Soren Kierkegaard

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Soren Kierkegaard

Message par stalker le Jeu 30 Oct - 1:56

Les moyens de communication se perfectionnent sans cesse - on arrive à imprimer de plus en plus vite, à une vitesse incroyable - mais la vitesse augmentant, les communications deviennent de plus en plus hâtives, de plus en plus confuses.
Et malheur à quiconque se risque, au nom de la primitivité de Dieu, à faire contrepoids. Comme l'individu est pris dans le tourbillon de l'impatience pour se faire tout de suite comprendre, ainsi la génération émet la tyrannique exigence de comprendre l'individu sur-le-champ.
Voilà ce qui produit l'improbité ; les concepts sont abolis, le langage devient confus, les arguments contradictoires se croisent. Il est impossible de trouver de conditions plus favorables à tous les radoteurs, car la confusion générale dissimule leur déséquilibre personnel.
C'est l'âge d'or des radoteurs.

Telle est la confusion de l'époque moderne : elle traîne le terrible fardeau du traditionnel ; plus que jamais, les humains sont prisonniers de la confusion de l'existence. C'est le manque de probité de ce temps
.

S.K.

*

Quatrième de couverture d'un petit recueil intitulé La dialectique de la communication.

En la découvrant, et en choisissant de lire le recueil, je me suis demandé pourquoi la question de la communication, exposée telle quelle, et d'autant plus aujourd'hui, était si peu abordée et mise en cause dans la littérature qui nous préoccupe.

C'est très délicat de donner un avis personnel le jour de la sainte Narcisse, surtout qu'il ne reste que quelques minutes, mais je pense qu'une grande part du mal moral qui touche notre société occidentale est directement lié à la communication. Même si l'on en jouit au quotidien, même si l'on en jouit dans l'instant-même, même si c'est une nécessité profonde que celle de communiquer, il me semble.
Ce serait comme un mal profond, insidieux, qui n'aurait l'air de rien. Plus on en parlerait et moins il aurait l'air d'un mal, précisément. Chapeau à cette vaste machinerie humaine qui nous tient. Chapeau.

Si quelqu'un a lu un ouvrage de fiction sur le sujet, je suis preneur (noir ou gris ou blanc, je m'en fiche).
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Re: Soren Kierkegaard

Message par Varg le Jeu 30 Oct - 15:59

Mais dans l'extrait que tu cites, et connaissant un peu Kirkegaard, le point fondamental n'est pas la communication mais bien la phrase :

Et malheur à quiconque se risque, au nom de la primitivité de Dieu, à faire contrepoids...

La confusion dont il est question après ne nait sans doute pas d'un excès de communication mais plus d'un insuffisance... de Dieu (pour le moins de transcendance extérieure à l'homme).
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Re: Soren Kierkegaard

Message par stalker le Jeu 30 Oct - 17:52

Je pense que cette phrase que tu cites est surtout liée à l'époque à laquelle Kierkegaard a écrit ce recueil, dans la première moitié du XIXème siècle. Je pense qu'elle est à présent obsolète et que c'est d'ailleurs le seul passage obsolète de cette quatrième de couverture. Tout le reste s'applique fidèlement à notre époque.

En revanche, l'excès dont il est question en vient effectivement à générer une insuffisance. Un manque, je dirais. C'est toute la finesse du problème et son danger - son pouvoir ?
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Re: Soren Kierkegaard

Message par Varg le Jeu 30 Oct - 18:25

stalker a écrit:Je pense que cette phrase que tu cites est surtout liée à l'époque à laquelle Kierkegaard a écrit ce recueil, dans la première moitié du XIXème siècle. Je pense qu'elle est à présent obsolète et que c'est d'ailleurs le seul passage obsolète de cette quatrième de couverture. Tout le reste s'applique fidèlement à notre époque.

En revanche, l'excès dont il est question en vient effectivement à générer une insuffisance. Un manque, je dirais. C'est toute la finesse du problème et son danger - son pouvoir ?

Non pas seulement à l'époque mais à sa propre problématique ("sa", celle de Kirkegaard) et elle est loin d'être obsolète (à mon avis), une partie sinon toute la confusion de la "communication" entre les êtres venant de l'absence de transcendance, d'ordre, de hiérarchies de paroles (transcendance cette fois ci à construire entre les êtres, on retombe sur l'autonomie à la Castoriadis). Dans une époque où toutes les paroles sont égales, que vaut telle parole ?

Mais là encore, ainsi fragmenté, cela n' a guère d'importance. :-)
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Re: Soren Kierkegaard

Message par stalker le Jeu 30 Oct - 20:01

Je n'envisageais pas d'aborder la problématique de Kierkegaard en recopiant cette quatrième de couverture. Ce qui me semble intéressant est beaucoup plus concret et immédiat : c'est la communication ici et maintenant ; la façon dont on emploie ce terme à tout va, aujourd'hui.
Hier, je soulignais la sainte Narcisse, et il s'agissait bien du rapport entre les individus eux-mêmes. Toi, moi, n'importe qui ici bas, susceptible de côtoyer son prochain, à deux, à trois ou à quinze, ou à cent cinquante ; des individus susceptibles d'utiliser dans un même temps des outils de communication de plus en plus perfectionnés. On le sait (je me demande...), l'abondance d'outils de communication ne signifie pas qu'on sait communiquer, et le manque créé par cette abondance signifie que plus on dispose d'outils, moins on est en mesure de communiquer, de dialoguer, d'être disponible à l'autre et aux autres.

C'est chacun pour sa petite gueule. L'autre n'est qu'une oreille pour soi, par laquelle on tente de mieux exister, ou de mieux paraître. Sur Internet, les blogs et les jourriels sont de très bons exemples ; des formes de monologues publics, en somme. Des journaux intimes à ciel ouvert.

Je me demandais donc si des auteurs avaient abordé ce délicat terrain à travers des romans.
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