Roberto Succo - Cédric Kahn (2001)

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Roberto Succo - Cédric Kahn (2001)

Message par stalker le Lun 30 Juin - 3:26

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Ils viennent de se rencontrer. Elle lui pose des questions. Elle s’appelle Léa, elle a 16 ans. Elle veut savoir son âge, son nom, d’où il vient, ce qu’il fait. Ils s’embrassent sur une plage. Lui, ne pose aucune question et ne sait rien d’elle. Il se fait appeler Paul, puis Kurt. Ils se revoient. Il prétend l’aimer et elle est amoureuse.
Il ne pose toujours pas de question.

En revanche, il parle de lui. Sans cesse. Il raconte des histoires, des mensonges et des vérités. Léa ne parvient pas à faire la part du vrai et du faux. Elle est amoureuse. Pendant ce temps, Roberto Succo pille, kidnappe, vole des voitures, de l’argent ; pénètre dans des maisons pour se nourrir, dormir et se doucher. Il viole, il bat et, parfois, il tue.
C’est l’histoire vraie d’une cavale.



Succo est né en Italie en 1962. A 19 ans, ils tue ses parents.
Cinq ans plus tard, il s’échappe d’un asile psychiatrique et se rend en France. La cavale va durer deux années. Il tuera quatre personnes et le corps d’une cinquième ne sera jamais retrouvé. Succo s’est suicidé dans sa cellule, en Italie, en 1988.

Le film de Cédric Kahn s’en tient aux faits. Ses ellipses sont judicieuses et son image est brute ; elle n’en rajoute pas. Elle ne dresse pas le tueur en série au rang de personnage principal redoutable et monstrueux, escorté par des lumières artificielles et des effets spéciaux. Succo y apparaît comme un individu dangereux qu’on traque.
Pas l’ombre d’un effet dans ce film. Pas l’ombre d’une tentative de faire de ce film un succès grâce à des hameçons spectaculaires tendus au spectateur en demande de sensations fortes.

L’image est brute et les mouvements de caméra sans prétention. Le film semble entièrement tourné en lumière naturelle, y compris au cours de séquences nocturnes ou les phares et les lampes de poche percent tout juste l’écran noir.
Tout ceci n’empêche pas le réalisateur d’offrir un film soigné, maîtrisé à l’instant et au geste près. C’est mesuré, étudié, réfléchi. Relater l’histoire d’un homme qui a tué des gens, sans intention de s’en mettre plein les poches sur son dos et celui des victimes, serait plutôt l’affaire d’un film documentaire.
Pourtant, il s’agit bien de cinéma. Expérience délicate. Réussie.


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Un portrait détaillé de Roberto Succo est présenté sur le site d’Emily Tibbatts :
http://www.tueursenserie.org/article.php?id_article=26&artsuite=0

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