J'ai toujours rêvé d'être un gangster - Samuel Benchetrit (2008)

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J'ai toujours rêvé d'être un gangster - Samuel Benchetrit (2008)

Message par stalker le Sam 1 Nov - 18:56



L’histoire d’un braqueur amateur dont la victime est elle-même une apprentie braqueuse,
deux kidnappeurs qui enlèvent une adolescente si suicidaire qu’elle les supplie sans cesse de l’exécuter,
un chanteur en panne d’inspiration qui vole à un collègue ses dernières compositions
et enfin cinq septuagénaires qui quittent leur retraite pour goûter à nouveau aux joies du braquage
.

Quatre histoires courtes qui se croisent dans un lieu : une cafétéria paumée au bord d’une autoroute. Puis des individus, surtout, avant tout, qui viennent s’y échouer. La distribution est étonnante, même déroutante si l’on considère le face à face entre Alain Bashung et Arno, par exemple, qui jouent leur propre rôle dans ce (non)lieu de passage désert.
Troublante, Anna Mouglalis derrière ce long comptoir, confrontée à ce type perdu qui a tout à apprendre des méthodes de braquage. Absurdes, ces cinq anciens braqueurs en quête de leur propre passé, que le temps expédie dans la cafétéria comme autant de méduses mal en point sur une plage lugubre.







Absurde, cette comédie noir et blanc. Noire et drôle. Pertinente dans son approche des êtres humains qu’elle convoque et injecte dans un monde sans cesse changeant, faisant d’eux les proies du temps. Provocateur, le montage du film, jonché de raccords foirés, de transitions maladroites et de références qui tournent au vinaigre.

Splendide, la photographie.
Tandis que les individus se cherchent, tâtonnent, s’effleurent, se trouvent, puis s’égarent, la caméra se consacre en exclusivité aux lieux, aux décors. La totalité des cadrages s’effectue en fonction des espaces et des choses, intérieurs ou extérieurs. Ce sont les lieux, résolument graphiques, qui déterminent le point de vue, et non les personnages. Ces derniers sont soumis aux lieux, tant dans leurs déplacements que dans leur immobilité.
Ce monde ne tourne pas rond, mais on n’y peut rien. Nous ne sommes que des êtres de passage, éphémères, insignifiants, même si l’on a vécu des histoires, et qu’elles nous hantent encore. Le temps les a dévorées, digérées. Les lieux se sont transformés. Il aurait fallu qu’on se transforme aussi, qu’on parvienne à suivre le temps ; qu’on ait encore la certitude d’être en vie, dans ce lieu.
Y sommes-nous parvenus ?
C’est peut-être toute la question que pose ce film remarquable.

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