L'indic (noir magazine)

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par Chewie le Ven 15 Oct - 13:14

A t'écouter, Chewie, mieux vaudrait ne poser aucune question, aucun doute sur le dispositif actuel des salons du livre, aucune interrogation sur le rapport entre monstre marchand et littérature ; ne proposer aucune autre forme de manifestation ou d'intervention des auteurs sur ces dispositifs, etc.

Depuis que la littérature existe, les auteurs écrivent dans leur coin, les éditeurs les publient en sa faisant ou non du fric, et les lecteurs viennent éventuellement rencontrer les auteurs qu'ils aiment lors d'une rencontre, d'un débat, d'un café philo ou de la foire du livre de Pessac, et où les auteurs doivent faire des sourires à la ménagère de moins de cinquante ans.

Je ne vois ici aucune spécificité à une époque particulière qui mériterait l'adjectif "actuel". C'était déjà comme ça du temps de Victor Hugo.

En ce qui me concerne, je m'intéresse peu à la forme d'expression mercantile de la littérature contemporaine, mais plutôt à ce qu'elle a à dire. S'il y a trop d'éditeurs et trop de salons et trop d'auteurs, la sélection naturelle fera son office.

Entre le type comme Mizio qui, après avoir tapiné pendant vingt ans, décrète que la bite de ses lecteurs de base a subitement un goût et qu'il ne viendra que sur les salons qu'en échange d'une garantie de rentabilité financière, et le type qui fait systématiquement tous les salons, y compris les plus inutiles et les plus vains, il y a peut-être un juste milieu, non ?

Un auteur peut (peut-être) exercer un choix ? Faire un tri ? Tel salon est intéressant pour la qualité de ses débats et de ses intervenants, tel autre n'est qu'un étalage de marketing éditorial.

Mais houlà, ça supposerait que les auteurs aient des neurones, qu'ils s'en servent, et qu'ils ne se laissent pas bêtement infantiliser par les éditeurs pour ensuite faire des caprices ridicules.

Je propose qu'on expédie Mizio trois mois sur une chaîne de montage automobile en Tchéquie pour 350 euros par mois, ou ramasser le thé à Ceylan sous la baguette des contremaîtres pour 2 euros par jour, il va vite comprendre ce que c'est que la véritable "exploitation", et il sera bien content de revenir faire des minauderies bien au chaud derrière une table.

Tout ça pour dire que j'ai beau scruter à la loupe, je n'y vois pas l'ombre d'une matière à débat, ou plutôt si : c'est le genre de débat qu'on voit désormais à la TV, qu'on entend à la radio, un non-débat où rien n'est important, rien n'est capital, où l'on parle pour ne rien dire sur un sujet aussi vain que la prééminence de la poule sur l'oeuf et où le bruit provoqué est aussitôt noyé dans le bruit supérieur de la vacuité d'une époque factice, que tu dénonces d'ailleurs dans un autre fil avec tes lapines et tes manifestants.

Et la littérature dans tout ça ?


Chewie

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par stalker le Ven 15 Oct - 14:46

Chewie a écrit:Et la littérature dans tout ça ?
C'est une des questions que pose l'article.

Mizio n'est qu'un exemple, et je ne pense pas que beaucoup d'auteurs partagent son point de vue. J'en connais un paquet qui se déplacent sur les salons, non pas pour espérer rentabiliser l'opération, mais pour présenter leurs livres et rencontrer des lecteurs. Souvent à leurs frais, d'ailleurs.
Il y a des organisateurs de salons qui disposent de budgets suffisants pour financer les déplacements, l'hébergement et la restauration des auteurs, et d'autres non. La différence peut se situer ici dans la décision d'un auteur d'être présent ou pas. J'en connais qui y vont de leur poche pour être présents, et d'autres qui refusent de le faire.

En périphérie du livre et du salon (et des droits d'auteur versés par l'éditeur), il existe des possibilités pour un auteur de se faire rémunérer, par exemple quand on le sollicite pour intervenir dans des milieux divers (bibliothèques, collèges, lycées, universités, etc, pour animer des ateliers d'écriture, pour rencontrer des publics...). Ce type d'intervention est rémunéré. Taux horaire fixe, non négociable. Beaucoup d'auteurs s'en sortent (à peu près) de cette façon.

Les salons restent nécessaires pour que l'auteur défende son livre, ou le présente simplement. Pour qu'on l'identifie. Les salons restent des lieux de rencontres, extrêmement précieux. Si l'unique but est de gagner de l'argent, l'auteur a tout faux. Le tout consiste peut-être à ne pas en perdre non plus.

Quand un auteur me dit qu'il a lui-même payé son aller-retour à Paris, qu'il s'est fait héberger chez des amis pendant deux nuits et qu'il a dû payer ses repas, tout ça pour un salon à la fréquentation faible (au cours duquel il a dédicacé deux livres), je trouve ça limite et je pense qu'il ne s'y laissera pas prendre l'année suivante. Ou alors il a les moyens, il fait ça pour le plaisir, et ça le regarde. Simplement, il y a pas mal d'auteurs qui ne peuvent pas se permettre ce genre de chose, parce qu'ils n'ont pas d'autre activité que l'écriture. Pas de boulot alimentaire à côté. Et ça ne se discute pas. C'est un choix. Généralement, ceux-là ne se déplacent pas dans de telles conditions.

Il existe d'autres cas de figures, mais je ne sais pas s'il faut entrer dans les détails.

Il y a sans doute un juste milieu, comme tu dis, Chewie, mais l'auteur reste libre de dire oui ou non quand on le sollicite. Est-il sollicité par l'organisateur ? Par son éditeur ? Dans quelles conditions ? Loin de chez lui ? Près de chez lui ? Etc.
Je considère l'article des Fondu au noir comme une base de questionnement à entrées multiples. Il cite des exemples et en néglige naturellement beaucoup aussi. Le monde du livre comprend beaucoup d'autres cas de figures. A chacun de s'y retrouver, de se situer, en fonction de sa propre réalité. Et si tu considères que c'est un débat inutile, c'est peut-être parce que tu n'as jamais été confronté à cette réalité (dont la sève doit rester la littérature, on est bien d'accord, mais c'est finalement une autre question, car les salons du livre peuvent aussi être mis en place pour alimenter cette sève et la faire circuler – un auteur qui n'y participe jamais a peu de chances de se faire identifier, et beaucoup moins de chances d'être lu). Un livre dans un rayon de librairie ne suffit pas. Il faut que différentes mécaniques soient mises en oeuvre pour que les lecteurs décident de l'acheter et de le lire. C'est incontournable. Ça s'appelle, entre autres, de la communication, de la promotion, de l'événementiel...). Ou bien on le fait pour envisager de gagner de l'argent, ou bien on le fait pour la littérature. Il y a les marchands et il y a les passionnés. Mais les deux peuvent se combiner, aussi. C'est complexe.



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Message par limbes le Ven 15 Oct - 16:37

Un des problèmes que je vois, notamment, dans ce qu’évoque Caroline, c’est ce fameux auteur qui doit se constituer lui-même (pour être visible) en produit ou en être de foire (que ce soit sur internet ou dans des lieux réels). Comme si écrire ne suffisait pas. Il faut aussi qu’il sache se vendre (même pas ce qu’il écrit, mais ce qu’il est) ; il faut qu’il montre sa tronche ; il faut qu’il soit cool, qu’il sache bien parler, qu’il séduise (ou encore, qu’il soit diablement et habilement provocateur et/ou antipathique, qu’il sache créer le buzz). Ce n’est plus seulement le livre qu’il s’agit de vendre, mais son auteur. Et de plus en plus souvent, c’est lui qui s’y colle (plus encore que l’éditeur). L’auteur doit être interactif et employable, il doit tenir compte de ses lecteurs, ou il n’est pas. (Un qui a tout compris de l’évènementiel, c’est Bernard Werber, par exemple)

Pour ma part je trouve ça compliqué (en tant que lectrice, et si je me mets à la place d’un auteur). Exit les auteurs autistes, les mal-parlants, les inhibés absolus, ceux qui ne savent pas faire leur pub. Cette sélection artificielle non pas sur les contenus mais les abords, je la trouve assez terrifiante (même si elle ne date pas d’aujourd’hui, effectivement). Mais ce n’est que mon avis. En fait c’est un peu bizarre et anti-humain, peut-être, mais je m’en fiche un peu, de rencontrer des auteurs en vrai, de savoir qui ils sont. Je veux juste les lire si ce qu’ils écrivent en vaut la peine (ou à la limite, le seul truc qui m’intéresse vraiment, les entendre parler d’écriture, mais ça arrive rarement, aussi souvent parce que ceux qui les interrogent n’en parlent pas eux-mêmes).

Peut-être que comme pour la musique (le retour à la scène avec l’effondrement des ventes de disques), le milieu littéraire évolue vers une mise en espace et en voix des livres (j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de lectures, y compris dans les théâtres, avec des acteurs de théâtre assis qui lisent de la littérature). Je ne suis pas contre, j’aime bien écouter des textes lus, mais ça n’a rien à voir avec lire soi-même (c'est une question de respiration et de rythme, souvent les livres lus imposent quelque chose de la part de celui qui lit)

Peut-être qu’on va évoluer vers un genre de performances, ou peut-être que comme le cinéma rentre parfois dans les musées on y trouvera bientôt des livres ; peut-être que les lecteurs vont tellement se raréfier qu’on fera bientôt des salons de lecteurs, et ce seront les auteurs qui feront la queue pour obtenir des dédicaces.
(car sur le truc que dit Gropl, sur les auteurs dans les salons qui ne s’intéressent pas aux bouquins des autres, j’aurais tendance à penser que c’est tout simplement parce qu’ils ne lisent pas)

Alors sur la question des manifestations littéraires, effectivement mettre plein d’auteurs en rang d’oignons n’a aucun intérêt. Le minimum serait de penser le truc à l’avance, d’inviter des auteurs choisis et lus (par les organisateurs), en cohérence ou en confrontation pourquoi pas, de voir avec chacun ce qu’il peut faire (tout le monde comme le dit l’article n’a pas les mêmes capacités, en dehors de l’écriture). Un autre truc serait peut-être de décloisonner les domaines, je me demande d’ailleurs toujours pourquoi, quand on parle d’art contemporain, on n’y inclut jamais la littérature (mais c’est une question annexe). Et s’ils font des choses, je ne vois pas en quoi ce serait choquant de les rémunérer, en fait. Je ne vois pas en quoi ça témoignerait d’un appât du gain particulier, ni la différence qu’il y a entre une intervention ailleurs (elle, rémunérée) et une intervention sur un salon. Le minimum me paraîtrait quand même de les défrayer de ce que ça leur coûte de se déplacer. Il me semble que le système profite largement du fait que l’auteur (le misérable auteur) sera déjà tellement content qu’on l’ « invite »…

Le truc pour les salons, c’est que le plus souvent, on touche strictement les gens qui se rendent déjà en librairie pour acheter des bouquins (et pas tous les autres, les potentiels lecteurs qui ne lisent pas trop). Un salon sur le polar, par exemple, ne touchera pratiquement que des gens qui aiment déjà le polar et qui en achètent ou en lisent. Alors soit c’est juste ce qu’on veut, et très bien, organisons des choses intéressantes entre initiés (ce n’est pas péjoratif), soit, si on veut ouvrir un peu plus les choses, à mon avis il faut inventer d’autres formules, essayer d’attirer des gens autrement.

Sinon, un des problème des auteurs, à mon avis, c’est le statut ambivalent qu’ils ont ou qu’il ressentent et leur incapacité à se grouper et à faire valoir leurs droits (pourquoi n’en auraient-ils pas, vu qu’ils sont quand même, au sein de la chaîne du livre, le maillon indispensable) : un bon exemple est celui du pourcentage sur les versions numériques (quand on voit la position du SNE, on se dit qu’ils auraient intérêt à ne pas se laisser faire…) Bien sûr qu’on peut considérer qu’écrire n’est pas une profession, mais à partir du moment où ce qu’ils produisent donne lieu à un commerce, il est normal qu’ils en touchent les fruits (et pas seulement les pépins).

Le problème, c’est surtout l’écrasante omniprésence de merdes ou pas forcément des merdes, mais disons toujours les mêmes romans repris et repris ici ou là (alors que franchement, la littérature contemporaine, quand on fouine un peu, recèle pas mal de pépites très diverses), avec un système où les gros trustent tout, en tout cas de façon visible. Mais il y va aussi de la responsabilité du lecteur et des critiqueurs assermentés, c’est clair, de fouiner dans les chemins de traverse.



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Re: L'indic (noir magazine)

Message par Chewie le Ven 15 Oct - 19:15

Cette sélection artificielle non pas sur les contenus mais les abords, je la trouve assez terrifiante

La "peopolisation" n'est absolument pas un phénomène spécifique à la littérature, mais emblématique de notre époque. Le fait que la littérature soit également affectée par ce phénomène prouve au moins que la littérature contemporaine est en phase avec son époque, ça devrait vous plaire ("vous" sous-entend les progressistes, les adorateurs de la modernité).

Non seulement la littérature s'en relèvera, mais je n'ai pas l'impression que ça marche si bien que ça. Regardez dans le roman noir, on a beau faire du jeunisme, de la photo beau-gosse attitude en noir et blanc et tout le glamour chic de la promo qui va avec, on peut pas dire que les petites nouveaux XX, YY ou ZZ soient des mastodontes de la littérature contemporaine en terme de ventes...

Exit les auteurs autistes, les mal-parlants, les inhibés absolus, ceux qui ne savent pas faire leur pub.

Ah bon ?

Houellebecq, il a une tronche de looser total. C'est le voisin de palier lambda, vieux garçon, qui va s'acheter de la villageoise en douce au supermarché du coin et qui reçoit des revues style "Ecolières vicelardes" sous pli discrèt. Quand il parle, on attend en vain l'étincelle et on en vient à douter qu'il soit vraiment écrivain.

Nothomb, c'est la névrosée de base avec un physique tout sauf avantageux (je ne dis pas ça par méchanceté, je m'en fiche qu'elle soit belle ou pas, mais on est très loin du top-model calibré pour les médias). Quand elle parle à la télé, on se dit qu'elle a bien fait d'écrire, parce que sinon la vie aurait été très longue et très douloureuse pour elle, et on est pas sûr que ce ne soit pas quand même le cas...

C'est juste pour évoquer deux des plus gros vendeurs de livres des vingt dernières années, qui ont encore phagocyté cette rentrée littéraire 2010, hein...

Werber, il a la tête du premier de la classe, du chouchou du prof de physique, du mec à qui on collait des gifles pendant la récréation pour venger les insolents 18/20 qu'il collectionnait en sciences et en math. Je ne suis pas sûr que ce soit le genre de type qui va immédiatement faire naître de la sympathie chez le lecteur moyen qui ne lit que quelques livres par an, surtout en France où il est toujours du dernier chic de se vanter d'avoir été mauvais à l'école.

L'écrivain médiocre et assez creux qui va se la jouer "beau gosse" pour monter à Paris, cheveux au vent et chemise ouverte, et séduire de la bourgeoise esseulée sur les salons de province, ça n'a rien de neuf non plus. Il me semble que la littérature du XIXème siècle n'en manque pas, aussi bien du côté des personnages que des auteurs qui se la jouaient romantiques maudits...



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Re: L'indic (noir magazine)

Message par limbes le Dim 17 Oct - 9:18

Je ne voulais pas tellement dire qu'il fallait être beau, je voulais dire qu'il fallait savoir se créer un personnage (ce que et Houellebecq et Nothomb savent bien faire, finalement, chacun dans son genre)
C'était une façon d'interroger la nécessité (ou non) de se faire identifier et de s'incarner en chair et en os, pour un auteur

Werber, j'en parlais plus sur le côté interactif (son site, etc.), sa façon de "prendre en compte" le lecteur.

Mais oui, sinon, effectivement ça touche tous les domaines.





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Re: L'indic (noir magazine)

Message par edmond Gropl le Lun 18 Oct - 2:29

J'arrive d'un salon, celui de Cognac.

J'ai passé de tres bon moment, fait une ou deux rencontres suceptibles de changer ma vie littéraire.
J'ai bien mangé, ai ecouté avec délices Cabanes, un dessinateur de fluide, me raconter des anecdotes terribles sur la grande epoque de fluide.
C'est ça que j'aime dans ces lieux, ecouter des auteurs raconter des anecdotes sur le milieu du polar, des conversations privées, ou alors des lecteurs passionnés (ca se fait rare, même dans un salon,mais je parviens à les dénicher).


Mais

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par edmond Gropl le Lun 18 Oct - 12:55

limbes a écrit:(car sur le truc que dit Gropl, sur les auteurs dans les salons qui ne s’intéressent pas aux bouquins des autres, j’aurais tendance à penser que c’est tout simplement parce qu’ils ne lisent pas)....

Oui..c'est un element. Je n'arrive pas à le concevoir mais certains auteurs ne lisent pas, j'espere qu'ils se relisent. (les editeurs relisent et corrigent a leur place, ce qui fait qu'on parvient à quelque chose d'étrange. On parle avec l'auteur, on a lu le livre et on s'apercoit que quelquefois, pas souvent heureusement, le texte semble etranger à l'auteur)

Une anecdote qui me semble significative.
Les organisateurs de Cognac font le maximum pour nous accueillir et pour que le maximum de choses se passent, des choses ayant rapport avec le polar. A Cognac, je les trouve vraiment parfait et suis tres reconnaissant.
ET ben voila, a un moment ou il y avait du monde, avait lieu une conference sur les rapports Frederic Dard/ Georges Simenon. Le conferencier (Paul Mercier) avait préparé et travaillé son sujet. Je suppose que Mr Mercier est un erudit amateur (les meilleurs), un veritable passionné et, connaissant un peu le sujet, je crois pouvoir affirmer que cette conference était d'un tres haut niveau (non pas universitaire mais polardeux). j'ai adoré ce moment, peut-être l'instant le plus investi dans l'ecriture et le noir de tout le festival. Et bien nous etions Sept, trois auteurs. (Alors que les organisteurs avaient distribué le texte de la conference deux jours avant(sous forme de petite plaquette imprimée)).
Donc, a mon avis, un des elements les plus constitutifs d'un débat sur les salons et celui ci: La plupart des auteurs se foutent totalement de ce qu'il se passe autour d'eux, donc il ne se passe rien.

En parlant avec des auteurs, deux noms de festivals sortent du lot. (le seul critère étant le nombre de vente et la qualité de l'accueil). Alors si l'auteur vend, disons 50-100 livres, et qu'il a bien mangé, il est content, il dit que c'est un bon salon. D'accord, mais n'oublions pas quand même que pour ces 100 livres vendus (qui lui rapporteront disons 300 euros de droits, il aura été depensé peut-être 1000-5000 euros d'argent public, c'est aussi un element important du debat. C'est à dire que si on veut que cela perdure, il faudra bien que nous, auteurs, pensionsque nous ne sommes pas là uniquement pour vendre mais pour proposer une plus value educative, culturelle, artistique, emotionnelle (enfin des choses à definir et a travailler, des choses qui ne sont pas monnayables), quelque chose qui pourrait justifier de cette manne d'argent public car si le seul critère est la vente (ou le soutien à la filière editoriale) alors il faut reconnaitre que tout cela n'existe que par l'argent public et qu'a ce compte la, le rapport investissement/Chiffre d'affaire est totalement grotesque.


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Re: L'indic (noir magazine)

Message par stalker le Lun 18 Oct - 13:53

Bien sûr, la question de l'argent public investi dans l'organisation de ces événements est très importante. Je ne sais pas si beaucoup de gens en ont conscience. Je ne sais pas si beaucoup de gens ont conscience aussi de l'investissement des équipes organisatrices, en terme humain, sur un salon. Ce sont des questions parmi d'autres questions sur ce sujet. J'ai l'impression également qu'on y va tous de nos propres opinions et expériences, mais qu'on n'est pas toujours très attentif à celles des autres. On en retient ce qu'on en veut, ou ce qui nous arrange.

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par Manuel le Lun 18 Oct - 15:22

Chewie a écrit:

Et il veut pas qu'on lui paie aussi les journées passées à écrire ? C'est vrai, quoi, toutes ces milliers d'heures au profit du grand Kapital sans aucune garantie ni d'être publiée, ni d'être lu, ni d'être rentable...

Ah ouais, je vote pour !

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par Manuel le Lun 18 Oct - 15:29

edmond Gropl a écrit:

Une anecdote qui me semble significative.
Les organisateurs de Cognac font le maximum pour nous accueillir et pour que le maximum de choses se passent, des choses ayant rapport avec le polar. A Cognac, je les trouve vraiment parfait et suis tres reconnaissant.
ET ben voila, a un moment ou il y avait du monde, avait lieu une conference sur les rapports Frederic Dard/ Georges Simenon. Le conferencier (Paul Mercier) avait préparé et travaillé son sujet. Je suppose que Mr Mercier est un erudit amateur (les meilleurs), un veritable passionné et, connaissant un peu le sujet, je crois pouvoir affirmer que cette conference était d'un tres haut niveau (non pas universitaire mais polardeux). j'ai adoré ce moment, peut-être l'instant le plus investi dans l'ecriture et le noir de tout le festival. Et bien nous etions Sept, trois auteurs. (Alors que les organisteurs avaient distribué le texte de la conference deux jours avant(sous forme de petite plaquette imprimée)).
Donc, a mon avis, un des elements les plus constitutifs d'un débat sur les salons et celui ci: La plupart des auteurs se foutent totalement de ce qu'il se passe autour d'eux, donc il ne se passe rien.


J'ai vu le même phénomène dans les salons de SF. Maintenant, la question qui se pose est : ces conférences sont-elles à leur place dans les salons ?
Quand je vais dans un salon, c'est pour voir des auteurs et leurs livres. Ces conférences sont peut-être un mélange des genres inapproprié. J'ai dit peut-être.

Manuel

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par edmond Gropl le Lun 18 Oct - 18:42

[quote="Chewie"]

Nothomb.... Quand elle parle à la télé, on se dit qu'elle a bien fait d'écrire

Moi je trouve qu'elle parle si bien que je n'ai jamais ressenti le besoin de la lire, imaginant peut-être à tort, qu'elle ne peut ecrire aussi bien qu'elle parle.

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par stalker le Mar 19 Oct - 1:43

C'est dommage, une fois de plus, de confondre les auteurs et ce qu'ils écrivent. Mais sans doute est-ce dommage aussi de constater, parfois, que des auteurs n'ont aucun rapport avec ce qu'ils écrivent, quand on vient à les côtoyer, ou à les écouter simplement. Des abîmes peuvent les séparer. Ce n'est pas moins regrettable.

Sept personnes dans une salle, à l'occasion d'une conférence (quel que soit le thème), je crois que c'est malheureusement courant. Enfin tout de même, c'est assez peu pour un sujet comme Dard et Simenon, d'autant que c'était à Cognac. En terme de score, je te bas, m'sieur Gropl, avec onze personnes pour une table ronde, à Fursac, paumé dans la Creuse, le même jour que Cognac. Mais je suppose que ça ne veut rien dire, car difficilement comparable.

Petite parenthèse : Dard et Simenon, en 2010, sont-ils encore en mesure d'attirer des foules ?
Il y a énormément de lecteurs de polars (et autres genres liés) qui ignorent qui sont ces deux auteurs (ou ne les ont jamais lus). Les noms les plus cités par des lecteurs avec qui je peux discuter sur des salons sont Vargas, Mankel et Indridason. Ce n'est pas une opinion personnelle, ce sont des faits.

Et ces faits configurent une réalité. Une importante part du public est "configurée" par les médias, les ventes, les têtes de gondoles. Si on n'en tient pas compte et qu'on s'obstine à défendre des opinions personnelles, alors on passe à côté de la réalité. On la néglige, on ne joue pas le jeu avec elle, mais dans une autre dimension. Une conférence sur la déferlante des auteurs du nord dans le monde du polar aurait sans doute attiré plus de public. Si on le nie, on se fait des illusions. Je ne prends pas parti, je ne fais que supposer d'après des constats.
On peut les déplorer, mais c'est comme ça.

En vrac, pour revenir à la source de ce fuseau, je pense que beaucoup d'auteurs ont tout intérêt à continuer d'être présents sur des salons du livre (de préférence en ne déboursant pas un centime, mais sans espérer en gagner un seul au bout du compte, car si c'est de littérature dont on parle, alors il vaut mieux oublier la question de la rentabilité, et oublier d'écrire, tant qu'à faire). Car beaucoup de choses se passent lors des salons. Elles ne sont pas prévisibles, il s'agit de rencontres, tout simplement. Le devenir d'un livre peut en dépendre. L'identification d'un auteur, aussi. Des liens peuvent se créer.
Encore faut-il, une fois de plus, que l'objectif de l'auteur (et de l'éditeur) ne consiste pas à rester planté derrière une table pendant 8h, à attendre les "clients" (comme un marchand de légumes ou une catin), mais bien à intégrer l'événement, c'est à dire à circuler dans l'espace offert. Personne ne le reprochera à un auteur, sauf un éditeur qui vend des codes-barres et non des livres.

Il y a beaucoup d'auteurs qui lisent, contrairement à ce que vous dites. Je comprends bien, j'imagine bien, je sais bien d'où vient cette idée qui pousse à penser le contraire (il y en a qui ne lisent effectivement pas ; qui se balancent des autres auteurs, en particulier de leurs contemporains, et qui tournent avec des notions personnelles qui remontent à quarante ans - des valeurs "sûres", comme les Clash et Led Zep, ou Simenon et Dard, ou Manchette et Fajardie - et ne pensent qu'à leur petite gueule). J'en connais également une bonne brochette qui continuent de suivre leur époque et se coltinent des lectures en relation. Tant mieux si c'est une minorité.
Mais la grosse majorité ne lit pas, effectivement. En tout cas, je le constate aussi. La grosse majorité est ici pour faire sa petite promo. Elle se fiche du voisin, mais elle aime bien que le voisin vienne lui poser des questions, en revanche (cette majorité puante ne retourne généralement pas la politesse - et il ne devrait pas s'agir d'une politesse, mais bien d'un geste naturel).

Les deux cas de figure les plus puants que je connaisse sont :
1. L'éditeur qui se prétend éditeur, mais qui n'est rien d'autre qu'un marchand de légumes, et qui vient chercher son auteur quand il s'attarde un peu trop à l'extérieur du stand (auteur pas rentable). A ce même pseudo-éditeur (appelons-le un épicier) se trouve généralement greffé une petite caisse en métal (colorée) qui contient des chèques et de l'argent liquide (il ne se souvient pas forcément de quoi parlent les romans qu'il a fait imprimer, par ailleurs).
2. L'auteur auto-édité. Celui-ci peut être un vrai rapace sur les stands (dont il ne décroche que pour aller manger à midi et pour aller uriner). Ce type-là, ce schéma-là, n'a qu'une seule chose en tête : vendre les bouquins qu'il a fait imprimer. J'en connais plusieurs qui n'hésitent pas à en proposer trois pour le prix de deux, en les brandissant aux visiteurs d'un salon, comme des rasoirs à deux lames ou des pommes Golden.

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par limbes le Mar 19 Oct - 9:54

(Je voulais juste dire que je pense qu'on gagnerait, dans n'importe quelle discussion, à éviter les "vous" globalisants. C'était juste une parenthèse...)

Je pense aussi qu'il y a beaucoup d'auteurs qui lisent, j'émettais une hypothèse sur le constat particulier né de l'expérience de Gropl. Et c'est juste qu'il semble encore plus bizarre que quelqu'un qui écrit ne lise pas.

Sur le reste, bien sûr qu'on n'écrit pas pour gagner du fric. Et je suis d'accord qu'en réalité, le plus important sont ces rencontres essentielles avec des êtres, sur des salons ou ailleurs (ma façon de présenter les choses était à la fois provocatrice et liée tout à fait personnellement à mes phobies sociales de simple lectrice perdue).

Sur les conférences, sur le contenu, peut-être qu'il est possible de concilier à la fois trucs attirants du moment, et truc plus pointus?






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Re: L'indic (noir magazine)

Message par Ernest Kurtz le Mar 19 Oct - 11:12

Bon, d'abord, un sentiment sur les salons: Perso, je les fréquente très très très peu, mais les rares où je suis allé, j'avais plus l'impression d'être dans un supermarché spécialisé qu'autre chose. J'en arrivais presque à avoir honte si j'en ressortais sans avoir fait d'achat...
S'entretenir avec un auteur sur un salon ? J'ai vu beaucoup de cas où il s'agissait alors de s'insérer dans une file et aller hop ! quand arrive son tour, deux-trois mots le temps d'une signature et puis, au suivant! (Expérience des gros salons parisiens). Mes deux seules expériences positives en la matière ont eu lieu dans des toutes petites villes de province: un bled paumé de Lozère (dont j'ai oublié le nom) où un libraire avait invité quatre auteurs: jour de marché ensoleillé, quatre auteurs derrière une table dehors devant la librairie qu'on pouvait aborder avec son cabas plein de tomates ou de saucisson, situation finalement moins hypocrite que gros salons: On était dans une situation ouvertement commerciale, le stand "des auteurs" entre celui du vendeur de fruits et légumes et celui du vendeur de ceintures. Bon, j'imagine que la fréquentation du "stand des auteurs" n'a dû être que moyennement rentable (j'en sais rien), mais du point de vue "de l'acheteur", on avait le temps, et puis discuter avec un producteur de tomates de la façon dont il a a fait pousser ces fruits et avec un auteur sur la façon dont il a fait pousser son livre... L'autre cas fut cet été, en Creuse (Felletin je crois) où la encore, pas grosse fréquentation (désolé, mais du point de vue du visiteur, jusqu'à un certain seuil, c'est un plaisir) et, grâce à un débat-table ronde (auquel on pourrait reprocher de nombreuses choses, mais c'est un autre sujet), j'ai pu entendre certains auteurs que je ne connaissais pas et qui, sur la base de ce qu'ils disaient en débat, m'ont donné envie de les aborder ensuite de retour au salon.
Bon, mais tout ça est finalement un peu anecdotique et sans doute peu représentatif...

stalker a écrit:Il y a énormément de lecteurs de polars (et autres genres liés) qui ignorent qui sont ces deux auteurs (ou ne les ont jamais lus). Les noms les plus cités par des lecteurs avec qui je peux discuter sur des salons sont Vargas, Mankel et Indridason. Ce n'est pas une opinion personnelle, ce sont des faits.
Moi, je trouve ça toujours mieux que de citer Thilliez, Chattam ou Grangé...

stalker a écrit:Et ces faits configurent une réalité. Une importante part du public est "configurée" par les médias, les ventes, les têtes de gondoles. Si on n'en tient pas compte et qu'on s'obstine à défendre des opinions personnelles, alors on passe à côté de la réalité. On la néglige, on ne joue pas le jeu avec elle, mais dans une autre dimension. Une conférence sur la déferlante des auteurs du nord dans le monde du polar aurait sans doute attiré plus de public. Si on le nie, on se fait des illusions. Je ne prends pas parti, je ne fais que supposer d'après des constats.
On peut les déplorer, mais c'est comme ça.
Ok pour le rôle des médias, mais les médias incitent-ils toujours à aller vers du mauvais ? Tu cites Mankell et Indridason: en as-tu lu ? Ensuite, concernant les auteurs nordiques, j'ai le sentiment que tu inverses le déroulement des choses: Sjöwall & Wahlöö étaient déjà publiés en France dans les années 80, Mankell ou Joensüü (finlandais) dans les années 90, Edwardson début 2000. Et le succès de Mankell s'est fait initialement sans les médias. Qu'ensuite, après l'incompréhensible -et hors médias au départ- succès de Millenium, éditeurs et médias aient flairé un filon, ok. D'ailleurs, je trouves qu'une conférence sur cette étrange déferlante serait au contraire très intéressante (où pourrait l'être...).
Bon, mais c'est peut-être un autre fuseau...

stalker a écrit:Il y a beaucoup d'auteurs qui lisent, contrairement à ce que vous dites. Je comprends bien, j'imagine bien, je sais bien d'où vient cette idée qui pousse à penser le contraire (il y en a qui ne lisent effectivement pas ; qui se balancent des autres auteurs, en particulier de leurs contemporains, et qui tournent avec des notions personnelles qui remontent à quarante ans - des valeurs "sûres", comme les Clash et Led Zep, ou Simenon et Dard, ou Manchette et Fajardie - et ne pensent qu'à leur petite gueule). J'en connais également une bonne brochette qui continuent de suivre leur époque et se coltinent des lectures en relation. Tant mieux si c'est une minorité.
Mais la grosse majorité ne lit pas, effectivement. En tout cas, je le constate aussi. La grosse majorité est ici pour faire sa petite promo. Elle se fiche du voisin, mais elle aime bien que le voisin vienne lui poser des questions, en revanche (cette majorité puante ne retourne généralement pas la politesse - et il ne devrait pas s'agir d'une politesse, mais bien d'un geste naturel).
Euh... ils lisent ou ils ne lisent pas ?

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par edmond Gropl le Mar 19 Oct - 11:43

stalker a écrit:
Petite parenthèse : Dard et Simenon, en 2010, sont-ils encore en mesure d'attirer des foules ? ...

La, on est vraiment en desaccord. (sur l'ironie supposée de ta phrase et ce qui en découle)

Si on veut parler littérature et polar, on ne peut pas faire l'economie de Dard et Simenon. C'est totalement impensable. Ca n'a aucun sens.
Ceci dit, un debat sur le polar du nord, le polar Marseillais, le neo thriller Savoyard, ce qu'on veut d'actuel et de contemporain.. J'y serais allé aussi, mais je suis quasiment certain que le débat aurait été une longue et douloureuse enumeration d'insignifiance pour une raison tres simple: Il y a tres peu de chance pour qu' a un moment de ces hypothétiques débats, le sujet soit replacé dans son contexte historique egalement pour la simple raison que le fait de replacer le débat dans un contexte historique revelera son insignifiance.
Je ne parle que du point de vue de l'ecriture, du geste d'ecrire et de penser ce qu'on ecrit et d'en avoir une maitrise maximale. Sur ce point de vue la, un debat sur ce qui se passe aujourd'hui (je reste sur le champ du polar francais) ne peut que ramener à Dard, Simenon, Manchette, G.J. Arnaud, Pierre Pelot (sans doute quelques uns que je connais moins ( Garnier, Malte..), sans doute aussi quelques "jeunes" et inconnus (Jan Thirion, Alain Bron ..), sans ces references, je te garantis que tu seras le premier a déplorer qu'on ne parle pas de littérature tout simplement parce qu'il n'y en a pas suffisemment. Les débats vont s'orienter vars la politique, les sciences humaines, l'hemoglobine, l'image, le FBI, la télévision, le cinéma, l'ecriture scénaristique, le regionnalisme, la boxe etc..


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Re: L'indic (noir magazine)

Message par stalker le Mar 19 Oct - 14:47

Ernest Kurtz a écrit:
Euh... ils lisent ou ils ne lisent pas ?
Il faut leur demander. Je me base juste sur des constats personnels.
Les deux phrases que tu as mis en gras me semblent claires.

limbes a écrit:(Je voulais juste dire que je pense qu'on gagnerait, dans n'importe quelle discussion, à éviter les "vous" globalisants. C'était juste une parenthèse...)
Si ta phrase était une provocation, j'y ai répondu, c'est tout.
Pas évident de sentir la provocation sur un écran numérique...

Gropl a écrit:La, on est vraiment en desaccord. (sur l'ironie supposée de ta phrase et ce qui en découle)
Si on veut parler littérature et polar, on ne peut pas faire l'economie de Dard et Simenon. C'est totalement impensable. Ca n'a aucun sens.
Je m'attendais à cette réponse.
Alors autant dire que je n'ai plus rien à faire sur ce forum.


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Re: L'indic (noir magazine)

Message par Ernest Kurtz le Mar 19 Oct - 15:07

stalker a écrit:
Ernest Kurtz a écrit:
Euh... ils lisent ou ils ne lisent pas ?
Il faut leur demander. Je me base juste sur des constats personnels.
Les deux phrases que tu as mis en gras me semblent claires.
Et bien pas à moi: Tu dis d'abord "Il y a beaucoup d'auteurs qui lisent". Beaucoup signifiant un très grand nombre (plus que 50%), cela constitue donc une majorité. Puis ensuite, tu dis "Mais la grosse majorité ne lit pas". Moi, cela me semble contradictoire. Du coup, plus aucune idée de ton point de vue.
stalker a écrit:
Gropl a écrit:La, on est vraiment en desaccord. (sur l'ironie supposée de ta phrase et ce qui en découle)
Si on veut parler littérature et polar, on ne peut pas faire l'economie de Dard et Simenon. C'est totalement impensable. Ca n'a aucun sens.
Je m'attendais à cette réponse.
Alors autant dire que je n'ai plus rien à faire sur ce forum.
Je n'ai pas saisi du tout où il y avait de l'ironie dans tout cela !! Du coup, les positions respectives et motifs de l'antagonisme m'échappent. Si c'est un échange perso entre vous, ok, je ne m'en mêle pas. Mais sinon, c'est quoi l'histoire ? Stalker défendant une position type "Du passé faisons table rase" ?!?!

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par edmond Gropl le Mar 19 Oct - 16:46

Ernest Kurtz a écrit:[Du coup, les positions respectives et motifs de l'antagonisme m'échappent. Si c'est un échange perso entre vous, ok, je ne m'en mêle pas. Mais sinon, c'est quoi l'histoire ? Stalker défendant une position type "Du passé faisons table rase" ?!?!

Non, il n'y a rien de personnel, rien d'autres que des points de vues opposés. La ou je vois un héritage et de la matière (le polar d'hier), il ne voit que ruine.
Et là ou je ne vois que ruine (disons, ce qu'est le polar aujourd'hui) il voit matiere et heritage.

Mais je trouve cet antagonisme plutot fertile dans notre collaboration artistique.



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Re: L'indic (noir magazine)

Message par stalker le Mar 19 Oct - 17:01

Pas nécessairement table rase.
Et il n'y avait aucune ironie dans ma question, Gropl. Je posais une question, point barre. En y réagissant comme tu le fais, tu oublies de te la poser, c'est à dire de sortir un instant de tes convictions pour regarder autour de toi et prendre la température. C'est la réalité dont je parle dans le même post : le public qui ignore qui sont Dard et Simenon.
Je comprends ta position inflexible sur ce point, mais je ne vois pas en quoi l'ignorance de ces auteurs devrait interdire d'aborder la littérature policière (dans une conférence, à la radio ou je ne sais où). Le sujet est très vaste et possède une multitude d'entrées. La tienne est claire, mais tu négliges les autres dans ton discours. C'est assez totalitaire.
Si je t'écoute, je te refile aujourd'hui même les clés du forum et celles des éditions Ecorce, car je suis absolument incapable de parler de Dard et de Simenon.

Colonel Kurtz : beaucoup d'auteurs, ça peut vouloir dire 200 auteurs. 200 qui lisent vraiment, qui se tiennent au jus (c'est beaucoup, 200, en soi), sur 2000 par exemple, qui lisent peu, ou pas, presque pas (qui ne savent pas grand-chose de ce qui se fait actuellement, j'entends). C'est ce que je voulais dire, mais ce n'était peut-être pas clair. Désolé. Enfin, c'est un détail. Je ne vois pas pourquoi on s'y attarde.

Oui, j'ai lu Mankell et Indridason. Je ne vois pas en quoi ce serait pire de les aborder que Grangé ou Thilliez. Les débats sont faits pour qu'on débatte, pour qu'on pose des doutes. Ou bien la conférence à laquelle Gropl fait allusion était à sens unique, sans intervention possible du public ? Je ne sais pas. Je pense que tous les débats sont envisageables, à partir du moment où la critique y est autorisée (négative et positive). Mais je m'éloigne peut-être...
Simplement, je pense qu'un débat autour des auteurs du nord serait plus d'actualité que Dard et Simenon. C'est tout. Et 7 personnes dans la salle, ça s'explique peut-être. Non ? Et je ne citais ces trois auteurs que d'après des échos que je reçois souvent. Je me souviens d'un salon (à Felletin, mais en 2009) où je dédicaçais à côté d'Antonin Varenne. On s'est amusé à demander à plein de lecteurs quels étaient leurs auteurs préférés. C'était déjà les mêmes noms qui revenaient. Je ne fais que retranscrire. Ce n'est pas une opinion personnelle.

On s'éloigne un peu du sujet de départ. Tant mieux sans doute, mais j'y reviens, juste pour dire que la question des salons du livre devrait peut-être être révisée. Pas remise en question, mais étudiée différemment. Encore une fois, il s'agit d'une question de forme. Et la forme actuelle, la plus courante, des salons du livre prend l'allure de supermarchés, effectivement. C'est ce que critique, entre autres, l'article de Caroline.
Forme, ou plutôt formule. Je pense qu'il existe des formules à exploiter, à développer, pour que cet aspect supermarché disparaisse, ou s'atténue, ou ne constitue pas le coeur de l'événement. Il suffit de réfléchir, et aussi d'expérimenter des formules, en vrai de vrai.


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Re: L'indic (noir magazine)

Message par stalker le Mar 19 Oct - 17:04

edmond Gropl a écrit:
Mais je trouve cet antagonisme plutot fertile dans notre collaboration artistique.
Tu abuses en employant le mot "ruines".
Mais je suis ravi de notre collaboration aussi.
Je te prépare un autel pour ta prochaine venue. Je bâtirai ce coin avec des vieux Dard et Simenon, je connais une brocante qui en regorge (ils sont un peu humides et moisis dans des cartons, mais je les ferai sécher avant).

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par Ernest Kurtz le Mar 19 Oct - 18:15

stalker a écrit:Colonel Kurtz : beaucoup d'auteurs, ça peut vouloir dire 200 auteurs. 200 qui lisent vraiment, qui se tiennent au jus (c'est beaucoup, 200, en soi), sur 2000 par exemple, qui lisent peu, ou pas, presque pas (qui ne savent pas grand-chose de ce qui se fait actuellement, j'entends). C'est ce que je voulais dire, mais ce n'était peut-être pas clair. Désolé. Enfin, c'est un détail. Je ne vois pas pourquoi on s'y attarde.
Ok, je comprends mieux. L'idée, c'est donc qu'ils peuvent être intrinsèquement nombreux, mais proportionnellement peu nombreux. Ok. (Et c'est vrai que c'est un détail). Mais comme Limbes, l'idée que l'on puisse être auteur sans aimer lire me paraît abberant, inconcevable, hors de toute logique. Si cela est, j'en reste pantois !

stalker a écrit:Oui, j'ai lu Mankell et Indridason. Je ne vois pas en quoi ce serait pire de les aborder que Grangé ou Thilliez. Les débats sont faits pour qu'on débatte, pour qu'on pose des doutes. Ou bien la conférence à laquelle Gropl fait allusion était à sens unique, sans intervention possible du public ? Je ne sais pas. Je pense que tous les débats sont envisageables, à partir du moment où la critique y est autorisée (négative et positive). Mais je m'éloigne peut-être...
Simplement, je pense qu'un débat autour des auteurs du nord serait plus d'actualité que Dard et Simenon. C'est tout. Et 7 personnes dans la salle, ça s'explique peut-être. Non ?
A nouveau, la lumière se fait en moi ! Alléluia ! Alors ok, s'agissant d'organiser un débat, que le sujet en soit "De l'incroyable succès public des auteurs nordiques" ou "De la propension des lecteurs à acheter des bouses telles que Grangé ou Chattam", tout à fait d'accord, cela peut donner des choses intéressantes (et pour le coup actuelles). Cela dit, pour le débat Dard-Simenon, il me semble qu'il y avait un aspect circonstancié (dixième anniversaire de la mort de Dard, il me semble) qui pouvait le justifier.

Sinon, c'est quoi "l'inflexible position de Gropl" ? Qu'il est impossible de parler polars si l'on n'a jamais lu Dard et Simenon ?

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par stalker le Mer 20 Oct - 1:05

Je ne sais pas exactement. Je trouve juste Gropl inflexible sur des points précis, mais je pense qu'on l'est tous, à notre façon. C'est mieux que d'être flexible sans cesse et de se plier aux directions du vent, parmi une foule, un champ de tiges flexibles, synchros.


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Re: L'indic (noir magazine)

Message par stalker le Mer 20 Oct - 1:19

Je voudrais juste citer un exemple de formule, qui n'est pas vraiment un salon du livre, voire pas du tout.
Il s'agit des Nuits noires d'Aubusson, auxquelles j'ai participé deux fois, et Gropl une fois. Et quand on est tombé dedans, en général on n'en sort plus.

La formule se déroule le lendemain de la nuit noire en question, sur une petite place publique aménagée en terrasse, celle d'un troquet d'Aubusson qui s'appelle le Volup'thé (tenu par une personne tout à fait adorable). Je dirais une douzaine de tables, mais quinze ou vingt peuvent s'envisager, munies de parasols (deux ans de suite, il faisait quasiment 30°), puis des chaises et un muret qui borde la place pavée.
Attablés : les auteurs, les organisateurs, le public - plus ou moins mélangés, en tout cas tous ensemble dans cet espace extérieur. En lisière de la place, il y a une grande table où sont disponibles des livres de tous les auteurs présents, et un libraire pour gérer tout ça, mais un libraire qui est également attablé, et non planté derrière son stand à attendre ou inciter les clients.
Les auteurs sont invités à lire des textes à voix haute (les leurs, ou d'autres, au choix, c'est eux qui décident). Le public peut aussi s'emparer d'un livre et en lire un passage. On boit, on mange, on peut fumer, on papote entre les textes.
Régulièrement, un lecteur se pointe et tape sur l'épaule d'un auteur en disant : vous pourriez me dédicacer votre roman, s'il vous plaît ?
Et voilà, c'est tout simple.
Ce n'est qu'un extrait des nuits noires (le final, en fait).
Ça ressemble à un troquet-polar, le temps de quelques heures, totalement ouvert.
Il y a des photos ici

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par txoa le Mer 20 Oct - 2:02

Gropl, nombre de profs de français que j'ai croisé m'ont asséné des auteurs "incontournables", de ceusses que si jamais tu ne les lisais pas, tu irais brûler en enfer. Ces gens là m'ont détourné de toute la littérature une décennie durant. Simenon m'ennuie et Dard me fait carrément c... (après les avoir lu, quand même, un peu). Je les évite respectueusement et je n'ai pas l'impression qu'il me manque quelque chose d'essentiel fut ce en matière polardeuse.

txoa

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Re: L'indic (noir magazine)

Message par Ernest Kurtz le Mer 20 Oct - 9:30

Évidemment, txoa a raison: dans le cadre scolaire, on peut facilement avoir tendance à rejeter des auteurs, à cause du contexte (scolaire donc), du prof en lui-même, ou simplement parce que l'on n'est pas (ou pas encore) prêt à aborder un auteur. Bon, ça d'accord.
Mais quand même, je trouve que gropl n'a pas tort (sur le principe). Si je me base sur mon expérience personnelle, je suis "entré" réellement en polar vers une vingtaine d'années par David Goodis. J'ai adoré et donc ensuite, pris par le genre, ai tracé plus ou moins seul ma route dans ce genre littéraire avec plus ou moins de bonheur. Bon. Mais vint un jour où la passion pour un genre amène à s'intéresser à l'histoire du genre, je pense (en tout cas, ça a été mon cas). Et là apparaissent les "incontournables" dont tu parles, txoa. Et je crois qu'il y a un réel fondement dans cette idée d'"incontournables": au-delà des goûts de chacun, il y a des auteurs qui ont réellement été importants, qui ont apporté quelque chose, innovés, etc... en leur temps et marqué l'histoire d'un genre (même si on peut discuter sur la liste de ces "incontournables"). Et donc, personnellement, mon intérêt pour le genre et donc pour son histoire fait que, presque pour ma culture personnelle, je trouve nécessaire de lire -au moins une fois- ces "incontournables". Bien sûr, on peut tout à fait faire sans, mais quand même... Globalement, la passion titille la curiosité, non ?

Ernest Kurtz

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