Demonlover - Olivier Assayas (2002)

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Demonlover - Olivier Assayas (2002)

Message par stalker le Dim 15 Mar - 6:25

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A l'aube de la trentaine, Diane De Monx travaille pour une multinationale, le groupe d'Henri-Pierre Volf, qui a racheté TokyoAnime, une société japonaise produisant des hentaï, mangas pornographiques en 3D. Deux firmes, Mangatronics et Demonlover, s'affrontent pour avoir l'exclusivité de ces nouvelles images, fort lucratives, sur Internet.



Visionnaire, prétend une critique.
Elégant, glacial, mortel, dit une autre.
Cyberpolar bergmanien, une autre encore.

Une chose est certaine, c’est que Demonlover passe outre beaucoup de codes et s’épargne les ingrédients de la recette attendue. Pour ma part, j’ai pensé David Lynch (pour ses plus récents films) et Philippe Grandrieux (Sombre, La vie nouvelle), principalement pour la forme filmique – l’expérience visuelle et sonore que propose ce film.

Qu’il est plaisant de découvrir des réalisations qui, de toute évidence, n’ont pas été conçues en fonction des modèles à disposition, des goûts en vogue, des conséquences économiques d’un possible flop en salles, des attentes d’un public.
Une audace, on va dire, ou une intégrité. Quitte à ce que cette image dérange. Quitte à ce que cette caméra énerve. Quitte à ce qu’on se plaigne de nous retourner un peu. On aura malgré tout du mal à prétendre que la galerie de comédiens qui animent Demonlover a eu des défaillances ou que la mise en scène laisse à désirer. Je me demande si un seul aspect du film a pu être moins bien étudié que les autres. Le revoir pour traquer la faille vaudrait la peine et nous permettrait surtout de le revoir.

Pas évident de faire un film qui traite des nouveaux médias, sans tomber dans les pièges qui courent. Pas évident de faire du cinéma tout en se frottant à l’outil monstre qu’on tâte tous à l’instant même, et qui nous captive, et qui nous tient à l’œil, et joue avec nos nerfs, autant qu’avec nos passions que nos pulsions.
Aucune démonstration de ce point de vue là. Pas d’effets spéciaux qui tuent. Le réalisateur reste maître de son film et ne se laisse pas dépasser par les perches tendues. Sites pornographiques, tortures à la demande, animations en 3D tendances SM ou pire que ça, n’envahissent pas l’écran, ni le scénario ; ne constituent pas l’attraction centrale.
On est bien au cinéma.

D’Olivier Assayas, à ce jour, je n’avais vu que Irma Vep, en 1996 (cet anagramme de « vampire »). Il a également réalisé, entre autres : Clean, en 2004 ; Les destinées sentimentales, en 2001 ; Une nouvelle vie, en 1993.

Mention spéciale pour la bande originale, en grande partie signée Sonic Youth. Isolée du film, on la dira expérimentale, mais sans doute est-elle difficilement dissociable du film (et quand on aime Sonic Youth, on n’est pas à une expérience près).

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