Coburn Andrew - Des voix dans les ténèbres (1994 - Rivages 2006)

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Coburn Andrew - Des voix dans les ténèbres (1994 - Rivages 2006)

Message par edmond Gropl le Mer 8 Sep - 10:43

dans le quartier résidentiel des Heights à Bensington, Massachusetts, les gens ont de belles situations et de belles maisons. La plupart des femmes ne travaillent pas, alors elles ont le temps de s’ennuyer, de ressasser, de haïr, même. Et puis un jour, un drame éclate. Le corps de Glen Bodine, brillant étudiant introverti à la santé fragile, est retrouvé sous une rame du métro de Boston, la ville voisine. Il est mort le jour de son anniversaire ; il avait rendez-vous avec son père qui n’est jamais venu. Suicide ? Accident ? Personne ne veut envisager d’autre possibilité.

Pourtant, le chef de la police locale, James Morgan, commence à se poser des questions quand il arrête un étrange clochard qui prétend être un tueur à gages d’enfants…

On retrouve James Morgan, le protagoniste de Sans Retour. Policier atypique, séducteur de femmes, c’est à travers son regard que se dessine le portrait plein de finesse de cette petite ville américaine, avec ses drames, son mal de vivre et ses passions exacerbées.




C'est le second livre d'Andrew Coburn que je lis et à nouveau je suis enchanté.

Tout d'abord, je trouve le titre superbe "des voix dans les ténèbres" (voices in the dark).

Dans le premier chapitre, un adolescent se jette (est poussé?) sous le metro.
Ensuite sur 300 pages, on se croirait dans une série télé américaine canal +, une série du genre comédie dramatique familiale a narration chorale, un de ces comédies narrant les turpitudes de la vie domestique américaine, ironique et maline, pleine d'astuces scénaristiques, de robes flashy, de femmes blasées et d'hommes désorientés, de petits et gros mensonges, de trahisons, d'épreuves, de piscines, de golf, de belles auto toujours propre, tout cela agrémenté d'allégories morales, de figures du malheur, d'évocation du mal, de débilités édifiantes, mais jamais n'y trouve-t-on ce qui moi m'interesse, quelque chose comme une idée de la dévastation totale de la personne, sans redemption possible.

C'est là que je trouve ce livre tres fort. Sous ce décor formaté, le mal est là, vraiment là (pas comme dans ces séries débiles) et évidemment, comme il s'agit d'un livre de qualité supérieure, le mal n'est pas la où l'attend.

Le mal prend la figure d'un des personnages les plus déroutant de la galaxie polardeuse, le nommé Dudley, un marginal:
"- Dans cette ville, les excentriques, on les préfère inoffensifs.
- Je vais là où il y a un besoin.
- Ce qui signifie?
- Je suis un professionnel, dit Dudley, dont on ne voyait que la moitié du visage. Un tueur à gages.
- Vous n'avez pas le profil mafieux?
- Je ne fais que les enfants. A des tarifs raisonnables."


Le bien prend la figure de Morgan, un sheriff plus proche de Louis la Brocante que de Jack Bauer.

Pour les autres et nombreux personnages, on ne sait pas trop, simplement ils vont tous basculer.

J'ajoute que la construction est extrêmement intelligente et totalement inédite.
J'en profite pour signaler aux frères Coen (qui lisent régulièrement ce forum, du moins l'un des deux) qu'ils devraient travailler sur ce livre, c'est pour eux, ça devrait les exciter, bon, y'a pas à toucher au scénario mais il y a un sacré défi cinématographique. (et puis il y a un personnage taillé pour John Goodman)



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