Busino, Jean-Jacques - Dieu a tort (Rivages 1996)

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Busino, Jean-Jacques - Dieu a tort (Rivages 1996)

Message par edmond Gropl le Jeu 11 Juin - 15:57




Le sac d'une femme reste un mystère au même titre que le cerveau humain. Les clés mirent le temps d'une psychanalyse à sortir de sa besace. Ce soir la serrure de la vieille porte d'entrée s'ouvrit sans poser de problème. lle entra dans l'allée et chercha à tâtons l'interrupteur. La montée d'escalier était dans l'obscurité complète et les kirs royaux qu'elle avait bus avec ses compagnons d'université la firent presque chuter. Elle se rattrapa à quelque chose qu'elle mit un moment à reconnaître comme un bras. Elle descendit le long du membre et découvrit une main serrant quelque chose. Comme si un membre supérieur se promenait seul dans la nuit dans les allées, elle demanda à l'obscurité s'il y avait quelqu'un. Dieu, en parfait administrateur, reprend toujours d'une main ce qu'il donne de l'autre



Ce roman de J.J. Busino met en scène un tueur qui se prend pour Dieu, ce qui n'est pas très original. Il tue, viole et les scènes sont tres crues, trop, les situations sont ampoulées, comme dans une mauvaise série télévisée. On est dans une écriture emphatique et très vite on pourrait classer ce roman dans une sous catégorie de polars grandiloquents, sans réflexions aucune et morbidement libidineux.

Mais il se trouve que ce tueur est producteur de disques de rock, qu'il est tout puissant dans son studio d'enregistrement, qu'il règne sans partage sur toute une faune péri-rock'n'roll et que petit à petit, ce n'est plus le personnage qui compte, ce sont les ondes, les vibrations, le son, le rythme, les voix, les fréquences, les échos. La musique devient criminelle autant que l'héroïne dans un roman de Donald Goines. Une scène d'anthologie, le viol d'une table de mixage.

Aucun livre, à ma connaissance, ne parvient à créer une si subtile alchimie entre polar et rock'n'roll. (on est très au-dessus des polars habituellement commercialisés sous le label "polar rock").

Dans La dette du diable, l'auteur (qui aurait voulu être bassiste de Zappa) dans une moindre mesure, utilise le dodécaphonisme comme élément criminogène.

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