Christine - John Carpenter (1983)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Christine - John Carpenter (1983)

Message par stalker le Lun 22 Juin - 15:15

Arnie Cunningham, adolescent timide et complexé, tombe un jour sous le charme, en se promenant avec son meilleur ami, d'une Plymouth Fury de 1958 réduite à l'état d'épave, baptisée Christine. Contre l'avis de son ami, Arnie acquiert la voiture et la remet en état dans un garage. Arnie commence alors à changer de personnalité, devenant plus sûr de lui, allant même jusqu'à inviter la plus jolie fille du lycée au drive-in. Mais Christine, sa voiture, semble « réagir » de manière négative à la présence de sa petite amie... Et réagira encore plus violemment à sa destruction par une bande de voyous, un soir, se reconstruisant alors d'elle-même et partant à la chasse de ces derniers.



Une épave rouge, poussiéreuse, rayée, cabossée, qui croupissait dans un jardin. Le type en veut 300 dollars, mais Arnie l’emportera pour 250. Beaucoup trop cher pour un tas de ferraille pareil. Elle s’appelle déjà Christine. 93000 au compteur. Peut-être un sixième chiffre devant. La caisse a vécu.

Disons qu’elle possède une histoire et qu’on la regarde de travers quand on sait. Mieux vaudrait s’en défaire, la mettre à la ferraille et se payer un truc plus récent, plus fiable. Mais Arnie est sous le charme – sous l’emprise, plutôt. Rien ne le détournera d’elle et, en une rien de temps, Christine rayonnera de nouveau, prête à poursuivre sa route. Par ailleurs, on s’étonnera qu’Arnie soit parvenu à la restaurer aussi rapidement. C’est un bijou, une bagnole flambant neuve. On n’en revient pas.

Un flic s’étonnera aussi qu’Arnie se soit procuré cette peinture rouge particulière, qu’on ne fabrique plus. On s’étonnera que son autoradio ne diffuse que des vieux morceaux de rock’n roll, et rien d’autre. On s’étonnera que la bagnole ressorte intact de l’explosion d’une station essence et de l’assaut d’une bande de crétins qui la pulvériseront une nuit avec des masses. Christine est vivante. Elle est dotée d’une volonté propre. Elle est aussi terriblement jalouse et possessive. Mais il suffit peut-être de la regarder en face, dans les phares, pour le deviner. Son sourire en dit long.

On saisit rapidement où veut en venir Stephen King lorsqu’il crée Christine. Un être de fer dont on ne viendra pas à bout. On devine même comment ça finira, et Carpenter s’empare du jeu de l’écrivain pour le restituer à sa sauce ; disons avec son image à lui, comme s’il répondait au King, l’année même de la sortie du roman : Ouais, le King, j’ai saisi ton intention, et moi aussi elle me fait bander cette bagnole, tu vois. Putain de chouette bagnole chargée d’histoire et de désirs insatiables. Je vais en faire un film, si tu n’y vois pas d’inconvénient. Ce ne sera pas une répétition de ton bouquin, mais bien une manière de prolonger encore l’existence de Christine, de la faire vivre et revivre encore, de l'offrir autrement. On aura envie de lire le livre quand on ressortira du film, et inversement, d’entrer dans le film à la sortie de ton livre. On va se répondre, le King. On va se compléter. Longue vie à Christine.
avatar
stalker
Admin

Messages : 3379
Date d'inscription : 03/06/2008
Localisation : un hameau paumé

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum