FIAC 2008

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FIAC 2008

Message par stalker le Ven 31 Oct - 2:47

FIAC signifie Foire Internationale d'Art Contemporain (l'art de notre temps, donc).

Il se passe des choses insoupçonnées dans ce domaine réservé (ben oui, il faut bien le dire), parfois déplorables, parfois étonnantes ; les deux résultats pouvant aussi se combiner, naturellement. Mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain (désolé, c'est comme "pousser mémé dans les orties", j'aime bien, d'autant que ça colle parfaitement au contexte), sous prétexte qu'on n'y connait rien et que le peu qu'on en a vu (ou entrevu de loin) n'attise pas l'envie d'en connaître davantage (réaction très répandue, puisqu'il est plus facile de dire qu'on n'aime pas, que de faire l'effort de comprendre).

Au sujet de cette FIAC 2008, donc, cet article du Figaro :

La grande foire parisienne d'art contemporain s'est achevée hier soir. Sursis dans les affaires, avant la déprime attendue.

Malgré la crise, Paris garde le goût de l'art et le sens de la fête. Samedi soir, en l'hôtel de Morny, au rond-point des Champs-Élysées, le dernier dîner d'une semaine ­somme toute trépidante célébrait le prix Marcel-Duchamp 2008 et son ­lauréat, le vidéaste aux effets spéciaux Laurent Grasso, né en 1972 à ­Mulhouse. Un « artiste fantastique », a résumé avec humour Alfred ­Pacquement, directeur du Musée Beaubourg. Comme au bal du ­comte d'Orgel, Mme Serge Dassault et son fils Laurent accueillaient la petite planète des arts et ses fidèles de l'Adiaf (Association pour la diffusion internationale de l'art français) dans les salons XIXe aux boiseries dorées où des écrans projetaient des courts-métrages sur les candidats en lice : outre le lauréat, Michel Blazy, le ­Martien aux tableaux en chocolat, Stéphane Calais, le calligraphe géant, et Didier Marcel, qui sculpte l'empreinte de la nature.

Autour des tables scintillantes comme des pampilles de lustre, les conversations revenaient sans cesse sur la « récession certaine, voire, pire encore, sur la dépression », dans le sillage du discours calviniste de Pierre Darier, président du Mamco de Genève et de la banque privée Lombard Odier Darier Hentsch & Cie,mécène de l'événement. Au-dessus du bouillonnement insolite d'une entrée fumante de langoustines et foie gras, l'heure était plus sérieuse que dans l'euphorie des beaux jours, malgré les clins d'œil de ­Laurent Dassault à Marcel Duchamp. La politique europé­enne sous la présidence française, la « France enfin gouvernée par Nicolas Sarkozy » , le système bancaire et ses subtilités de joueurs d'échecs ­éclipsaient le débat sur l'art contemporain, ses mérites, ses pièges.


Les provocations d'Oleg Kulik

C'est pourtant d'art qu'il s'agit en cette 35e Fiac (Foire internationale d'art contemporain) qui a catalysé un nombre jamais vu d'événements à Paris, des expositions phares dans les musées aux concerts expérimentaux pointus réunissant tous les arts, comme Jeff Mills orchestrant « Le Futurisme » à Beaubourg.

Les collectionneurs purs et durs, ceux qui font en permanence le grand tour des ateliers et des centres d'art, anticipent déjà un retour à la sobriété. Elle était dans l'air du dîner du 10e Bal jaune, parrainé par la Fondation d'entreprise Ricard, vendredi soir au Casino de Paris, d'avis général plus sage que d'habitude. Ce prix, toujours pionnier, a récompensé le jeune Raphaël Zarka, né en 1977. Il était notamment en compétition avec Cyprien Gaillard, dont les vidéos engagées dénoncent une planète injuste, Camille Henrot, l'artiste du double sens, et Gyan Panchal qui unit sculpture et développement durable.

Au Grand Palais, le bilan de la 35e Fiac est plus positif qu'espéré, avec un très grand public (à 25 € l'entrée !), des affaires plus lentes mais bien réelles, toutefois à des seuils de prix moindres. Dans l'attente de l'uppercut, le marché essaie d'engranger les ventes, opération de la dernière chance avant les ventes de New York, qui s'annoncent très difficiles, et l'élection présidentielle, si décisive pour le rêve américain. Les galeries qui défendent depuis toujours leur ligne et leurs poulains ont retrouvé plus facilement, semble-t-il, leurs collectionneurs que les grosses pointures du marché, dans des créneaux de prix soudain jugés astronomiques. Peu d'Américains, peu de conquistadors des « marchés émergents » pour doper une offre honorable à défaut d'être époustouflante.

Comme tout vrai Salon, la Fiac 2008 a eu son scandale. Il est venu de Russie avec les clichés zoophiles de l'Ukrainien Oleg Kulik qui ont valu au duo Elena et Sergueï de la galerie russe XL d'aller au poste. Martin Béthenod, commissaire général de la Fiac, a volé à leur secours. Le scandale est venu aussi de Londres avec les terribles frères Chapman, qui ont accroché des dessins signés Hitler, après les avoir gribouillés à leur manière. Beaucoup de bruit pour rien ?
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