Les liens du sang - Jacques Maillot (2008)

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Les liens du sang - Jacques Maillot (2008)

Message par stalker le Mer 8 Oct - 18:05



C’est l’histoire de deux frangins dans les années 70. L’un est flic et l’autre vient de passer dix ans derrière les barreaux. Leur vie est faite d’objets qui les rapprochent et d’objets qui les opposent. Leur histoire les jette au beau milieu d’un terrain vague et les somme de se battre dans la poussière, et de s’aimer de nouveau, puis de se jeter dans la poussière, encore, et de s’aimer. L’un n’est ni plus propre, ni plus dégueulasse que l’autre.

Sur ce terrain, autour d’eux, se trouvent d’autres individus, bien sûr. Qui les regardent, qui les soutiennent, ou contribuent à leur façon au déchirement et à l’amour. Des individus qui eux-mêmes se croisent, s’affrontent, se rapprochent, se détestent ou non. Se connaissent ou s’ignorent complètement.
C’est la vie et tout ceci semble bien banal, après tout.

En s’inspirant du roman auto-biographique des frères Papet, le réalisateur Jacques Maillot a d’abord souhaité contourner le piège dramatique, ainsi que le genre policier. La combinaison était pourtant tentante, sachant qu’elle est très prisée. Et on peut reconnaître qu’il s’en sort bien, car l’intérêt premier du film repose à l’évidence sur le scénario lui-même, complexe sans être tordu, qui joue sur les coups du sort et cette fraternité. Ces deux derniers éléments combinés vont rendre une succession d’impasses et relancer la machine tout le long du film, tant bien que mal, jusqu’à ce qu’elle s’enraye pour de bon et déclare forfait.

D’un côté le flic, de l’autre le truand. La fraternité apparaît ici comme une contrainte donnée aux deux individus au départ de leur trajectoire respective. Cette contrainte pose à différents degrés la question des valeurs familiales dans une société qui pousse autant à s’intégrer qu’à se désintégrer.
Bien sûr ces oppositions ne tiennent pas d’un hasard, et nul n’est expédié sur la terre sans racines. On vient de quelque part et tout ce qui survient dans l’instant est plus ou moins directement lié au cursus qui coure dans nos veines et nos mémoires ; détermine nos choix et nos réticences ; nos échecs et nos petits gloires orgueilleuses.

Un très bon film, sans fards, ni démonstration inutile. Un travail honnête, je dirais, sans tricherie. Nulle gloire au terme de cette histoire. Nulle morale douteuse ou misérable – pré-injectée dans nos esprits configurés. On nous parle juste d’individus ordinaires qui se débattent dans une société pas nette.
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