La mauvaise graine - Mervyn Leroy (1956)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La mauvaise graine - Mervyn Leroy (1956)

Message par Replay le Mar 17 Juin - 12:09



Ce film de 1956 n'a pas du passer souvent à la télévision, ou alors je n'étais jamais là au bon moment. J'ai été attirée par la présentation et par la photo de l'enfant sur le boitier du DVD, DVD que j'ai regardé deux fois à quinze jours d'intervalle.

Rhoda Penmark a huit ans, Rhoda est un amour de petite fille aux tresses blondes dont pas un cheveu ne s'échappe, Rhoda est l'unique enfant chérie d'un colonel de l'armée américaine et de sa jolie femme Christine, fille unique de Richard Bravo, célèbre crimonologiste.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. La famille est à l'aise et le film commence dans le bonheur. Daddy rejoint son corps d'armée, les conversations vont bon train dans le salon en compagnier de Tasker, écrivain de romans policiers, et de Monica voisine et propriétaire de la maison, vieille pipelette insupportable férue de psychanalyse. L'inquiétude s'installe par petites notes discordantes. Christine est persuadée d'être une enfant adoptée. Fantasme banal, lui répond-on. On cause en plaisantant d'une horrible criminelle qui a fait le bonheur des gazettes trente ans auparavant. Qu'est devenue sa petite fille, d'ailleurs ? Nul ne sait. Christine est une mère dévouée, sensible, elle déteste la violence et toutes ces histoires de meurtre. Sa sensibilité va être mise à rude épreuve. Pendant le pique-nique organisé par l'école de Rhoda, le petit Claude Daigle meurt noyé. On renvoie les enfants chez eux et Rhoda arrive, fraîche comme une rose dans sa robe impeccable, juste contrariée de n'avoir pu manger, nullement impressionnée; elle répond imperturbablement aux questions de sa mère bouleversée . Bien sûr, on sait que Rhoda est coupable. Tout le monde le sait, en fait, sauf Monica la psychopipelette en extase devant l'ange blond. L'institutrice, la mère de Claude le savent, et Christine aussi, sans vouloir se l'avouer. Chaque minute du film est comme une pierre ajoutée sur un mur, toutes se tiennent: la gamine est une criminelle et l'a toujours été. C'est une mauvaise graine. Celui qui ose le lui dire en face le premier est le jardinier-homme d'entretien de la maison, Leroy "vous êtes maline et méchante", lui dit-il en lui racontant le meurtre tel qu'il l'imagine. Il l'inquiète assez pour qu'elle finisse par le tuer.
On peut résumer le film en peu de mots: le gène du crime a sauté une génération et s'exprime chez une enfant sans que la perfection du milieu familial l'endorme ou l'atténue le moins du monde. Les discours psychanalytiques des adeptes de Freud ne ne tiennent pas la route face à la réalité, enfin, à la réalité de cette fiction-là.
J'ai regretté la fin moralisatrice en porte à faux. En regardant sur le Net ce qu'on dit du film, j'ai appris qu'il était adapté d'une pièce de théâtre dans laquelle la parfaite Patricia Mac Cormick jouait le rôle principal depuis deux ans. Elle n'avait donc pas besoin de répétitions. Dans cette pièce, l'enfant est impunie et devait l'être aussi dans le film mais la censure en a décidé autrement et le coup du châtiment divin est superfétatoire.

C'est le genre de film qu'on peut apprécier pour ses qualités ( scénario, jeu des acteurs, personnages secondaires excellents) sans être dérangé par le postulat originel dont les faiblesses sautent aux yeux. La psychanalyse était plus jeune et les enfants hantés ou démoniaques n'ont fait leur apparition que plus tard. La petite Roda en est-elle la préfiguration ? Elle est l'un des plus beaux specimen d'enfance vénéneuse: elle incarne un personnage de meurtrier dans un film d'horreur qui fait froid dans le dos, sans qu'on y voie jamais une scène d'horreur.
avatar
Replay

Messages : 528
Date d'inscription : 03/06/2008
Localisation : Bretagne

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La mauvaise graine - Mervyn Leroy (1956)

Message par limbes le Jeu 19 Juin - 1:10

Oh là là. Il me semble que j’aurais très peur. Le moindre enfant, même sans tresses blondes, dans un film, n’importe quel film, peut me faire peur. S’il fait de la balançoire, ou qu’il chante, c’est encore pire. L’enfant est par nature très inquiétant. Ou c’est peut-être moi qui ait un grave problème ? (Je ne l’exclue pas).
avatar
limbes

Messages : 640
Date d'inscription : 05/06/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum