La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Ven 3 Avr - 10:50

Je te sens complètement largué, Novi.
Et je ne vois vraiment pas l'intérêt de ton message dans le débat en cours.


Je ne faisais que m'interroger et il y a toujours intérèt à se poser, à poser des questions tant il me semble que ce sont les certitudes, l'absence de questions qui font les larguages.

En cela, ce film a réussi sa mission et nous devrions (avec humilité ) dans le sens où le telescopage d'opinion existait bien avant et que le visionnage n'a fait qu'interpeller des gens dans leur propre conviction - en prendre exemple comme de l'ouvrage réussi. Sur le web, l'article de Sebastien Fontenelle est l'un des plus caractéristique de quelqu'un qui ne réagit que sur la base de sa propre idéologie

Suite à Txoa, oui bien sur ; l'on peut penser cela des jeunes (certains, quoique les autres, les BCBG sont pires ) ; mais je me dis toujours que lorsque des gens qui ont passés la trentaine commencent à juger ainsi la génération qui arrive, peut-étre que la célèbre appellation "vieux cons" n'est pas loin...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par edmond Gropl le Ven 3 Avr - 11:01

txoa a écrit:déjà Podalydès en super keuf, c'est dur, mais ces affaires de coeur, qu'est ce qu'on en a à battre !! .

Oui, la j'avoue que c'est pas terrible. Je me pose encore la question de l'opportunité de la chose.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par edmond Gropl le Ven 3 Avr - 11:07

novi a écrit:[b]

Suite à Txoa, oui bien sur ; l'on peut penser cela des jeunes (certains, quoique les autres, les BCBG sont pires ) ; mais je me dis toujours que lorsque des gens qui ont passés la trentaine commencent à juger ainsi la génération qui arrive, peut-étre que la célèbre appellation "vieux cons" n'est pas loin...

C'est pas un jugement, c'est un constat.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par edmond Gropl le Ven 3 Avr - 11:14

Là ca chauffe aussi:http://www.rue89.com/2009/04/02/la-journee-de-la-jupe-la-triple-imposture?page=3#commentaires
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Ven 3 Avr - 11:42

edmond Gropl a écrit:
txoa a écrit:déjà Podalydès en super keuf, c'est dur, mais ces affaires de coeur, qu'est ce qu'on en a à battre !! .

Oui, la j'avoue que c'est pas terrible. Je me pose encore la question de l'opportunité de la chose.

Ouai quoique, je me souviens d'une morgue où les mecs discutaient d'un resto entre eux, tandis qu'une jeune femme devaient identifier ce qui restait de son fiancé, surréaliste ! mais ces salariés là vivent d'abord leurs vies et ensuite leur quotidien, faut croire...

Un flic qui s'inquiéte de la santé de son enfant alors qu'il y a une veuve qui s'évanouit dans le couloir de la GAV en cours...

On peut transposer aux médecins, aux pénitentiaires, aux militaires, aux éducateurs, à l'assistance sociale, bref tous ce qui détient à un moment la vie d'un autre entre ses mains

Je crois que tout auteur a l'envie de relater cette barbarie ordinaire qui fait que des gens se préoccupent de choses anodines eu égard aux drames en cours. Je vois donc dans cet épisode ; une volonté de pointer du doigt un comportement sociétal ou humain.

Et puisque l'on parlait de constat : la question étant, est-il vrai qu'il serait difficile ou déconseillé à une prof d'aller enseigner en jupe de nos jours ?
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par txoa le Ven 3 Avr - 19:08

novi a écrit:
Suite à Txoa, oui bien sur ; l'on peut penser cela des jeunes (certains, quoique les autres, les BCBG sont pires ) ; mais je me dis toujours que lorsque des gens qui ont passés la trentaine commencent à juger ainsi la génération qui arrive, peut-étre que la célèbre appellation "vieux cons" n'est pas loin...

Plutôt que de dire n'importe quoi en parlant de choses que tu méconnais (pour te rafraichir la mémoire et t'éviter une énième contradiction, je te rappelle que c'est toi qui l'a dit un jour), tu ferais mieux de lire ce qu'on a écrit sur le sujet avec Gropl (on est raccord) et éviter de globaliser comme à ton habitude. Ca fait 21 ans que je me fade les quartiers les plus pourris de nos villes et me coltine les jeunes qui y grandissent avec tout ce qui va avec dans ces 2 décennies: la religion, la came, la sexualité et surtout la violence. Alors tes discours à deux balles tu peux te les mettre où je pense et les flatuler sur la moquette du MEDEF local.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Ven 3 Avr - 19:37

txoa a écrit:
novi a écrit:
Suite à Txoa, oui bien sur ; l'on peut penser cela des jeunes (certains, quoique les autres, les BCBG sont pires ) ; mais je me dis toujours que lorsque des gens qui ont passés la trentaine commencent à juger ainsi la génération qui arrive, peut-étre que la célèbre appellation "vieux cons" n'est pas loin...

Plutôt que de dire n'importe quoi en parlant de choses que tu méconnais (pour te rafraichir la mémoire et t'éviter une énième contradiction, je te rappelle que c'est toi qui l'a dit un jour), tu ferais mieux de lire ce qu'on a écrit sur le sujet avec Gropl (on est raccord) et éviter de globaliser comme à ton habitude. Ca fait 21 ans que je me fade les quartiers les plus pourris de nos villes et me coltine les jeunes qui y grandissent avec tout ce qui va avec dans ces 2 décennies: la religion, la came, la sexualité et surtout la violence. Alors tes discours à deux balles tu peux te les mettre où je pense et les flatuler sur la moquette du MEDEF local.

Oui et ça a changé quoi...c'est pas l'avis de l'éducateur qui est intéréssant à ce niveau, mais de celui qui a eu recours à un éducateur et qui nous en reparlerait avec le recul des années...

L'éducation surveillée m'a toujours fait penser aux syndicats, ils sont là tous deux pour canaliser la révolte...

Il y a bien des gens qui sont passés par ces quartiers et qui des années plus tard, émargeant à un tout autre niveau, peuvent avoir un avis différent sur la question...Quelle impression puis-je avoir lorsque je croise des éducs d'un quartier Nantais que j'ai bien connu - avec leur barbes et leurs cheveux longs, aujourdhui tous blancs, leur même dégaine et idéologie - alors qu'en vérité, je me demande bien ce que je pourrai leur dire, quelle conversation ? pourrait-t on avoir !

Et pourtant :

[i] Loin maintenant, la Mercedes CLS 500 glisse paisiblement sur le coté gauche du périphérique Nantais. La messagerie Bluetooth intégrée coupe régulièrement le GPS, mais le conducteur n’écoute ni l’une ni l’autre ; tant la traversée de cette ville l’emméne dans des songes profonds. Le souffle puissant de l’engin le projette en haut du pont de Cheviré, tandis que la flottille des Mégane de chez Renault se dispute un accès à des Dacia Logan de plus en plus nombreuses sur la voie de gauche. Ce spectacle de la médiocrité ordinaire le fait sourire un instant et il préfére sur sa droite, le paysage grandiose de l’estuaire en dessous. De cette ville, il est l’enfant et des bribes de ce qui l’a fait, prennent formes dans un récit qui est sien. Celui du faubourg Nantais. Dans son rêve éveillé, il revoit la vieille Porsche 911 s’engager, grillant le feu du boulevard qui séparait les deux quartiers ennemis. Une vieille habitude, autrefois déjà, c’était des hordes de mobylettes et autres petites motos italiennes qui s’y engouffraient dans une fureur qui laissait l’ouvrier pantois. Ceux là aussi formaient une meute qui se répandait à l’assaut des bistrots ; un fourmillement de deux roues rythmé par les sirènes de l’usine Saunier Duval et des Batignolles. Les églises du prolétariat, où la seule religion admise était l’alcoolisme ; seul point de rencontre entre les jeunes et les adultes. Chacun avait le sien, celui des jeunes amenait à la violence et celui des vieux à la résignation. Il fallait bien ramener la paie, 68 avait laissé son lot d’amertume. Le professeur était toujours en place, signant les règles de l’ordre social et pourvoyant à des générations entières de chaudronniers, de mécaniciens et de soudeurs. Seul le policier était étrangement absent, à croire que l’ordre régnait. L’ouvrier travaillait et les jeunes s’étripaient entre bandes. Il y avait bien les incursions dans les boums des quartiers huppés ou l’on giflait du futur patron encore tendron, mais on s’y ennuyait vite. Manque de trophée possible, avec leurs fades copines et leurs airs d’intellectuelles capables de raisonner sur tout. Finalement, c’est peut être l’ennui qui provoquait cette sourde angoisse que l’on palpait a partir du vendredi soir, celle qui faisait passer du premier verre au second.

Six années étaient passées et il ne reconnaissait plus le quartier ; son territoire qu’il avait gagné au rythme des bagarres. Il y avait les générales où l’on pouvait y aller au tournevis et à la barre de fer. Le stade de foot, qui servait de terrain neutre entre la bande du Pin Sec et celle du Grand Clos, gardait la mémoire de ces rixes furieuses. C’est la que les chefs naissaient, à l’égide de leurs capacités à la stratégie. Puis venait l’heure des défis, quand la meute réclamait son dû. Un cercle se formait en attendant les deux combattants et là, les pari, les commentaires, faisaient taire dans un étrange consensus, les ennemis de la veille. Puis d’un seul coup, la nervosité montait d’un cran dans l’obscurité. Il faut dire que les rites en étaient connus, pas de place pour la provocation où encore la frime des bagarres de cafés ; le risque était trop grand. La conversation portait toujours quant à savoir lequel des deux champions déciderait le corps à corps pour en finir avec les coups. D’autant qu’une lutte trop longue sans la possibilité d’un étranglement, laisserait les deux parties exsangues sur le sol boueux. Il n’y avait rien de glorieux, ni d’héroïque dans ces affrontements, juste de la haine. On ne prenait aucun risque, préférant tourner pour saouler l’adversaire et lui imposer le rythme. On frappait d’abord au tibia pour fatiguer, laminer inlassablement dans le silence religieux de la foule qui rétrécissait le cercle. Parfois on tentait un coup au visage, mais ces combattants étaient bien trop avertis pour s’y laisser seulement prendre.
Les rues étaient désertes, sous la pluie fine qui venait de déclencher les essuies glaces ; crachin Nantais. Le quartier, les barres d’immeubles lui paraissaient plus petites qu’à l’époque, mais il souriait à présent. Il se dit que son premier vrai combat lui laissait plus de souvenirs que sa première étreinte avec une vagabonde ivre, dans le fond d’une cave. 68 n’avait pas changé grand-chose à la chose, les filles voulaient toujours se marier et faire des enfants avec un gendre idéal ; et coucher était toujours coucher. Sa carrière de combattant avait pourtant bien mal commencée, avec une mère fatiguée de devoir toujours panser les plaies, des professeurs indifférents et un père qui commençait à douter de la virilité d’un rejeton malingre et efflanqué. Il l’avait discrètement inscrit chez un ami à lui, un vietnamien ancien d’Algérie, avec des consignes bien particulières. Il y avait des adultes et des ados mélangés dans une étrange ambiance de conspiration. On y pratiquait un Jiu jitsu sans Kimono et sans les traditionnels tapis. Il comprit bien vite l’intérêt de cet enseignement comparé à celui du club de Judo du quartier géré par des éducateurs. Il avait inauguré les nouvelles techniques, furtivement à l’occasion d’une provocation habituelle dans un couloir et ce qu’il avait découvert, dans les hurlements du professeur découvrant le nez brisé, qui geignait dans les cartables au sol, était évident. Sa réputation avait grandi au fur et à mesure des rixes. Il boxait à la sortie, à l’angle de rue prévu. Puis la bande avait envoyé des émissaires, on s’intéressait à lui. Il était invité à rejoindre les grands à la boxe française où il découvrit un monde qu’il ignorait avec cette belle salle tout en boiserie ; la Nantaise. Il n’eut même pas à payer l’abonnement, l’ombre des grands veillait. Il y avait bien les avertissements, les menaces d’exclusions qui pleuvaient et que son père déchirait au fur et à mesure. Il vaut mieux être le boucher que l’agneau ; disait-il tout le temps. Mais les grands veillaient et le proviseur tenait à sa nouvelle Renault qui trônait sur le parking ; la paix sociale avait déjà un prix. Il passa devant la grande esplanade du Pin Sec, le fief de la bande. Là où la nuit tombée, le vrombissement des échappements libres et les bougies sans antiparasites, rendaient toute télévision impossible pour le peuple des blêmes HLM. Les souvenirs remontaient en flèche, rythmés par l’essuie glace et la radio avec Nicole Croisille en sourdine.

Ce début d’après midi où le Doulos l’avait convoqué pour le tester. Dans l’ombre des séchoirs, à l’abri des fenêtres ; il était arrivé, l’avait jaugé d’un regard vide puis avait jeté sa veste au sol. Le premier coup de pied l’avait balayé comme un coup de fouet sur les flancs. Un roi de la savate, le Doulos, plus d’adversaires connus à lui opposer depuis qu’il avait défiguré un motard en pleine place du commerce. Un fils de bourges qui avait voulut se la jouer facho de manif en provoquant ganté et casqué. La visière du casque avait explosée, lui crevant les yeux. Le Doulos ne buvait pas, ni ne fumait, parlant très peu mais s’entraînant avec un désespoir qui faisait peur ; il était du grand Clos et jusqu’au Dervallieres, sa légende courait déjà. Le masque hideux du Doulos qui fixait le vide et dont seule la jambe partait à la vitesse de l’éclair, frappant les chairs dans un bruit mat. Puis dans le brouillard de la fatigue naissante, ce trou évident qu’il n’avait jamais remarqué dans les bagarres auparavant. Il faut dire qu’il frappait toujours le premier, misant sur la rapidité. Mais là, même lorsque l’autre tournait pour l’ajuster, l’amener à la hauteur de sa jambe droite. Il lui suffisait de rompre à gauche pour que le trou s’ouvre, béant. Il tenta sa chance un peu naïvement, pour essayer. Le bruit mat de son coup de poing le rassura, il avait bel et bien touché. D’ailleurs le Doulos hocha la tête en arrière, agacé. L’œil était marqué, il en était quasiment sûr et une folle bouffée d’espoir l’envahit ; la peur avait changé de camp. Trois fois, il rompit comme s’il s’agissait d’une formule mathématique imparable et à chaque fois, le bruit mat le rassurait sur la puissance de son coup. Puis l’autre leva les bras, fatidique :
-Putain de fausse patte, qui t’a appris çà ?
- C’est quoi, fausse patte ?
- Un putain de gaucher, mec…..
Il riait maintenant et son oeil était désormais fermé et noirâtre. Mais il rigola encore en évoquant le combat prévu pour la nuit, car pour lui le Pin Sec était déjà mort. D’ailleurs, il n’y eut qu’un coup de poing qui troua l’air ce soir là et un corps qui tomba lourdement dans la boue. Une étoile scintillait tandis que la rumeur montait ; le Grand Clos avait un nouveau champion. Il pleuvait de plus en plus et les rues ne ressemblaient plus à rien tandis que le chanteur Christophe égrenait une mélopée nostalgique, qui le ramenait bien loin de Nantes. Les années avaient passé et les images défilaient, brouillant son regard à présent. Les quartiers s’étaient fondus pour faire le bloc nord lorsqu’il avait fallu écumer les bals de Vendée. Les plus téméraires avaient connu leur heure de gloire avec les premières Simca volées, ramenées ensuite au quartier comme des trophées, embrasant les rues de la cité des odeurs de gommes en décomposition. Les vieux se disaient que l’armée et l’usine se chargeraient bien de ramener l’ordre, à la place de cette police qu’on ne voyait guère. La vogue des petites motos italiennes tirait à sa fin, remplacées par de grosses japonaises. De nouvelles cités poussaient ci et là, repoussant les terrains vagues jusqu’au berges de l’ Erdre. Les bandes fondaient, décimées par la prison qui frappait les plus anciens. Le Doulos était mort bêtement en tentant de racketter un bar. Les plus malins tentaient de se faire un nom du coté du port, sur les docks, avec la cité comme carte de visite. Mais l’espèce était menacée par l’époque qui tournait.

Il était là : le faubourg, au fond de la cité, là où la voie ferrée coupait les derniers terrains vagues. Il fit volte face d’une main souple devant le café des pécheurs, toujours aussi défraîchi. Un bistrot de la zone. Les essuies glaces battaient de plus en plus fort et Elvis avait remplacé Christophe, un truc qui parlait de pénitencier. Le petit 103 de Peugeot avait remplacé la Mob sur l’esplanade et il en déduit qu’une autre génération d’ados devait déjà être accoudée au comptoir crasseux Il poussa la porte, courbé par la pluie fine et personne ne sembla le reconnaître. Le costard et les cheveux courts n’étaient pas encore arrivés jusqu’ici. D’ailleurs, il sourit en voyant les pattes d’Eleph. Sournoisement, il se glissa au bout du bar, jouant les représentants égarés. Cela sentait le petit blanc du coteau et la bière.
- Café, dit- il.

Un des ados, aux cheveux sur les épaules, blouson court et Jeans crasseux, le provoqua du regard. ll éclata de rire tout seul.
- Ben alors, petite bite, t’hésites là ou quoi, je te fais peur ?
Le bruit tomba d’un coup, même les verres ne tintaient plus. Les souvenirs lui donnaient le tournis et il en rigolait tout haut.
- Ah, merde alors, ce n’est pas possible !

Il rigola de plus belle tandis que l’autre, le prenant pour un fou en profitait pour s’estomper. Puis il se dit que ce n‘était plus drôle soudain avec ce vieux Boz qui avançait sans avoir lâché sa bière. Il avait toujours été très myope, et il clignait des yeux tel un vieil hibou.
- Merde alors, je ne t’aurais jamais reconnu comme ça, si il n’y avait eu ce mauvais rire comme autrefois!
- Mais, t’étais où ? Bordel, tu as disparu comme ça, évaporé et comme tes vieux avaient déménagé dieu sait ou….
- Loin d’ici, Boz, très loin et loin, c’est loin !

Il n’avait pas envie de s’étendre, à quoi bon. Le faubourg s’arrêtait ici et pour ceux là, il n’y avait pas d’ailleurs. Il eut droit à la longue litanie du temps qui avait passé, des morts et des vivants. Enfin des vivants, entre la conscription et l’usine, même le centre social ne devait plus reconnaître ses clients. Il leva un regard embué vers le crachin qui suintait dehors et il se rendit compte qu’il avait envie de siffloter un air de Miles Davis. Aujourd’hui, il avait toujours au moins un CD de Miles dans le chargeur de la Mercedes mais il se demandait à quoi pouvait bien ressembler le faubourg ; au jeune homme du cimetière sans doute.

Bon, il tenait la première partie de l’histoire ; le début de tout.


********

Récemment ; me suis dit que pas grand chose avait changé....le même éduc barbu et chevelu gére la came au lieu de l'alcool, pas sur qu'il y ait plus d'armes en circulation, une guerre des Balkans remplacant une guerre d'Algérie, les bagnoles roulent deux fois plus vite et les poulets ressemblent de plus en plus à des voyous de cinéma quand les vrais voyous ressemblent de plus en plus a des entrepreneurs...L'islam veut remplacer parfois la calotte...

Mais l'éducateur est toujours en place et il y a toujours des momes qui viennent s'inscrire à la boxe.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par txoa le Ven 3 Avr - 20:01

Mais de quoi tu parles ? Est ce que tu sais de quoi tu parles ? Tu confonds tout, éducation surveillée et éducation spécialisée (qui ont autant de rapport que le couscous et un chauffe eau), tu restes coller à des images des 70's qui sont plus caricaturales que tes propos, tu ne connais rien de la réalité dont tu causes...
En tant que personnel soignant, je suis juste payé à tenter de soigner la folie, tout au moins la souffrance psychique, que tu l'appelles psychose infantile, autisme d'Asperger ou sociopathie. Je suis sûr que tu as un avis sur la question, bien sûr.
En quartier, je bossais le soir, la nuit dans des hall d'immeuble que tu n'imagines même pas ou alors juste en hologramme, j'ai sorti des jeunes armés qui ne savaient pas que c'était interdit, croisé le crack à Marseille quand il est apparu,j'ai vu des ados se présenter en réunion sous l'étiquette du FIS, j'ai accompagné des jeunes qui se prostituaient, je me suis fait latter une fois, j'ai conduit des jeunes dans des agences interim, leurs parents à la CAF, j'ai fait de la boxe il y a 20 ans avec eux...
Alors, tu vois, tout ce que je viens d'étaler là avec l'air de ma la péter comme un ancien combattant, ça peut me donner quelques légitimités quant à causer des problèmes d'une certaine jeunesse. De ton côté, j'en doute. Et contrairement à toi, je n'ai que peu d'idéologie. Le babacoolisme m'emmerde et ça a toujours été le cas.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Ven 3 Avr - 20:14

Justement de quoi parle la Journée de la jupe - d'un collége ordinaire qui doit ressembler à des tas d'autres colléges de provinces et l'on est donc loin de l'éducation spécialisée, mais plus proche de la surveillée.

Ce n'est pas se la péter que de penser que la force d'un texte ou d'un film sera toujours plus probante que la meilleure des argumentations, exprimer étant mieux à mon sens que de convaincre.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par txoa le Ven 3 Avr - 20:41

Tu sais ce qu'est l'éducation surveillée ? Il était une fois un service nommé PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) qui dépendait du ministère de la Justice. Ce service avait pour mission de suivre de façon éducative (circulaire 45) les mineurs ayant commis des délits susceptibles d'être poursuivis en correctionnelle.
Tu vas dire que tu le savais et qu'il y a un lien évident avec le collège. Et tu vas glisser "sociétal". Mais en fait tu n'en sais rien et il n'y a aucun rapport.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Replay le Ven 3 Avr - 23:56

J'ai vu ce film le soir de sa parution sur Arte, sans avoir lu grand chose à son sujet auparavant. Je savais que seule Arte avait accepté sa production, tout le monde ailleurs l'ayant jugé trop "sensible" ou "explosif"
Déjà, je n'aime pas Adjani, ça coinçait un peu. Et puis, après quelques minutes, j'ai été happée par l'action, tout en riant sardoniquement toutes les cinq minutes. J'ai regardé le film jusqu'au bout, en étant à la fois passionnée et moqueuse.
Ce qu'il y a de bien : c'est un téléfilm noir polar (eh oui, je trouve qu'il est plus téléfilm que film) prenant, très réussi pour un téléfilm.
On ose montrer de méchants arabes, qui plus est de jeunes arabes, sans avoir le discours apaisant qui s'impose après, pas de morale à deux sous, donc, et pas de trace de cynisme raciste non plus.*
A part le kidnapping (un peu gros sabots, assez grotesque), chaque seconde, chaque situation de ce film a déjà été vécue par un enseignant, ou pourrait avoir été vécue.

C'est un sujet à faire parler tout le monde, tout y est clair et compréhensible. On voit assez de films qui font dormir, ça ne fait pas de mal de temps en temps d'en voir un "efficace". Je n'aime pas cet adjectif, mais là, je l'emploie à dessein.

Ce qu'il y a de moins bien: les faiblesses de scénario, les personnages secondaires plats, un peu ridicules. Les acteurs jeunes qui se déplacent un peu comme dans une pièce de théâtre amateur.
Les hurlements et gémissements de Sonia (la professeur, incarnée par Adjani). Jamais on oublie que c'est Adjani, et pour cause. Ce qui m'amène à ce que j'ai trouvé détestable :

Cet effet de scène de théâtre inutilisée. On y joue à côté. On fait un film dans lequel jouent des personnes dont on sait qu'elles ont peu ou prou la même vie, qui se plaquent sur un rôle sans distance. Il y a (à mon avis, rien qu'à mon avis) un effet de miroir mou. Réalité/fiction se mêlent curieusement. Dans le film, Sonia est musulmane. Tiens, Adjani aussi. Les adolescents disent dans les interviews qu' Adjani leur parlait, leur expliquait, et qu'ils l'ont ressentie comme une prof. Certains y voient un bonus de tragique, une garantie d'authenticité censée délivrer encore plus d'émotion. Moi, ça me gêne.

Sinon, j'ai trouvé, sur la question de l'enseignement dans les collèges de cité, que le langage des adolescents, leurs attitudes terriblement sexistes, étaient bien rendus. C'est vraiment comme ça que certains enfants s'expriment, même si dans le film on a un concentré de ce qu'il y a de pire et qui a, même dans les pires établissements, peu de chance de se produire à cette échelle. Trouver une classe ENTIERE de gamins aussi racailles et irrécupérables, faut le faire. Il n'empêche que trois ou quatre lascars de cet acabit dans une classe de trente élèves suffisent à grever l'ambiance et à instaurer une nervosité terrible chez tous.
Le film fait une sorte d'état des lieux et d'état de tout ce qu'on peut trouver de pire. Il évite l'écueil du racisme et de l'islamophobie en soulignant bien que la religion n'a pas grand chose à voir là dedans, sauf à l'état fantasmé. Les adolescents parlent sans savoir, disent n'importent quoi, sont à la dérive. Pas d'autorité, pas de limites, pas de lois. Les adultes sont lâches et bêtes, et, franchement, si j'avais eu un prof de français aussi mauvais que Sonia (oui, elle a des circonstances atténuantes, la pauvre, mais quand même), j'aurais séché les cours

Pour finir, je pense que ce film va donner le courage à d'autres réalisateurs d'en faire de meilleurs, de plus subtils, personnels, artistiques, sur ce sujet. Ce pourrait être très positif. J'espère juste que, après la langue de bois d'une partie de la gauche qui s'est toujours arc boutée sur "il n'y a de problème en banlieue que ceux de la pauvreté, de l'exclusion et du colonialisme, et en votant bien on les résoudra", on ne va pas tomber dans l'excès inverse et ratonner sans complexe, dans les mots et les actes. On violait en bandes très bien dans les campagnes aussi, et en ville après le bal. Charles Martel avait pourtant arrêté les arabes à Poitiers, et personne n'accusait notre religion catholique pour autant.

* edit: je précise au cas où cette phrase, ainsi que la dernière, soient mal interprétées: je ne veux pas dire, bien entendu, qu'on ose montrer les jeunes noirs ou arabes comme ils sont en réalité, mais bien qu'on montre une petite frappe dangereuse (Mousse) et quelques uns de ses compagons sans édulcorant, sans précautions, sans prendre de gants, ce qui n'est pas habituel. Le spectateur n'est donc pas considéré comme le raciste potentiel qui sera trop heureux de faire l'amalgame "vous voyez, les jeunes, ce que ça donne, à cause de leur culture insoluble dans la république."

La droite, les sites, blogs et magazines plus ou moins "réacs" encensent ce film "enfin, on nous montre la réalité, la vraie réalité" Une grande partie de la gauche qui aurait crié à la caricature nauséeuse, comme à propos du livre de Jonquet, trouve que "enfin, aussi, on parle de la réalité, des vrais problèmes".
Je trouve les "retenues" de Varg justes, tout en étant d'accord avec Gropl : ils ne parlent pas l'un et l'autre de tout à fait la même chose.


Dernière édition par Replay le Sam 4 Avr - 15:56, édité 1 fois
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Replay le Sam 4 Avr - 0:11

Et je voudrais lire des polars noirs qui s'ancrent un peu là dedans, aussi, dans ce qui se passe maintenant.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Replay le Sam 4 Avr - 0:15

J'ai lu la discussion, et ce que disent Txoa et Gropl, paroles de travailleurs de terrain, me touche.
Sinon, novi, les citations gagnent à être plus courtes que ce long extrait que, du coup, je n'ai pas lu.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Sam 4 Avr - 11:28

Sinon, novi, les citations gagnent à être plus courtes que ce long extrait que, du coup, je n'ai pas lu.
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Heureux non point comme Ulysse qui aurait fait un beau voyage, mais qui par la force d'un texte s'est exprimé.

J'écoute souvent d'une oreille discréte, des profs discuter entre eux ( les profs ne parlent que de leur métier durant leurs loisirs) et ils disent souvent une chose qui me parait fort réaliste ou sage ; c'est qu'un cours, la qualité qu'il pourrait y en avoir, n'est pas qualifiable et qu'il y a autant de perception possible que d'élèves.

Alors la musique à ce niveau, c'est formidable parce que vous pouvez jouer et étre seulement reconnu de vos pairs, dans des studios, des magasins et vous vous éviterez un public qui n'apportera strictement rien à votre art ( le plus grand saxophoniste du monde ne joue pas en public mais sous des ponts à NYC, pour aller l'écouter, on ne doit pas s'approcher ) tandis que pour un film, un livre, il faut se résoudre à le diffuser.

Le livre encore, on connait des expériences d'auteurs ayant choisi l'underground et donc le lectorat fidéle et discret plutôt que la médiatisation ouverte à tous les vents. Mais le film, c'est impossible hormis les cinés d'art et d'essais certes.

Je crois que c'est ce qui est en train d'arriver à ce film, Adjani est une artiste (grande) sensible et impliquée, la société francaise n'est pas préte à affronter son futur proche et ce film aurait du mûrir tranquillement dans des cercles discrets ( comme Dantec a ses débuts) pour pouvoir s'afficher ensuite au grand public avec la force de celui qui n'en attend surtout rien.

Quant à parler de réalisme au cinéma ou dans la littérature, j'ai malheureusement ou heureusement les mêmes doutes lorsque je vois que "It's a free world '' de Loach est passé quasi inaperçu et dans l'indifférence générale.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par txoa le Sam 4 Avr - 11:54

Ken Loach fait du cinoche depuis 40 ans et un petit groupe de fidèles suit sa filmo depuis longtemps. C'est d'ailleurs assez marrant que tu encenses un mec qui, sa carrière durant, n'a cessé de dénoncer les conséquences de ce que tu encenses, l'ultralibéralisme. Lui n'a de cesse de demander plus de service public, d'éducation, de santé à la portée de tous, bref, de fonctionnaires.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Sam 4 Avr - 14:33

J'encense Loach pour son talent, son aspect visionnaire, la crédibilité de son cinéma, son refus de l'acteur connu ... et sa capacité à évoluer avec lucidité.

En cela, il me semble que son dernier film "a free world" aura marqué le sceau d'un léger changement de posture conditionné par l'actualité. Enfin j'ai eu la nette impression et elle est partagée par des militants de gauche par exemple lors de récents débats sur le fait que l'alliance du capitalisme et de la délinquance va étre autrement plus subversive qu'un écrit de Bourdieu ou qu'une manif du NPA, l'impression que son parcours de témoin l'avait amené par des chemins différents et divergents aux mêmes conclusions que je prétends décrire dans mes propres ouvrages à mon niveau et donc avec l'humilité qui convient.

Je crois de même qu'il serait bien vain et prétentieux de s'ériger pour quiconque en encenseur de l'ultralibéralisme, ce serait vouloir prétendre à la pensée unique et se mettre au même niveau que tous les doctrinaires dits de droite et de gauche.

Lui n'a de cesse de demander plus de service public, d'éducation, de santé à la portée de tous, bref, de fonctionnaires.

On pourrait rebondir là-dessus, en prenant l'exemple Venezuelien où le Chavezisme a révélé qu'il n'y avait pas incompatibilité entre la libre entreprise et le fonctionnariat ( un vieux fantasme de droite et de gauche confondus ).
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Replay le Sam 4 Avr - 16:07

[quote="noviJe crois que c'est ce qui est en train d'arriver à ce film, Adjani est une artiste (grande) sensible et impliquée, la société francaise n'est pas préte à affronter son futur proche et ce film aurait du mûrir tranquillement dans des cercles discrets ( comme Dantec a ses débuts) pour pouvoir s'afficher ensuite au grand public avec la force de celui qui n'en attend surtout rien.
[/quote]

J'ai lu le dernier tome du journal de Dantec: je peux donc en parler. A part de très beaux passages (splendides poésies en prose), il aurait bien mieux fait, à mon avis, de rester dans ses cercles discrets (il appelle de ses voeux une nouvelle croisade sanglante)

La société française n'est pas prête à affronter le futur proche. Ah bon ? on fait quoi, alors ? on reste de ce côté-ci du passé: désolés, le futur proche, c'est pas pour nous.

Donc, la société française, dont je fais partie, n'a pas les moyens de comprendre ce film? C'est quoi, ces cercles discrets ?
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Sam 4 Avr - 18:55

En fait, je suis trés loin d'étre fan de Dantec au niveau de ses théses et de ce qu'il veut représenter, que je relégue pour ma part à de la bouffonnerie pour ados ; mais c'est sa position vis à vis de l'etablishment bien-pensant qui m'intéresse et c'est en ce sens que je le citais. En d'autres temps, j'aurais pu citer Celine mais cela souléve invariablement d'autres problématiques beaucoup plus nauséeuses...

J'aurais du citer Houssin et son ton acido-cynique, mais il est relativement inconnu de la génération actuelle.

La société française n'est pas prête à affronter le futur proche. Ah bon ? on fait quoi, alors ? on reste de ce côté-ci du passé: désolés, le futur proche, c'est pas pour nous.

Je crois que l'actualité, le présent, sont évidents pour appuyer cette thése, non ? Vous voyez quelque chose se lever, se préparer ?

Moi, je ne suis pas le Denis Lehane hexagonal, mais je vois une classe moyenne qui s'en va en bélant vers l'abattoir : en dessous, une misére qu'on a canalisé sur internet et des manifs, ou encore le mirage associatif ... et la formidable explosion ne peut venir à mon sens que de ce que certains écrivains de polars évoquent à total contresens de ce qui est édité officiellement.

Donc, la société française, dont je fais partie, n'a pas les moyens de comprendre ce film? C'est quoi, ces cercles discrets ?

Il est bien évident "qu'elle" a les moyens intellectuels de pouvoir intégrer ce film dans un contexte réaliste, mais elle ne le veut pas à priori. C'est souvent le paradoxe des civilisations trés évoluées intellectuellement d'étre broyées par le barbare.

Plus que le film par lui même, dont Edmond et Txoa avaient matiére à situer dans son réalisme ou pas, vu leurs vécus respectifs et dont les visions me paraissent difficile à mettre en doute à ce niveau - moi, c'est plus le contexte même de la sortie mouvementée de ce film qui me passionne, parce qu'il démontre des mécanismes pernicieux...

La réaction de Sebastien Fontenelle sur son blog par exemple, complétement épidermique et coincée dans un dogmatisme sidérant. la polémique suscitée pour ce qui n'est au fond, qu'une comédie douce-amére.

Est-ce que les anglais ont eu pareille réaction à la sortie de "Eastern Promises", une comédie aussi mais qui poussait aussi le bouchon un peu loin - non ! et les français ont juste trouvé que Mortenssen avait de belles fesses et que Vincent Cassel avait un accent ridicule.

Pourquoi ce trouble sociétal soudain avec la Jupe d'Adjani, alors ?
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Sam 4 Avr - 19:45

novi a écrit:...la polémique suscitée pour ce qui n'est au fond, qu'une comédie douce-amére.
Cela va à l'encontre de ce que disent, tant le réalisateur que la comédienne principale. Leur propos était de faire parler les gens sur les thèmes qu'ils abordaient. Mission réussie donc.

novi a écrit:Pourquoi ce trouble sociétal soudain avec la Jupe d'Adjani, alors ?
Donc, réponse : en partie parce que les questions abordées font problème dans notre société et que les points discutés - et discutables - sont abordables par tout un chacun.

novi a écrit:On pourrait rebondir là-dessus, en prenant l'exemple Venezuelien où le Chavezisme a révélé qu'il n'y avait pas incompatibilité entre la libre entreprise et le fonctionnariat ( un vieux fantasme de droite et de gauche confondus ).
Je me permets de reprendre un vieux libertaire comme toi (puisque tu cites Ravachol en d'autres lieux du net) très engagé dans la LMEP, mais on parle de chavisme ou de révolution bolivarienne. Autant appeler les choses par leur nom véritable plutôt que cette horreur approximative de chavezisme... Ta conversion est récente ?
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par txoa le Sam 4 Avr - 20:21

Ben ouais, c'est comme Puppa Chubby.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Sam 4 Avr - 20:33

Je crains fort que la vision du Chavismo vue de la france - surtout pour la gauche hexagonale concernée - soit trés romantique et qu'elle oublie l'ile de Margarita, haut lieu d'une jetset trés particuliere, que l'on fait la queue aujourd'hui même devant des dispensaires pour étre soigné gratos par des médecins cubains, mais que surtout l'on fasse la queue aussi pour commander son Hummer ou sa Bentley...

Alors bien sur, j"écoute parfois amusé notre linguiste hispanisant national, le sieur Menenchon nous en parler la main sur le coeur lorsque les Venezueliens que je fréquente ici en France sont loin d'étre des enfants de choeur...

Ce sont les alternatifs, les anarchistes de pacotilles, les lanceurs de pierres, qui se servent de l'image de Ravachol inconsidérément, il était plus proche d'Arsene Lupin dans son genre et donc des personnages de mes romans que du militant gôchiste même extréme.

Conversion, humh, j'ai claqué violemment la porte de chez Actuchomage depuis assez longtemps, même si j'ai gardé amitié avec des gens comme Agnés du Mono et il faut donc croire que ces gens n'auront pas réussi à me convertir de cet atavisme profond qui me fait dire que cette gauche-là serait bien plus répressive ou au minimum autant, encore avec les libertés concernant les gens dont je raconte les aventures sous formes de fictions.

Je crains fort que ce soit ma seule profession de foi.

novi a écrit:
...la polémique suscitée pour ce qui n'est au fond, qu'une comédie douce-amére.
Cela va à l'encontre de ce que disent, tant le réalisateur que la comédienne principale. Leur propos était de faire parler les gens sur les thèmes qu'ils abordaient. Mission réussie donc.


On peut le supposer, oui ...mais ça ne reste ou ne restera avec le recul, qu'une comédie malgré tout.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Replay le Sam 4 Avr - 20:39

Bon. J'ai quelque chose qui ne va pas, je crois.

1) Je lis un post de Novi qui cite Novi
2 ) je ne sais pas ce qu'est la Puppa Chubby
3) je me demande si Novi n'est pas un robot de discussion, qui reprend des arguments en leur joignant un coup une nouvelle information prise au hasard d'une banque de données, un coup une publicité pour Novi, sa vie, son oeuvre.

Je ne comprends pas grand-chose.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Sam 4 Avr - 20:49

Oui, j'aurai pu répondre à Varg par MP, plus simple puisque la question m'était posée sur Ravachol.

Poppa Chubby, c'est trés bien et du coté de NYC.

Apparté close et plus rien à rajouter sur la Jupe pour ma part.

Bonne soirée...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Sam 4 Avr - 22:04

Replay a écrit:
3) je me demande si Novi n'est pas un robot de discussion, qui reprend des arguments en leur joignant un coup une nouvelle information prise au hasard d'une banque de données, un coup une publicité pour Novi, sa vie, son oeuvre.

Oui, je crois que tu as mis le doigt dessus. Et puis, le truc réagit différemment selon les sites et fora sur lesquels il intervient. C'est très bien foutu, il pourrait même dire du bien de Bourdieu chez le Monolecte alors qu'il le vomit ici. Et tu notes qu'il n'a même pas besoin de savoir qui est Bourdieu, encore moins de l'avoir lu (ce qui est le cas) puisqu'il s'il avait à justifier ses propos, il lui suffit de dire autre chose sur n'importe quel sujet et roule ma poule... La cybernétique est une chose dingue quand même.

Robot de discussion a écrit:Ce sont les alternatifs, les anarchistes de pacotilles, les lanceurs de pierres, qui se servent de l'image de Ravachol inconsidérément, il était plus proche d'Arsene Lupin dans son genre et donc des personnages de mes romans que du militant gôchiste même extréme.
C'est le Robot que nous connaissons sous le nom de Novi, ici sous le pseudo chris, qui cite Ravachol sur le Monolecte. Ce chris est sans doute lui-même un anarchiste de pacotille.

Ravachol était proche d'Arsène Lupin par anticipation forcenée puisque mort en 1892 alors que Leblanc a écrit les premiers Lupin en 1907. Parfois la machine pioche dans sa BdD mais c'est plutôt naze comme résultat.

Robot de discussion a écrit:...même si j'ai gardé amitié avec des gens comme Agnés du Mono
La machine qui écrit des messages sur le site du Monolecte est beaucoup moins vindicative qu'ici, elle ne cite jamais Gérard de Villiers, n'insiste pas trop pour parler d'elle (oh il y a bien eu l'annonce que le livre de novi était sorti mais c'est resté plutôt feutré) et semble plutôt assez souvent abonder dans le sens des ces gauchistes bien pensants qui fréquentent ce blog.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Sam 4 Avr - 23:35

Bon droit de réponse public puisque Msieur Varg refuse les MP

Cher Varg,

Tout faux, je connais personnellement beaucoup des militants de chez Agnés, puisque nous nous rencontrons parfois dans la vraie vie , bref des connexions dont vous ignorez tout et dont je ne parle jamais. Beaucoup de gens de chez le Mono connaissent donc la couleur de ma bagnole et aussi la nature profonde de mes idées.

Le mieux serait peut-étre de vous rencarder chez elle, c'est prudent, vous savez avant de parler sans savoir des gens, ça évite de trés mauvaises surprises.

Ici, je ne viens que pour parler bouquins avec Edmond particuliérement et pas pour me friter avec le même type d'intervenants que l'on trouve sur tous les foreux de base de nos jours : ceux-là j'y balance mes bannieres publicitaires sans commentaires vu que ce sont les lecteurs anonymes qui commandent mon bouquin et trés rarement les intervenants, encore moins les webmasters.

Bonne soirée et avant de supposer, imaginer des choses sur les gens, investiguez au minimum , c'est une régle dans le bizness pour pas se retrouver stupidement un jour où l'on aurait pas cru.

Cordialement,

Novi

PS, il n'empéche que je trouve vos post intéréssants en termes de débats.
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