Blue velvet - David Lynch (1986)

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Blue velvet - David Lynch (1986)

Message par stalker le Mer 5 Nov - 18:10



Dans la belle petite ville de Lumberton, Caroline Nord, Etats-Unis, M. Beaumont en arrosant son gazon, est victime d'une crise cardiaque. Son fils Jeffrey, en retournant chez lui suite à une visite à son père malade, trouve une oreille humaine dans un champ. L'oreille, en décomposition, est couverte d'insectes. Jeffrey amène immédiatement l'oreille à l’inspecteur Williams et fait ainsi la connaissance de sa fille, Sandy.
Poussé par la curiosité et un certain goût pour le mystère, Jeffrey va mener l'enquête avec Sandy pour découvrir à qui appartient cette oreille et ce que cache cette histoire macabre, derrière la façade apparemment innocente de Lumberton.
Cette investigation va le plonger dans le monde sordide et méchant où évoluent, entre autres, Dorothy Vallens, une chanteuse de cabaret psychologiquement fragile, et Frank Booth.


Dans la filmographie de David Lynch, Blue velvet vient peu après Dune (1984, une commande que le réalisateur revendique peu ; une incongruité dans son œuvre) et précède Sailor et Lula (1990). Dans son sillage, se trouvent déjà Eraserhead, son premier long métrage (1976), Elephant man (1980) et plusieurs films courts.

Petites notes sur le vif.

Il y a des films qui nous clouent au sol, parfois, ou plutôt à l’écran. Blue velvet est de ceux-là, en ce qui me concerne. Je n’en fais donc pas une critique, ni même un résumé ; je m’attarde sur des éléments et j’établis des connexions. Je m’attarde en particulier sur certains lieux clos que Lynch investit dans ces films. Je songe au rapport entre l’appartement du personnage Henry, dans Eraserhead, et celui de Dorothy Vallens, dans Blue velvet. Lynch les investit, mais il organise en premier lieu ; on peut même dire qu’il les conçoit de A à Z, puisqu’il en fabrique la plupart du temps le mobilier lui-même.
Puis l’éclairage ; je dirais le rôle de l’éclairage, qui ne se contente pas de révéler les lieux, mais d’incarner aussi des présences dans des espaces (une ampoule qui éclate, un court-circuit, une lumière étrange qui émane d’un radiateur…). Nous retrouvons ce soin spécifique et cette touche singulière accordés aux lieux clos dans les deux films précités, opposés à d’autres lieux auxquels Lynch n’a probablement pas touché, préférant les offrir tels quels, c’est à dire fidèles aux goûts (ou à l’absence de goûts, peut-être) des classes américaines ; en l’occurrence très différentes de Eraserhead à Blue velvet.

Le théâtre principal, dans Blue velvet, est l’appartement (rouge) de Dorothy Vallens. C’est d’ici que vont jaillir les indices d’une intrigue ; c’est de cet espace que vont surgir les démons de cet épisode de l’œuvre de Lynch ; c’est ici que des êtres se croisent, s’affrontent, s’ébattent et viennent mourir.
Rien n’est laissé au hasard et on peut supposer que cet appartement n’existe pas ; que c’est une pure création du réalisateur, tant dans sa configuration que dans les choses, les couleurs et les lumières qui composent cet espace. Un travail de studio ; un calcul effectué afin d’orchestrer dans le moindre détail le déplacement des corps, le moindre point de vue offert ou interdit à la caméra – ce qu’un personnage verra, sans que le spectateur en jouisse, tout comme la caméra accédera à des angles de vue dont le personnage ne bénéficie pas.
On ne verra jamais la chambre de Dorothy Vallens.
On n’oubliera jamais le personnage.
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