Swierczynski Duane - The blonde (2006 – Rivages noirs 2010)

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Swierczynski Duane - The blonde (2006 – Rivages noirs 2010)

Message par dark horse le Dim 17 Oct - 18:10



Un soir au bar de l’aéroport de Philadelphie, Jack Eisley discute avec une jolie blonde qui, à la fin de leur conversation lui lâche : « j’ai mis du poison dans votre verre »… Quelques heures après l’avoir quittée, la prenant pour une dingue ou une arnaqueuse, Jack ressent les premières convulsions…
A partir de ce moment, tout bascule, pour ce simple quidam venu à Philadelphie régler les papiers de son divorce. Retrouver la blonde, la forcer à lui donner l’antidote, aller chez les flics, ou à l’hôpital ?
Parallèlement, Kowalski, agent très indépendant d’une agence très secrète, hérite d’une mission pour le moins étonnante : voler la tête d’un savant fraîchement décédé, et retrouver la blonde. Peu à peu, le voile se lève sur une improbable affaire de très haute technologie, aux frontières de la science fiction la plus débridée.


Swierczynski est à la base un scénariste de télévision (Les Experts Las Vegas) et de comics. De là un sens du découpage maîtrisé, un ton décalé, des dialogues cyniques, donnant à cette poursuite nocturne des allures de cartoon à la tex Avery. Il est aussi co-auteur avec Anthony Zuiker (le créateur desdits Experts) de Level 26, une expérience (littéraire ? commerciale?) mi thriller – mi vidéo dans laquelle les lecteurs sont invités à découvrir sur le net des extraits filmés liés à l'intrigue du livre...

Le récit, découpé en chapitre très courts, chronométrés, se déroule sur une nuit, au cours de laquelle ces 3 personnages, semant derrière eux un petit tas de cadavres, vont tour à tour se poursuivre, s’allier, se trahir, sans finalement réellement entrer en sympathie…
Les personnages sont typiques du genre : « La blonde » renouvelle l’image de la femme fatale sans glisser dans l’archétype, Jack, l’éternel innocent-entrainé-bien-malgré-lui-dans-une-aventure-qui-le-dépasse et Kowalski, le professionnel increvable et hyper entraîné. On pense assez vite à des auteurs comme Fredric Brown, Marc Behm, Donald Westlake ou William Kotzwinkle, pour le thème, le style, la construction ou l’humour… Mais ces auteurs ne sont à aucun moment, à mon avis, rattrapés.

La mécanique est bien huilée, et nous tient du début à la fin. Pourtant, en lisant le roman d’une traite, on ne peut s’empêcher de noter ici et là des écueils, des invraisemblances, non pas dans l’histoire elle même, mais dans sa construction ; comme si l’auteur avait tout inventé et directement couché sur le papier sans se relire. Swierczynski semble réorienter plusieurs fois son récit, sentant qu’il arrive à une impasse ; les axiomes de bases, posés au début du roman, évoluent au fur et à mesure de l’intrigue, et pas forcément dans le bon sens. On se sent un peu comme dans ces séries (24 heures chrono, Alias, Lost, principalement) quasiment écrites en temps réel, dont chaque épisode est captivant mais dont la totalité forme un ensemble bancale voire incohérent.

Bref, il reste cependant de ce rivages-noirs n°759 un agréable bouquin pour accompagner un voyage, malheureusement guère plus.

Pour en savoir plus sur Duane Swierczynski, son blog : http://secretdead.blogspot.com/
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