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Message par stalker le Jeu 23 Sep - 4:50

Pendant que plein d'auteurs continuent d'écrire des histoires d'enquêtes policières, avec des méchants et des gentils (toujours cette histoire stricte de bien et de mal, si vous réfléchissez bien), on peut relever des choses comme ça, sur le web (n'importe où, n'importe quand, n'importe qui) :

Le bonheur pour la vie 100 % gratuit, inscrivez-vous ici

Je me dis que c'est une matière à saisir, immédiatement. Pour le roman noir. Pour l'époque. Quelque chose a lieu sous nos yeux, mais on ne le voit pas nécessairement. On n'ose pas, peut-être. On n'ose pas sortir des sentiers battus. C'est dommage, car des auteurs ne vont pas tarder à le faire à votre place.

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Message par edmond Gropl le Jeu 23 Sep - 21:03

Oui, sans doute, mais il faudra faire mieux, ou du moins different de J.G. BALLARD.
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Message par stalker le Ven 24 Sep - 3:23

Je trouvais ton message précédent beaucoup plus pertinent (celui que tu as effacé).
Tu y disais quelque chose d'important, mais que tu as peut-être envie de garder pour toi ? Ce qui se comprendrait.
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Message par limbes le Ven 24 Sep - 3:25

Ah, c'était quoi (je l'ai pas lu)? C'est mort à jamais, on pourra pas savoir?...
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Message par stalker le Ven 24 Sep - 3:32

Il y était question d'eschatologie.
Un peu comme quand Mylène Farmer a prétendu que l'an 2000 serait spirituel.
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Message par limbes le Ven 24 Sep - 3:54

Le roman noir de demain, c'est celui où l'individu mourra étouffé dans son bonheur, en proie au Contentement Parfait.
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Message par edmond Gropl le Ven 24 Sep - 10:31

J'aime beaucoup Mylène Farmer, enfin beaucoup..j'aime bien.

Ce que je disais et que j'ai effacé car des fois je me dis "mais pourquoi tu dis ça?".

Donc voila, tout partait de la phrase sur le bonheur gratuit qui survient à un moment où nous sommes quand même dans un processus entropique de destruction du monde. A partir de là:
- D'abord, je pense que la grande erreur du XX° siècle aura été de ne pas étudier à l'école les auteurs de science-fiction (a part Barjavel, qui était au programme, à une époque). Si tout petits, pour les générations d'après guerre, nous avions, dès la maternelle, étudié P. K. Dick, Ballard, Asimov, etc.. (et Regis Messac, aussi) Nous serions capable d'apprehender le monde d'aujourd'hui et on serait déjà passé à autre chose. On serait pas dans cette situation où chaque jour, on semble découvrir de nouvelles perversio;ns techno-cognito-alienante, ces gars là (les auteurs de SF), avaient tout écrit.
- Ensuite, polardeusement parlant.
Il y a le paradoxe suivant; Plus un auteur publie, plus il participe à la destruction du monde.(par ex. Moi, j'ai du publier 2000 ex de la totalité de mes oeuvres, n'ais-je pas dépassé mon quota? ecologiquement parlant) Alors l'auteur de polar actuel va devoir gerer ce paradoxe, au cas ou il veuille être en phase avec le monde(ou alors le nier et continuer de publier des livres-lambda, ou des tueurs (si possibles bestiaux et le plus non-humains possibles) detruisent des gens (ce qui pallie à la reflexion autour de cette destruction du monde, une sorte de néo-nihilisme).
C'est pour cela que j'affirme qu'au XXI° siècle, le polar devra être eschatologique. (du moins mon prochain devra l'être, les idées arrivent).

Je ne crois pas à l'hypothèse e-book, qui est autant destructeur, je crois qu'il va falloir revenir au troubadour. Aller de lieux en lieux et raconter ses livres.

Bon, il se peut que demain, je pense le contraire.







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Message par Chewie le Ven 24 Sep - 13:41

au XXI° siècle, le polar devra être eschatologique.

Cela fait quand même vingt ans que Maurice Dantec écrit sur ce thème. La "fin de l'Histoire" est même en quelques sorte son crédo, son motto, son cri de guerre.

Le polar du XXIème siècle, pour rester un révélateur et un précurseur à court terme, devra donc évoquer ce qui viendra (ou ce qui adviendra) après la fin de l'Histoire, non ?

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Message par fredgev le Ven 24 Sep - 14:59

il y aura des forums qui tourneront en boucle, jusqu'à l'extinction finale de la matière.

Ou la singularité, merveilleusement développée par Vernor Vinge.
Comme le dit Gropl, ce genre de thème est totalement SF, et ce depuis des lustres. Ce qui pour moi n'est pas une insulte, bien au contraire. Pour cette phrase qui te stimulait, Cyril, je te conseille la lecture de ça :

publié en 1970, ça a ton âge.


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Message par stalker le Ven 24 Sep - 15:51

Limbes, je pense que l'individu peut mourir étouffé dans des images de bonheur (pas dans son bonheur).
Je note la référence, Fred. Thanx.
Dommage que Searclaw soit en panne d'Internet, il aurait certainement eu des choses à dire sur le sujet et les références que vous donnez tous.
Chewie, j'abonde évidemment dans ton sens, pour Dantec.

Je me disais tout à l'heure, avant de venir sur le forum (simple pensée parmi les pensées), que ce sont des toutes petites choses a priori insignifiantes qui contribuent à des phénomènes importants qui touchent un corps social tout entier ; l'affectent en profondeur ; le contaminent. Je pense à l'apparition des virus (pas uniquement informatiques). Je pense à des petits comportements de tous les jours, qui finissent par devenir imperceptibles, car "normaux". Je pense à des petites options qui apparaissent, qu'on nous propose (qu'on nous vend ou qu'on nous offre) et dont on se sert sans forcément réfléchir à la portée qu'elles peuvent avoir dans les comportements à l'échelle collective.
Bon, c'est un peu flou, dit comme ça.
Ça signifie que je crois que les signes alarmants ne se situent pas nécessairement dans les gros titres que tout le monde absorbe, mais plutôt dissimulés entre les lignes. On ne les voit pas. On ne les nomme pas. On n'en parle pas car, a priori, ça n'a aucune importance, c'est hors propos. Et je pense au contraire que c'est là que le mal s'active, tranquillement, en coulisse de chacun d'entre nous. C'est souterrain.

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Message par edmond Gropl le Ven 24 Sep - 16:34

Oui, c'est vrai pour Dantec. C'est le precurseur de quelque chose.

Apres l'histoire, faut qu'il y ait un après.
Il va falloir que je lise "la route".
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Message par txoa le Ven 24 Sep - 20:23

Oui. Tout le monde devrait le lire. Même Oslo mon chien même si il y verrait la fin de son espèce. Flippant.
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Message par Chewie le Ven 24 Sep - 23:49

Apres l'histoire, faut qu'il y ait un après.
Il va falloir que je lise "La Route".

Pourquoi envisager la fin de l'Histoire comme forcément apocalyptique ?

La fin de l'Histoire, ça pourrait aussi être tout simplement la stagnation définitive dans une société uniformisée et globale, où "l'actualité" supplanterait définitivement l'Histoire, cortège ininterrompu de micro-évènements vite balayés par les suivants mais sans aucun changement majeur, sans aucune évolution notable pendant des siècles. Une sorte de Reich mondial et millénaire de l'ennui et du festif, de la démagogie et de l'infantilisme, de l'entertainment pour tous où le droit au divertissement serait la seule et unique valeur fondamentale surnageant dans une bouillie de sous-culture médiatique virtuelle et où les grands trust industriels néo-féodaux se perpétueraient pendant des siècles, chacun sa cible marketing.

On y tend d'une certaine façon, d'ailleurs.
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Message par stalker le Sam 25 Sep - 1:43

Je n'entends pas non plus "ça" comme un apocalypse. Et la vision de Chewie me paraît tout à fait fondée. Ses prémices, et plus que ça, sont vérifiables à tout instant. Il suffit d'ouvrir les yeux et les oreilles, dans les bonnes directions. Mais ce qui empêche beaucoup de gens de percevoir le monde sous cet angle là, il me semble que c'est une forme d'optimisme, ou de conviction profonde. Ou tout simplement une mauvaise volonté de ne rien voir, de ne rien vouloir entendre, de ne vouloir saisir aucun signe susceptible d'ébranler, ou juste d'inquiéter sérieusement leur petit mode de vie personnel. Ou de percevoir tout ceci sous un angle qui arrange chacun, mais qui ne change rien à ce qui se passe effectivement. Oui, je sais, c'est mal vu de se tourner vers les "gens" (la populace) pour les montrer du doigt, mais je pense que cette réaction dissimule précisément des points d'ombre qu'on n'aborde jamais. On les ignore et ils en demeurent d'autant plus suspects.

Hier, en fin de journée, à la radio, quelqu'un (désolé, j'ai pris en cours, juste cinq minutes d'un propos qui m'est apparut tout à fait pertinent) disait qu'il fallait peut-être cesser d'attendre que les solutions viennent d'en haut (de la classe dirigeante, du gouvernement en vigueur) et finir par décider à un moment donné de se prendre en main, individuellement (soi-même avec soi-même, et non en descendant par centaines de milliers dans la rue - par dizaines, prétendent les forces de l'ordre - par centaines, dit le peuple - par dizaines, on vous dit ! Allez, circulez...). Ce quelqu'un entrait dans le détail en disant que cette prise en main pouvait s'effectuer de multiples façons, allant de la façon de s'habiller, de bouger, de se comporter avec autrui (dans la nature des dialogues, des sujets abordés - ou précisément jamais abordés, et qui ne donnent donc lieu à aucun dialogue), à sa façon de se comporter avec l'Autre, à sa façon de se rendre à l'écoute (et non d'imaginer que l'Autre est un simple auditeur pour soi), à sa volonté de se dévisser de certaines convictions inculquées on ne sait plus par qui et on ne sait déjà plus quand ; à sa façon de vivre (qui touche ici à la question du savoir-vivre, du savoir-être, et cette question est extrêmement complexe, car on en revient au point de départ : c'est un sujet qu'on n'aborde pas, car chacun de ces "gens", qui forment un corps social considérable, sont convaincus qu'ils bougent "normalement", qu'ils s'adressent à l'Autre "normalement", qu'ils pensent "normalement", qu'ils s'expriment "normalement", qu'ils s'habillent "normalement", qu'ils se divertissent "comme il faut" - qu'il n'y a rien à redire sur leur propre compte - et s'il est mal vu de voir dans cet état de fait des signes alarmants, alors il y a un énorme problème.

Ce qu'il y a d'alarmant, entre autres signes, c'est que des milliers de gens, chaque jour, cliquent ici :

Le bonheur pour la vie 100 % gratuit, inscrivez-vous ici

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Message par stalker le Sam 25 Sep - 1:54

Et je vais tâcher de combler mes lacunes en SF.
Je vais commander le bouquin que tu indiques, Fred.
Gropl, indique-moi un Ballard (je n'ai lu que Le monde englouti et La région du désastre).
Je vais finir un Rivages/noir en cours et je m'y colle.
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Message par edmond Gropl le Sam 25 Sep - 10:57

fredgev a écrit:il y aura des forums qui tourneront en boucle, jusqu'à l'extinction finale de la matière.

Je crois tu es bien placé pour le prix Gropl 2010 de la phrase de l'année.
D'ailleurs Txoa, dans la catégorie Orale, est bien placé aussi pour "si vous êtes schizophrènes, tapez 1"


Dernière édition par edmond Gropl le Sam 25 Sep - 11:13, édité 1 fois
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Message par edmond Gropl le Sam 25 Sep - 11:09

pour Ballard, (mais je n'ai du lire que 15% de son oeuvre) Ses nouvelles, il y a plusieurs recueil, et je le trouve meilleur dans les nouvelles. Deux textes m'ont particulièrement frappés: un texte qui expliquait pourquoi il avait ecrit "Crash", un texte lumineux qui doit figurer en preface dans une edition poche, mais pas dans toute. Un autre était un nouvel horoscope. Les signes étaient remplacés par des objets de consommation. Je ne sais plus dans quel recueil il figure. Il va falloir que tu viennes. Tu te muniras d'une lampe frontale, de quelques vivres et tu iras fouiller dans mes cartons de livres.
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Message par Ernest Kurtz le Sam 25 Sep - 11:25

Si je puis me permettre, en espérant l'assentiment de gropl, je ferais plus que recommander trois parmi les derniers bouquins de Ballard: Millenium people, Super-Cannes et Que notre règne arrive et sa plus ancienne trilogie Crash - IGH - L'ile de Béton. Plus quelques recueils de nouvelles (genre Mythes d'un futur proche). Je trouve aussi que la lecture de deux John Brunner (Tous à Zanzibar et Le troupeau aveugle) cadrent bien également.
Les archi-connus 1984 de Orwell et Le meilleur des mondes de Huxley me semblent par ailleurs des bases indispensables qui, compte tenu de la notoriété "historique" de leurs auteurs, devraient entrer dans les programmes scolaires.

Quant à la vision de Chewie (qui m'évoque un peu un autre bouquin de SF assez visionnaire en son temps: Planète à gogos, de Pohl et Kornbluth), désolé mais je n'y crois guère (pas plus qu'à une vision apocalyptique, cela dit); ce qu'il décrit, basé sur une vision parcellaire et extrapolée du présent, sous-entend que l'histoire ne serait qu'une continuité linéaire dont, en simplement connaissant tous les paramètres actuels, on pourrait prédire la suite. Moi, j'ai plutôt une vision de l'histoire comme un enchainement de continuités et de ruptures, la rendant imprévisible (d'ailleurs, aucun auteur de SF ne prédit l'avenir globalement, il met simplement en garde contre certaines conséquences possibles de certains éléments du présent). Alors oui, les éléments que décrits Chewie existent bien, mais à eux seuls ils ne suffisent pas à dessiner le futur.

Enfin, stalker, ok plutôt pour tout ce que tu dis sur la prise en main individuelle (sauf que l'individu, sa réussite personnelle, son "épanouissement" personnel est typiquement la valeur mise en avant par le système libéral), mais tout ton discours paraît dénigrer donc toute possibilité d'action collective, toute valeur à une action collective. Désolé, ma "croyance" est plus dans la double articulation en même temps de l'individu et du groupe: on est à la fois unique et comme les autres (on a tous les quatre mêmes bases thymine adénine cytosine guanine pour notre patrimoine génétique mais leur combinaison est unique en chacun de nous; j'ai plein d'autres exemples comme ça). Pas d'individus sans groupes (l'homme est un animal social), pas de groupes sans individus.

Par ailleurs, ce qui me rassure, entre autres signes, c'est que des milliers de gens, chaque jour, NE CLIQUENT PAS ICI : Le bonheur pour la vie 100 % gratuit, inscrivez-vous ici


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Message par edmond Gropl le Sam 25 Sep - 11:38

Ils ne cliquent pas car pour l'instant, ils ont encore le choix.

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Message par Chewie le Sam 25 Sep - 13:35

Quant à la vision de Chewie (...), désolé mais je n'y crois guère

Il n'y a pas à être désolé, d'autant plus que ce n'est qu'un futur possible de scénario de "fin de l'Histoire", parmi d'autres.

En ce qui me concerne, je n'ai aucune certitude sur l'avenir envisagé sous l'angle collectif. Je le conçois plutôt néo-féodaliste car je ne crois pas au Progrès ni au progressisme continu, pour moi l'Histoire fait des bonds en avant, puis des retours en arrière, le tout agité de soubresauts plus ou moins violents.

Depuis deux siècles, nous nous sommes projetés vers l'avant, sous terre, sous mer et dans les cieux et l'espace, dans l'infiniment petit et l'infiniment grand, mais il est évident que nous sommes désormais dans une phase de récession de civilisation dont la récession économique n'est qu'un symptôme. L'analogie avec la Rome Antique que certains déclinologues avancent déjà depuis quelques décennies ne me semble pas totalement idiote.

D'ailleurs, la "fin de l'Histoire" est une vision très raciste finalement. Nous constatons le déclin inévitable de notre civilisation et comme nous sommes persuadés que les autres civilisations ne pourront faire mieux, nous en tirons des conclusions ethno-centrés sur la fin de beaucoup de choses, pour ne pas dire de toute chose...

Je pense que "nous" allons connaître de nombreuses décennies d'instabilité, de baisse du niveau de vie, de regroupements féodaux. Pourquoi néo-féodal ? Parce que c'est un système social simple, basé sur des rapports de forces simples et qu'il s'instaure de lui-même dès qu'un pays sombre dans l'anarchie ou la misère, il suffit de voir l'apparition des milices, de leurs fiefs et de leurs seigneurs de guerre dès qu'une Nation sombre dans la guerre civile comme en Somalie ou au Nigéria, c'est aussi la véritable organisation des pays très corrompus, les cartels de la drogue de la Colombie à Afghanistan n'étant rien d'autre que des baronnies du stupéfiant et de la guerre. Mêmes les structures industrielles super-étatiques peinent à masquer leur dimension néo-féodale : des seigneurs du marketing règnent sur des fiefs commerciaux et font travailler des masses de serfs corvéables et délocalisables à merci pour une condition qui ne vaut guère souvent mieux que l'esclavage d'antan.

La véritable nouvelle de ce début de vingt-et-unième siècle, c'est que la démocratie représentative est morte et on agite certains ersatz à Bruxelles ou à New-York mais tout cela n'est déjà plus qu'une mascarade.

Après, il sera temps pour une nouvelle civilisation de prendre son essor et de dominer le monde.
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Message par stalker le Sam 25 Sep - 15:07

Ernest Kurtz a écrit:Enfin, stalker, ok plutôt pour tout ce que tu dis sur la prise en main individuelle (sauf que l'individu, sa réussite personnelle, son "épanouissement" personnel est typiquement la valeur mise en avant par le système libéral), mais tout ton discours paraît dénigrer donc toute possibilité d'action collective, toute valeur à une action collective. Désolé, ma "croyance" est plus dans la double articulation en même temps de l'individu et du groupe: on est à la fois unique et comme les autres (on a tous les quatre mêmes bases thymine adénine cytosine guanine pour notre patrimoine génétique mais leur combinaison est unique en chacun de nous; j'ai plein d'autres exemples comme ça). Pas d'individus sans groupes (l'homme est un animal social), pas de groupes sans individus.
Je suis évidemment d'accord, mais je considère le problème à la racine : si les individus qui forment ce groupe sont incapables des choses que je cite dans mon précédent message (relatives notamment au savoir-vivre, à la notion d'écoute et aux comportements, entre autres), alors ce groupe est bancal à la base, un peu comme un bâtiment dont le terrassement aurait été bâclé ou constitué de matériaux inadaptés, peu durables.

Et tout ce que tu dis ci-dessus est une habile façon de ne pas prendre en considération les "petits détails" que je cite.

Ernest Kurtz a écrit:Par ailleurs, ce qui me rassure, entre autres signes, c'est que des milliers de gens, chaque jour, NE CLIQUENT PAS ICI : Le bonheur pour la vie 100 % gratuit, inscrivez-vous ici
Heureusement, oui.
Mais ce n'est qu'un petit exemple de clic possible. Ce n'est qu'une métaphore. Nous passons notre vie à cliquer de cette façon sur d'autres options non moins problématiques en ce qui concerne notre santé mentale et celle d'une société. Juste une image.
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Message par limbes le Sam 25 Sep - 22:05

stalker a écrit:Limbes, je pense que l'individu peut mourir étouffé dans des images de bonheur (pas dans son bonheur)

Ah? Je pensais que c'était pareil...


Je me dis en vous lisant qu'il faudrait peut-être distinguer la prise en main individuelle, de l’injonction à s’épanouir, qui colle effectivement parfaitement avec un univers marchand et consumériste (et qui donne alors non pas des singularités, mais des clones). Car c’est à mon avis dans la réflexion qu’on peut avoir en propre sur sa fonction de Sujet (comment devenir ou tendre vers l’autonomie de son être), que pourra peut-être se réinventer du collectif, c’est-à-dire non pas des associations ponctuelles de consommateurs (au sens très large) insatisfaits, mais dans un investissement de Sujet à Sujet, qui reviendrait à se considérer comme acteurs et producteurs du monde en cours.
Je vois un lien ou une articulation possible entre l’individu et la société, si le premier ne considère pas la deuxième comme simplement extérieure à lui, oppressive et aveugle comme une machine ou un élément naturel, s’il considère que par ses micro-comportements il peut déjà l’impacter (puisqu’il en fait partie, de toutes façons, même retiré dans n’importe quelle brousse). Il faut à mon sens repenser ensemble la question de l’individu et celle du groupe, pas seulement parce qu’elle est naturellement liée, mais parce que contrairement à l’animal et même si c’est terrifiant, peut-être, l’homme a la capacité d’inventer des choses. Et j’aimerais bien penser qu’il est possible de penser de nouvelles utopies.
Peut-être que l’individu, au sens contemporain du terme, n’en est qu’à la phase du bébé dépendant (avant, on ne se rendait pas compte qu’il était un bébé puisque tout était encadré de la naissance à la mort, qu’il avait peu le choix, finalement).

Mais l’expression fin de l’histoire me gêne, car non seulement elle présuppose un terme, mais encore un sens, qu’on peut vite extrapoler comme indépendant des hommes (les choses se feraient, presque à son insu, sans qu’il n’y soit pour rien).

Au plan purement personnel, je trouve que c’est complexe, car presque à chaque instant, il faut considérer pour soi-même ce qui est important. Et ce qui est important est sans cesse éprouvé, possiblement remis en cause.

Et, pour rebondir sur la question des sous-comportements (ceux qui ne sont pas macro-visibles), il me semble qu’il y en a un qui est crucial, dans ce que tu évoques, Stalker, c’est celui de l’écoute de l’autre (l’écoute réelle, pas la fausse disposition du corps qui fait croire, pas l’écoute dans l’espoir d’en placer une parce que ce qu’on a à dire est plus important, pas l’écoute pour la forme ou pour la procédure et après on fera bien ce qu’on veut de toi – si tu es un « faible », au sens large, handicapé vieux fou jeune etc). Si on se pense et on se cherche en tant que Sujet, ça implique nécessairement l’idée de penser l’autre comme tel : donc pas comme un décor, pas comme une gêne, pas comme un outil de valorisation narcissique, pas comme un monstre, pas comme un baume sur ses propres névroses, pas comme un esclave, pas comme une arme de destruction de notre être fragile, pas comme une pâte à convertir ou organiser à notre façon. A mon sens c’est un indicateur de pas mal de choses et un horizon, ça, simplement ça, l’écoute (sans être payé pour).

(Hier mon fils aîné 10 ans a rêvé qu’on vivait dans un monde où si on est éloigné plus de 30 min d’un écran, on meurt ; les livres papiers sont sacrilège ; à l’école on apprend à passer les niveaux dans les jeux vidéos ; écrire avec un stylo est formellement interdit.
Je raconte ça pour détendre l'atmosphère, hum hum...)

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Message par stalker le Dim 26 Sep - 0:21

limbes a écrit:
stalker a écrit:Limbes, je pense que l'individu peut mourir étouffé dans des images de bonheur (pas dans son bonheur)

Ah? Je pensais que c'était pareil...
Non, c'est complètement différent. Les images du bonheur viennent de l'extérieur et poussent l'individu à y tendre, mais elles sont pour la plupart irréalisables, ou impraticables une fois qu'on possède ce qui, soi disant, aurait dû procurer le bonheur.
Son bonheur, c'est ce qu'il est probablement en mesure de réaliser (en fonction de la mesure de ce bonheur), mais qu'il ignore, car aveuglé par les images extérieures du bonheur.


limbes a écrit:Je me dis en vous lisant qu'il faudrait peut-être distinguer la prise en main individuelle, de l’injonction à s’épanouir, qui colle effectivement parfaitement avec un univers marchand et consumériste (et qui donne alors non pas des singularités, mais des clones).

Très juste. C'est important de préciser cette nuance.

limbes a écrit:(Hier mon fils aîné 10 ans a rêvé qu’on vivait dans un monde où si on est éloigné plus de 30 min d’un écran, on meurt ; les livres papiers sont sacrilège ; à l’école on apprend à passer les niveaux dans les jeux vidéos ; écrire avec un stylo est formellement interdit.
Je raconte ça pour détendre l'atmosphère, hum hum...)
Des rayons de bouquins entiers attendent patiemment que ton fiston les ouvrent. Il devrait se régaler.
Et ce rêve est la trame potentielle d'un récit pertinent, à mon avis.
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Message par limbes le Dim 26 Sep - 0:52

stalker a écrit:
Non, c'est complètement différent. Les images du bonheur viennent de l'extérieur et poussent l'individu à y tendre, mais elles sont pour la plupart irréalisables, ou impraticables une fois qu'on possède ce qui, soi disant, aurait dû procurer le bonheur.
Son bonheur, c'est ce qu'il est probablement en mesure de réaliser (en fonction de la mesure de ce bonheur), mais qu'il ignore, car aveuglé par les images extérieures du bonheur.

C’était une petite blague à deux balles, le truc sur le bonheur (mais je n’ai jamais su faire des blagues… soit personne ne les comprend, soit c’est pas drôle, enfin ça peut aller ensemble)

Mais plus sérieusement, je n’y crois pas, au bonheur, disons en ce qu’il implique d’état constant et permanent, qu’il serait possible et même souhaitable d’atteindre ; je crois plutôt à ce que tu dis, peut-être une recherche d’accord plus ou moins grand entre des désirs profonds et des actes (ce qui implique aussi, constamment, des doutes voire des souffrances ou des renoncements) , et à ce qui serait des fulgurances d’émotions pures, parfaitement éphémères, des instantanés qui relient d’une façon charnelle à la vie. Je crois qu’il est parfaitement vain de le chercher, le bonheur, en fait. En tout cas, ça m’intéresse pas (mais c’est peut-être juste une façon de déguiser théoriquement mon inaptitude à ce machin-là). Au fond, je crois que c’est ce qui rend l’homme encore plus malheureux, de penser qu’il pourrait être constamment heureux, si (et si, et si, et si, sans fin). Mais c’est bien là-dessus que peut prospérer sans limite l’univers marchand.

Je me demande si on cliquerait, si c’était écrit :
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Re: On the web

Message par stalker le Dim 26 Sep - 2:38

limbes a écrit:
C’était une petite blague à deux balles, le truc sur le bonheur
Je me disais aussi...

Pour résonner avec ton message, je pense aussi que le bonheur peut d'abord consister en des petits instants. Juste ça.
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