Klotz, Claude - Darakan (1979 - Rivages 2009)

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Klotz, Claude - Darakan (1979 - Rivages 2009)

Message par limbes le Mar 7 Juil - 22:57




Wilfrid Schnabel peut faire brûler au lance-flammes un camp de prisonniers politiques dansl e désert africain sans une once de remords. Il envisage l'avenir avec optimisme. Il sait que le crime paie toujours. Et le crime, c'est son métier. C'est aussi le métier de Cab Rodef, tueur d'élite de cent vingt kilos, capable de décapiter à la mitraillette un sénateur américain en campagne. Et puis il y a Darakan. Lui aussi est tueur à gages. Il vit reclus dans les îles grecques, en compagnie d'un enfant mutilé. Ces trois-là se retrouvent pour une mission commanditée par un banquier romain. Tout est préparé minutieusement. La cible est repérée. Mais voici qu'un grain de sable se présente sous la forme d'une jeune femme disgraciée...

"Manchette traçait sa route littéraire avec un scalpel, sans concessions", écrit Jean-Hugues Oppel. "Klotz marchait sur la même voie royale, ajoutant quelque chose d'indéfinissable..." Roman "fondateur", Darakan est une magnifique histoire d'amour rythmée par les grandes orgues de la violence.



Darakan, c’est un roman que Rivages/Noir a réédité cette année (pour la première fois, en poche, donc), trente ans après sa première édition par Jean-Claude Lattès.
C’est aussi un roman fondateur pour Jean-Hugues Oppel, au même titre que Nada de Manchette, comme il l’écrit dans la préface qu’il lui consacre.
C’est un livre écrit par un type dont j’ai lu pas mal de bouquins, quand j’étais plus petite (mais déjà un peu désespérée par le monde) : Patrick Cauvin, sans savoir qu’il écrivait également des romans noirs sous son vrai nom de Claude Klotz.

En fait Darakan c’est un tueur à gages, retiré des « affaires » mais conduit à retremper dans le système, un jour, en équipe avec deux autres tueurs professionnels ; mais cette dernière commande, a priori relativement simple – cruellement simple- va se compliquer.

Comme le dit Oppel, et je crois qu’il a raison, c’est une histoire d’amour fou, entre des personnages déglingués, et dans un sur et sous- monde, voire un monde tout court, où il n’y a pas de place pour cette intensité-là.
Ce que j’aime surtout, ce sont deux éléments :
- une façon de faire exister des lieux (et il y en a beaucoup, très divers) ;
- une densité des personnages, même de ceux qui ne sont pas au premier plan de l’intrigue, densité qui sourd des failles, des mutilations, des disgrâces physiques ou morales qui les entaillent mais qui n’empêchent pas des sentiments absolus, en direct live de cœurs humains palpitants.
C’est à la fois totalement désespérant, et totalement jouissif.
S’ajoute à ça une dextérité dans le récit qui fait qu’on ne le lâche pas avant la fin.

(Ce que j’aimerais savoir, c’est pourquoi et comment il a publié sous deux noms différents… Une sorte de schizophrénie blancho-polardienne ? Une stratégie ? Une nécessité intime?...)
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Re: Klotz, Claude - Darakan (1979 - Rivages 2009)

Message par stalker le Mer 8 Juil - 1:12

Je me souviens avoir acheté un roman de Klotz, en 1992 ou 93, quelque part sur la côte Atlantique, parce qu'il avait été illustré par Enki Bilal. Un attrait visuel, donc. Et le roman était assez marquant. Il s'intitule Kobar. Réédité en Livre de Poche, depuis, avec la même illustration. Disons qu'il a laissé des traces pendant un moment, à cause d'un jeune personnage et de la ville (des quartiers) dans laquelle se déroule l'histoire. Je me demande même si Kobar n'a pas contribué à me guider vers le roman noir par la suite.
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