les espions ne meurent jamais part 2

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les espions ne meurent jamais part 2

Message par dark horse le Dim 31 Oct - 21:10

Double zéro sept cent vingt huit alluma l’un des puissants ordinateurs des services secrets et entra les données qu’il venait d’obtenir. La procédure de recherche prenait toujours du temps, alors l’agent décida d’appeler un de ses contacts à Londres, au MI5. A l’autre bout du tunnel, on lui dit que non, on n’avait rien, sinon une copie de facture pour un singe en bois de Java acheté en soldes aux puces de Portobello Road.
- le brocanteur était surveillé car il fournissait parfois en papier les groupuscules extrémistes végétaliens de Soho, précisa le Britannique.

Après les mondanités d’usage chez les agents occidentaux, l’agent double zéro sept cent vingt huit laissa son collègue et retourna à son astreinte.

La recherche avait été infructueuse, et l’écran affichait « rien » en lettres rouges clignotantes. Tout en se demandant s’il n’y avait pas finalement une explication rationnelle à toute cette affaire, l’agent chercha à se connecter au site de la revue « bricolages des temps modernes », pour une petite visite dans leurs archives.

Quelques minutes plus tard, double zéro sept cent vingt huit sirotait un thé vert parfumé à la queue de cerise en consultant le courrier des lecteurs de « bricolages...». Quelques années en arrière, en effet, une lettre signée Mr Fieldbattle demandait comment installer un système de télécommande sur un portail de garage. La question avait fait l’objet d’un dossier spécial, le mois suivant. L’agent prit quelques notes puis se transféra sur le site de la police. Aucun dossier, ici encore au nom de Redbattlefield. Il repensa à la femme au téléphone, qui tout à l’heure lui avait raconté toute son histoire. Peut-être était ce une erreur, une vengeance envers un voisin ou, pire, une farce destinée aux Services Secrets au complet. L’agent avait un doute. En cette nuit de réveillon, il devait débrouiller seul cette affaire, et lui donner la suite qu’elle nécessitait.

Il restait le problème de la caisse mystérieuse à élucider. Il contacta la permanence de nuit de l’Agence spéciale de sûreté nucléaire pour savoir si rien n’était porté manquant dans les stocks. Une agence très secrète, responsable du contrôle et de la sécurité de tout ce qui touchait de près à l’atome... Une agence dont le premier ministre même ignorait l’existence. Le gardien de nuit, un type entre deux âges plutôt revêche, et qui avait probablement tiré comme lui le mauvais numéro dit qu’il allait se renseigner, et qu’il rappellerait.

Double zéro sept cent vingt huit n’avait guère confiance en ces administratifs qui passaient leur temps sur une chaise, devant leur ordinateur. Il n’avait pourtant pas le choix.
Il pensa rédiger sa note de frais, en attendant, puis se ravisa, et consulta les dossiers de l’ANPE.
Le téléphone retentit jute au moment où l’agent découvrait que Redbattlefield avait effectué un stage dans une centrale de retraitement des déchets... nucléaires!
- Vous aviez raison, criait, au téléphone le revêche de l’agence. Il manque exactement douze kilogrammes de plutonium militaire. Ils ont disparu d’un centre de retraitement où ils avaient été envoyé par erreur...
- Trouvez le responsable de ce détournement, et mettez-le au frais, lança double zéro sept cent vingt huit de nouveau plein d’assurance.
Il raccrocha sans attendre et griffonna un mot d’absence qu’il colla sur le cahier de jour. Il transféra les appels vers le téléphone portable d’un collègue et fonça aux vestiaires récupérer son arme de service, boucla ceinture et lacets et courrut à la plate-forme d’envol.

***

- Nous serons sur l’objectif dans trois minutes, il est temps de vous préparer.
Le commandant fit l’annonce sans quitter des yeux le hublot de la cabine de pilotage.
Il y avait, cette nuit de réveillon, un fort vent latéral qui faisait tanguer le dirigeable.
Le commandant Tourneur avait toutes les peines du monde à maintenir son cap en direction du Clos Fleuri, et cela malgré les hélices compensatrices latérales rajoutées pour ce type de mission.
L’appareil sembla s’emballer puis eut un soubresaut au moment où l’agent double zéro sept cent vingt huit, verrouillait la fermeture de son baudrier. Il se rattrapa à la main courante qui faisait le tour de la cabine.
- Jamais vu un vent pareil depuis Le Pic du Midi, dit un sergent à l’allure de dogue allemand.
Sanglé à son poste, dans la tourelle de Plexiglas qui se trouvait sous la cabine, le sergent réglait, en même temps qu’il parlait, le collimateur de sa Gatling.
- Ouais, une sacrée mission, avec un sacré sale temps, ce Pic du Midi.
Il faisait référence à une opération de sauvetage, une dizaine d’années en arrière. Une mission restée dans les annales du service. Un groupe de chercheurs avait pris en otage le personnel de l’observatoire et menaçait de tout détruire si on ne publiait pas ses travaux sur le rôle des Atlantes dans la construction des pyramides. Un commando avait été héliporté sur le site et, au bout d’âpres combats au lance flamme et à la grenade, le dernier membre de l’équipe avait réussi à reprendre le contrôle de l’observatoire.
L’agent écoutait ces souvenirs d’une oreille distraite. Il savait que ce genre d’histoire, rabâchée encore et encore, servait uniquement à se donner du courage avant une mission. Un peu comme une formule magique que l’on répéterait sans cesse, et qui vous protégerait du mal.
L’agent était plus pragmatique. Il vérifia sur son carnet s’il avait pensé à tout et constata que son pistolet n’était pas armé. Le choc métallique de la culasse que l’on claque cingla comme un coup de cravache dans la cabine.
Du sang, cette nuit, coulerait sûrement…
La voix du commandant Tourneur tira tout à coup l’agent de ses pensées.
- Objectif en vue. Préparez-vous.
L’agent ouvrit un volet dans le plancher et lança une longue liane de Nylon bleu. Elle se perdit dans les ténèbres avec un sifflement ophidien.
L’appareil ralentit, ses hélices passant en mode silencieux, et stoppa une vingtaine de mètres au dessus du bâtiment 8C.
- Go! Lança le capitaine.
Zéro zéro etc. se propulsa dans le vide et glissa jusqu’au toit de l’immeuble. Au dessus de lui, le dirigeable se maintenait en position stationnaire.
Dès qu’il posa le pied sur la dalle, l’agent déboucla son baudrier. La corde de Nylon remonta immédiatement vers la cabine, et le dirigeable amorça une courbe pour regagner sa base. L’agent gardait un oeil sur la lumière rouge filtrant de la tourelle inférieure. Il distinguait le canon de la mitrailleuse protectrice qui restait pointée, malgré le mouvement, vers la trappe d’accès à la terrasse… En couverture.
En quelques secondes, le taxi volant ne fut plus qu’un point scintillant parmi les étoiles.



Dernière édition par dark horse le Ven 5 Nov - 23:42, édité 1 fois

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Re: les espions ne meurent jamais part 2

Message par edmond Gropl le Ven 5 Nov - 19:04

C'est plein de trouvailles comiques. JE verrais bien un petit film.

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Re: les espions ne meurent jamais part 2

Message par dark horse le Dim 7 Nov - 16:40

à la fin, c'est un peu plus du grand spectacle...

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Re: les espions ne meurent jamais part 2

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