Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par limbes le Ven 17 Avr - 17:54



J’ai vu hier la version française, dans un ciné avec des gens dedans. Il s’agit donc d’après ce que j’ai compris de la véritable version de Tavernier, la « lente ».
Je précise que je n’ai pas lu le roman, et que je l’ai vu en version française doublée (ce qui n’est jamais terrible, mais bon).
Ce que j’ai trouvé le plus réussi dans ce film, c’est peut-être cette lenteur-là (aussi le fait qu’il désamorce habilement tous les effets de suspense et de climax); j’aurais même aimé qu’il le soit encore plus, en fait. Par exemple, le premier plan dont il est fait état dans l’article cité par Varg, cette longue déambulation dans le bayou avant le cadavre, je l’aurais bien vu encore plus long.
Pour le reste, je ne l’ai pas trouvé réussi. Pendant la première partie du film, je me suis dit que ça venait de moi, que peut-être les histoires d’ancien alcoolique justicier contre le Mal, ça me bassinait, au fond; puis j’ai vraiment tenté de m’intéresser à l’arrière-plan, mais un peu en vain. C’est comme si j’avais pressenti les intentions du réalisateur, mais qu’elles étaient restées à la lisière.
En fait, j’ai trouvé artificielle et ratée la façon dont Tavernier essayait de rendre la part subjective et tourmentée de Robicheaux (ses fantômes, le passé, sa lutte, etc.) : au lieu d’en irriguer le film, par sa façon de filmer, il en juxtapose des composantes (voix-off pour l’intérieur, scènes de soldats pendant la guerre de Sécession pour ses visions…) sans que ça ne crée vraiment un tout qui permettrait d’appréhender globalement le personnage et ses failles, en miroir à l’histoire trouble de la Louisiane. Il m’a semblé dans la même veine que l’ancrage dans ce paysage incroyable était un peu loupé (sauf par moments, mais rares). J’ai trouvé que ça faisait couleur locale, un peu (tous les ingrédients y sont). Là encore, le lieu aurait pu être la manifestation physique de la tête de Robicheaux, mais ce n’est pas le cas. L’aspect onirique du film ne fonctionne pas, pour moi, tant il est traité de manière réaliste et lourde, presque.

Moi ça m’a fait un peu l’effet d’une carte postale postée par ma mère catho (si j'avais une mère catho qui m'envoyait des cartes postales) , et entre ce film et Coup de torchon, pour moi y a pas photo.

(Je vais lire le bouquin, et j'aimerais bien voir l'autre version...)
avatar
limbes

Messages : 640
Date d'inscription : 05/06/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Varg le Ven 17 Avr - 18:23

Je ne voulais pas en parler avant d'avoir vu la Director's cut dont il sera sans doute plus facile de discuter. Aussi parce que ce que j'ai vu n'était pas vraiment enthousiasmant en terme d'adaptation et que je commence à avoir de plus en plus de mal à situer mon discours critique par rapport à l'exercice.

L'univers de Burke est tout à fait particulier et Dans la brume électrique avec les morts confédérés... était un roman singulier dans cette particularité. Je comprends tout à fait en quoi il a pu fasciner un cinéaste français parce que c'est un endroit qui n'est pas l'Amérique, du moins l'Amérique hégémonique que nous connaissons habituellement à travers romans et cinéma. Il reste des traces imperceptibles de résistance à cette Amérique là, dans les noms, la toponymie, la culture populaire, la superstition, le rapport à l'argent. Le bayou de Burke est un monde à part, de survivants, même s'il côtoie la grande violence et la folie des hommes comme n'importe quel trou d'Amérique.

Dave Robicheaux est en partie l'incarnation de cet esprit de résistance et de survie, malgré l'alcool, malgré la mort violente d'Annie, malgré toutes les misères que lui fait subir Burke à travers ses bouquins. C'est aussi le cas d'Alafair - enfant sauvée des eaux au début de la
série - de Batist ou de Bootsie et même de Tripod, le racoon à trois pattes sauvé d'un piège. Je crois malheureusement que Tavernier est resté assez extérieur à ce Bayou Teche (je suis d'accord avec ce que dit Limbes, « Il m’a semblé que l’ancrage dans ce paysage incroyable était un peu loupé (sauf par moments, mais rares). J’ai trouvé que ça faisait couleur locale » ), qu'il n'a pas pu/su rendre tout à fait son caractère ambivalent de dangerosité et de refuge, de beauté sauvage et de complexité, de croyance et de bêtise aussi. Il y a un côté plouc dans les personnages secondaires de Burke (que l'on retrouve également chez Joe R. Lansdale qui vit et écrit à deux cent kilomètres de là, côté Texas) qui n'apparait que très peu dans le film alors qu'il était une des grandes réussites de son adaptation de 1275 âmes de Big Jim Thompson. A cet égard, l'ambiance recrée par Alan Ball et toute l'équipe de True Blood pour l'adaptation de l'œuvre vampiresque de Charlaine Harris est bien plus proche de la Louisiane décrite par Burke que ce qu'en a obtenu Tavernier. Il est vrai qu'il s'agit là d'une série en 12 épisodes d'une heure qui dispose donc de plus de temps qu'un métrage de 90 minutes pour soigner l'ambiance white trash mais quand même.

Il y a quelque chose de trop abstrait, de désincarné dans le film, ce qui fait que l'affrontement entre Dave Robicheaux et son ancien podna Baby Feet Balboni n'est plus l'expression de cet esprit de résistance d'une Lousiane archaïque (mais avec des valeurs) devant une Amérique du pognon arrogante, dominatrice et mafieuse mais une classique opposition Good guy - Bad Guy. Du coup, cela déconnecte tout à fait l'ensemble de la partie onirique voulu par Burke, le lien avec ce que je vais appeler l'esprit confédéré face à l'hégémonie yankee. Le roman organisait une filiation très nette entre l'esprit de résistance actuel et celui qui anima les troupes confédérées durant la Guerre Civile. Mieux, il transmettait par delà les âges la vision chevaleresque qu'avaient d'eux-mêmes les combattants sudistes et il en investissait Dave. Ce n'est pas particulièrement lisible dans la version producer à moins d'avoir déjà lu le roman.

Il s'agit peut-être en grande partie d'un problème de montage, qui fait rater au spectateur l'importance de la première rencontre entre Dave et le général John Bell Hood. Lui aussi est une sorte de survivant, estropié et amputé à plusieurs reprises sur les champs de bataille et qu'on devait attacher à son cheval quand il partait au combat. Cette irruption du passé dans le film – qui se conjugue à une réminiscence du meurtre de DeWitt Prejean sous forme de flashbacks, elle parfaitement distincte (attachée au contexte scénaristique, utilisation du ralenti, redondance tout au long du film, explication fragmentaires de la part de Dave) –, m'a semblé proprement incompréhensible, ne faisant qu'accroitre le désarroi des spectateurs quant au dernier plan de la dernière scène (identique à celui d'un certain film de Kubrick).

On perd donc en partie cette continuité temporelle qu'avait créée Burke entre passé et présent et c'est d'autant plus dommage que l'échappée vers le présent-futur qu'a trouvé Tavernier, via les décombres de la Nouvelle-Orléans, l'esprit de résistance et d'opiniâtreté de cette Louisiane pauvre, était tout à fait judicieuse. Voir donc si la version lente/longue aura su conserver cela. D'après ce qu'en dit Limbes, cela n'est pas le cas.

Enfin, une certaine complexité – composite – du personnage de Dave a été préservée mais je ne suis pas certain que ce qui reste soit finalement très intéressant (on ne voit rien du rapport ambivalent/conflictuel urbain/bayou chez Dave ou la polarisation mal+Clete/bien+Batist+Bootsie qui fait que Robicheaux est comme un élastique tendu entre deux pôles moraux, etc.). Je ne peux malheureusement pas m'étendre parce que cela nécessiterait du temps de réflexion dont je ne dispose pas pour l'instant et que le forum n'est sans doute pas non plus l'endroit le plus adapté pour cela. Un jour sur Le vent sombre sans doute...


Dernière édition par Varg le Dim 19 Avr - 17:19, édité 1 fois
avatar
Varg

Messages : 1263
Date d'inscription : 15/06/2008
Localisation : Paris

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par edmond Gropl le Dim 19 Avr - 2:27

Entendu sur France culture dans ma Twingo une heure d'interwiew de J.L. Burke. (emission mauvais genre, en deux partie, certainement écoutable sur le site) soit à peu près le trajet montpellier Martigues en passant par Saint gilles. (Saint gilles qui fut outre, la ville de départ de la croisade des albigeois, le 1° pseudo de G.J. Arnaud)
Sur le film, les chroniqueurs n'avaient pas l'air tres emballés et J.L. Burke a éludé la question par laquelle on lui demandait son avis sur le film.
avatar
edmond Gropl

Messages : 1434
Date d'inscription : 04/06/2008
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur http://monsite.orange.fr/edmond-gropl

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Varg le Dim 19 Avr - 11:25

Merci Edmond !

On peut entendre ce premier volet ici :

Mauvais genre du 11 avril 2009

Le deuxième volet ici :

Mauvais genre du 18 avril 2009
avatar
Varg

Messages : 1263
Date d'inscription : 15/06/2008
Localisation : Paris

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par novi le Dim 19 Avr - 15:54

L'opinion d'un aficionado de blues après visionnage :

http://bluesland.zikforum.com/blues-etc-f6/dans-la-brume-electrique-t3570.htm#69675

Bien sur, je me marre concernant Tavernier...
avatar
novi

Messages : 681
Date d'inscription : 19/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Varg le Dim 19 Avr - 17:05

Si vous avez des problème avec le streaming real audio, j'ai converti les flux en format MP3 que vous pouvez télécharger ici :

Emission du 11 avril (27 Mo)

Emission du 18 avril (27 Mo)


C'est plus vite chargé et enregistrable sur disque pour écoute fractionnée et/ou ultérieure.
avatar
Varg

Messages : 1263
Date d'inscription : 15/06/2008
Localisation : Paris

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par txoa le Dim 19 Avr - 18:13

novi a écrit:L'opinion d'un aficionado de blues après visionnage :

http://bluesland.zikforum.com/blues-etc-f6/dans-la-brume-electrique-t3570.htm#69675

Bien sur, je me marre concernant Tavernier...
C'est drôle ce complexe de certains de nos compatriotes vis à vis des USA. Ils aimeraient être mais ils ne sont pas, hasard de la naissance. Du coup, ils bavent. C'est touchant. Ou pathétique, au choix.

Beau boulot, Varg. C'est une chouette émission que mauvais genre. Si vous pouvez (ré)écouter celle consacrée à Lansdale, c'est un bijou. Et c'est raccord avec le Deep South, à défaut de Louisiane.
avatar
txoa

Messages : 1108
Date d'inscription : 11/06/2008
Localisation : To lose ou presque

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par novi le Dim 19 Avr - 22:59

C'est drôle ce complexe de certains de nos compatriotes vis à vis des USA. Ils aimeraient être mais ils ne sont pas, hasard de la naissance. Du coup, ils bavent. C'est touchant. Ou pathétique, au choix.

Kamrade Txoa ; tu pêches peut-étre par ignorance, beaucoup des intervenants de ce forum ( celui du lien ) sont des musiciens ayant parfois fait des tournées aux states ou y ayant séjourné dans le cadre de leur passion. Le milieu du blues étant loin de celui du polar à ce niveau - plus fraternel, on s'y occupe moins des édités ou pas édités, l'on juge uniquement sur la tenue du manche et encore ...

Leur culture étant souvent associée au polar par essence dans le cas des States - pour ma part, je ne me hasarderais pas à ce genre de raccourci réducteur.

Je ne m'étais pas posé ce genre de questions d'ailleurs, trouvant cette critique intéressante dans la mesure où elle pourrait étre aussi celle d'un spectateur lambda.


Dernière édition par novi le Dim 19 Avr - 23:48, édité 1 fois
avatar
novi

Messages : 681
Date d'inscription : 19/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Varg le Dim 19 Avr - 23:40

J'ai trouvé ce point de vue intéressant. Intéressant parce que la musique et la bouffe sont omniprésentes dans les bouquins de Burke et que là il n'y a pas grand chose. La personne qui a commenté le film l'a compris, a compris que la Louisiane respirait par sa musique, à chaque instant, et Tavernier, non...

Par contre, j'ai du mal à comprendre qu'on puisse aller voir ce type de film en vf. Et je ne suis pas certain qu'un "grand réalisateur américain" (il en existe encore d'ailleurs ?) aurait forcément fait un bon film. Un bon film d'action peut-être (c'est cela que semble demander l'intervenant) mais l'intérêt de Burke ne se situe justement pas là...
avatar
Varg

Messages : 1263
Date d'inscription : 15/06/2008
Localisation : Paris

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par edmond Gropl le Dim 19 Avr - 23:51

Et pour faire plaisir à Novi, je crois que le 1° Burke sorti en france fut publié par Gerard de villiers, collection polar americain, amputé de quelques chapitres. JE vais retrouver ça.
avatar
edmond Gropl

Messages : 1434
Date d'inscription : 04/06/2008
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur http://monsite.orange.fr/edmond-gropl

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par txoa le Ven 1 Mai - 16:09

Vu. Film partiellement raté à mon sens. Tavernier, dans un soucis d'honnêteté vis à vis du roman, a voulu tout mettre de l'intrigue, en plus de ce qui fait son principal atout, l'atmosphère Deep south. Cela aurait nécessité un film plus long, style 3 heures, et plus contemplatif. Là les scènes se succèdent de façon un peu maladroite. Ou alors, il aurait du réadapter plus le bouquin.
Reste une belle image de la Louisiane, l'ajout de Katerina est assez bien vu et Tommy Lee Jones est bon en Robicheaux, bien meilleurs que Marcel Baldwin. Et contrairement à ce qui a été dit plus haut, il y a de la musique, et pas mauvaise.
avatar
txoa

Messages : 1108
Date d'inscription : 11/06/2008
Localisation : To lose ou presque

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par edmond Gropl le Sam 15 Mai - 11:21

j'ai attendu jusqu'a 23h45 pour voir ce film a la télé (3 T dans Telerama), j'aurais mieux fait de lire vos critiques AVANT. Ce film est nul, totalement raté, il faut vraiment que Tavernier soit pretentieux pour croire qu'il puisse adapter un bon polar comme ça seulement en suivant sa propre lecture, en posant des scènes, des répliques, des paysages, les uns après les autres...(n'est-ce qu'un problème de montage et de V.F.?). Ou est le cinéma la dedans?

(le pire étant que pendant l'attente, j'ai regardé l'affligeant OSS 117 à Rio et qu'avant j'ai bouffé dans un restaurant de merde avec serveur prétentieux, plats décongelés (80% des restaus marseillais selon une étude)et addition boursoufflée).
D'ailleurs c'est ça ce film, il est pas totalement décongelé.
avatar
edmond Gropl

Messages : 1434
Date d'inscription : 04/06/2008
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur http://monsite.orange.fr/edmond-gropl

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Gérard Delteil le Ven 27 Aoû - 13:37

Je pense aussi que ce film est raté et médiocre, indigne des grands films de Tavernier comme Coup de torchon ou Que la fête commence. S'il avait été réalisé par un cinéaste américain landa, on pourrait dire : "C'est moyen, ça se laisse voir", mais de la part de Tavernier, grosse déception. Seule l'évocation des effets du cyclone est intéressante, mais ce n'est qu'une petite partie du décor. Difficile de comprendre les critiques dithyrambiques de la presse... Les passages avec le fantôme du général sudiste frisent le grotesque et alourdissent un film dont le scénario n'est déjà pas terrible.

Mais je dois dire que je ne suis pas un fanatique de Burke, que je trouve très, très bavard...
avatar
Gérard Delteil

Messages : 58
Date d'inscription : 23/02/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Manuel le Ven 27 Aoû - 15:41

Gérard Delteil a écrit:Je pense aussi que ce film est raté et médiocre, indigne des grands films de Tavernier comme Coup de torchon ou Que la fête commence. S'il avait été réalisé par un cinéaste américain landa, on pourrait dire : "C'est moyen, ça se laisse voir", mais de la part de Tavernier, grosse déception.
Pour ma part, j'ai toujours pensé que Tavernier était plus doué pour parler de cinéma que pour en faire.
avatar
Manuel

Messages : 311
Date d'inscription : 23/04/2009
Localisation : Paris

Voir le profil de l'utilisateur http://manuelruiz.canalblog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par txoa le Sam 28 Aoû - 12:57

Euh Manuel... Coup de torchon, le juge et l'assassin, ça te parle ?
avatar
txoa

Messages : 1108
Date d'inscription : 11/06/2008
Localisation : To lose ou presque

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Ernest Kurtz le Mar 31 Aoû - 9:39

Ouais, Que la fête commence et L627 aussi, d'accord, Txoa, c'était plutôt bien.
Mais je serais pas loin de partager l'avis de Manuel: de tout ce qu'a fait Tavernier (que j'ai vu ou lu), son bouquin Amis américains est ce que je préfère...
avatar
Ernest Kurtz

Messages : 292
Date d'inscription : 09/03/2010
Localisation : Banlieusard

Voir le profil de l'utilisateur http://onemoreblogintheghetto.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Gérard Delteil le Mar 31 Aoû - 11:58

Ernest Kurtz a écrit:Ouais, Que la fête commence et L627 aussi, d'accord, Txoa, c'était plutôt bien.
Mais je serais pas loin de partager l'avis de Manuel: de tout ce qu'a fait Tavernier (que j'ai vu ou lu), son bouquin Amis américains est ce que je préfère...

N'ayant pas lu ce livre (dont j'ignorais l'existence), je n'ai pas d'avis. En revanche, je n'ai pas apprécié L627. Le film est talentueux, mais Tavernier, qui s'est "immergé" dans la police, a totalement adopté le point de vue des flics sur la répression de la drogue. Au point de tenir un discours très convenu : "on manque de moyen etc". De sorte que l'aspect social est totalement absent.

Pour en revenir à "la brume électrique", il représente tout de même un vraie chute de qualité dans sa production, du moins à mon avis.
avatar
Gérard Delteil

Messages : 58
Date d'inscription : 23/02/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par edmond Gropl le Mar 31 Aoû - 12:15

Ben quand même, dans L627, que j'ai vu il y a longtemps, c'est un film sur les stups, mais il décrit quand même une certaine réalité sociale sur le traffic, on est loin des dealers bling bling du cinema habituel.
avatar
edmond Gropl

Messages : 1434
Date d'inscription : 04/06/2008
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur http://monsite.orange.fr/edmond-gropl

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Ernest Kurtz le Mar 31 Aoû - 12:26

Pareil: pour autant que je m'en souvienne, c'est vrai que L627 adoptait totalement le point de vue des flics, mais comme gropl, j'avais aimé le côté "modeste", crédible, "flic basique" avec problèmes matériels au quotidien, etc du film (même si...).
Quant à Amis américains, c'est un bouquin d'entretiens de Tavernier avec des "grands de Hollywood": John Ford, Edgar Ulmer, William Wellman, Delmer Daves, Jacques Tourneur, Roger Corman,, Elia Kazan (pour n'en citer que quelques uns). J'ai l'édition 1994, mais il existe une version augmentée datant de 2008 (c'est chez Actes Sud). Il y a aussi son "50 ans de cinéma américain", critiques de films faits avec Jean-Pierre Coursodon, qui est une référence.
avatar
Ernest Kurtz

Messages : 292
Date d'inscription : 09/03/2010
Localisation : Banlieusard

Voir le profil de l'utilisateur http://onemoreblogintheghetto.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par txoa le Mar 31 Aoû - 23:36

Il me semble que causer du manque de moyen de la fonction publique a une portée sociale, Gérard. L627 est à mon sens le film le plus crédible sur le sujet. Nul besoin de survendre le côté ex-flic pour être crédible. Suivez mon regard ...
avatar
txoa

Messages : 1108
Date d'inscription : 11/06/2008
Localisation : To lose ou presque

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Gérard Delteil le Mer 1 Sep - 11:52

Vaste discussion qui nous éloigne de la Brume électrique...
La police n'est tout de même pas un "service public" comme un autre, comme l'éducation nationale par exemple. Sa fonction principale est tout de même de protéger un ordre social injuste, même si une partie (minoritaire) des policiers peuvent jouer un role utile en recherchant les criminels ou en assurant la surveillance des routes etc.

Croire qu'on va faire disparaître ou même reculer la drogue en augmentant les moyens des services de polices concernés est une illusion - comparable aux illusions que répand le gouvernement actuel avec ses campagnes sécuritaires. Le développement de l'usage de la drogue comme de la délinquance en général est la conséquence de la décomposition de la société, liée à la crise, au chômage etc.

Alors, je dis pas que Tavernier défend l'idée qu'on pourrait venir à bout de la drogue en donnant seulement davantage de moyens aux services policiers concernés. Il est certainement beaucoup trop intelligent pour cela. Mais, c'est ce qui apparait dans son film, où il a adopté le point de vue du flic de base qui se polarise sur cet aspect, parce qu'il est directement concerné.
avatar
Gérard Delteil

Messages : 58
Date d'inscription : 23/02/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Chewie le Mer 1 Sep - 13:27

Sa fonction principale est tout de même de protéger un ordre social injuste

???

Article 12 de la Déclaration de Droits de l'home et du citoyen de 1789 : « La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ».

Article premier du code de déontologie de la Police nationale : « La police nationale concourt, sur l'ensemble du territoire, à la garantie des libertés et à la défense des institutions de la République, au maintien de la paix et de l'ordre public et à la protection des personnes et des biens.»

avatar
Chewie

Messages : 240
Date d'inscription : 13/01/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Gérard Delteil le Mer 1 Sep - 15:12

Chewie a écrit:
Sa fonction principale est tout de même de protéger un ordre social injuste

???

Article 12 de la Déclaration de Droits de l'home et du citoyen de 1789 :


Oui, et il y a aussi des inscriptions "LIberté, égalité, fraternité" sur les mairies. Tu crois vraiment que nous vivons dans une société qui applique ces principes ?

Quant à la déclaration des droits de l'homme de 1789, elle sanctionnait aussi "la propriété" et, selon une formule célèbre" "n'était pas faite pour les nègres"...
avatar
Gérard Delteil

Messages : 58
Date d'inscription : 23/02/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par edmond Gropl le Ven 3 Sep - 11:20

Gérard Delteil a écrit:

Mais, c'est ce qui apparait dans son film, où il a adopté le point de vue du flic de base qui se polarise sur cet aspect, parce qu'il est directement concerné.

Ce que montre le film, me semble-t-il, c'est que la police est dépassée. C'est une réalité. (et c'est bien pire aujourd'hui). J'ai pas vu autre chose.
avatar
edmond Gropl

Messages : 1434
Date d'inscription : 04/06/2008
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur http://monsite.orange.fr/edmond-gropl

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Gérard Delteil le Ven 3 Sep - 11:31

edmond Gropl a écrit:
Gérard Delteil a écrit:

Mais, c'est ce qui apparait dans son film, où il a adopté le point de vue du flic de base qui se polarise sur cet aspect, parce qu'il est directement concerné.

Ce que montre le film, me semble-t-il, c'est que la police est dépassée. C'est une réalité. (et c'est bien pire aujourd'hui). J'ai pas vu autre chose.

Certes, chacun a une interprétation plus ou moins subjective d'un film.
Tavernier, pour réaliser son film, a passé un certain temps en compagnie des flics des stups. D'une certaine façon, le "syndrome de Stockolm" a joué : il a plus ou moins sympathisé avec eux, ressenti leur désarroi, l'impuissance que tu soulignes. Mais il n'a pas été plus loin, et c'est la grande faiblesse de son film. Il n'a pas du tout cherché à montrer le développement de la consommation et du trafic de drogue dans son contexte social. Il en resté à un constat du désarroi des flics, et à reproduire ce qu'ils ressentent eux-mêmes : "Nous manquons de moyens" - en cela, son film est non seulement très faible, mais équivoque.
avatar
Gérard Delteil

Messages : 58
Date d'inscription : 23/02/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dans la brume électrique - B. Tavernier (2009)

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum