Bayer, William - Labyrinthe de miroirs (1994 - Rivages 1996)

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Bayer, William - Labyrinthe de miroirs (1994 - Rivages 1996)

Message par limbes le Lun 1 Déc - 15:40



Les soirs de pluie, Gelsey entre dans un bar, se fait "lever" par un homme et se laisse entraîner dans une chambre d'hôtel. Mais en fait, c'est elle la chasseresse. Elle drogue son séducteur, lui vole son argent et laisse sur sa poitrine un message d'adieu sarcastique, écrit à l'envers et à l'encre indélébile, que la victime découvrira le lendemain dans le miroir de sa salle de bains. Ce jeu cruel vire au drame lorsque la dernière proie de Gelsey est retrouvée morte, une balle dans la tête. Et la chasseresse devient gibier à son tour. Comment prouver son innocence ? Le lieutenant Frank Janek trouvera la réponse ... Dans un labyrinthe de miroirs.
William Bayer est un auteur salué par la critique internationale pour l'originalité de ses thrillers, dont Une tête pour une autre (Robert Laffont) où apparaît également Frank Janek.
Labyrinthe de miroirs a reçu le prix calibre 38 du meilleur roman étranger.
(4ème de couverture)

Dans un labyrinthe classique, on se perd, et on cherche la sortie ; avec des miroirs qui reflètent à l’infini notre image, déformée, grotesque, multipliée en clones, c’est la réalité qu’on interroge, et soi (c'est pire).

Il y a quelque chose de vertigineux là-dedans, et c’est ce vertige auquel nous convie W. Bayer, par l’intermédiaire de son enquêteur, Frank Janek (un héros récurrent, semble-t-il, mais je n’ai pas lu ses enquêtes précédentes), quand il s’agit, sans fil d’Ariane, de reconsidérer les faits d’une vieille enquête trop vite classée, ou de partir sur la piste d’une fille mystérieuse qui dépouille des hommes dans des hôtels, après les avoir séduits, puis drogués.

Le roman s’articule autour de deux intrigues, donc, dont l’une ne m’a pas paru très convaincante (trop nébuleuse, peut-être, ou trop évidemment prétexte ?), mais son cœur, ses ramifications sont bien à chercher dans ce labyrinthe de miroirs, véritable métaphore de l’enquête policière, bien sûr, mais aussi de la vie en général.

Le plus réussi pour moi, c’est le lieu lui-même, le vrai labyrinthe, caché au sous-sol d’une maison blockhaus située en marge d’un ancien parc d’attractions tout déglingué. C’est marrant parce que les parcs d’attraction, les fêtes foraines en général, ont vraiment un côté sinistre, je trouve, même sous le soleil et avec les rires et émerveillements des enfants. C’est très bien rendu dans ce livre, le côté mensonger et carton-pâte de la vie, où entre illusions et chimères, comment se diriger, vers où, pourquoi.
Un petit bémol serait peut-être la trop grande transparence et exclusivité de l’explication psychanalytique, pour un des personnages.

Le dénouement s'inspire du final de La dame de Shanghaï, d’Orson Welles.


Je me demande soudain s’il est possible d’incruster une image miroir, sur l’écran d’ordinateur, un vrai, un où on se verrait dedans.
Je le mettrais là :


(ça ferait peur)
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limbes

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