Oppel, Jean-Hugues - Chaton : trilogie (2002)

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Oppel, Jean-Hugues - Chaton : trilogie (2002)

Message par stalker le Jeu 4 Juin - 14:59



Dix cadavres, dont un sans mains ni tête, sont retrouvés dans un pavillon de banlieue anonyme. Vu leurs armes, et surtout le laboratoire de chimiste clandestin découvert à la cave, tout porte à croire qu’il s’agit d’un classique règlement de comptes entre trafiquants de drogue rivaux. Chargée de l’enquête, la commissaire principale Valérie Valencia va en fait mettre au jour la croisade vengeresse d’un homme trahi, sur fond de manœuvres politico-financières douteuses qui remontent jusqu’au sommet de l’Etat. Tâche difficile pour la commissaire qui a du chien (un labrador sable) ; l’ennemi serait plutôt chat : mystérieux, insaisissable. Et sans pitié.

Mystérieux, insaisissable, sans pitié, et doté de plusieurs identités, au point qu’on ignore jusqu’au bout qui il est. Qu’on se demande même s’il existe, à force, tant ses compétences et sa stratégie parviennent à déjouer les lois d’ici bas, les magouilles qu’on apprend toujours trop tard, les financements occultes, les jeux obscurs qui se déroulent en coulisses du spectacle politique officiel dont nous abreuvent les médias qui sont là pour ça, et nous hypnotisent, nous, spectateurs.

Par ailleurs, le roman aura essentiellement lieu en coulisse. Il y aura peu de spectateurs, et peu d’échos médiatiques, puisque Chaton s’en prend aux racines mêmes de la machine politico-financière, car ses comptes à régler se situent là. Et les racines nous mèneront tout droit vers les sommets, vers les fruits, sans transition, sans escale inutile. A l’heure des élections, le coup est rude. Un parasite se glisse dans le processus interne qui, à l’écran public, se contente de saupoudrer les foules de beaux discours, mais qui, dans l’ombre, se shoote aux courbes boursières et au blanchiment d’oseille.

Certains se régalent et d’autres se font du mouron. Les seconds seront vite exclus du jeu et les oreilles des premiers vont siffler. Chaton n’est pas un leurre, ni un serial killer. Chaton a tout programmé depuis le début. Il est en colère et le fait savoir. Ses méthodes seront à la hauteur des magouilles qui s’opèrent en haut lieu. Il n’a plus rien à perdre. Il veut seulement venger, mais pas à moitié. Il aura néanmoins beaucoup à gagner au final, si tout se déroule comme il l’a prévu ; si aucun grain de sable ne vient se glisser dans le mécanisme. Du genre commissaire blonde perspicace.

La meute des opérateurs, ou traders. Ils préfèrent ce dernier terme qu’ils prononcent « trédeure » avec délectation. Pas de femmes. Que des hommes tous identiques, la trentaine déjà confite dans les mêmes costumes gris ou bleus, glottes coincées derrière le même nœud de cravate, et la même voiture au parking du personnel ; grosse berline trop puissante avec tableau de bord en ronce de noyer. Ils ont fait les mêmes écoles de commerce, s’endorment après avoir lu un chapitre des mémoires d’un quelconque capitaine d’industrie, et se réveillent en sifflotant un hymne à la gloire des taux d’intérêt. Ce sont des jeunes loups aux dents longues, le plan de carrière vissé dans le rectum, des clones aux coronaires prématurément bouchées par le stress. Des résultats, ou la porte. Un clone chasse l’autre.
(page 154).

Prénom : Richard
Nom : Kitten
A priori.
Un petit air de l’insaisissable et légendaire Kaiser Sauzey. Mais juste un petit air. Kitten lui empruntera sa façon de parvenir à glisser entre les mains des forces de l’ordre et les poings de ceux qui veulent sa peau, officieusement. Approchez-le d’un peu trop près et le fruit de vos magouilles sera livré au grand jour. Kitten détient la faculté de compromettre les fondements de la pyramide étatique.

Une trilogie n’est pas nécessairement un ensemble de trois recueils, dit l’auteur, mais peut s’articuler dans un seul. C’est le cas de celle-ci. Trois parties.
Pourquoi « Chaton » ? Il faut aimer les chats et vivre avec pour comprendre, peut-être. Les félins sont une certaine forme de clé dans ce récit, ou un mot de passe. Mais le schéma fonctionne si vous aimez les chiens et ignorez tout des chats ou les regardez de travers. Il fonctionnera d’autant mieux si vous tâtez de l’informatique, du politique et de la spéculation boursière. Dans la famille des polars au goût du présent, en voici un.
Je vais restituer de ce pas ses polars à papa.
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