Je blogue ma vie

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Je blogue ma vie

Message par Replay le Mer 10 Sep - 8:59

Ce matin, mal réveillée, j'entendais à la radio une voix parler des trous noirs, des micro trous noirs. J'ai cru (pendant quelques secondes) qu'on avait trouvé un trou noir dans le métro.
Plus tard, je me suis souvenue d'un site de photos qui représentent Les entrées de l'Enfer. Une bouche d'égout, un arbre creux, un soupirail, les gens envoient leurs clichés et on se rend compte que les portes de l'Enfer sont partout. Je l'ai cherché et grâce aux hasards du surf je suis passée par Clik & clak, j'ai bien aimé cette photo:



puis j'suis r'par'tie dans l'tourbillon d'la vie.

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Re: Je blogue ma vie

Message par stalker le Jeu 11 Sep - 20:01

Aujourd'hui, je suis allé chez le coiffeur avec ma 4L et mes lunettes de soleil. A mon retour, j'ai rempli le brasero des premières feuilles mortes de châtaignier de la saison et j'ai regardé les mouvements de cette fumée blanche et jaunâtre épaisse pendant un moment. Je me suis demandé combien d'insectes j'avais piégé dans l'opération ; genre petites araignées, cloportes, mille-pattes. Ensuite, je suis venu voir ce que Varg avait bien pu répondre à mes dernières remarques sur l'absence de smiley sur le forum, puis il s'est mis à pleuvoir, à tonner, et j'ai éteint l'ordinateur un moment. J'ai pensé à ce site que j'ai visité hier : humhum, très ambitieux, mais grouillant de clones remâchés qui me laissent penser qu'on n'avance pas, qu'on n'est pas fichu de puiser un peu en soi pour faire jaillir quelques gouttes d'une petite sève personnelle, intime, sincère.

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Re: Je blogue ma vie

Message par limbes le Ven 12 Sep - 1:06

16h20, je cherche un lapin filiforme dans l’école, nulle part. Je sors dans la cour, minot au bout du bras. Je tombe sur un conseil de guerre. « C’est lui qui t’as fait ça ? ». « Non, c’est lui. » Le petit griffé montre un autre petit (ils sont tous vraiment très petits, c'est assez bizarre). « Mon fils ne ment jamais, ça ne peut pas être lui », dit la mère altière qui s’éloigne. L’autre mère répond, un peu trop tard, à moi : « C’est pas les enfants, c’est les parents, le problème. ». J’opine à tout hasard, en sentant bien que je suis potentiellement un problème. On sort de l’école, il fait très chaud, ça grouille.
Plus tard, Crime et châtiment, suite. Il me semble que ça déchire pas mal sa race, en tant que polar non sympa. Puis, une lune laiteuse.

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Re: Je blogue ma vie

Message par Replay le Ven 12 Sep - 10:26

Limbes: si la sympathie c'est "souffrir avec", Dosto, c'est sympa, non ?

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Re: Je blogue ma vie

Message par zero le Lun 15 Sep - 17:40

Hier, métamorphosé en vendeur dans un vide-grenier. Pas aussi long que cela finalement, toujours un peu occupé, du passage. J'avais acheté un lot de disques (de jazz) pour les revendre, ce fut une (petite) réussite financière mais l'intérêt était aussi de rencontrer pas mal de connaisseurs, bien plus vieux que moi pour la plupart. Des gens curieux de tout (j'ai des raisons de le supposer en tout cas).

Et toujours beaucoup d'observations possibles sur le comportement de chacun.
Il y avait par exemple ce type, avec la longue liste des disques qu'il possédait, faite sous excel. J'imaginais assez bien l'état de son appartement ou de sa maison, les piles de disques un peu partout.
Sinon deux achats de livres : Fictions de Borges et Au-dessous du volcan de Lowry.

C'est aussi passionnant qu'un vrai blog, tout ça....

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Message par edmond Gropl le Lun 15 Sep - 22:41

zero a écrit:Hier, métamorphosé en vendeur dans un vide-grenier. Pas aussi long que cela finalement, toujours un peu occupé, du passage. J'avais acheté un lot de disques (de jazz) pour les revendre, ce fut une (petite) réussite financière mais l'intérêt était aussi de rencontrer pas mal de connaisseurs, bien plus vieux que moi pour la plupart. Des gens curieux de tout (j'ai des raisons de le supposer en tout cas).

Et toujours beaucoup d'observations possibles sur le comportement de chacun.
Il y avait par exemple ce type, avec la longue liste des disques qu'il possédait, faite sous excel. J'imaginais assez bien l'état de son appartement

J'avais une théorie, moins valable aujourd'hui puisque dans les vide-greniers, il y a de plus en plus de gens qui vendent toute une serie de saloperies "made in china" qu'ils n'auraient jamais du acheter et qui viennent par nécéssité économique, mais on trouvait (et on trouve encore) parmi la clientèle beaucoup d'inadaptés sociaux ( dont moi même) issus toutes les catégories de population. Des pauvres et des riches qui avaient en commun de se sentir bien parmi cet amoncellement d'improbable marchandise, je les soupçonne d'être en manque de poésie.

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Re: Je blogue ma vie

Message par Replay le Mar 16 Sep - 11:49

edmond Gropl a écrit: [...] je les soupçonne d'être en manque de poésie.
C'est bizarre, quand tu écris des choses comme ça, j'ai toujours l'impression de partir pour un roman au long cours et j'attends ce qui va suivre.

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Re: Je blogue ma vie

Message par limbes le Mer 17 Sep - 2:36

Replay a écrit:Limbes: si la sympathie c'est "souffrir avec", Dosto, c'est sympa, non ?

Non, je ne dirais pas qu'on souffre avec, ou même qu'on souffre tout court. On est plutôt aspiré et plongé dans les méandres de l'âme humaine, sans que rien ne nous soit vraiment facilité par D. pour s'apitoyer ou compatir (je me dis, mais peut-être me trompe-je, que la souffrance avec implique une forme de compassion). Or là, on est amené à trifouiller pas mal en soi (nos certitudes, nos convictions, nos repères moraux, nos culpabilités diverses, etc); et il est assez difficile de compatir à ses propres turpitudes...

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Re: Je blogue ma vie

Message par limbes le Sam 19 Déc - 18:57

Un souvenir (pour m'en débarrasser, si c'est possible) ou: pub pour un magasin sportif

***

Tu t’appelles R., tu as vingt- six ans, tu es responsable du rayon Sports de ballon, tu portes un gilet bleu sans manches, la couleur du magasin, tu te tiens en permanence droit comme un I bien que ton cou et ton dos ne soient plus enserrés dans le corset et la minerve jointe qui t’ont pourri la vie pendant dix ans, tu as une fiancée, un frère, un chien, et tu aimes bien le contact avec la clientèle

Tu t’appelles G., tu as quarante ans, tu viens pour t’acheter des baskets neuves amortissantes nécessaires à ton projet de course quotidienne, t’y crois vraiment

Tu t’appelles L., tu as quatre ans et tu traînes un panier bleu à roulettes, puis, tu te caches sous une tente

Tu t’appelles L., tu as cinquante-deux ans, tu viens là aujourd’hui, hier tu étais aux luminaires, demain t’iras au bricolage, tu aimes bien te sentir partie du monde

Tu t’appelles F., tu as 55 ans, la peau de ton visage est cireuse et truffée de points noirs énormes, tu es sur le point de pisser et chier dans ton pantalon en velours gris trop chaud pour la saison si ta fille ne finit pas par trouver des toilettes, à croire que les gens sont tellement sains et en bonne santé ici qu’ils n’ont même plus besoin, ta chemisette bleu clair est boutonnée de façon à dissimuler le cathéter incrusté sous ta clavicule, tu arbores un chapeau de paille trouvé dans le four à pain que tu as eu un temps le projet de rénover, tu regardes le sol du magasin dans lequel il t’est plusieurs fois arrivé de te ravitailler en maillots de cycliste ou en barres vitaminées, tu n’as aucune idée de ce que tu trimballes dans ton corps de vieux de quatre-vingt-dix ans, hormis ta tumeur à l’estomac que tu bichonnes, à qui tu parles, tu ne sais pas tous les adorables petits monstres qu’elle a enfantés dans tes jolis organes (foie, poumons, pancréas, etc.), tu as passé ta vie à avoir peur de mourir et maintenant que ça se présente un peu sérieusement, t’es même pas foutu de la reconnaître, t’attendait que ça, la tumeur, pour tyranniser à hauteur de ce qui t’es réellement dû, tu dis ma tumeur, mon cancer, mon médecin, ma chimio, avec un ton de propriétaire

Tu t’appelles S., tu as trente ans, tu t’immoles sur l’autel du père qui va crever, toi, tu le sais bien qu’il va crever, tu es une bonne fille, hein, une bonne fille, tu as tant à racheter, tes mauvaises pensées, les siennes, et c’est si bon, si délectable de te sentir malheureuse à bon escient, tu prends sur toi, il te dégoûte mais tu l’aimes et tu l’aimeras encore plus quand il sera mort, on aime « tout » encore plus quand « tout » est mort, pour l’heure tu cherches des chiottes avec un croulant, puis tu le ramèneras chez lui, tu le poseras en plein milieu du salon sur le lit médicalisé qui lui fait honte, et tu feras du feu dans la cheminée et la nuit tu auras peur de son spectre et les gens diront avec un peu de volonté, on s’en sort, la mort n’existe pas (pour peu qu'on le désire vraiment).

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Re: Je blogue ma vie

Message par fredgev le Mar 16 Fév - 18:07

Je tremble de tout mon corps. Tout à l'heure, tu m’as prié d’en terminer le plus vite possible et je suis sorti. La neige ne cesse pas de tomber dans le jardin. Je distingue à peine le mur tout autour. Il semble monter jusqu’au ciel. Une brèche avait fini par s’ouvrir mais elle a disparu durant la nuit. Sans laisser la moindre trace.

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Message par André Toutou le Sam 20 Fév - 19:17

Au sommet du Toubkal, un monde fou, joyeux et une brume glacée. Fin juillet, mais aujourd'hui, sur le toit de l'Afrique du Nord, c'est mi-novembre. Trente appareils photos sortent des K-Ways aux couleurs vives, figent des visages bronzés, épanouis, devant des lambeaux de nuages. Il faut se dépêcher de laisser la place car déjà d'autres groupes arrivent à leur tour en files indiennes plus ou moins espacées. Cette foule, cela minimise l'exploit d'être grimpé si haut et nous sommes presque reconnaissants à cette jeune femme qui, soutenue par un guide berbère et une amie, chancelle, s'arrête, vomit puis abandonne.

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Re: Je blogue ma vie

Message par stalker le Sam 10 Avr - 8:04

Hier, j'ai entendu le premier coucou de la saison. D'autres ont dû le précéder, sans doute, la veille ou l'avant-veille, que je n'ai pas entendus parce que j'étais ailleurs ou parce que j'étais sourd. C'est comme le premier chant d'oiseau à l'aube : le premier cuicui qui survient ce jour, dans cette nature qui me cerne : quel oiseau inaugure ce jour qui se lève, suivi de centaines d'autres.
Je me pose des questions. Ce sont des questions auxquelles personne en particulier ne peut répondre. Ce sont des choix à faire. Il y a des choses qu'on pense, qu'on formule, puis qu'on expose publiquement, ou de façon plus intime à une, deux ou trois personnes. Et d'autres qu'on ne peut pas exposer, sinon on se compromet. On se compromet ?
Ecrire n'est pas dire. Dire, ça s'envole, mais écrire ça reste. Ça laisse des traces. En fonction de la forme qu'on choisit pour le dire, la trace est prise au sérieux, ou non. Si j'écris une fiction, ce que j'écris sera relatif : ce n'est qu'une fiction. Si j'écris un post sur un forum, je ne suis pas auteur de fiction, mais moi-même. Qui a dit qu'on n'était plus soi-même quand on écrivait une fiction ?
Qui a dit qu'on était soi-même quand on postait sur un forum ?
Qui dit qu'on ne passe pas sa vie à mentir, ou à fictionner, quand on parle avec les Autres en vrai de vrai. Dans la vraie vie, dit-on, à tort.
Je pense à un télescopage violent entre ce qu'on est et ce qu'on écrit. Quelque chose - un corps - qui n'est ni fiction, ni vérité, car la forme choisie poserait un doute ? (il déconne ou il est sérieux, là ?)
Un jour, quand l'occasion va se présenter, je passerai une soirée entière avec des gens qui ne me connaissent pas, et je m'inventerai un personnage, une vie entière. Je mentirai toute la soirée. Je raconterai qui je suis, ce que je fais, ce que j'aime et ce que je n'aime pas. Je dirai le contraire de ce que je pense et j'exprimerai des opinions absolument contraire à mes opinions. J'inventerai un personnage que j'investirai. Je n'existerai pas.

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Message par limbes le Sam 10 Avr - 21:05

Un jour, quand l'occasion va se présenter, je passerai une soirée entière avec des gens qui me connaissent peu ou bien, et je dirai ma personne ( ?), une vie entière. Je dirai la vérité toute la soirée. Je raconterai qui je suis, ce que je fais, ce que j'aime et ce que je n'aime pas. Je dirai tout de ce que je pense et j'exprimerai des opinions absolument conformes à mes opinions. Je me mettrai à nu. J'existerai.

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Message par Searclaw le Mer 21 Avr - 17:48

Hier soir, moment étrange. Vu "A scanner Darkly" adapté de Phillip K. Dick. Le film était OK. Et là, arrive la fin avec un petit post scriptum de l'auteur.

"This has been a novel about some people who were punished entirely too much for what they did. They wanted to have a good time, but they were like children playing in the street; they could see one after another of them being killed--run over, maimed, destroyed--but they continued to play anyhow. I was, like the rest of them, trying to play instead of being grown up, and I was punished. I am on the list below, which is a list of those to whom this novel is dedicated, and what became of each. I loved them all. Here is the list, to whom I dedicate my love:

To Gaylene deceased
To Ray deceased
To Francy permanent psychosis
To Kathy permanent brain damage
To Jim deceased
To Val massive permanent brain damage
To Nancy permanent psychosis
To Joanne permanent brain damage
To Maren deceased
To Nick deceased
To Terry deceased
To Dennis deceased
To Phil permanent pancreatic damage
To Sue permanent vascular damage
To Jerri permanent psychosis and vascular damage

. . . and so forth.
In Memoriam. These were comrades whom I had; there are no better. They remain in my mind, and the enemy will never be forgiven. The "enemy" was their mistake in playing. Let them all play again, in some other way, and let them be happy."

Et d'un coup, boom, moi je suis très triste. Et hypnotisé par une sensation de reconnaissance, comme si j'avais fréquenté ces gens. Des visages et des scènes se dessinent au loin, comme quand on a un mot sur le bout de langue, et qu'on n'arrive pas encore à mettre le doigt dessus.

Phillip K. Dick est mort deux ans avant ma naissance. Il a publié, comme moi, son premier roman à l'âge de 23 ans. Il était anarchiste, passionné de politique, de théologie, de musique et de sciences humaines, terrifié et fasciné par la guerre, la drogue et la folie.

J'aurais aimé connaitre cet homme, dont je n'ai pas le talent, mais à qui je ressemble, je crois.

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Re: Je blogue ma vie

Message par limbes le Sam 5 Juin - 1:59

Je plante mes os un par un dans le jardin potager. J’accole des étiquettes. Je garderai mon cœur et un poumon, au hasard. Ils viendront m’arroser de temps en temps. Puis ils ne viendront plus. Les étiquettes jauniront. On ne lira plus rien. Un fouillis d’herbes. Un portail rouillé. Cœur et poumon dans un bocal. Un bocal dans le grenier. Sous des cartons. Des piles de vieux livres. Un seul corné page 187. Des enfants qui jouent au chat. Des parents qui s’inquiètent. Ils disparaissent. Non. Ils plantent leurs os un par un dans le jardin à l’abandon. Ils savent lire à travers les étiquettes effacées, et les mettent à leur place. Exacte. La nuit. Plus personne pour les arroser. Dans la boîte aux lettres de la maison qui n’a même pas l’air en ruines, les lettres s’amoncellent. Elles conjurent, admonestent, octroient, numérotent, exonèrent, postulent, établissent, certifient, requièrent, renvoient à. Le code d’accès ne signifie plus rien. On n’a plus les dictionnaires, on a planté nos os dans le jardin dans une terre meuble et rouge et les fleurs qui poussent en murs inextricables vers le ciel, elles feront des nuages compacts, avant les pluies torrentielles. Sur les chemins gris ils marcheront en file avec des parapluies noirs, mais ils ne nous trouveront pas. Ils seront peu habillés. Ils auront froid. Ils ne penseront pas à creuser la terre. Ils n’auront pas idée de la dispersion organisée des os. Pas la moindre idée des fleurs et des nuages, et des connexions occultes. Ils diront ah, on aurait dû regarder la météo.

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Re: Je blogue ma vie

Message par limbes le Sam 5 Juin - 2:53

Quelques p. 187, page cornée, dans un grenier ou ailleurs :

Personne ne met jamais la main dans le trou sombre d’une souche.

Voilà pourquoi le narrateur croit qu’il convient, à ce sommet de la chaleur et de la maladie, de décrire de façon générale et à titre d’exemple, les violences de nos concitoyens vivants, les enterrements des défunts et la souffrance des amants séparés.

Le grésillement qu’on entend c’est celui des mouches qui vont d’ortie en ortie dans la lourdeur de l’air.

C’est partout le même projet d’une restructuration sans communauté.

Ma mère est un poisson.

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