Intraçable - Gregory Hoblit (2008)

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Intraçable - Gregory Hoblit (2008)

Message par stalker le Ven 7 Nov - 11:23

Portland. L'agent spécial Jennifer Marsh appartient à la section Cybercrime du FBI, chargée de traquer les "hackers", fraudeurs et pédophiles qui utilisent Internet à des fins criminelles. Technicienne aguerrie, elle croyait avoir tout vu, avant qu'un prédateur d'un style inédit ne commence à diffuser sur la Toile les images des tortures infligées à ses victimes, et qu'il n'invite les spectateurs à participer à leur exécution.
L'affaire ne tarde pas à mobiliser la police locale, mais le criminel reste insaisissable, et son site introuvable. La traque prend bientôt une tournure personnelle lorsque Jennifer et ses plus proches collaborateurs sont pris pour cible. Un jeu du chat et de la souris s'engage alors dans l'urgence, mais il est peut-être déjà trop tard...




Gregory Hoblit a réalisé, entre autres, La faille, Peur primale, Mission évasion et Fréquence interdite. Je n’ai pas regardé Intraçable pour les souvenirs impérissables que m’ont laissé ses autres films, mais bien à cause du sujet qu’il aborde ; même si le synopsis n’en dit pas très long et tente plutôt d’appâter avec l’étiquette thriller.
Dans le même registre, on en a vu de bien meilleurs et on en a également vu des pires. Mais les plus nombreux se trouvent à mi-chemin et restent médiocres, mais parfois regardables (en admettant bien sûr qu’on porte un intérêt au genre – dans le cas inverse, inutile d’aller plus loin et inutile de se faire mal en envisageant de regarder ce thriller-là).
Bien entendu, les codes abondent ; autrement dit les clichés, les détours systématiques, les rebondissements téléphonés, la fin qui tue. Le plus évident de ces schémas, qui ont l’air de si bien fonctionner, reste l’intrusion du tueur dans la vie intime du flic qui le traque.

Pour le reste, les motifs du tueur sont assez bancals, notamment dans la deuxième moitié du film où le scénario bascule dans la surenchère (d'aucun diront qu'il bascule dès la première minute, et ça se défend). Quant à ses méthodes, particulièrement violentes, nous allons supposer (avec la meilleure foi du monde) qu’elles ont été choisies afin de soutenir le propos du film, qui s’aventure sur le territoire virtuel.
Entre parenthèses, si chaque Etat, ici bas, possédait un informaticien aussi performant et malin que ce tueur intraçable, les questions de sites pédophiles et de piratage audiovisuel seraient réglés depuis quelques temps déjà. Mais, visiblement, ce n’est pas le cas, ou bien on a encore d’obscurs motifs de nous le cacher.

Le principe choisi est très pertinent : le tueur séquestre une victime et la soumet à des tortures sous l’oculaire d’une caméra. L’image vidéo est retranscrite en direct sur un site Internet, tout le temps que dure la torture. Un système très ingénieux consiste alors à ce que la quantité d’individus connectés accélère le système de torture. Plus nous serons nombreux à désirer voir souffrir la victime, et plus elle mourra vite (moins de chances auront les enquêteurs d’intervenir à temps pour la sauver). En d’autres termes, si personne ne se connecte, il n’y a aucune souffrance et pas de victime.
L’idée répond évidemment à la profusion de vidéos catastrophes diffusées sur la toile, souvent capturées par des caméras de surveillance, ou filmées inopportunément, et d’autres provenances encore : accidents de la route, crashes d’avions, suicides, photos de corps mutilés, malformations monstrueuses, la liste est longue, n’est-ce pas.

Intraçable tente d’aborder ce domaine délicat et tout à fait dans l’air du temps. Outre l’abondance de maladresses et d’évidences fatigantes, des questions sont posées par-ci, par-là, digne d’intérêt. Elles se portent sur l’outil virtuel, ses capacités grandissantes, sur l’usage qu’on en fait (à échelle individuelle en particulier), sur les comportements humains qu’il suscite.
Quelques indications techniques sont apportées, dont certaines donnent par ailleurs son titre au film, tandis que d’autres sont tenues dans l’ombre, ou survolées – rassurons-nous, c’est sans doute parce qu’on n’est pas encore parvenu à les mettre au point.

Le film est à voir pour ces raisons-là, donc, en étant très sélectif dans ses différents aspects.
Mais on peut aussi se tenir à distance de certaines questions posées ; prétendre que ça ne nous concerne pas ; ou même leur tourner le dos sous prétexte qu’on n’aime pas les thrillers.
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