Le silence de Lorna - Dardenne Jean-Pierre et Luc (2008)

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Le silence de Lorna - Dardenne Jean-Pierre et Luc (2008)

Message par stalker le Ven 13 Fév - 4:08



Pour devenir propriétaire d'un snack avec son amoureux Sokol, Lorna, jeune femme albanaise vivant en Belgique, est devenue la complice de la machination de Fabio, un homme du milieu. Fabio lui a organisé un faux mariage avec Claudy pour qu'elle obtienne la nationalité belge et épouse ensuite un mafieux russe prêt à payer beaucoup pour devenir belge. Pour que ce deuxième mariage se fasse rapidement, Fabio a prévu de tuer Claudy. Lorna gardera-t-elle le silence ?

Entre cette question et sa réponse, s’écoule un film qui va se consacrer à un personnage en particulier : le désigner, très vite, le suivre de près, ou de moins près ; capter le moindre de ses gestes, la moindre de ses réactions, que ce soit au cours d’instants déterminants ou tout à fait insignifiants ; nous révéler, peu à peu, qui est Lorna.
Saisir Lorna énervée dans un appartement minuscule ou indifférente au monde qui l’entoure sur le trottoir d’une avenue ; dans un troquet, inquiète, en compagnie d’individus suspects, ou dans les couloirs d’un hôpital, fatiguée. Dans d’autres lieux encore où elle se rend successivement, afin de tenter de sortir d’un engrenage ou d’obéir aux règles qu’il lui impose chaque jour, chaque minute.

Ajouter un commentaire au synopsis reviendrait à trop en dire. L’histoire doit avoir lieu, séquence par séquence, de la plus décisive à la plus banale. Il faut la laisser couler et se taire. Le complot est là, bien sûr, sans cesse présent et écrasant, mais Lorna importe plus que tout, avec son corps, sa détresse et ses nerfs, mais aussi l’histoire qui la poursuit et la cramponne au ventre lorsqu’elle part de travers.

Pour réussir à révéler Lorna de cette façon, il fallait y mettre la forme. Précisément une forme qui s’efface au bénéfice du personnage lui-même et de ses agissements, afin de ne pas fausser la vie, de ne pas l’embellir, ni l’assombrir pour autant. Il fallait une image telle quelle ; telle que vous allez trouver la vie en sortant de chez vous, avec ses bruits, ses mouvements, ses couleurs et ses gris combinés. Une image brute, authentique, qui bouge comme on bougerait si on avait eu le choix de suivre Arta Dobroshi, troublante car tellement vraie.
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