813 (la revue)

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813 (la revue)

Message par stalker le Dim 19 Oct - 17:07

Au sommaire du numéro 101 (hiver 2007) de la revue 813, un dossier sur le rapport du polar à la bande dessinée, un portrait de Charles Willeford, un entretien avec Dennis Lehane, beaucoup d'actualités et d'autres articles,
puis un entretien avec Ake Edwardson, auteur suédois :



Interview réalisée par François Braud.
Extraits :

Les lecteurs français vous connaissent peu. Pourtant, la presse vous a qualifié de "second Mankell". Comment pouvez-vous vous présenter et vous placer par rapport à l'oeuvre d'Henning Mankell ? Ce dernier est-il l'arbre qui cache la forêt nordique ?
Qu'est-ce que c'est que ça, un "second Mankell" ? Pour être franc, je suis fatigué d'être comparé à Henning Mankell. Je peux le comprendre, mais si vous lisez mes romans et les siens et les comparez, vous verrez qu'ils ont peu en commun, dès lors qu'on parle du langage, de la psychologie, des personnages, etc. Ce que nous avons en commun est le sérieux.
Nous écrivons tous les deux des romans noirs sérieux, ce qui signifie que ce n'est pas quelque chose qu'un dentiste ou un professeur ferait pour s'amuser pendant quelques semaines de vacances. C'est de la littérature sous forme de romans criminels, et ça doit être vu comme de la littérature. Dieu sait qu'il y a des milliers de mauvais romans criminels ici, mais les miens - et ceux de Mankell - n'en font pas partie.

Votre précédent roman paru en français chez JC Lattès, Voile de pierre, pourrait-il être qualifié de thriller au ralenti ?
Tous mes romans pourraient être appelés romans au ralenti, si vous voulez dire par là des histoires qui se construisent lentement et morceau par morceau jusqu'à un ensemble, ou un crescendo, si vous préférez. C'est le plus grand défi, d'écrire des livres avec beaucoup de tension et un grand suspense, mais où rien n'arrive vraiment. Il n'y a pas d'action dans mes livres, au sens du cliché habituel. L'action est dans les dialogues. Ce sont des livres pour des lecteurs qui réfléchissent. Vous n'obtenez pas toutes les réponses sur-le-champ. En réalité, vous n'avez jamais toutes les réponses.
C'est ce que devrait être l'écriture. C'est une coopération entre l'écrivain et le lecteur. Mais l'écriture traite aussi du contraste : vous ne pouvez pas avoir le même tempo tout le temps, sinon vous ne pourriez pas apprécier le "ralenti". (...)

.


Dernière édition par stalker le Sam 25 Oct - 1:49, édité 2 fois

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Re: 813 (la revue)

Message par Irène A. le Mar 21 Oct - 23:59

stalker a écrit:Au sommaire du numéro 101 (hiver 2007) de la revue 813, un dossier sur le rapport du polar à la bande dessinée, un portrait de Charles Willeford, beaucoup d'actualités et d'autres articles, puis un entretien avec Ake Edwardson, auteur suédois.


De quoi nous faire saliver, surtout les deux premiers, tiens et si je relisais Willeford ?

Irène A.

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Re: 813 (la revue)

Message par stalker le Mer 22 Oct - 23:41

L'article qui le concerne est vraiment très intéressant.
Il faut dire qu'il démarre plutôt bien, en s'intitulant Charles Willeford, l'altérité et Schopenhauer.
Il est signé Jean-Louis Touchant.

Des petits extraits qui citent Willeford, piochés dans ses ouvrages :

La différence, c'est la survie, Johnny. Pas seulement celle de ton corps, celle de ton esprit aussi. Avoir conscience que celui qui serait toujours sur ses deux pieds et en un seul morceau à la fin de la guerre serait le vrai vainqueur, c'est ça qui fait la différence.

Je la regardais se vêtir. C'est comme si nous étions mariés depuis dix ans. Je remerciais le Seigneur et tous les dieux de l'île de Pâques que nous ne le soyons pas.

Je priais désormais, naturellement, systématiquement, automatiquement sans douleur, un peu comme on effectue son versement mensuel dans le cadre d'un plan d'épargne
.

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Re: 813 (la revue)

Message par Varg le Ven 24 Oct - 8:02

Edwardson a écrit:C'est de la littérature sous forme de romans criminels, et ça doit être vu comme de la littérature. Dieu sait qu'il y a des milliers de mauvais romans criminels ici, mais les miens - et ceux de Mankell - n'en font pas partie.

Quelle modestie... Et être juge et partie, quel pied...

Cela étant, et bien que son premier roman soit d'une suffisance, d'une prétention et d'une banalité affligeante (à mon seul avis), je dois reconnaître à Edwardson qu'il est moins mauvais que Mankell. Sans doute parce qu'il consacre plus de temps à écrire ses polars ou parce qu'il a surtout une vision de son pays qui est plutôt intéressante.

Mais s'il veut réellement que l'on perçoive ses écrits comme de la littérature, eh bien, cela reste du bas de gamme (il y a quand même, dans le secteur, quelques Himalayas à escalader...)

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Re: 813 (la revue)

Message par stalker le Ven 24 Oct - 15:39

Cette modestie, comme tu dis, s'appuie sur le fait qu'il existe beaucoup de mauvais romans. On en est tous conscients, n'est-ce pas ? Commençons par admettre ça, et ensuite on comprendra qu'un auteur qui sait de quoi il parle (l'interview est argumentée, c'est le moins qu'on puisse dire) s'autorise à affirmer que son écriture est au-dessus de tout ça.

Ne pas reconnaître son talent facilite la réussite des médiocres (Audiard).
Mais c'est mal vu, de nos jours, de prétendre se situer au-dessus de la moyenne générale. C'est hautain, voire méprisant. Il est préférable de ne rien dire, de ne pas s'avancer là-dessus. Si on suit ce schéma, tout se vaut ; tout est égal.
C'est intéressant de relever ces expressions qui sont systématiquement discutées ou rejetées. Elles prennent l'air de propos interdits. Des choses qui ne doivent pas se dire. Qui doivent être tues afin de ne pas affecter son prochain, en fin de compte.

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Re: 813 (la revue)

Message par stalker le Ven 24 Oct - 15:40

Précision : je sors du cadre de l'interview de Edwardson en disant ça. Je parle en règle générale.

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Re: 813 (la revue)

Message par Varg le Ven 24 Oct - 16:42

stalker a écrit:Cette modestie, comme tu dis, s'appuie sur le fait qu'il existe beaucoup de mauvais romans. On en est tous conscients, n'est-ce pas ? Commençons par admettre ça, et ensuite on comprendra qu'un auteur qui sait de quoi il parle (l'interview est argumentée, c'est le moins qu'on puisse dire) s'autorise à affirmer que son écriture est au-dessus de tout ça.

Ne pas reconnaître son talent facilite la réussite des médiocres (Audiard).
Mais c'est mal vu, de nos jours, de prétendre se situer au-dessus de la moyenne générale. C'est hautain, voire méprisant. Il est préférable de ne rien dire, de ne pas s'avancer là-dessus. Si on suit ce schéma, tout se vaut ; tout est égal.
C'est intéressant de relever ces expressions qui sont systématiquement discutées ou rejetées. Elles prennent l'air de propos interdits. Des choses qui ne doivent pas se dire. Qui doivent être tues afin de ne pas affecter son prochain, en fin de compte.

D'accord... Peut être Edwardson aurait-il dû dire qu'il était bien meilleur que Mankell, même s'il vend beaucoup moins que lui (ceci expliquant peut-être cela) pour que ton explication me satisfasse entièrement. Mais cela n'a aucune importance finalement...

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Re: 813 (la revue)

Message par edmond Gropl le Ven 24 Oct - 17:50

Il reste l'article sur Charles Willeford. Je l'ai lu (la bibliothèque de Marseille est abonnée à 813 et l'Ours polar). Je ne me rappelle plus tres bien de quoi ça parle exactement mais il me semble me souvenir que c'est là que j'ai appris que Charles Willeford avait écrit ses souvenirs de guerre (il passa de nombreuses années à l'armée).
J'espere que Rivages va les publier. Ca ne peut-être qu'un bon livre.

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