La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par stalker le Lun 30 Mar - 15:47

Ma conscience me dit que j'ai loupé des épisodes...
Mais je vois qu'il est encore question de Novi, sa vie, son oeuvre. J'ai un petit neveu de 8 ans qui fait un peu la même chose aux repas de famille.

Novi, le jour où tu comprendras pourquoi tu t'es fait suspendre un mois de Noir Bazar, tu seras alors parvenu à te décentrer un peu ; tu auras tenu compte de ce que des personnes extérieures ont perçu de toi et que tu ne parviens à ce jour ni à admettre, ni, je crois, en premier lieu, à saisir.

Dans la baston entre Gropl et Varg au sujet de ce film, tu arrives essentiellement comme une touffe de poils sur la soupe, et certainement pas comme un pavé dans la mare. Ton histoire de contre-culture me fait doucement rire. Tout comme Julie Lescaut et Dexter dans le même sac. Tout ceci démontre bien ton manque cruel de critères d'analyse, notamment en terme de forme, tant dans le cinéma que dans l'écriture. Je pense aussi que la métaphore est un ovni pour toi.

Je n'ai pas encore vu le film dont il est question...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Lun 30 Mar - 17:35

Je n'ai pas encore vu le film dont il est question...

Encore heureux, mais j'attends un avis avec impatience !

Pour l'instant sur ce match nul , il semblerait que je sois d'accord avec Edmond sur certains aspects du truc et que Varg serait en désaccord total avec nous autres - le reste n'étant que littérature, c'est à dire le fait que je sois un OVNI égaré dans la forumerie polardeuse : plus que probablement.

Au fait pour parler valablement de contre-culture, il faudrait déja définir l'appellation ? Même si pour moi, cela regroupe des gens- un spectre trés large - qui vont de moi à d'autres extremes comme Costes par exemple.

Dans le même esprit, on pourrait reprendre efficacement Varg sur cette histoire de vivre polar où effectivement nous ne parlons pas de la même chose et ceci explique tout aussi probablement pourquoi des gens comme Edmond et moi ( avec nos degrés d"appréciations personnels )avons eu une sensibilité différente sur ce film, sur la personne d'Adjani aussi, je suppose...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Lun 30 Mar - 17:52

novi a écrit:
Humh, je crains fort que ce qui sépare les gens dans la société d'aujourd'hui, ce qui fait que nous n'ayons rien à dire à notre contemporain et notre prochain : ce soit justement que nos vies soient en accord avec ce que nous faisons et ce que nous pensons.
Et vice-versa ?


Oui et vice-versa, sinon la société ne se vengerait (protégerait)pas de ceusses qui ne pensent pas comme elle et dans le même d'ordre d'idée, les prisons seraient vides, les chomeurs pas chomeurs, etc...

Mais malgré tout, je pense à défaut d'en étre sur, que l'autre partie confonds trop: commercer et communiquer, échanger et apprécier ( comme cà qu'ils ont élus un Sarko 1er d'ailleurs, non )
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Lun 30 Mar - 17:59

Au départ, Gropl semblait dire que ce téléfilm pouvait susciter un immense débat mais, apparemment, pour débattre avec vous, il faut être d'accord sur vos prémisses. Soit : que le machin est génial, qu'Adjani est formidable et que, sûr Arthur, ça remue vachement le cocotier.

Et ?
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Lun 30 Mar - 18:08

Varg a écrit:Au départ, Gropl semblait dire que ce téléfilm pouvait susciter un immense débat mais, apparemment, pour débattre avec vous, il faut être d'accord sur vos prémisses. Soit : que le machin est génial, qu'Adjani est formidable et que, sûr Arthur, ça remue vachement le cocotier.

Et ?

Tut tut, j'ai jamais dit ça et qu'il divise me parait logique dans l'ambiance actuelle, mais j'irais plus loin pour ma part, dans l'idée du style " même si je combats vos idées ,je me battrais pourque vous puissiez les exprimer et la tribune sans liberté est pour l'orateur sans dignité Ce film est déja salutaire dans l'esprit où il a étè conçu.

Aprés, puisqu' on a tenté de l'opposer à "entre les murs" que j'ai trouvé tout aussi excellent; l'un a éte voulu sur le mode théatral quand l'autre, documentaire - difficile donc sur la forme, de comparer.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par edmond Gropl le Lun 30 Mar - 18:13

Varg a écrit:
edmond Gropl a écrit:Je ne peux donner de sens à tes propos qu'en pensant que tu ne te sens pas concerné par ce qui se passe dans ce film. Sinon, je vois pas exactement sur quel terrain tu veux amener les choses.

Vous pourriez envoyer Gropl et Novi enseigner là-bas qui est Jean-Baptiste Poquelin, cela ne servirait pas plus... .

Ah bon, au fond, qu'est-ce que tu en sais?
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par edmond Gropl le Lun 30 Mar - 18:47

Varg a écrit:Au départ, Gropl semblait dire que ce téléfilm pouvait susciter un immense débat mais, apparemment, pour débattre avec vous, il faut être d'accord sur vos prémisses. Soit : que le machin est génial, qu'Adjani est formidable et que, sûr Arthur, ça remue vachement le cocotier.

Et ?

Et, voila, Novi et moi trouvons le film tres bon et toi non.

Si j'essaie de comprendre tes arguments, je comprend que c'est un film raté, peu convaincant, sans interet, qui n'apporte rien de nouveau, qui ne remet pas en cause les fondements de la situation qu'il décrit, un film démagogique...
Tes arguments, d'ordre philosophiques, historiques, sociologiques, anthropologiques sont valables, je les saisis pas forcement à leur juste valeur, mais, comment dire, tu as ta place dans le film, tu y es, après la vision du proviseur, des divers enseignants, de la police, du ministre, des élèves, des élèves gentils et des éleves méchants, ton point de vue pourrait très bien être entendu dans le film et enrichir la superposition de tout ce qui est dit et qui n'est d'aucun secours à I. Adjani.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Lun 30 Mar - 19:58

edmond Gropl a écrit:Pour ma part, je pense que n'importe quelle personne vivant, travaillant, enfin, ayant un lien fort avec "les jeunes de banlieue" est obligé de reconnaitre que ça se passe bien à peu près comme ça et que rien n'est vraiment éxagéré.

Voilà ton point de départ. Qu'est-ce qu'il faut comprendre, pour tous ceux qui n'ont pas un lien fort avec les jeunes de banlieue ? "que ça se passe bien à peu près comme ça et que rien n'est vraiment éxagéré" c'est-à-dire ? Des séances de séquestration d'élèves avec un automatique en main ? Le langage ? Les rapports professeurs-élèves ? Les négociateurs du Raid qui trompent leur femme ? Dis moi...

edmond Gropl a écrit:Et ça fait plaisir.
Que je puisse également partager ça...

edmond Gropl a écrit:Pour une fois, quelqu'un dit la vérité, pose le problème (et utilise la forme polardeuse, ce qui me réjouit)et finalement ne dit qu'une seule chose: si on veut arranger les choses en banlieue, commençons par ne pas brader l'école". Voila le message est simple. Il ne dit que ça.
Là je vais attendre que tu m'explique le point précédent pour savoir si quelqu'un dit la vérité. Quant à ta conclusion, comme je l'ai déjà dit, moi je n'ai pas vu cela dans ce téléfilm.

edmond Gropl a écrit:Si j'essaie de comprendre tes arguments, je comprend que c'est un film raté, peu convaincant, sans interet, qui n'apporte rien de nouveau, qui ne remet pas en cause les fondements de la situation qu'il décrit, un film démagogique...
Non, je n'ai jamais dit cela. C'est un film dans lequel je n'ai pas vu ce que vous y voyez et j'y ai vu quelque chose que vous n'avez pas vu, et ce quelque chose n'est pas nouveau pour moi ni pour tous les petits Français qui ont eu au moins une fois dans leur vie un contact avec le religieux... C'est en cela qu'il ne m'a guère impressionné.

Quant aux fondements de la situation, je n'ai pas entendu parler d'économie et qu'à peine de conditions sociales, de médiocrité du recrutement de certains maîtres, de la qualité et de l'adaptation de l'enseignement, etc. Si j'ai mal entendu et que c'est dedans, c'est quand même vachement discret...

Maintenant, nous pouvons tout à fait parler de la problématique personnelle du personnage joué par Isabelle Adjani (pas de Isabelle Adjani jouant un rôle ayant un rapport avec sa propre vie, qui ne doit en aucun cas influencer le jugement que l'on peut porter sur sa qualité ou sa compréhension... Dans dix ans, quelqu'un voyant ce film sans aucun référent extérieur, il en pense quoi ?)...

edmond Gropl a écrit:Ah bon, au fond, qu'est-ce que tu en sais?
Je serai ravi que la solution soit si simple. On pourrait garder les sous pour les donner aux banquiers en détresse dans ce cas là. Ou pour un nouveau zouli porte-navion.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Lun 30 Mar - 20:19

Dans dix ans, quelqu'un voyant ce film sans aucun référent extérieur, il en pense quoi ?)...

Comme un mexicain qui lirait "la griffe du chien" et qui serait bien en peine de dire s'il s'agit de son passé, de son présent ou de son avenir...

Peut étre que vu sous cet angle, Adjani est en pleine prédiction...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par txoa le Lun 30 Mar - 20:59

edmond Gropl a écrit:
txoa a écrit:[ Mais j'ai un sacré souci, je n'ai pas encore vu le film.

Evidemment, tu regardais Dexter.
C'est vrai en plus. (Dexter que Novi a vu, forcément, pour apporter un jugement aussi définitif et le foutre au fond du sac avec Navarro. Et il va nous étayer ça, bien sûr, avec l'esprit d'analyse acéré qui le caractérise.).Tout en ayant ce film bien au chaud. Vu ce que ça occasionne comme débat, je le verrais bien volontiers.
Je crois, Varg, que lorsque Edmond dit "Pour ma part, je pense que n'importe quelle personne vivant, travaillant, enfin, ayant un lien fort avec "les jeunes de banlieue" est obligé de reconnaitre que ça se passe bien à peu près comme ça et que rien n'est vraiment exagéré.", il s'adresse un peu à moi. Oui, je me prends un peu pour le nombril of the world, il n'y a pas de raison qu'il y en ait qu'un, de nombril.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Lun 30 Mar - 21:39

J'ai plus l'exacte définition en mémoire, mais Montesquieu a dit qu'il y avait autant de vice à la fausse modestie, humilité, qu'à étre (enfin un truc dans le genre ).Donc c'est bien ami Txoa, ce coming-out ; finissons en avec la langue de bois, lachez vous, comment va le nombril ; il respire comme qui dirait un pote prof de yoga...

Ce n'est pas un probleme de jugement définitif , des choses comme Dexter ou Navaro me sont complétement incompréhensibles au même titre qu'une télénovela espagnole, ou qu'un polar de Christie. Il ne s'agit donc point de mépris, mais de décalage. J'y jette un oeil parfois par curiosité comme je jette un oeil à ce qui sort chez les libraires et je ne dis pas que c'est mal joué, ou mal écrit ; mais que le genre d'histoires racontées ne m'intéressent absolument pas. Probléme probable de génération, de vécu personnel, de profil sociétal , que sais- je...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par edmond Gropl le Lun 30 Mar - 23:25

Txoa, je suis pas du tout sur que tu vas aimer ce film.
Tu vas te sentir concerné, c'est sur mais je sais pas. Bon, on était d'accord sur "jeux d'enfants"..on avait un point de vue opposé sur un autre film..

Varg, je vais t'expliquer.. demain..
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Mar 31 Mar - 13:25

Ayant terminé de passer mes nerfs sur l'adaptation ignominieuse du Red Riding Quartet de David Peace par la télévision britannique et toujours dans l'attente des explications promises par Edmond, je vais revenir sur les termes de ma première intervention dans ce fuseau afin d'en préciser certains points.

J'ai critiqué cette Journée de la jupe sur le plan formel et je maintiens en gros ce que j'ai dit. Pour moi, tout ce qui se passe en dehors de la salle de théâtre est totalement superflu - pas le fait que le Raid a pris position, mais le fait qu'on nous le montre - et n'ajoute rien à l'histoire, la dessert même plutôt. Fermez les yeux un instant et supprimez mentalement tout ce qui se passe à l'extérieur, il vous reste quand même la totalité de l'histoire et toutes ses problématiques. Sauf bien sûr si l'on estime que les caricatures (non plutôt les stéréotypes) de profs et le proviseur sont une partie du problème (ce que je crois) mais, dans ce cas la place qui leur est faite me semble bien faible et, justement cette fois-ci, caricaturale.

Remplacez toujours mentalement les scènes avec les policiers par de simples conversations téléphoniques, ou de simples intentions (sans les montrer) comme dans le cas de la caméra sous la scène et vous avez un téléfilm tout aussi, voire plus efficace, en terme de suspens, puisque vous ne pouvez plus faire décroître la tension interne à la salle de théâtre par ces inserts de l'extérieur. Ces inserts ont une fonction qui n'est pas de faire monter la tension comme on pourrait le croire, mais au contraire de l'alléger dans le cercle des otages en permettant de sauter d'une page du catalogue de problèmes à l'autre. Surtout, l'ensemble ne doit pas être tragique avant l'heure, et ces inserts, avec les bons mots de Sonya ou de l'un des enfants, décrispent l'atmosphère. C'est un choix bien sûr, mais qui ne m'a pas séduit.

Je continue d'autre part de dire que cette enfilade de thématiques est formellement artificielle, lourde et très mal traitée cinématographiquement. Il s'agit à mon sens du second point faible de ce téléfilm, qui aurait dû peut-être limiter ses ambitions. Surtout, si l'on passe maintenant au fond de ce qui est dit par Sonya/Adjani. Tous les problèmes tournent autour de l'individu. Le premier credo de la prof c'est "Aide toi, le ciel t'aidera". En gros, vous avez tout pour réussir (un pays riche et des écoles), vous avez également le devoir de réussir (pour vos parents) alors prenez-vous en main. Arrêtez de paraître, soyez ! (pour les gros durs de la classe). Respectez autrui ! Respectez vos sœurs ! Mes sœurs, apprenez à vous faire respecter.... Etc. Pas un seul instant, il n'est question que cela n'est pas aussi simple que cela, qu'il y a autre chose en jeu que le "bon" comportement de l'individu (pas étonnant que la presse réactionnaire se soit félicitée de ce téléfilm).

Pour tout dire, nous avons ici un discours qui me semble aussi lénifiant que sur l'écologie : nous sauverions la planète en adoptant, au niveau de l'individu, des gestes simples et des comportements respectueux, comme passer aux ampoules basse tension et ne pas laisser son électro-ménager en veille. Or, si le stade de l'individu est obligatoire dans les deux cas, ce qui se passe en termes sociaux et sociétaux et leur bouleversement est fondamental. Pas de trace de cela dans La journée de la jupe, juste une démarche individuelle (correspondant bien et malheureusement à notre époque) y compris dans la fameuse revendication de Sonya de cette "journée de la jupe" pour "que l'on sache qu'on peut porter une jupe et ne pas être une pute" qui s'adresse directement à son père et aux problèmes qui ont été les siens d'avoir choisi de ne plus vivre selon la "loi" de ses ancêtres mais selon les lois de la République. Je ne nie pas bien sûr que cela soit très juste et très émouvant mais juste que le discours est du coup, terriblement réducteur.

Dentiste maintenant. To be continued ?
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Mar 31 Mar - 14:01

Ya man !

Comme il y a des choses trés intéréssantes et donc pertinentes relevées par le camarade Varg, je passe mon tour argumental pour pouvoir lire d'autres avis.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par edmond Gropl le Mar 31 Mar - 19:26

Varg a écrit: et toujours dans l'attente des explications promises par Edmond


Patience, patience... cette nuit..sur les coups de 2h...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Mar 31 Mar - 19:51

Voilà, je complète ici mon propos de ce matin :

En magnifiant le travail et la réussite individuelle via l'éducation et le civisme plutôt que la lutte collective face à... ce que vous voulez, le personnage d'Adjani tient un discours normatif, démobilisateur, apolitique qui est loin d'être à contre-courant de cette pensée unique que certains d'entre-vous l'ont cru voir dénoncer. Oui mais, au moins, elle tient ce discours sur l'éducation et le civisme déclare, in petto Edmond Gropl... Le Figaro applaudit également ce "plutôt intégrés que rebelles"...

En fait SonyAdjani n'a que son exemple a proposer à ses élèves. De leur côté, ce modèle aurait encore mieux fonctionné si elle leur avait dit dès le départ qu'elle était "des leurs" (c'est le sens de la réflexion que font les enfants quand ils l'entendent parler arabe) ce qu'elle a refusé de faire. C'est la seule chose réellement positive que je lui accorde, - pour à la fois effacer toute trace de communautarisme et rappeler à ces jeunes les sacrifices identitaires par elle consentis.

Il reste toutefois un problème de taille. Ce qu'elle a pu faire dans sa jeunesse (il y a d'ailleurs une vraie question. Quel âge espère-t-on nous faire croire qu'a le personnage de Sonya ?) pour s'en sortir n'existe plus désormais : le fameux ascenseur social n'embarque plus que quelques personnes et pas toujours grâce aux qualités qu'Adjani demande à ses éléves de développer. Si elle s'était engagée politiquement plutôt que de se gaver de Lexomil, elle l'aurait su, elle aurait connu la guerre de classes*, la modification profonde des conditions économiques pour les plus démunis, elle aurait connu la stigmatisation sociale, les brutalités policières, l'absence de perspective aussi bien qu'elle a pu diagnostiquer chez ses jeunes protégés l'abêtissement, l'abrutissement, le goût du people, la pseudo-religiosité, le machisme, etc. Cela l'aurait certainement obligé à relativiser son discours sur la réussite individuelle. Mais comme elle n'a pas évolué avec son temps ou qu'elle est, comme certains enseignants que je connais, coincée dans une bulle d'incompréhension de la vie réelle, elle ne peut parler et proposer in fine que son propre exemple et qui s'achève, symboliquement, lors de la discussion avec son père et l'acceptation que, oui, elle était comme eux au départ et qu'elle s'est battue pour devenir ce qu'elle est.

A ce moment c'est au choix : soit vous estimez que le personnage d'Adjani est vraiment formidable soit vous vous dites que souffrir autant pour devenir une dépressive chronique que son mari a quitté, qui n'a pas vu ses parents depuis de très longues années et qui se gave de médocs, c'est pas vraiment l'image que vous vous faites de l'épanouissement et du bonheur... Heureusement, le choix ne se présente pas puisque nous rentrons alors dans la crise sacrificielle dont j'ai déjà parlé. Le mort sur le dos duquel on se réconcilie possède l'ambivalence du sacré, positif et négatif, bon et mauvais. A l'origine de la crise violente et mauvais pour cela, il devient bon et divin pour avoir ramené le calme dans le cercle des humains. Le fait que l'on ait rajouté une dimension de "prendre la place d'un fautif pour que celui-ci puisse avoir sa chance" était une cerise non indispensable sur le gâteau, déjà bien christique à mon goût.


* "Il y a une vraie guerre de classes, celle des riches contre les pauvres et c'est nous qui sommes en train de la gagner." Warren Buffet
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Mar 31 Mar - 19:59

* "Il y a une vraie guerre de classes, celle des riches contre les pauvres et c'est nous qui sommes en train de la gagner." Warren Buffet

Oui nenfin, il y a aussi des pauvres qui font la guerre aux riches et pour ce, ils ne comptent guére ni sur le collectivisme ni sur les intellectuels...

Simple apparté.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Mar 31 Mar - 20:13

novi a écrit:Oui nenfin, il y a aussi des pauvres qui font la guerre aux riches et pour ce, ils ne comptent guére ni sur le collectivisme ni sur les intellectuels...

Simple apparté.

Blakouba chazam drout viedoubal ? Poviet nabaro...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par txoa le Mar 31 Mar - 21:00

Varg a écrit:

Blakouba chazam drout viedoubal ? Poviet nabaro...
Je suis d'accord sur le fond, encore que ça nécessite des nuances.

Novi, je ferais mon coming out ? De quoi, je ne te suis pas ?
Peut être que tu confonds avoir un égo relativement developpé (défaut assumé) et se la péter grave.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Mar 31 Mar - 22:25

Agrhf, on en est encore là : snif !

Par expérience, ceux qui se la pétent grave ont souvent une forme d'humour à ce niveau, une façon de ne pas se prendre trop au sérieux , parce qu'il y a des choses plus graves justement ...

Pour en revenir au débat de fond, autant la première argumentation Vargienne de ce jour avait retenu mon attention sur la vacuité de la réussite sous forme de diplomite en terme d'ascenseur social ( je deteste ce terme ) ; autant la deuxième partie est inquiétante de vouloir prétendre chercher midi à quatorze heures sur ce qui n'est qu'un polar dont l'auteur lui même - il me semble - a voulu dédramatiser avec des roles et scénettes tragi-comiques...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par stalker le Mar 31 Mar - 23:23

novi a écrit:
(...) chercher midi à quatorze heures sur ce qui n'est qu'un polar (...)

Alors celle-là, elle est assez remarquable.
Tout ce que tu dis pourra être retenu contre toi, Novi, fais gaffe.

Je vais me faire un ou deux épisodes de Dexter, tiens.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Mar 31 Mar - 23:28

novi a écrit:Pour en revenir au débat de fond,
Mdr...

novi a écrit:autant la première argumentation Vargienne de ce jour avait retenu mon attention

Mazette, votre Altesse est trop bonne...

novi a écrit:sur la vacuité de la réussite sous forme de diplomite en terme d'ascenseur social ( je deteste ce terme ) ;
J'ai dit ça moi?.. Ah non, pas du tout. La vacuité ? Bon sang, il y a des mots qui frappent comme des balles...

Et puis c'était dans ma deuxième livraison, pas dans la première...

novi a écrit:autant la deuxième partie
Tu veux donc dire la première (puisque la première pour toi était la seconde) ?

novi a écrit:est inquiétante de vouloir prétendre chercher midi à quatorze heures sur ce qui n'est qu'un polar dont l'auteur lui même - il me semble - a voulu dédramatiser avec des roles et scénettes tragi-comiques...
C'est dur d'exister dans une conversation qu'on ne comprend pas hein Novi ?


Poviet nabaro sul frequen...
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par novi le Mar 31 Mar - 23:34

C'est dur d'exister dans une conversation qu'on ne comprend pas hein Novi ?

Sauf que je ne sais pas pourquoi, une vague intuition... que vers deux heures du mat, et bien : quatorze heures pourrait revenir à midi.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par Varg le Mer 1 Avr - 0:59

novi a écrit:C'est dur d'exister dans une conversation qu'on ne comprend pas hein Novi ?

Sauf que je ne sais pas pourquoi, une vague intuition... que vers deux heures du mat, et bien : quatorze heures pourrait revenir à midi.
Ah SuperNovi, quelle déception... Moi qui croyais que tes super-pouvoirs de contre-culture te permettaient d'affronter toutes les situations sans aucune aide. Te cacher dans les jupes de Gropl, quelle dérision... Mais c'est bô comme du Wall Street cette confiance dans ton chevalier blanc.
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Re: La journée de la jupe - J.P. Lilienfeld (2009)

Message par edmond Gropl le Mer 1 Avr - 4:40

Bon, je viens de tout relire...

Varg, je vais donc t'expliquer pourquoi ce film a d'enormes qualités.
.

Tout d'abord, sur l'aspect formel. Bien sur qu'on aurait pu rester sur le huis clos, mais alors il s'agirait d'un autre film, totalement different,et certainement tres bien aussi, mais là tu parle d'un autre film possible, pourquoi pas. Sur Adjani, je la trouve formidable, je vois peu d'actrice qui auraient pu tenir le rôle: je vois bien Dominique Blanc, ou une autre dominique dont j'ai plus le patronyme en tête, mais ne mégotons pas, Adjani fait tres bien l'affaire. Là, je comprends pas.

Ensuite: Tout le monde en prends pour son grade: A l'interieur: les jeunes A l'exterieur: les profs, les flics, les parents, les politiques, le proviseur, les journalistes, les rappeurs etc.. Il manque le penseur, (mais heureusement tu es là pour nous livrer tes analyses sur l'école et nous expliquer le problème), moi je t'aurais mis dans le film. Je ne remet pas en question l'intelligence de tes analyses, certains choses me font réflechir, y compris sur moi mais hèlas, tu es à l'exterieur). Il n'y en a qu'une qui reste digne, c'est Adjani, mais elle est folle.
c'est pour ça que pour ma part, je trouve intelligent d'avoir filmé les deux cotés. Il y a deux mondes et ce qu'il se passe à l'interieur du théâtre n'a plus aucun rapport avec ce que ceux de l'exterieur peuvent percevoir. Je trouve que d'avoir mis ça en scène est intelligent.

Moi je suis à l'interieur, pourquoi? simplement parce que c'est mon travail. Je suis surveillant de nuit dans un foyer. J'ai à peu près les mêmes citoyens que dans le film et je vis des situations analogues, j'ai pas encore sorti le gun, mais j'ai déjà eu certains problèmes de violence où j'ai très vite perçu qu'il était beaucoup plus confortable pour mon administration de me qualifier comme "impétueux", "ayant peut-être un problème avec la violence" " ayant peut-être des problèmes dans la vie " " devrait voir un psy" etc.. , donc beaucoup plus plus confortable pour tout le monde de me disqualifier plutôt que de se poser cette question simple, que dois-je répondre à un jeune qui va me dire "va niquer ta mère" (ce à quoi je répond en général, "quand j'aurais fini de niquer la tienne ( réplique volée à Ed mAc bAIN) Donc forcement, ça devient violent (surtout si sa mère est morte ou autres situations possibles). Mais ensuite ça se calme, je m'excuse, il s'excuse et le problème de la violence est réglé provisoirement, on peut commencer à échanger des choses..
Ma compagne travaille également dans ce secteur avec un public beaucoup plus dangereux que le mien et elle, elle va pas tarder à sortir le P38.
Tout ça pour dire que pour une fois, un film montre ça. En gros que tout le monde dans le lycée savait qu'Adjani finirait par peter un cable, personne n'a rien fait et après tout le monde sort le parapluie. Ma compagne et moi, qui nous investissons dans notre travail sommes heureux de voir que pour une fois un film montre ça.
Je suis sur que d'autres personnes confrontées à la violence qu'on peut trouver à la C.A.F., à la poste, à l'A.N.P.E, dans les bus, se disent que ce film pourrait tout à fait être refait à l'identique par ex. Un chauffeur de bus qui en a marre de se faire cracher sur la gueule prenne son bus en otage et tout y passerait, les incivilités, le racisme, la poltique des transports, l'"urbanisme, les ghettos, ça serait pas mal.
Je suis d'accord pour penser que tout cela ne fait pas avancer le bouzin, mais pourqoui s'en priver, pourquoi ne pas faire un bon petit vieux polar de prises d'otage la dessus (plutôt que de nous montrer des énièmes truands d'opérette)




Ensuite en ce qui concerne les jeunes.
Voila un film qui n'est pas démagogique. Le realisateur ne leur fait pas de cadeaux. Le film ne va pas dans leur sens, le film n'est pas contre eux non plus, ce film les accompagne. Je peux te certifier que pour ceux de mes petits protégés, c'est un film qui les a marqué (il se trouve qu'ils l'ont vu) et qui les fait énormément réflechir. On a même refait le film dans une sorte de jeux de rôle (on imaginait que la même chose se passait dans notre foyer), la question était: qu'est-ce que tu dirais si c'est toi qu'avait le flingue? Et ben on a pu aborder des thêmes qu'on n'aurait jamais pu aborder sereinement sans ce film, notemment toutes ces histoires de representations de la femme.Rien que pour ça, je bénis le film.

Voila les deux raisons principales pour lesquelles j'ai vraiment aimé ce film.



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