Nettoyage à sec - Anne Fontaine (1997)

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Nettoyage à sec - Anne Fontaine (1997)

Message par stalker le Mer 10 Sep - 16:32



Le nettoyage en question, c’est d’abord le pressing que dirigent Jean-Marie (Charles Berling) et son épouse Nicole (Miou-Miou). Une petite entreprise tout à fait rentable, fruit de l’obstination de Jean-Marie. La réussite professionnelle, dit-on.
Mais l’univers du couple ne semble tenir qu’à cette entreprise, et rien ne vient plus à l’horizon. Le pressing est un organe qui pulse grâce au temps total et l’énergie que lui consacrent Nicole et Jean-Marie. Un organe ou un alibi pour ne pas reconnaître que, peut-être, le couple bat de l’aile depuis longtemps. N’a peut-être aucune raison d’être, mis à part le pressing.

Le nettoyage en question pourrait alors aussi viser les consciences. Une telle existence pourrait durer longtemps, on le sait. On pourrait continuer à foncer de la sorte, en se tuant à la tâche, à tenir la comptabilité, à classer les factures, à rembourser les emprunts, à s’offrir des restos en guise de liberté (sans les gosses). On le sait. On pourrait oublier qu’on est en vie et mentir, mentir, en commençant par se mentir à soi-même.

Le rôle d’un film de fiction consiste alors à injecter un imprévu dans la machine, assurément pour souligner le vide et susciter une plaie – sinon une décharge électrique. Un élément qui va perturber l’existence, la ligne droite aveugle. Un élément qui s’appelle Loïc (Stanislas Merhar) et va s’immiscer dans la vie du couple. Le pressing lui-même constituera le point de pénétration, puis l’élément perturbateur s’acheminera rapidement vers le couple.
Un détonateur dont les effets seront irréparables. Et tant mieux, se dira-t-on peut-être à la fin du film. Ou inversement.

Au cœur de cette machine qui tourne à plein régime, la caméra prend le parti de filer les personnages à la façon d’un intrus, d’un témoin rapporteur. La caméra nous rappelle sans cesse qu’il s’agit là d’une fiction. Nous sommes au cinéma, mais cette caméra qui colle aux corps envisage bien de nous retourner la réalité pour qu’on en fasse notre affaire, ou qu’on s’y refuse.

Successivement, on pense à Un air de famille, de Cédric Klapisch ; à Sept ans de mariage, de Didier Bourdon ; à Vendredi soir, de Claire Denis ; ou encore au Goût des autres, de Agnès Jaoui.
On songe à suivre de près le travail de Anne Fontaine.

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Re: Nettoyage à sec - Anne Fontaine (1997)

Message par stalker le Mer 10 Sep - 17:09

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