L'état de l'édition et de la critique

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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par novi le Dim 22 Mar - 12:04

La difficulté (visiblement, c'en est une véritable) consiste à s'effacer en tant qu'individu, afin de considérer les questions de façon plus ouverte, plus complète.


Je ne crois pas !

C'est à mon sens, le contraire ! Dans le roman, mettre du JE dans une narration ne peut que prendre le risque de gacher l'ambiance dont on veut laisser le lecteur s'imprégner; la fameuse problématique du personnage qui sert de préte-nom aux idées, et que le lecteur peut comprendre, parfois s'identifier.

Alors que dans un débat, sur un forum - dépersonnaliser le propos pour tenter de le rendre plus crédible, ne fait sur la longueur,que castrer le débat. Un peu à l'instar de ces discours politiques et bien sur du genre d'émission dont nous débattons.

Alors de là à penser que ce cancer ne serait que français. En amerique latine, nous passons pour d'affreux hypocrites et des mous ( ils disent que les français sont horriblement tiédes, incapables d'exprimer leurs sentiments et tentant de cacher leur mal-étre derriére des humilités, modesties de circonstances ).

Il existe des auteurs qui sont bons au premier livre non ?

Je rebondis là-dessus gaillardement et rapidement. Il s'agit toujours à mon sens, d'une démarche (parfois stratégique) et qui rejoint les propos de cette émission. Un francais sur quatre réve d'écrire, c'est dire le marasme ou l'on est, lorsqu'il y a de moins en moins de lecteurs. Je connais des forums où tous veulent écrire (réussir est sous-latent ) mais personne ne veut lire.
Dans ce contexte, il est clair que beaucoup d'auteurs ne visent pas une oeuvre globale, une saga, un mode complet mais cherchent à répondre à une demande éditoriale ( un piege à mon sens et qui explique aussi mon choix d'auto-édition ). Je n'évoquerai pas les concours, qui sont pour moi, le meilleur moyen de se faire étiqueter d'office ( et de se faire exploiter par un contrat ad-hoc ).

Disons que j'avais d'autres modéles en tête à ce niveau que le contexte actuel. D'ailleurs à chaque fois que je visionne ce genre d'émission et en cela, elles sont passionnantes ; cela me conforte que ......

La "censure" était donc a priori alors qu'avec l'internet + les possibilités d'édition en ligne, la "censure" se fait a posteriori par l'achat du bouquin ou la participation aux commentaires d'un blog.

Absolument, et cela me fait penser au film d'Adjani ..il a fallu le plébiscite des telespectateurs d' Arte, pour réveiller le bizness du cinéma.

typo, que la mise en page (ah la gestion des blancs !) était un vrai métier et qu'un imprimeur valait souvent mieux qu'une imprimante laser couleur.

Super sujet de polar, voir du coté fause monnaie et faux papiers où il me semble qu'un imprimeur est incapable de faire des faux euros convenables lorsqu'un utilisateur ""spécialisé" d'imprimante laser; lui ...
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par Varg le Dim 22 Mar - 13:36

stalker a écrit:L'individualisme est le cancer de la pensée.

Sans individualisme, pas de pensée moderne et pas d'art non plus. Paradoxal isn't it ?

Chtoc toi-même !
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par edmond Gropl le Dim 22 Mar - 13:51

J'arrive pas à tirer des conclusions de ce débat. Je suis d'accord avec, grosso modo, tout ce qui est dit auparavant.

Je livre queslques remarque en vrac.

Les intervenants semblent dire, ho la la, attention, protégez nous, nous sommes le dernier rempart contre la médiocrité, mais pour ma part, en temps que lecteur, je n'ai jamais connu un si grand nombre de bons livres, de bons auteurs, de bons éditeurs ( certes noyés dans une masse de livres minables, dans tout les genres, de l'auto édité au gros tirage) mais quand même.

Je remarque, à force de fréquenter les sites de polardeux, la forte émergence d'une catégorie d'auteur: ceux qui ne lisent pas, qui ne connaissent rien à leurs collègues de plumes, contemporains ou illustres prédecesseurs. Leur inculture est dommageable, s'ils avaient un peu lu, sans doute qu'ils auraient quand même hésité à publié, ou fait des efforts. Ca fait quand même baisser le niveau général du polar et ça fait aussi que je ne peux plus me rendre sur des festivals de polar ( à part Frontignan), je souffre trop.

Je remarque aussi que ces "grimauds" ( grimaud: mauvais écrivain (dictionnaire de francais rare et precieux)) sont parfois aussi publié par des éditeurs déclarés comme tel. Pour en fréquenter quelques uns, je me demande encore pourquoi ils font ça, quel interet de perdre de l'argent à publier des livres médiocre. Si encore c'étaient de bons livres, on pourrait considerer cela comme de la noblesse d'esprit. J'ai compris recemment qu'en fait, c'est tres bien vu de se dire éditeur, ça confère un certain pouvoir (vous pouvez editer les poèmes de la maman du maire ou le dernier polar du concessionnaire BMW du coin, etc..) et si on se débrouille bien, on peut bouffer gratis à plein d'occasions et émarger sur les comptes de diverses formules subventionnées, on peut courtiser la grimaude et certainement blanchir de l'argent.


De même dans l'édition plus pestigieuse. Je bavardais recemment avec un auteur que j'apprécie beaucoup, qui publie chez Flammarion, Actes Sud, Le Rocher, enfin tout ceux qui veulent bien. La situation est désastreuse. En gros, le système se fout totalement de lui. Impossible de connaitre exactement le nombre de vente, impossible de nouer des relations avec des directeurs de collections qui changent tout les six mois, pour résumer, lui même et ses livres ne comptent même plus dans le système.

Heureusement, en temps que lecteur polardeux, il reste des éditeurs en qui on peut avoir confiance. Tant que Rivages Noir, 10/18, fayard noir etc..publient, la situation n'est pas si grave .
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par txoa le Dim 22 Mar - 14:46

edmond Gropl a écrit:
Je remarque, à force de fréquenter les sites de polardeux, la forte émergence d'une catégorie d'auteur: ceux qui ne lisent pas, qui ne connaissent rien à leurs collègues de plumes, contemporains ou illustres prédecesseurs. Leur inculture est dommageable, s'ils avaient un peu lu, sans doute qu'ils auraient quand même hésité à publié, ou fait des efforts. Ca fait quand même baisser le niveau général du polar
Ce que tu constates si justement est à pleurer. Ce n'est pas l'inculture qui est à pleurer (après tout, elle s'acquiert), mais le manque d'humilité face au talent, le manque de reconnaissance de ce que les autres peuvent nous apporter.
C'est la certitude, le cancer de la pensée.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Dim 22 Mar - 16:29

Varg a écrit:

Sans individualisme, pas de pensée moderne et pas d'art non plus. Paradoxal isn't it ?


On s'est très bien compris. Inutile de développer.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par Varg le Dim 22 Mar - 17:27

stalker a écrit:On s'est très bien compris. Inutile de développer.

Bêcheur, va !
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par novi le Dim 22 Mar - 17:37

Parfois, je me demande si tout cela a une réelle importance quant à la vie d'un livre. Si l'on occulte la partie commerciale censée ne pas intéréssé le lecteur ; quoique ! Qu'un livre soit édité chez Paul ou Jacques, que les droits soient refourgués ensuite.

Les auteurs étrangers eux, gérent ça beaucoup mieux avec des agents littéraires qui ont des notions de droit commercial ; sont capables d'appréhender la valeur d'un ouvrage eu rapport à des marchés emergents ,etc.....

Mais le livre, lui dans son rapport avec le lecteur, le bouche à oreille fonctionnant plus lentement qu'une campagne marketing VSD, mais au final : mieux vaut peut-étre un lectorat fidéle de 2000 personnes évoluant en qualitatif avec les années qu'un scoop de 20 000 qui l'année d'aprés passeront au best seller suivant.

Et à ce propos, il ne me semble guére qu'il existe une reflexion de fond chez les auteurs, surtout lorsqu'ils sont happés dés le premier ouvrage par le systéme. Dans un milieu ou seule compte la captation des droits d'auteurs, peut étre faut il à un moment pour le jeune auteur penser à inverser le process; je pense en particulier a l'auteur de GO Fast, qui est loin d'étre un débutant certes en matiére de marketing, qui n'a étè édité qu'à des fins de cession de droits cinématographique. Le monde du polar n' y a vu que du feu d'ailleurs, à ce génial hold up.

Edmond nous parlait d'une pléthore de mauvais ouvrages, mais l'on sait que ces éditeurs préférent des auteurs préts à signer n'importe quel contrat scélérat,; qu'un auteur qui va mégoter sur les clauses abusives.

Ces directeurs de collections ne sont que des DRH , j'imagine bientot le test de recrutement d'auteur ad hoc; ils recherchent avant tout des salariés trés précaires de la plume.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par Varg le Dim 22 Mar - 17:47

edmond Gropl a écrit:Je remarque, à force de fréquenter les sites de polardeux, la forte émergence d'une catégorie d'auteur: ceux qui ne lisent pas, qui ne connaissent rien à leurs collègues de plumes, contemporains ou illustres prédecesseurs. Leur inculture est dommageable, s'ils avaient un peu lu, sans doute qu'ils auraient quand même hésité à publié, ou fait des efforts.
Cela tombe bien parce que beaucoup de leurs lecteurs (ceux par exemple qui écrivent dans leurs blogs ou sur les fuseaux des fora) en sont au même point. Subtil cercle vicieux donc, qui va leur permettre d'encenser, recommander des ouvrages et acheter des auteurs dont je ne voudrais pas des livres pour faire la litière du chat. Vox populi, vox dei, les éditeurs leur en donneront, jusqu'à la garde.

edmond Gropl a écrit:Je remarque aussi que ces "grimauds" ( grimaud: mauvais écrivain (dictionnaire de francais rare et precieux)) sont parfois aussi publié par des éditeurs déclarés comme tel. Pour en fréquenter quelques uns, je me demande encore pourquoi ils font ça, quel interet de perdre de l'argent à publier des livres médiocre.
Peut-être estiment-ils que ces livres se vendront ? (ce qui ne veut pas dire qu'ils sont bons...)

edmond Gropl a écrit:De même dans l'édition plus pestigieuse. Je bavardais recemment avec un auteur que j'apprécie beaucoup, qui publie chez Flammarion, Actes Sud, Le Rocher, enfin tout ceux qui veulent bien. La situation est désastreuse. En gros, le système se fout totalement de lui. Impossible de connaitre exactement le nombre de vente, impossible de nouer des relations avec des directeurs de collections qui changent tout les six mois, pour résumer, lui même et ses livres ne comptent même plus dans le système.
Enfin cela, ce n'est pas nouveau. Je l'ai vécu il y a dix ans avec des bouquins techniques que j'avais écrits et la situation (dissimulation d'informations, vols sur les Dd'A, mépris...) étaient déjà de mise.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Dim 22 Mar - 17:48

txoa a écrit:Ce n'est pas l'inculture qui est à pleurer (après tout, elle s'acquiert), mais le manque d'humilité face au talent, le manque de reconnaissance de ce que les autres peuvent nous apporter.
C'est la certitude, le cancer de la pensée.

L'individualisme, la certitude, on doit pouvoir trouver d'autres termes encore.

Mais dans la partie de phrase que je souligne de ton post, je pense que tu touches un point essentiel. A moins qu'on ne l'entende pas de la même façon ? Je pense que si.
Ailleurs, Gropl remarque que peu de polars témoignent de ce qui se passe, de ce qui est en train de se passer. Il indique la misère, la marginalité. Je pense que c'est un angle de perception possible du présent, mais il y en a d'autres. Je pense que cette absence d'écoute (absence de reconnaissance de ce que les autres peuvent nous apporter) est caractéristique de l'époque, de ce qui se passe. Quand je parle d'individualisme, je pense précisément à celui, obstiné, aveugle, seul au monde, qui brandit son MOI-JE lorsqu'un MOI-JE se présente à lui. C'est un simple schéma que je présente là, on est bien d'accord.

Ce qui est en train de se passer, c'est un anéantissement de l'écoute de l'autre, une glorification de soi par l'intermédiaire des autres. MOI-JE contre MOI-JE, par opposition à la notion de dialogue. MOI-JE sait tout, MOI-JE a tout vu, MOI-JE évite de poser des questions aux autres car ce serait leur accorder de l'importance à son détriment, MOI-JE est remarquable, MOI-JE, en réponse à ce qu'on vient de lui confier d'intime et de précieux, va répondre MOI-JE.

On pourrait me répondre que c'est sans rapport avec le sujet en cours. Je répondrais que ce phénomène est imperceptible à grande échelle, car il ronge avant tout la société par la racine, de façon insidieuse, à échelle microscopique, dans l'environnement de chacun. Il se répand tranquillement et on n'en parle pas, souvent parce qu'on ne lui accorde pas d'importance (puisque les actualités n'en parlent pas), parce qu'on ne le saisit pas, et parce qu'on est les derniers à pouvoir le constater, puisqu'on incarne soi-même des MOI-JE en demande de considération.
L'individu tue l'humain.
C'est dans ce sens-là que j'entends "individualisme".

Et on en revient à la question de la démocratisation de la culture, à son nivellement vers le bas. Au fait qu'un critique porteur d'arguments liés à l'histoire de la littérature se retrouve à égalité avec un MOI-JE qui va dire : moi j'ai trop trop aimé ce livre (smiley qui gigote), ou moi j'ai trouvé ce livre trop trop nul (smiley qui fait la gueule).
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par novi le Dim 22 Mar - 17:58

Et on en revient à la question de la démocratisation de la culture, à son nivellement vers le bas. Au fait qu'un critique porteur d'arguments liés à l'histoire de la littérature se retrouve à égalité avec un MOI-JE qui va dire : moi j'ai trop trop aimé ce livre (smiley qui gigote), ou moi j'ai trouvé ce livre trop trop nul (smiley qui fait la gueule).

On ne peut étre que d'accord...

Je dirais même plus, toute critique non argumentée sur le fond, est inacceptable et ruine le blog ou le forum qui l'heberge.

Ou alors dans le cas des : j'ai pas aimé du tout, le relativiser eu rapport à son propre profil, son vécu; style je n'ai pas aimé un livre qui critique les profs ou les flics parce que je suis moi même flic ou prof. En ce sens ,j'admire les gens capables de désengager leur affect parce que nous en avons tous un et qu'il est difficile d'étre impartial émotivement et affectivement.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Dim 22 Mar - 18:04

J'ai déplacé le sujet vers la sphère des cogitations...
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par Varg le Dim 22 Mar - 18:06

Où je ne suis pas trop d'accord avec ce que tu écris stalker, c'est sur ton diagnostic. Le MOI-JE est constitutif ce cette société là. Tu n'as pas voulu prolonger ce que je disais précédemment mais il n'y a pas de modernité sans cet individualisme. Celui-ci s'est développé lentement depuis 2000 ans, depuis qu'une pensée à prôner le "fraternel" - et donc le lien horizontal - au détriment du "paternel" - et donc le lien vertical -, c'est-à-dire l'égalité contre la transcendance.

La modernité, c'est l'accélération de l'égalitarisme des frères contre l'autorité des aînés, sa traduction en terme politique aussi. Mais c'est surtout la fin de la transcendance, d'une transcendance extérieure et divine. A partir du nietszchéen "Dieu est mort et c'est nous qui l'avons tué", le sens, la toute-puissance sont dans chacun de nous, donc nulle part.

D'où ton constat sur le MOI-JE omnipotent, mais qui a bien regarder ne l'est peut-être pas tant que cela, il n'en a que l'apparence.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par txoa le Dim 22 Mar - 18:17

Je ne comprends pas, Varg, comment tu opposer le fraternel au paternel alors qu'ils sont complémentaires et constitutifs l'un et l'autre de l'Humain (Cf. le dernier bouquin de Debray).
Reconnaitre l'autre comme son frère (au sens métaphorique) n'exclut pas la reconnaissance de son ascendance.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par Varg le Dim 22 Mar - 18:38

txoa a écrit:Je ne comprends pas, Varg, comment tu opposer le fraternel au paternel alors qu'ils sont complémentaires et constitutifs l'un et l'autre de l'Humain (Cf. le dernier bouquin de Debray).
Reconnaitre l'autre comme son frère (au sens métaphorique) n'exclut pas la reconnaissance de son ascendance.
Le christianisme ne demande à honorer qu'un seul Père.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Dim 22 Mar - 20:10

J'entends bien ce que tu dis, Varg. Mais ce dont je parle est beaucoup plus palpable et immédiat, même si le schéma est effectivement similaire. Il s'agirait plutôt de post-modernisme, en l'occurrence, dans le sens d'un constat des effets de ce modernisme, ou plutôt de ses conséquences. L'égalitarisme en question, ici, nivelle. Nous sommes dans une société où on regarde de travers les premiers de la classe (les intellos, les prétentieux, ceux qui se prennent la tête) et où on exclue les cancres (qui sont parfois des intellos insoumis, mais rarement).

Le débat qui nous intéresse accuse ce nivellement vers le bas, ou plutôt vers la moyenne (le plus grand nombre). Cette démocratisation voudrait compresser la dynamique sociale, un peu comme un schéma de courbes graphiques sonores, où les basses et les aiguës seraient écrasés afin de rendre un son de transistor. Un son médiocre.

Mais je parlais du MOI-JE principalement pour dire que le phénomène s'amplifie à vue d'oeil et qu'il est en train d'abolir à vive allure les rapports des individus entre eux. Principalement pour dire qu'il n'était pas moins important que la misère, l'exclusion, toutes ces grandes causes que les principaux titres brandissent. Les individus s'éloignent les uns des autres, s'ignorent et s'indiffèrent de plus en plus (dans la rue autant que dans les repas de famille) tout simplement parce que l'époque et les outils puissants dont elle dispose les mènent à croire qu'ils ont une importance particulière. Le système se sert de ce leurre pour mieux manipuler les individus eux-mêmes, ou pour mieux les divertir, car, dans les faits, plus ils s'accordent d'importance, moins leur pouvoir d'action est grand. C'est étrangement paradoxal.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par Varg le Dim 22 Mar - 20:31

Stalker, oui mais non...

stalker a écrit:Les individus s'éloignent les uns des autres, s'ignorent et s'indiffèrent de plus en plus (dans la rue autant que dans les repas de famille)

Non, mille fois non. On n'a jamais autant regardé l'autre... pour savoir si l'autre nous regarde. On n'a jamais autant regardé l'autre pour savoir comment agir (la Bourse, les peoples, etc.), on n'a jamais eu autant d'outils - c'est vrai - pour se mettre en scène aux regards des autres tout en faisant mine de dire que cela ne nous intéresse pas...
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Dim 22 Mar - 20:43

C'est exactement ce que je suis en train de dire, en d'autres termes.
Disons que c'est vraiment très complémentaire.


Dernière édition par stalker le Dim 22 Mar - 21:53, édité 1 fois
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par novi le Dim 22 Mar - 21:22

pour se mettre en scène aux regards des autres tout en faisant mine de dire que cela ne nous intéresse pas...

Il suffit d'exercer une profession à dominance commerciale pour y étre obligé ; non ?

Le double jeu des éditeurs vis à vis des auteurs est assez curieux d'ailleurs, on leur interdit ou déconseille de se répandre (terme que je reprend de la bouche d'un éditeur) sur le web, mais on les envoient vendre du livre sur des salons ; des auteurs-forains quoi !

Il y a même le cas d'un auteur (vu sais plus où ) ayant fait un tour de france en camping-car, libraires et salons.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Dim 22 Mar - 22:18

Tu ne portes décidément pas les éditeurs dans ton coeur, Novi.
Ce qui me dérange dans tes remarques à ce sujet, c'est que tu les mets tous dans le même sac. C'est regrettable. As-tu essuyé tant de lettres de refus que ça ?


Sans les éditeurs, il n'y a pas de littérature, pas de livre.
Le travail d'un éditeur consiste en premier lieu à effectuer des choix parmi les manuscrits qu'il reçoit. Des choix établis en fonction d'une ligne éditoriale, d'une politique propre à la maison d'édition en question. Ou propre aux attentes d'un directeur de collection, à ses exigences, là encore à ses choix. Si ces choix procèdent d'une démarche, d'un ensemble d'intentions revendiquées, clairement énoncées, ce n'est pas discutable.
Mais je sais bien que des centaines d'auteurs sont tristes, ou plus souvent en colère, lorsqu'un éditeur leur répond que leur texte n'entre pas dans leur ligne éditoriale. Oui, c'est triste, parce qu'on était tellement convaincu qu'on venait de pondre un chef d'oeuvre, ou au moins un roman digne d'être édité.

J'ajouterais bien d'autres éléments au sujet du travail d'un éditeur, mais certains se trouvent énoncés autour de la table ronde, précisément. Je songe au travail de correction, par exemple. Pas seulement des fautes d'orthographe ou de grammaire (qui ne sont que des détails), mais de défrichage, d'élagage, de complément, de développement, de finition, de ponctuation, de souffles, de ruptures, etc.

Il m'est arrivé de lire ou d'entendre dire que des éditeurs acceptaient tels quels des textes d'auteurs, sans quasiment les toucher (allez hop, un accent grave ici, et une majuscule là, puis une toute petite maladresse dans une tournure de phrase), et en avant pour la maquette et l'impression. Les auteurs s'en trouvent naturellement flattés et s'imaginent sans doute que, décidément, ils écrivent drôlement bien.
Je trouve ça suspect. Il y a un problème quelque part.

Ailleurs, un auteur me raconte les mois qu'il a passé à retravailler son manuscrit, en collaboration étroite avec son éditeur, au peigne fin, phrase par phrase, mot par mot, virgule par virgule. Jusqu'à obtenir un texte que l'éditeur allait pouvoir défendre véritablement, sans que l'auteur ne se soit senti dépossédé, mais au contraire grandi par l'expérience.

Tout ça pour dire, à travers deux exemples très opposés, que des "espèces" d'éditeurs, il y en a autant que d'éditeurs, peut-être. Quoi qu'il en soit, il y en a beaucoup. Impossible donc, à mon sens, de dire : les éditeurs sont comme ceci ou comme cela. Impossible de généraliser comme tu le fais, Novi.
Ou bien tu ignores tout du domaine de l'édition et tu t'avances en terrain inconnu, ou bien tu collectionnes les lettres de refus comme d'autres les timbres-poste.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par novi le Dim 22 Mar - 23:39

Ou bien tu ignores tout du domaine de l'édition et tu t'avances en terrain inconnu, ou bien tu collectionnes les lettres de refus comme d'autres les timbres-poste.

Non, le probléme est ailleurs et il est dénoncé par bien d'autres que moi sur les histoires contractuelles, qui n'en ai pas été victime.

Pour mon cas : Je n'ai jamais envoyé un seul manuscrit à aucun éditeur, je ne risque pas d'avoir de refus dans ces conditions.

Pourquoi : c'est viscéral ! comment expliquer cela clairement ....

J'ai déja un peu de peine avec ma nouvelle éditrice, remplir la fiche auteur( à deux doigts de lui dire qu'on arrétait tout) établir un dialogue et pourtant il s'agit d'une structure associative plutôt sympa. C'est étrange parce qu'il me semble que je me suis lancé dans l'écriture d'un bouquin pour communiquer avec un monde à lequel j'avais pas l'impression d'appartenir; je reconnais donc le paradoxe de la situation, tout comme de m'étre complétement égaré à fréquenter un forum que tu connais. Cela m'a étè utile pour intégrer l'inutilité de ma tentative ....d'intégration, on dira !

Sur la forme, or le fait qu'il s'agisse d'un métier qui puisse raisonnablement étre bien fait ; correction, révision etc ( chez Thebook , depuis quelques semaines, tout cela a étè mis en place, correcteurs de qualité professionnelle, comité de lecture n'ayant pas pour but d"evincer des manuscrit mais de donner un avis sur la forme,etc,des graphistes freelance ont proposés des forfaits ,etc ) .Bref tout ça pour dire qu'on peut tout professionnaliser avec de la volonté et du fédéralisme. Je crois qu'il faut donc séparer ma problématique personnelle qui est assez intime et les débats que je peux tenir sur l'édition qui sont globaux sur l'unitéralité des contrats, la spoliation des droits d'auteurs, bref tout ce qu'Edmond a évoqué ci-haut.

Après, fort de cette expérience en auto-édition, si l'on enléve mon probléme perso qui reléve donc plus de l'intime que d'une thése.
Il est terrible de se dire que si j'avais étè RMiste par exemple ( il y en a chez nous ,chez Thebook , un SDF même ). Le bilan est quand même important pour quelqu'un qui devrait avoir ce choix, entre prés de 1000 livres vendus à prés de 50% de marge auteur et peut étre 1000 livres de plus chez un vrai éditeur (à voir ) à 6% ou 10% de droits d'auteurs. Je crois que c'est quelque chose qui doit étre dit, parce qu'avec le nouveau statut d'auto-entrepreneur, de plus en plus de gens seront concernés, auteurs talentueux ou non.
Mon éditrice me demandait cet aprem de quitter Thebook , or le fait que financiérement, ce n'est pas négligeable....j'y ai trouvé un role social dans l'entraide, l'espace de truc créatif qui s'y constitue.( la pépiniere quand j'ai monté ma boite).

Alors bien sur, il y a aussi des retraités, des rentiers qui viennent pondre des livres chez Thebook ( de bons clients, ils achétent leurs propre bouquins) parce qu'ils s'ennuient ; mais il y a les autres, ceux qui tentent une survie à tous niveaux d'ailleurs, et cela en fait une belle aventure par moment.

Et lorsque je regarde le monde du polar d'aujourd'hui ; je vois pas ce mouvement en marche, ce changement sociétal souterrain.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Lun 23 Mar - 1:42

novi a écrit:

Alors bien sur, il y a aussi des retraités, des rentiers qui viennent pondre des livres chez Thebook ( de bons clients, ils achétent leurs propre bouquins) parce qu'ils s'ennuient ; mais il y a les autres, ceux qui tentent une survie à tous niveaux d'ailleurs, et cela en fait une belle aventure par moment.

Et lorsque je regarde le monde du polar d'aujourd'hui ; je vois pas ce mouvement en marche, ce changement sociétal souterrain.

Tu penses vraiment que c'est la seule alternative ?

Sais-tu pourquoi le pourcentage des droits d'auteurs s'élève à environ 7,5% aujourd'hui ? Sais-tu tout ce qu'implique la mécanique éditoriale, entre le moment où l'ouvrage sort des presses de l'imprimeur et l'instant où un lecteur décide de l'acheter dans un rayon de librairie ?
Où passent donc tous les autres % selon toi ?

Cette mécanique est extrêmement lourde et contraignante, mais elle permet à un ouvrage d'être disponible dans des librairies, contrairement à la solution que tu sembles privilégier. Mais on s'éloigne un peu, il me semble. On est en train de revenir au vieux combat que tu mènes déjà sous d'autres topics.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par novi le Lun 23 Mar - 13:59

mais elle permet à un ouvrage d'être disponible dans des librairies

Pour finir cette apparté sur une note d'humour, ça tombe bien puisque je suis pour la disparition des libraires !

Bon il en restera et tant mieux : comme il reste des petites épiceries dans les centres villes.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Mer 25 Mar - 16:57

novi a écrit:
Pour finir cette apparté sur une note d'humour, ça tombe bien puisque je suis pour la disparition des libraires !
Bon il en restera et tant mieux : comme il reste des petites épiceries dans les centres villes.

Tu as l'humour ambiguë.
Sans libraires (c'est à dire sans intermédiaires potentiellement passionnés par ce qu'ils font), ne restent que les grandes chaines de type Fnac (entre autres) qui vendent des livres sans savoir ce qu'ils contiennent, bien souvent (mais il y a des exceptions, heureusement). Des couvertures avec des codes barres, en somme.

Quant à l'édition en ligne (une pure arnaque) et l'auto-édition (de bien belles illusions à la clé) et l'entreprise de démocratisation de la culture (un beau gâchis), les années qui viennent diront leur sort. Il y aura toujours des personnes aptes à faire la différence entre livre et littérature, et film et cinéma.
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par edmond Gropl le Mer 25 Mar - 20:26

Une question pas assez soulevée dans le débat: Intenet permet d'ecrire et d'être lu (par beaucoup de personnes quelques fois) sans passer par l'objet livre et sans passer par une quelconque idée de commerce: la question est, comme le suggère un intevenant: Est-ce que ça amène forcement à une augmentation de consommation de leixomil?
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Re: L'état de l'édition et de la critique

Message par stalker le Mer 25 Mar - 21:09

Le fait de proposer des textes en ligne (sur des forums, par exemple, de façon libre ; ou sur des blogs) n'a rien à voir avec le concept d'édition en ligne. C'était le sujet abordé avec Arthelius, tout récemment sur le forum. Mais il est assez peu question de dépôt de textes libres dans le débat, il me semble. Ce principe ne devrait pas menacer l'édition, contrairement aux livres téléchargeables en PDF pour la modique somme de (...).
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Re: L'état de l'édition et de la critique

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