des romans dérivés

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des romans dérivés

Message par stalker le Lun 30 Juin - 4:33

D'après le roman de.
Film inspiré du roman de.
Adaptation du roman de.
Film tiré du roman de.


Il doit exister d'autres façons encore d'indiquer qu'un film possède des racines littéraires.

Seulement, il existe tout autant de façons d'investir une oeuvre littéraire pour en faire un film, qu'il peut exister de réalisateurs susceptibles de relever le défi.
Encore que...
Il existe une recette, très prisée au cours des dernières décennies, qui consiste à copier-coller le livre sur un grand écran, afin d'en tirer un produit dérivé, comme on peut fabriquer aussi des tee-shirts ou des paires de chaussettes. Pas évident, l'adaptation, compte tenu de la complexité de la plupart des livres, n'est-ce pas. D'où la déception fréquente des spectateurs qui, auparavant, auront lu le livre et seront à même de prétendre que le film n'est pas à la hauteur. On peut même les entendre énumérer les erreurs, les manques, les maladresses, les petits détails, etc, lorsqu'ils quittent la salle. C'est très instructif les commentaires de couloirs à la sortie du ciné. Instructif au sujet des attentes des publics.

Après avoir vu certaines adaptations de romans au cinéma, j'aurais envie de dire : mais laissez donc la littérature en paix, bon sang ! Tandis que, parfois, très rarement (de plus en plus rarement), j'adresserais plutôt mes respects au réalisateur, parce que ce n'est pas un vendu. Parce qu'il est parvenu à concevoir une oeuvre à partir d'une oeuvre, plutôt que de se contenter de fabriquer un clone bancal édulcoré, à la demande d'un producteur.

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Re: des romans dérivés

Message par Replay le Lun 30 Juin - 8:46

J'ai vu il y a longtemps un film anglais ou américain qui racontait Les Misérables du point de vue de Javert et c'était très intéressant, mais ça aurait déçu ceux qui voulaient retrouver les grandes scènes du livre.
Il y a des adaptations fidèles étonnantes. Dès le début du film, on se dit : "ce sont les mêmes images que j'avais dans la tête en lisant le bouquin". L'évadé, ou l'automne de l'innocence, adaptés d'un recueil de nouvelles de Stephen King. Ou Le Couperet. Le début de Tess d'Uberville. (un paysage et une scène champêtre qui sont exactement comme dans le livre)
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Message par Replay le Lun 30 Juin - 9:47

Si vous pouviez faire un film à partir de la lecture d'un roman, ce serait lequel ?
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Re: des romans dérivés

Message par Varg le Lun 30 Juin - 10:02

stalker a écrit:Il existe une recette, très prisée au cours des dernières décennies, qui consiste à copier-coller le livre sur un grand écran, afin d'en tirer un produit dérivé, comme on peut fabriquer aussi des tee-shirts ou des paires de chaussettes.
Pas très éloigné de la pratique qui consiste à faire toujours le même livre... Pourquoi se priver puisqu'il y a un public pour cela.

stalker a écrit:Pas évident, l'adaptation, compte tenu de la complexité de la plupart des livres, n'est-ce pas. D'où la déception fréquente des spectateurs qui, auparavant, auront lu le livre et seront à même de prétendre que le film n'est pas à la hauteur. On peut même les entendre énumérer les erreurs, les manques, les maladresses, les petits détails, etc, lorsqu'ils quittent la salle. C'est très instructif les commentaires de couloirs à la sortie du ciné. Instructif au sujet des attentes des publics.
Je plussoie en ajoutant ma propre expérience déjà mentionnée. La déception peut également venir de l'édulcoration par l'adaptateur de ce que le lecteur a fait du livre. Il ne s'agit donc plus du non-respect de l'œuvre originale, comptabilisable en écarts et manquements, mais d'une confrontation de deux lectures dont on estime que l'autre est moins bonne que la nôtre.

On peut aussi faire un tour vers les critiques de spectateurs sur certains sites consacrés au cinéma (avec l'obligation de supporter une pratique désinvolte de la langue française...)

stalker a écrit:Après avoir vu certaines adaptations de romans au cinéma, j'aurais envie de dire : mais laissez donc la littérature en paix, bon sang ! Tandis que, parfois, très rarement (de plus en plus rarement), j'adresserais plutôt mes respects au réalisateur, parce que ce n'est pas un vendu. Parce qu'il est parvenu à concevoir une oeuvre à partir d'une oeuvre, plutôt que de se contenter de fabriquer un clone bancal édulcoré, à la demande d'un producteur.
+1

replay a écrit:Il y a des adaptations fidèles étonnantes. Dès le début du film, on se dit : "ce sont les mêmes images que j'avais dans la tête en lisant le bouquin". L'évadé, ou l'automne de l'innocence, adaptés d'un recueil de nouvelles de Stephen King. Ou Le Couperet. Le début de Tess d'Uberville. (un paysage et une scène champêtre qui sont exactement comme dans le livre)
C'est vrai et puis on se dit alors : à quoi bon ?
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Re: des romans dérivés

Message par Replay le Lun 30 Juin - 10:07

à quoi bon ? Pour le réalisateur, parce qu'il est sous le coup de l'admiration. Parce qu'il y a des gens qui ne lisent pas, qui ne liront pas, et que faire un film vaudra le récit imagé et vivant qu'on a dans la tête à la lecture, un peu comme si, à l'inverse, on racontait un film à un aveugle.
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Re: des romans dérivés

Message par Varg le Lun 30 Juin - 10:13

Replay a écrit:Si vous pouviez faire un film à partir de la lecture d'un roman, ce serait lequel ?
Comme ça, sans réfléchir ? Ubik (ou Le guérisseur de cathédrales) de Philip K. Dick


Dernière édition par Varg le Lun 30 Juin - 21:24, édité 1 fois
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Re: des romans dérivés

Message par stalker le Lun 30 Juin - 14:08

Le terrier, de Kafka.
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Re: des romans dérivés

Message par stalker le Lun 30 Juin - 15:03

Replay a écrit:
(...) Dès le début du film, on se dit : "ce sont les mêmes images que j'avais dans la tête en lisant le bouquin".

Dans ce sens-là, le spectateur va voir le film pour vérifier si le réalisateur a été capable de restituer le livre tel qu'on se l'imaginait. Autrement dit, toujours dans ce cas-là, on va estimer qu'un film est bon ou mauvais uniquement en fonction de critères intimes.

Je remets sur le tapis l'entité Moi-je. L'entité reine.
Qui est donc Moi-je pour exiger tout ceci ? Avec ses gouzécouleurs...
Compte tenu du nombre de Moi-je existants, si les critères d'appréciation d'une oeuvre ne tiennent qu'à des gouzécouleurs individuels, alors on ne parle plus de cinéma. Car n'importe quel film sera jugé selon ces critères-là, quel qu'il soit, sans aucune distinction.
Car il se peut très bien que Moi-je parvienne à apprécier d'après des critères identiques le Da Vinci Code et Les particules élémentaires.


Dernière édition par stalker le Mer 2 Juil - 3:20, édité 1 fois
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Re: des romans dérivés

Message par Replay le Lun 30 Juin - 17:55

Si le résultat est bon ? si le film est bon ? Je n'aime pas quand un réalisateur défigure un bon livre avec un film médiocre, encore plus quand c'est un remake d'un autre film. (genre la planète des singes) Sans parler de respect de l'oeuvre.

Il y a des cas où ce que le cinéaste tire d'un livre est meilleur que le livre lui-même (La mouche, de Cronenberg, ou "touchez pas au grisbi, du roman de Simonin) mais je reste souvent assez butée sur l'univers du livre, et les adaptations fidèles me déçoivent beaucoup le plus souvent, parce que je me suis fait moi-même le film dans ma tête à la lecture du livre et qu'il était mieux, plus long, avec toutes les scènes et tous les personnages. L'analphabète, de Ruth Rendell, est un excellent roman. La cérémonie, de Chabrol, m'a déçue, pas parce que c'est un mauvais film, mais parce qu'il y a dans le livre cette première phrase:Eunice Parchman tua la famille Coverdale parce qu'elle ne savait ni lire ni écrire...qui donne un ton qu'on ne retrouve pas dans le film qui devient une autre histoire.
Ce que je déteste le plus, ce sont ces livres dont on sent (dont je crois sentir, en tout cas), dès les premières pages, qu'ils ont été écrits pour servir de matrice au film qu'on en tirera.
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Re: des romans dérivés

Message par stalker le Mer 2 Juil - 4:01

On est en partie d'accord, Replay.

Merci pour cette indication au sujet de La cérémonie. Je n'ai pas lu le roman. J'aime beaucoup le film, tel quel, isolé du roman donc. Mais cette phrase, elle est puissante. Sur l'instant, je songe à Hannibal Lecter qui a jugé nécessaire d'éliminer le flutiste d'un orchestre philharmonique, parce qu'il jouait faux et gâchait l'ensemble.
J'aime beaucoup ce personnage.

Qui peut dire si tel résultat est bon ou pas ?
Selon quels critères ?
Je pense qu'il existe des critères qui permettent de se risquer à prétendre que oui, ce film est bon, et que non, c'est un postillon commercial ou un échec tout court. Mais encore faut-il prendre la peine d'argumenter, de creuser un peu la matière et de faire travailler ses méninges.
Prendre le temps nécessaire.

Récemment, un membre s'inscrit sur le Noir Bazar et prétend que tel bouquin c'est de la merde, malgré que le titre soit sympa.
Super.
On est bien avancé, n'est-ce pas. C'est l'exemple typique de lecteur qui répand sa paresse intellectuelle en prétendant que l'écriture était prétentieuse, mais en ne doutant pas un seul instant de ses propres capacités à considérer cette écriture pour ce qu'elle est, et non pour ce que ce membre attend (bêtement) d'un livre.

Ce film est-il bon puisqu'il m'a plu ?
Est-il mauvais puisqu'il ne m'a pas plu ?

Si je disparais de la surface de la Terre demain, cela permettra-t-il à ce film (que j'ai jugé mauvais) d'être bon ?
Et inversement.

Les gouzécouleurs* n'ont aucun sens. Tout simplement parce qu'on possède rarement les connaissances suffisantes pour dire que ceci est bon ou mauvais (bien ou mal). On ne se pose d'ailleurs jamais cette question-là - qui reviendrait pourtant à prendre la peine de tourner 7 fois sa langue dans sa bouche - ou d'aller faire un footing - avant de dire quoi que ce soit).
Ce qui me semble intéressant et constructif, en revanche (à défaut de connaître l'histoire du cinéma ou de la littérature sur le bout des doigts), c'est de prendre la peine de développer un regard, en terme d'émotions notamment, c'est à dire sincèrement, mais aussi de réflexion par rapport au monde qui nous cerne et dans lequel un film (ou un livre) peut éventuellement avoir un sens - poser des questions qu'on ne s'était pas encore posées la veille, poser des doutes qui nous dérangent, admettre qu'ils nous dérangent ou qu'ils nous procurent des jouissances intenses et complètement secrètes - des trucs inavouables - par exemple.

Je me suis éloigné du message de Replay...






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Re: des romans dérivés

Message par stalker le Mer 2 Juil - 4:17

Ce que je voulais dire, en fait, c'est que les films et les livres qui nous sont donnés à voir et à lire, n'ont pas été conçus à l'attention spécifique de notre petite gueule narcissique. Que ça nous plaise ou non, des oeuvres existent et se diffusent. Les auteurs s'en balancent, à moins que leur intention première ait consisté à satisfaire les attentes d'une foule impensable de petits égos vulgaires, au sens populaire - pour s'en foutre plein les poches.

Ce qui me semble important (c'est mon égo d'insecte putrescible qui s'exprime là), c'est qu'une oeuvre parvienne à se balancer des opinions individuelles, et aspire tout simplement à proposer un témoignage de l'époque présente, de façon objective, c'est à dire détachée de toute forme de morale majoritaire, minoritaire ou invisible.

Les oeuvres inadmissibles font date, en général.
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