Shutter Island - Christian De Metter / Dennis Lehane (2008)

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Shutter Island - Christian De Metter / Dennis Lehane (2008)

Message par stalker le Lun 23 Fév - 18:48



Nous sommes dans les années cinquante, au large de Boston, l’îlot de Shutter Island abrite un hôpital psychiatrique où sont internés des criminels. Lorsque le ferry assurant la liaison avec le continent aborde ce jour-là, deux hommes en descendent : le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. Ils sont venus à la demande des autorités de la « prison-hôpital » car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ?

La suite, on la connaît si l’on a lu le roman de Dennis Lehane (2003). On l’ignore dans le cas inverse, et c’est la touche De Metter qui va nous guider à travers l’univers particulièrement noir (ou plutôt glauque) de Shutter Island.
Les critiques sont partagées dans le cas d’une telle adaptation de roman – d’autant plus un roman remarqué dont on a beaucoup parlé et qui demeure une référence. Il y aura les lecteurs qui rechercheront avant toute chose la fidélité au roman, et seront le plus souvent déçus de n’en retrouver que les grandes lignes concentrées ; et ceux qui se livreront à l’expérience du récit graphique, c’est à dire parviendront à oublier le roman afin de jouir pleinement de la bande dessinée elle-même.

Dans cette deuxième optique, il semble difficile de passer à côté de l’univers propre à Christian De Metter et, au final, on en vient à se demander qui d’autre que lui aurait bien pu mener, aussi brillamment, un tel défi à terme.
De Metter, on en parle ailleurs sur le forum, pour les autres albums qu’il a réalisés. Parler de nouveau de sa touche, de sa maîtrise des visages et des clair-obscurs, reviendrait à se répéter, à combiner d’une autre façon les mêmes mots pour parvenir à la même conclusion : ce Shutter Island est un chef-d’œuvre graphique.
On pourrait dire aussi une remarquable symbiose entre l’œuvre d’un écrivain et l’univers d’un illustrateur – également scénariste dans ce cas, puisque De Metter a travaillé seul à partir du roman de Lehane.

A mon sens, cet album est le plus réussi de la nouvelle collection Rivages / Casterman / noir, dont on a critiqué d’autres ouvrages récemment, juste devant Nuit de fureur (de Miles Hyman et Matz, d’après Jim Thompson) et Pauvres zhéros (de Baru et Pierre Pelot).

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