sens est l'unique chose qui subsiste d'une oeuvre après sa lecture, c'est à dire une expérience émotionnelle positive ou négative, dégagée des analyses stylistiques ou textuels pédants (et souvent terriblement hors-sujet) de quelques universitaires frustrés.

Après il faut aussi savoir prendre ces critiques amateurs pour ce qu'ils sont, et considérer qu'il ne s'agit là que d'un avis personnel. Au moins, pour la plupart, ils ne prétendent pas qu'ils s'agisse d'autre chose.
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Re: Question critique

Message par stalker le Mer 5 Aoû - 15:33

Bienvenue à toi Searclaw.

Je pense néanmoins qu'il existe des nuances entre les critiques d'intellos frustrés (la presse spécialisée en regorge) et les internautes qui vont résumer leur avis sur un roman à : "trop cool ce bouquin, j'ai aimé, c'est top (à grand renfort de smileys)". Je schématise volontairement. Nuance ne signifie pas compromis ou tiédeur, mais peut précisément comprendre l'émotion, le plaisir, tout en les nourrissant de quelques arguments.
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Re: Question critique

Message par Varg le Mer 5 Aoû - 15:41

Bonjour et bienvenue Searclaw,

Limiter les possibilités critiques à deux positions antagonistes, les gardiens de la reproduction sociale d'un côté – qui me semblent justement à l'œuvre dans l'histoire que je suis en train de raconter – et les forces vives du bon sens individuel de l'autre – qui peuvent être terriblement non partageables dans l'expression de « l'unique chose qui subsiste d'une œuvre après sa lecture, c'est à dire une expérience émotionnelle positive ou négative » que tu réclames – n'est pas satisfaisant.

La question que nous nous posons en fait ici pourrait être « comment et de quelle façon peut-on occuper l'espace entre ces deux positions ?».
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Re: Question critique

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 16:00

J'accepte l'argument Stalker. Je vais dans ton sens concernant la nuance. Ceci étant (en mon humble expérience), j'ai rarement vu de messages type "Kikoo lol trp ptdr le drnié Pouy, g adorer". Il me semble que même sur le net, en principe, ceux qui font l'effort de chroniquer un livre, et ben ils font l'effort de chroniquer un livre. Après, je peux me tromper, n'ayant que peu d'expérience en la matière.

Bon alors certes, c'est pas tous des pros, mais personnellement, c'est ce que j'aime, parce que justement ils n'ont pas les mêmes vices que le spécialiste, qui souvent se perd en comparaisons avec des trucs obscurs des années vingt à vingt trois issus de la culture du nord nord-ouest du Chicago.

Je dis pas que c'est mal de savoir ce genre de trucs, ou même de les communiquer, c'est juste que moi et le lecteur lambda qui ne connaissons pas la référence, ça nous laisse dans le vague. Je le concède, moi aussi je caricature.

En fait, j'aime la spontanéité de l'internaute, qui donne son avis même s'il n'a pas la légitimité "sociale" pour le faire. Mon coté punk qui ressort peut-être....


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Re: Question critique

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 16:06

Bonjour Varg !

Ok, en fait j'étais hors sujet.... Alors pour que je comprenne de quoi il en retourne... Quand tu dis "comment et de quelle façon peut-on occuper l'espace entre ces deux positions ?", c'est qui ce "on" à qui tu fais référence ?

L'auteur en particulier, les individus, les critiques, nous sur ce forum, ou la société en général ?
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Re: Question critique

Message par Varg le Mer 5 Aoû - 16:27

Le "on" est un "nous" générique qui est n'importe quelle personne souhaitant parler d'un auteur ou d'un livre dans un forum ou dans un blog. Comment définir une critique qui ne serait pas celle confisquée par des spécialistes de la spécialité et qui ne serait pas non plus un avis Café du commerce démultiplié ou, pire encore, un avis Café du commerce se parant des plumes de paon du critique ?

Sur ce que tu as répondu à Stalker, il y a possibilité d'élaborer une critique (je ne sais pas ce que c'est, je cherche encore) qui fasse appel à un référentiel sans que celui-ci soit pénalisant dans la compréhension des arguments. Refuser l'inscription d'un auteur dans un schéma historique ou personnel, dans une filiation s'il la revendique, dans les particularités qu'il tend à développer dans son œuvre, c'est se condamner à entasser des ressentis dans lesquels tous les écrits et tous les auteurs se valent ce qui, comme j'essaie de l'expliquer depuis le début de ce fuseau, est difficilement partageable. C'est de la bouillie pour les chats (punks) aurait dit ma regrettée prof de piano.
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Re: Question critique

Message par stalker le Mer 5 Aoû - 16:34

Searclaw a écrit:J'accepte l'argument Stalker. Je vais dans ton sens concernant la nuance. Ceci étant (en mon humble expérience), j'ai rarement vu de messages type "Kikoo lol trp ptdr le drnié Pouy, g adorer". Il me semble que même sur le net, en principe, ceux qui font l'effort de chroniquer un livre, et ben ils font l'effort de chroniquer un livre. Après, je peux me tromper, n'ayant que peu d'expérience en la matière.

Bon alors certes, c'est pas tous des pros, mais personnellement, c'est ce que j'aime, parce que justement ils n'ont pas les mêmes vices que le spécialiste, qui souvent se perd en comparaisons avec des trucs obscurs des années vingt à vingt trois issus de la culture du nord nord-ouest du Chicago.

Je dis pas que c'est mal de savoir ce genre de trucs, ou même de les communiquer, c'est juste que moi et le lecteur lambda qui ne connaissons pas la référence, ça nous laisse dans le vague. Je le concède, moi aussi je caricature.

En fait, j'aime la spontanéité de l'internaute, qui donne son avis même s'il n'a pas la légitimité "sociale" pour le faire. Mon coté punk qui ressort peut-être....

Mince, revoilà les punks. Je pensais qu'on avait conclu qu'ils étaient bel et bien morts...
:-)

Je pense qu'une oeuvre n'est jamais isolée dans le temps. Elle hérite nécessairement d'une Histoire et s'inscrit elle-même dans un présent actif. Il n'y a pas de mode d'emploi pour lire un livre ou regarder un film, ni pour apprécier une oeuvre d'art (chacun fait ce qu'il veut), mais il me semble plus instructif et constructif de savoir d'où ils viennent, à quels mouvements ou quelles époques ils se rattachent, pour mieux les comprendre et les investir - aussi pour rebondir vers des oeuvres antérieures, ou vers d'autres auteurs contemporains. C'est le propre de la culture d'offrir de tels échos et des parcours dans le temps.
Ton exemple est à peine caricatural dans ce sens.
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Re: Question critique

Message par edmond Gropl le Mer 5 Aoû - 18:25

Il suffit que les uns parlent avec les autres, sans à priori, en acceptant la remise en question.
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Re: Question critique

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 18:29

Yarf.

Alors Messieurs,

Je crois (sans doute l'aurez-vous remarqué) que je suis entrain de dériver doucement vers une autre question, donc je vais y aller franco et me risquer à faire du presque hors-sujet, histoire de tenter de boucler la boucle par analogie.

Qu'est-ce qui est "critiquable" ?

Et du coup, qu'est-ce qui est de l'art ?

Une fois qu'on a une réponse à ces deux questions, on peut passer aux suivantes : "qui" peut critiquer ? puis "comment" critiquer ? (c'est à dire retour à la question initiale, si j'ai bien tout compris). Le souci dans ce raisonnement c'est qu'en mon humble opinion, y'a pas de réponse universelle aux deux premières questions, seulement une série d'avis subjectifs, et effectivement soumis à leur propre point de vue affectif, culturel, historique etc...

Comme je l'ai souligné précédemment, je n'adhère pas au dogme de l'art transcendantal, parce que l'art c'est pas une mathématique abstraite qui peut prétendre échapper à nos perceptions et à nos sens. L'art n'est pas un concept, mais au contraire, je crois, une bouillie de chats (Punks !), un mélange joyeux et informe de tout ce qui un jour a été engendré par l'esprit humain dans le but d'échanger des émotions avec son prochain.

De ce fait, même si ça me file la nausée, je n'irai pas dire que "Plus belle la vie" n'est pas une forme d'art. A ce titre, (ok, je vais jusqu'au bout, pas taper :-)) comment pourrais-je mal juger qu'un individu réceptif à ce genre d'émission puisse émettre la critique suivante "Tro bi1 l'épisod d'aujourd'hui, g tro kiffé kan marcel il demend juli en mariaj, g pleuré" (le lecteur notera ma méconnaissance parfaite du prénom des protagonistes de Plus belle la vie). Peut-être qu'il n'y avait guère plus à dire.

Quelles différences existe-t'il entre un critique professionnel et cette jeune spectatrice émue qui s'exprime sur le net ? Et bien sans doute le critique dispose t'il d'un bagage culturel plus étoffé, d'une meilleure maitrise du vocabulaire et de l'orthographe. Pourtant, lorsqu'il rédigera sa chronique, il sera soumis à la même subjectivité que cette demoiselle, et ne fera qu'exprimer son ressenti, certes plus aiguisé, mais en rien différent. Comment distinguer les deux analyses ? Ça me parait difficile. Ce qui change, c'est la forme. L'un sait communiquer de façon complexe, l'autre non... Bref.

Je sais pas si c'est clair là où je veux en venir. Pour moi, la critique relève autant de l'art que l'art qu'elle critique (en tant que création subjective), et du coup, tenter d'assumer une position critique précise me parait difficile, puisque une critique c'est non seulement soumis à l'individualité de son rédacteur, mais également à celui du lecteur qui le reçoit. Peut être que je suis trop influencé par mon expérience personnelle, mais j'ai toujours pensé que quoi qu'on essaye de faire, c'est toujours les autres qui vont l'interpréter (je dis pas ça comme une chose négative, au contraire). Par exemple, j'ai écrit une histoire, et on m'a dit que c'était un polar post-je-sais plus-quoi. Cool. Pour moi, c'est une histoire.

Euh....Ça fait avancer le débat ce que je dis, ou pas ?


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Re: Question critique

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 18:43

Mince, revoilà les punks. Je pensais qu'on avait conclu qu'ils étaient bel et bien morts...
:-)

Je pense qu'une oeuvre n'est jamais isolée dans le temps. Elle hérite nécessairement d'une Histoire et s'inscrit elle-même dans un présent actif. Il n'y a pas de mode d'emploi pour lire un livre ou regarder un film, ni pour apprécier une oeuvre d'art (chacun fait ce qu'il veut), mais il me semble plus instructif et constructif de savoir d'où ils viennent, à quels mouvements ou quelles époques ils se rattachent, pour mieux les comprendre et les investir - aussi pour rebondir vers des oeuvres antérieures, ou vers d'autres auteurs contemporains. C'est le propre de la culture d'offrir de tels échos et des parcours dans le temps.
Ton exemple est à peine caricatural dans ce sens.

Absolument d'accord. D'où la caricature. :-)
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Re: Question critique

Message par Varg le Mer 5 Aoû - 19:22

J'ai bien peur que notre chat punk aie mangé un peu trop de bouillie et qu'il se mélange les papattes dans ses propres concepts. Qu'il dénonce dans son premier message, babines retroussées, les Gardiens du Temple qui garderaient et reproduiraient l'ordre social et donc ses valeurs - entre autres artistiques – et qu'il dise ensuite dans son dernier poulet que c'est équivalent au refus de la transcendance de l'Art (comme il n'y a rien entre, je l'ai déduit) est un petit peu cavalier, même pour un félin. Il est tout à fait possible de poser, pour soi, la transcendance de l'Art, et je pense qu'un paquet d'artistes est forcément passé par là. Il y en a même, les fous, qui pensent (ou pensaient, y'a-t-il encore des artistes ?) que cette transcendance était la seule capable justement de bousculer les normes sociales. Avaient-ils raison ou tort, nul ne le sait, il faudrait qu'un critique se penche sur la question. Ahahaha...

Pouf pouf...

Je crois aussi qu'il ne faut pas associer critique et art, d'abord parce que la problématique de la critique telle que nous tentons de la poser n'est pas circonscrite à ce domaine (quid de la critique dans le champ politique par exemple ? sociologique ? philosophique ? etc.) Pour reprendre l'exemple de Plus belle la vie, la question de savoir s'il s'agit d'art ou pas est complètement superfétatoire (avec l'utilisation de ce mot à 6 syllabes, je prends 200 € et j'évite la case prison) puisqu'on peut produire, à partir de cette série, un discours critique dans différentes directions – par exemple sociologiques – qui se fiche comme de l'an 40 de savoir si c'est de l'art – c'est une représentation sociale – et encore plus de savoir « si tout le monde a kiffé le sode où...» Oui, mais euh, ça n'intéresse personne tes sociotrucs machin... Là est la question aurait répliqué un célèbre danois...

D'ailleurs je me suis bien gardé de parler d'art et j'ai laissé mon propos à hauteur de littérature et cela pourrait d'ailleurs donner lieu à une interrogation grosminesque : le livre et le film sont les deux champs massivement investis par les commentaires de Mr Tout le monde via les blogs (cela rejoint ce que disait edmond gropl hier : il n'y a jamais eu autant de pages parlant de polars et jamais eu aussi peu de débats). Pourquoi ? Pourquoi pas la musique contemporaine, les arts plastiques, l'architecture, le design ?


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Re: Question critique

Message par stalker le Mer 5 Aoû - 19:37

Toutes les interventions font avancer le débat, surtout quand elles sont argumentées comme les tiennes, Searclaw.

Searclaw a écrit:
Quelles différences existe-t'il entre un critique professionnel et cette jeune spectatrice émue qui s'exprime sur le net ? Et bien sans doute le critique dispose t'il d'un bagage culturel plus étoffé, d'une meilleure maitrise du vocabulaire et de l'orthographe. Pourtant, lorsqu'il rédigera sa chronique, il sera soumis à la même subjectivité que cette demoiselle, et ne fera qu'exprimer son ressenti, certes plus aiguisé, mais en rien différent. Comment distinguer les deux analyses ? Ça me parait difficile. Ce qui change, c'est la forme. L'un sait communiquer de façon complexe, l'autre non... Bref.


Il y a comme une provocation dans ce passage, je trouve, mais ce n'est peut-être pas le cas.
Ce qu'on peut admettre, c'est que le critique a des chances de t'éclairer sur une oeuvre, contrairement à la demoiselle.

Mais je vois bien où tu veux en venir.
Par ailleurs, pour revenir sur la question, "objectivité" ne signifie pas "science infuse". Il s'agirait plutôt d'une tentative de prise de recul pour permettre de mieux analyser une oeuvre, ou une situation, ou un paysage. Mais le recul est un mouvement qui, à mon sens, fait cruellement défaut à un corps social contaminé à l'individualisme, c'est à dire au MOI-JE aveugle et sourd.

Car qui va répondre à cette sublime formule émise par ta demoiselle ?
Personne.
Une autre demoiselle va écrire à la suite une autre formule qui dira qu'elle aussi elle a trop kiffé sur ceci ou cela, et etc, etc (les sites qui permettent ce genre de réaction des internautes sont multiples). Il n'y aura pas de débat. On en ressortira aussi riche ou aussi pauvre qu'en arrivant, et c'est ça que je déplore. Il n'y a pas d'échange. Il n'y a par ailleurs pas de culture non plus, car "culture" suppose qu'on se cultive et qu'on progresse. C'est lié au savoir, et non pas à l'expression gratuite des individualités sur un support électronique révolutionnaire qui laisse penser aux gens qu'ils sont moins seuls et qu'on les considère.

Je dois paraître radical en disant ça, mais le constat est simple à faire en naviguant un peu (Yahoo, Allociné...)

On s'éloigne un peu, mais pas tant que ça.
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Re: Question critique

Message par Searclaw le Mer 5 Aoû - 20:17

J'ai bien peur que notre chat punk aie mangé un peu trop de bouillie

Attends c'est super bon la bouillie, on peut jamais en manger trop...

Plus sérieusement, je vois mieux où vous voulez en venir.

Stalker, j'adhère à 150 % à ton point de vue (par contre t'as un peu raté ton interjection allocinésque, en plaçant une négation devant le sujet/verbe. T'inquiète pas on chope le coup assez rapidement, faut s'entrainer, ça viens avec le temps). (edit : ah, tiens tu l'as enlevé, bel exemple d'abnégation)

Je vois pas en quoi ce que tu décris est radical, au contraire, c'est la norme aujourd'hui.

Alors au risque d'être provocateur encore une fois (les chats sont joueurs après tout, et les punks j'en parle même pas), qu'est ce qui t'amène (vous amène ?) à penser qu'une critique puisse être autre chose que ce que tu (nous) dénonces (dénonçons), c'est à dire une superposition d'avis réduits à une certaine forme de subjectivité, qui même dans le cadre d'un débat, sont voués à ne jamais se rencontrer, séparés qu'ils sont par ce qui, en mon sens, est le premier outil avec lequel on approche un livre, c'est à dire les émotions de chacun.

Il ne me semble pas que l'on établisse une critique littéraire basée sur le seul style, mais plutôt sur une sensation d'ensemble. On a tous lu des textes que l'on reconnait comme étant stylistiquement irréprochables, mais qui n'en demeurent pas moins ennuyeux à mourir. Or, je m'avancerai en affirmant que ce qui fait un bon livre (qui me plait en tant qu'individu) n'est pas tant le style en lui-même, mais une approche d'ensemble qui agit, ou non sur les émotions (dictés par l'éducation, la trajectoire culturelle etc...)

D'où le fond de ma pensée, le (réel) débat critique est-il possible sans qu'il ne relève que d'une forme plus léchée des "kikoo lol" etc... et ne s'enlise dans un semblant d'échange, ou d'interaction entre deux ressentis émotionnels évolués, alors qu'en fait ils sont voués, par nature, à ne pas se rencontrer, puisque les cocktails chimiques qui provoquent ces opinions naissent dans deux cerveaux différents ?

Disclaimer : J'assume entièrement le rôle d'avocat du diable que j'ai choisi de jouer, et m'excuse par avance si le sujet part en live dans des considérations métaphysiques sur le solipsisme.
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Re: Question critique

Message par stalker le Jeu 6 Aoû - 2:04

Searclaw a écrit:
Alors au risque d'être provocateur encore une fois (les chats sont joueurs après tout, et les punks j'en parle même pas), qu'est ce qui t'amène (vous amène ?) à penser qu'une critique puisse être autre chose que ce que tu (nous) dénonces (dénonçons), c'est à dire une superposition d'avis réduits à une certaine forme de subjectivité, qui même dans le cadre d'un débat, sont voués à ne jamais se rencontrer, séparés qu'ils sont par ce qui, en mon sens, est le premier outil avec lequel on approche un livre, c'est à dire les émotions de chacun.

L'émotion seule ne fait pas la critique. Loin de là je dirais. Mais elle y est indispensable. La chair et la vie, dit Varg, et je crois qu'on est au moins tous d'accord là-dessus. Mais je pense qu'on ne s'entend pas sur le mot "critique", car les avis spontanés qui grouillent sur Internet (réaction des internautes à la suite d'un sujet quelconque ou au sujet d'un film, d'un livre ; y compris sur des forums où chacun y va de son opinion en deux mots ou deux lignes) ne sont pas des critiques. C'est des avis personnels postés là parce que c'est permis ; parce que ça fait parti d'un dispositif public ; parce que c'est aussi le but d'un forum, qu'il soit ouvert et permette à chacun de s'exprimer, à sa mesure, comme il l'entend.

La critique procède de l'analyse et de l'argumentation. Elle est structurée (à la guise de celui qui la formule, c'est à dire qu'elle peut aussi bien apparaître complètement destructurée) et développée. Généralement elle est nourrissante, dans le sens où elle propose de dépasser la surface de l'oeuvre critiquée pour l'explorer dans le fond et dans la forme (articulation d'un récit et style employé, puis sens véhiculé par ces deux éléments combinés). La critique peut graviter autour de l'oeuvre ou s'en détacher complètement, ou les deux, précisément pour puiser dans ses origines, sa provenance, les échos qu'elle suscite, ici et maintenant ou dans l'Histoire. Les possibilités de forme et de portée critiques sont infinies, je pense.

Naturellement, quand les deux se retrouvent sur un même support (un avis d'internaute composé de six mots, et un avis critique de six paragraphes), ça crée une collision. L'avis critique passe souvent pour une tartine d'intello et, réciproquement, les avis éclairs illustrés de smileys qui s'agitent tiennent plutôt du sms ou du tag. Mais Internet autorise la cohabitation des deux. C'est toute la question, car aujourd'hui n'importe qui est en mesure d'émettre une opinion sur n'importe quel sujet, en quelques secondes et quelques mots et quelques lignes. Et la notion de critique, au sens donné plus haut, perd de sa consistance. En partie parce qu'elle n'est pas spontanée (elle peut difficilement l'être), en partie parce qu'elle peut être longue et chiante à lire, en partie parce que tout doit être écrit et lu rapidement aujourd'hui, en partie parce qu'elle peut digresser et s'aventurer sur des terrains qui ne sont plus directement l'oeuvre critiquée initiale, en partie parce qu'on n'y comprend rien, que ça nous dépasse, qu'on n'en voit pas l'intérêt, qu'on ne conçoit pas qu'autant de bla bla puisse être pondu au sujet d'un polar où il était juste question d'un crime sordide commis dans le Los Angeles des années 30. En partie parce qu'on n'attend pas les mêmes choses d'une oeuvre. On n'en fait pas le même "usage". On s'en nourrit différemment. J'en reviens à un post que j'ai écrit plus haut, et sur lequel Limbes a rebondi, qui touche au rapport entre la littérature et la vie (le cinéma et la vie, l'art et la vie, etc). Où l'oeuvre n'est pas juste un produit de divertissement, mais une potentielle nourriture de l'esprit qui agit directement sur la pensée, les doutes, les choix, les comportements, les trajectoires propres. Je pense que c'est ici que la rupture a lieu, en partie.
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Re: Question critique

Message par Searclaw le Jeu 6 Aoû - 2:51

La critique procède de l'analyse et de l'argumentation. Elle est structurée (à la guise de celui qui la formule, c'est à dire qu'elle peut aussi bien apparaître complètement destructurée) et développée.

Certes, et de ce fait, comme je l'argumente depuis le début, la critique ne serait-elle donc qu'une question de forme ?

Par ailleurs, la description (pas mauvaise du coup) que tu donnes de la critique, camarade Stalker, n'adresse pas, à mon sens, la question du subjectif (autrement que dans la forme), mais au contraire la présente comme relevant d'une création objective.

Je taquine pour le débat les amis, perso je sais à quoi m'en tenir. Si je fais juste chier, n'hésitez pas à me faire taire...
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Re: Question critique

Message par stalker le Jeu 6 Aoû - 3:30

Personnellement la présence des chats punks m'est indispensable, alors bon...

Searclaw a écrit:
(...) la critique ne serait-elle donc qu'une question de forme ? (...)

L'analyse et l'argumentation disent que non.

Quant à la forme, j'y suis très attaché. La forme plastique d'une critique, comme celle d'un texte de fiction, ou d'un film.
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Re: Question critique

Message par stalker le Jeu 6 Aoû - 3:36

Et c'est vraiment curieux comme ce sujet (la critique) peut coïncider avec le roman de Charles Willeford que je lis ces derniers jours. Hérésie.
J'en fais une critique parle sous peu.
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Re: Question critique

Message par Searclaw le Jeu 6 Aoû - 12:47

L'analyse et l'argumentation disent que non.

Hum, hum.... J'ai dit ce que j'avais à dire.
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Il restait quelques trous dans ma tartine...

Message par Varg le Lun 10 Aoû - 8:32

Si cela ne vous dérange pas, je voudrais terminer mon propos sur l'initiative Serial Kronik parce que je trouve que les commentaires de blogueurs la concernant ouvrent certaines pistes de réflexion intéressantes.

Résumé des chapitres précédents : Suite à l'annonce de la création de ce groupe de blogs dotée d'une mission salvatrice pour le roman noir et policier, plusieurs blogueurs exclus du processus se sont indignés (de ne pas en faire partie).

Très naturellement donc, l'ami Hoel – qui n'a de liens avec le milieu du livre que parce qu'il veut devenir bibliothécaire et, depuis peu, parce qu'il reçoit des SdP – pose le premier la question qui tue :

Comment fait-on pour devenir un serial kronikeur ?
Réponse : Pour l'instant le projet est en train de se structurer. Je fais passer ta demande aux autres.

La réponse n'étant pas satisfaisante, un autre commentaire repose la question et obtient une réponse similaire.

On comprend bien ici qu'il n'y a pas de critères objectifs d'appartenance mais un simple système de cooptation, ce qui peut naturellement permettre le doute sur l'indépendance et l'objectivité de cette Fraternité Polardière. De façon étonnante, ce système rejoint les reproches que les journalistes de la presse papier adorent mettre en avant depuis quelque temps : le monde du polar est un monde de copinage, trusté par d'anciens gauchistes (éditeurs ou romanciers) plus ou moins repentis. En ce sens donc, l'initiative est totalement contre-productive.

Jean-Marc Laherrère ne peut évidemment rien répondre (aux personnes qui estiment légitimement pouvoir intégrer cette Confrérie du Tastepolar), puisque toute cette opération ne vise justement qu'à dresser une barrière symbolique qui, si elle était réellement définie, exclurait itou les blogs et sites qui, arbitrairement parce qu'ils seraient fondateurs, auraient bien du mal à remplir les critères.


Très intelligemment, un blogueur (Michel de Serial lecteur) pose ensuite une question sur l'indépendance :

Excellente initiative, mais comment gérer l'indépendance des sites face aux offres commerciales ???
Réponse : Je ne sais pas trop ce que tu appelles les offres commerciales. Je crains que les billets sur les différents blogs, s'ils incitent peut-être quelques lecteurs à acheter un bouquin, ou à le prendre en bibliothèque, n'aient guère d'incidence sur les ventes.
(...)
Par contre, je ne pense pas que les éditeurs y gagnent grand chose.
(...)
Comme nous tous, je n'ai jamais bénéficié d'autres offres commerciales que ces SP. Il est alors très facile de rester indépendant !


Jean-Marc Laherrère joue ici parfaitement le naïf. Evidemment, le métier de l'éditeur est de vendre des livres. Si tous multiplient actuellement les services de presse en direction des blogs, c'est bien évidemment parce que cela sert leurs stratégies de vente. Il y a un véritable intérêt économique à faire parler de ses auteurs sur la toile et le travail des blogueurs n'est pas neutre, d'autant (surtout parce) qu'il est susceptible d'être repris par les journalistes des "vrais médias" qui sont de plus en plus nombreux, n'ayant rien à dire, à faire leurs courses sur la Toile.

Cela permet incidemment d'apprendre qu' Actu-du-Noir bénéficie de services de presse, fait qu'il ne mentionne jamais dans ses commentaires, pas plus que la plupart des autres commentateurs des blogs polars. Or ceci permettrait d'avoir un bon aperçu de l'indépendance auto-proclamée de tous ces chroniqueurs car, comme je viens de le dire et de façon directe, un blog parlant avec bienveillance de la production d'un auteur ou d'une maison d'édition joue un rôle "commercial" non négligeable, notamment en terme de notoriété.

Je continue de penser aussi que la camaraderie blogueurs / auteurs est une autre forme de parasitisme intellectuel s'agissant des chroniques dont nous parlons. Vous n'abordez pas de la même façon un livre écrit par quelqu'un avec qui vous buvez des coups depuis des années ou que vous fréquentez sur les salons et celui d'un inconnu. Ceci ne veut pas dire que vous n'avez pas le droit de parler de ces livres mais peut-être serait-il intéressant de le mentionner alors pour les lecteurs.

Enfin, je reste persuadé que la constitution à l'œil de bibliothèques SdP ainsi que l'espèce de prestige qu'apporte la tenue d'un blog connu sont parfois d'aussi bons paiements que du numéraire. L'absence de ceux-ci ne garantit donc en rien l'indépendance du chroniqueur à l'égard de telle ou telle maison d'édition.

La discussion sur le blog Actu-du noir aborde in fine la question des chroniques négatives des livres lus : « Pour ma part, si un livre ne me plait pas, je m'évite le boulot d'en parler. A moins que ce ne soit un auteur inévitable, ou un livre indigne. » Cela, je le laisse pour la partie "critique" de notre éventuelle réflexion à venir.
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Re: Question critique

Message par edmond Gropl le Lun 10 Aoû - 10:13

Lorsque je serais secrétaire d'état à la critique littéraire, une de mes premières mesure sera d'interdire le service de presse.
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Re: Question critique

Message par Varg le Lun 10 Aoû - 10:31

edmond Gropl a écrit:Lorsque je serais secrétaire d'état à la critique littéraire, une de mes premières mesure sera d'interdire le service de presse.

Mesure tout à fait radicale qui ne nous feraient parler des livres qu'après leur publication, les détachant en partie de l'urgence commerciale des premières semaines. Loin de cette urgence pour le commentateur, une des avantages serait peut-être de pouvoir approfondir l'œuvre lue et donc peut-être encore (tout ceci est très conditionnel) livrer une chronique plus aboutie, plus construite, se distinguant "naturellement" plus facilement des autres traitant du même bouquin.

La question de la mise à disposition des ouvrages aux personnes voulant les commenter resterait néanmoins un problème, que ne résout pas vraiment le SdP mais il met sur un pied d'égalité le blogueur d'un village perdu (<- pléonasme) de la Creuse et le citadin disposant d'une médiathèque bien dotée.

Le fond parisien dans lequel je me fournis n'est limité que par la politique d'achat des responsables (et celle de publication des éditeurs, of course) mais qui dépend peut-être aussi de la renommée "critique" d'un auteur ou d'un livre, elle-même pour l'instant dépendant... du SdP fourni aux journalistes et assimilés. Il y a également la Bilipo qui colmate éventuellement les trous de cette politique et encore une réserve centrale qui détient tous les achats précédents retirés des rayons parce qu'on estime qu'ils ne sont plus d'actualité. J'ai conscience, de ce côté là, d'être un nanti et je pense que c'est un peu pareil dans toutes les grandes villes mais, au delà ?
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Re: Question critique

Message par edmond Gropl le Lun 10 Aoû - 10:59

Au delà il faut soudoyer les convoyeurs de bibliobus ( plutôt enclins a satisfaire le lecteur rural.. Enfin, ça peut dépendre de la politique de recrutement du conseil général, mais normalement, le bibliothécaire est formé à cela et tout à fait content d'avoir à mettre ses capacités au service du lecteur isolé)
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