Donnie Darko - Richard Kelly (2001)

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Donnie Darko - Richard Kelly (2001)

Message par stalker le Sam 9 Mai - 4:27

Donnie Darko est un adolescent de seize ans pas comme les autres. Intelligent et doté d'une grande imagination, il a pour ami Frank, une créature que lui seul peut voir et entendre.
Lorsque Donnie survit par miracle à un accident, Frank lui propose un étrange marché. La fin du monde approche et ce dernier doit accomplir sa destinée. Des événements bizarres surviennent dans la petite ville tranquille, mais Donnie sait que derrière tout cela se cachent d'inavouables secrets. Frank l'aidera à les mettre à jour, semant ainsi le trouble au sein de la communauté.




La base de cette histoire est la chute inexpliquée d’un réacteur d’avion sur la maison familiale de Donnie Darko. L’événement provoque une altération de l’espace-temps – un élément clé qu’on retrouvera cinq ans plus tard dans Southland tales, du même réalisateur, toujours étroitement lié à une imminente fin du monde (ici inexpliquée, tandis que les hypothèses pleuvent sur Southland tales).

Nous sommes à la fin des années 80, dans la ville imaginaire de Middlesex. L’époque est plutôt bien retranscrite à travers les décors, les accoutrements, les coiffures, la bande originale, les aperçus télévisuels et les films à l’affiche. Mais quelque chose cloche, non seulement parce qu’on est devant un film de Richard Kelly, mais aussi parce que quelque chose doit forcément clocher dans un monde aussi ligoté par les morales en tous genres, les vices itou, les futilités et les inepties, les devises bancales, les goûts douteux, les énergumènes, les charlatans, l’ignorance, les esprits torturés, les esprits brillants, le racisme, les show politiques et les programmes télé débiles.

Le tout est de choisir si ce qui cloche se situe dans le monde qui cerne Donnie Darko, ou bien dans son propre cerveau, puisque qu’un premier visionnage du film semble nous laisser le choix, avant qu’on décide de le revoir, ou pas. Dans son cerveau et dans la voix de Franck, le lapin humanoïde, ou bien dans les lois qui génèrent le monde tel qu’il transparaît dans le film, grâce à une galerie de portraits dont pas un ne semble avoir été sélectionné au hasard, et grâce à une panoplie d’ingrédients caractéristiques d’une époque – j’emploie ce terme au sens le plus large, puisque les années 80, à l’échelle de l’humanité, c’était hier. Et je ne réduis pas la perception aux Etats-Unis car, depuis hier, tout ceci a largement eu le temps de déferler ailleurs et de déteindre.

Mais revenons à Donnie Darko, le personnage, qu’on peut dans une certaine mesure comparer à Boxer Santaros, dans Southland tales : un désigné de Dieu ou d’une autre force supérieure inconnue, sinon l’objet de circonstances troublantes. Lors de ses séances chez sa psychiatre, le jeune Donnie se livre sous hypnose et avoue autant l’existence de Franck pendant ses hallucinations que les pensées perverses qui le travaillent pendant les cours.
Paradoxalement, comme l’expliquera Donnie à ses stupides compatriotes de l’université, la schtroumpfette n’a pas été conçue par le grand schtroumpf pour qu’elle partouze avec l’ensemble des membres de la communauté (à l’exception du schtroumpf coquet, qui est homosexuel), mais bien par Gargamel, dans un tout autre but, bien plus noble que la satisfaction de ces bas instincts. De même, il semble évident au jeune homme que le potentiel humain ne peut pas se résoudre à deux pôles uniques qui opposeraient la peur à l’amour. N’en déplaise à son hystérique prof de gym qui, au lieu d’enseigner le basket ou le saut en longueur, consacre les cours à la diffusion d’émissions animées par le beau Jim Cunningham qui, par ailleurs, se révèlera pédophile à ses heures. Tout ceci grâce à la voix de Franck.
Pourtant, Dieu a dit.
Pourtant, ces gens avaient l’air si parfaits.
Pourtant, on nous répétait que.
Pourtant, au fond, je ne pense qu’à baiser.
Pourtant c’est bien, pourtant c’est mal.

Et cette histoire finit aussi mal qu’elle commence, mais peu importe puisque l’espace-temps est altéré et qu’on peut tout recommencer. Même si la fin du monde approche. Plus que 28 jours, 6 heures, 42 minutes et 12 secondes. Surtout parce qu'elle approche.
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Re: Donnie Darko - Richard Kelly (2001)

Message par André Toutou le Dim 17 Mai - 21:52

Ah oui ! Excellent ce film !
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Re: Donnie Darko - Richard Kelly (2001)

Message par stalker le Dim 17 Mai - 21:53

Tiens ? un Toutou.
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Re: Donnie Darko - Richard Kelly (2001)

Message par André Toutou le Dim 17 Mai - 22:04

Oui, sur la piste du lapin géant.
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Re: Donnie Darko - Richard Kelly (2001)

Message par stalker le Mer 26 Aoû - 0:17

Envoyées par mail par un visiteur du forum (un tantinet mordu de 7ème art), quelques clés afin de déchiffrer (c'est le cas de le dire) le film Donnie Darko ; où disons de disposer de pistes pour aborder autrement ce premier ovni de Richard Kelly.
Pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, ou souhaiteraient le revoir, je pense que l'expérience est intéressante en possédant ces clés :

>

Le lapin dit à Donnie qu'il reste 28 jours, 06 heures, 42 minutes et 12 secondes avant l'Apocalypse.
La mère de Donnie téléphone de l'aéroport ; elle doit prendre le vol 2806, porte 42 à 12h00 précises.
La somme de 28 + 6 + 42 + 12 est égale à 88.

Le chien de Donnie est mort quand il avait 8 ans.
Quand sa soeur lui demande à quel moment elle pourra avoir un enfant ; Donnie lui répond : dans 8 ans.
Le film se déroule en 1988.
Juste avant l'élection de George Bush, qui a eu lieu 11.08.88 (évidemment : 11 x 8 = 88).

Enfin (j'ai gardé la meilleure pour la fin) : dans Retour vers le futur, la Delorean qui permet de voyager dans le temps (et que cite Donnie dans un des dialogues avec le professeur), eh bien, cette Delorean, pour pouvoir effectuer le saut temporel sans distordre le continuum espace-temps, doit rouler à ... 88 km/h.

<

Merci Marc
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Re: Donnie Darko - Richard Kelly (2001)

Message par fredgev le Mer 26 Aoû - 2:18

tres belle chronique

la delorean c'est 88 MPH
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