Peur sur la ville - Henri Verneuil (1975)

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Peur sur la ville - Henri Verneuil (1975)

Message par stalker le Mar 16 Sep - 11:44



Le commissaire Letellier a vu sa carrière brisée par le truand Marcucci, à l'issue d'un braquage qui a mal tourné. Muté dans un commissariat terne, il continue à chercher la trace de son ennemi.
Au moment où Letellier apprend enfin le retour du braqueur à Paris, un mystérieux tueur terrorise la capitale. Il se fait appeler Minos, par référence à
La Divine Comédie, se présente à ses victimes puis à l'opinion publique comme un "justicier" et étrangle des femmes célibataires à la vie sexuelle libre. Letellier doit alors choisir entre assouvir sa vengeance ou faire son métier de policier et neutraliser un redoutable tueur en série...

En fonction des comédiens auxquels il attribue les premiers rôles, on peut dire que les films de Verneuil prennent un ton spécifique. Ici Belmondo, comme ailleurs Gabin, Delon, Fernandel, Ventura, puis quelques combinaisons des monstres entre eux – avec ou sans les dialogues de Audiard, où là encore la sauce prend une autre saveur.



Le ton de Peur sur la ville est donné par le flic incarné par Belmondo, et le scénario est écrit à sa mesure, impliquant une succession de cascades, de poursuites et de règlements aux poings. Cascades et poursuites remarquables, pas simplement pour leur côté spectaculaire, mais pour les méthodes employées par Verneuil pour les orchestrer.
Les coups de poings n’abondent pas pour cette fois, mais le QI du flic ne compense pas pour autant la parcimonie. Disons qu’on est en présence d’un flic obstiné que les casquettes hiérarchiques n’impressionnent pas et dont le savoir-faire se situe davantage dans les muscles et l’ensemble des nerfs que dans les cellules grises. On aura compris que des dialogues de Audiard auraient été trop fins pour ce justicier-là – celui qu’on retrouvera devant la caméra de Verneuil, neuf ans plus tard, dans Les morfalous.

Je crois que peu de films abordant le phénomène de tueur en série avaient été réalisés en France à cette époque. Il faudrait faire quelques recherches à ce sujet… Cet aspect-là aurait ici mérité d’être un peu mieux exploité, je pense. Il n’occupe que quelques séquences, vers la fin, juste ébauchées, c’est dommage. Le personnage et ses motivations tiennent la route, mais de justesse, grâce à des béquilles et du scotch.



Chapeau bas à la photographie et à la mise en scène, en revanche. De ce point de vue-là, ce film est un régal. On peut d’ailleurs soupçonner Verneuil d’avoir misé sur la forme, conscient qu’il était de raconter une histoire sans grand intérêt, dans le seul but de remplir les salles (3 948 000 entrées) et d’abreuver le public en cascades d’un héros de l’époque, tout en maîtrisant l’aspect filmique du début à la fin.
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