Brajkovic, Daniel - Chiens féroces (Rivages 1998)

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Brajkovic, Daniel - Chiens féroces (Rivages 1998)

Message par edmond Gropl le Dim 14 Juin - 12:21



Daniel Brajkovic (1963-1998) vient d'une famille d'immigrés croates. Son premier roman, Quitte à en crever, paraît en 1993 chez Flammarion ; c'est l'histoire de sept amis aux prises avec une existence dont ils refusent la médiocrité. Dans Chiens féroces, il suit l'itinéraire de trois camarades qui, par ennui et par désespoir, commettent une série d'actes irréparables. Ce roman est le terrible portrait d'inadaptés dont la douleur de vivre dans notre société s'est changée en fureur destructrice. L'écriture de Bajkovic, brute, heurtée, ponctuée de fulgurances étonnamment classiques, emmène jusqu'au bout de leur dérive ces êtres qui ne peuvent exister que dans le paroxysme

Trois potes, Roberto l'intello, Rico la brute et Sergio le fou errent dans Paris. Ils se défoncent, picolent, agressent, réfléchissent, essaient de faire face, se battent et donnent leur vision du monde. On suit leurs péripéties. Les trois personnages sont complexes, ce qui fait l'interêt du livre.

Un autre intérêt, c'est le style de l'auteur. Il cite deux écrivains dans le récit, Carver et Selby, il est sous leur influence (Le décalage de Carver, quand le personnage semble sortir du récit et nous raconter les choses face à face, la brutalité et les audaces de Selby, il y a de bons passages, de bons délires, des bonnes trouvailles. On sent que l'auteur a vraiment bossé).
Les personnages n'ont aucune moralité.
Certaines scènes sont très violentes, pénibles mais comme c'est très bien écrit, ça passe.

C'est une immersion dans le Paris nocturne, vu par trois loosers abimés et violents.
Par moment, j'ai eu l'impression qu'il en faisait trop, mais je le répète c'est bien écrit. Je l'ai lu d'une traite ou presque.

Le seul truc qui me perturbe, c'est la référence à Nietzsche, une phrase en exergue « Avoir du caractère, c'est avoir dans la vie une expérience caractéristique qui se répète toujours ». Ça peut s'appliquer aux personnages amoraux du livre, mais j'ai pas vu un rapport entre le livre et le philosophe bien qu'il me semble que l'auteur ait voulu en glisser un.

Daniel Brajkovic, par ailleurs musicien de rock, est décédé brusquement à l'age de 35 ans, juste avant la parution du livre.
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