Garlaschelli, Barbarella - Alice dans l'ombre (2002, Rivages 2004)

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Garlaschelli, Barbarella - Alice dans l'ombre (2002, Rivages 2004)

Message par limbes le Sam 6 Juin - 11:39



Publié en 2002 en Italie, traduit en français en 2004.

"L'un de nous deux ne sortira pas vivant d'ici.» Une petite voix intérieure aux accents enfantins nous trotte dans la tête comme une ritournelle obsédante... C'est la voix singulière d'Alice qui nous happe pour nous enchaîner au récit de sa vie. Une vie solitaire, hantée par l'absence d'un père adoré, et enfermée entre les quatre murs d'une villa italienne où les volets ne laissent que rarement passer le soleil. Alice se perd dans cette maison-labyrinthe, dévorée par l'amour possessif de Maxi et poursuivie par la haine de sa mère Elena, sous le regard de l'énigmatique Sofia, la très belle «amie de maman». Entre les membres de ce quatuor se nouent les fils d'un drame inéluctable.

Ce livre est d’abord un endroit : une immense maison, « une maison énorme où portes et fenêtres ne servent pas à faire entrer de l’air mais à fermer l’accès à quiconque ne lui appartient pas », une prison, une tombe.

C’est ensuite une construction non linéaire parfaite, dans laquelle se déploient, à différents moments, la voix et les pensées d’Alice : Alice petite fille (et son père tant aimé qui est parti, et sa mère si froide), Alice plus grande (et son mari Maxi l’adorateur, et la mère de Maxi, Sofia, l'amie de maman, et maman, toujours là). On est littéralement happé à la fois par cette écriture très personnelle, et par cette villa monstrueuse. Un très beau roman sur l’enfance et les secrets qui pèsent sur elle, jusqu’à la dévorer.

Comment s'extraire de la maison?
A quel prix?
***
Comment exister?

Un petit extrait :
«Le problème est que nous pensons avoir beaucoup de temps à notre disposition. C’est pourquoi nous disons demain.
Demain.
Et quand demain arrive, nous sommes irrémédiablement faibles, vieux.
Alors nous disons hier.
Nous cessons d’espérer et nous commençons à nous souvenir.
C’est comme cela que j’ai vu mon temps se consumer petit à petit ».
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limbes

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