Hillerman, Tony - Là où dansent les morts (1973 - Rivages 1986)

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Hillerman, Tony - Là où dansent les morts (1973 - Rivages 1986)

Message par Varg le Mer 3 Juin - 12:54



A la veille des fêtes de Shalako dans le pueblo Zuñi, deux adolescents – dont celui qui devait incarner le Petit-dieu du Feu – disparaissent. Son copain est un navajo mal dans sa peau qui entretenait le désir fou de devenir zuñi. A la suite de la découverte d'une importante quantité de sang près du pueblo, on demande au lieutenant Leaphorn de partir à la recherche du jeune membre du Diné. Sur sa route, le policier rencontre des archéologues blancs.

Le chef d'œuvre absolu de Tony Hillerman, un subtil équilibre entre l'apport ethnologique, le suspense et l'action. En confrontant trois grandes cultures aussi différentes – la pueblo, corsetée dans son extrème religiosité, la navajo, contemplative et métaphysique, la belagaana, matérialiste et individualiste – le romancier instruit son lecteur, l'invitant à l'altérité tout en le passionnant.

L'histoire est d'une tristesse et d'une beauté évidente comme le désert, le suspense noir comme le cœur de l'homme blanc. L'arrière-plan culturel est d'une richesse qui ne peut être épuisée en une seule lecture. De cette matrice équilibrée sortiront les grands livres de la saga sans qu'aucun n'atteignent, à mon sens, la perfection simple et la hauteur morale de celui-ci.

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Re: Hillerman, Tony - Là où dansent les morts (1973 - Rivages 1986)

Message par Varg le Jeu 2 Juil - 9:23

A propos de la couverture, puisque nous en parlons désormais. Celle-ci n'a qu'un rapport très lointain (de jeunes blancs que Leaphorn va rencontrer vivent sous une telle tente, parce que c'est cela, pour eux, vivre en indiens) avec le roman en question et, surtout, avec le monde navajo.

Le tipi (tipee) qui est représenté ici est l'habitation traditionnelle des Indiens des Plaines, chasseurs et nomades (ils suivaient les troupeaux de bisons) qui vivent très loin des lieux de l'action du livre. Les mondes navajo et pueblo sont des mondes de sédentaires, d'éleveurs pour les premiers, de cultivateurs pour les seconds. Leurs habitats sont permanents, leur construction obéit à des critères métaphysiques (pour le Diné) et religieux (pour les pueblos) extrêmement rigoureux qui reflètent également les contraintes économico-environnementales pesant sur les clans et qui sont retracées dans ce formidable livre.

Cette couverture est donc mensongère comme représentation du contenu que nous allons y trouver. Comme les jeunes blancs de l'histoire, le lecteur occidental sait ainsi qu'on va lui parler d'indiens parce que, dans notre imaginaire, c'est ainsi que nous les envisageons. Et avec des nattes kiowas (plutôt que le chignon traditionnel navajo et pueblo)... Elle n'en est pas moins d'une grande force dans sa simplicité lumineuse, le contraste chromatique bleu-noir de la nuit (froideur du monde extérieur) jaune-rouge de la tente (chaleur du foyer).

Le première couverture chez Rivages n'avait absolument aucun rapport avec le roman :

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