à gauche de l'écran de Noël Boudou

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Message par NoëlB le Dim 15 Aoû - 13:08

La première nouvelle que je propose sur ce forum, content d'avoir trouvé des gens qui partage ma passion (merci Manuel) et impatient de lire vos avis.

A gauche de l'écran

Je suis né heureux. Le jour de ma naissance, lorsque l'air a emplit mes poumons pour la première fois provoquant un hurlement de douleur, les médecins se sont demandé pendant quelques secondes si je n'avais pas éclaté de rire. J'ai grandi dans la plus grande insouciance, celle que donne le bonheur. L'amour d'un père, l'amour d'une mère. Cet amour qui vous donne tout. Et même plus.
Je suis né riche, tellement riche. Peut être trop riche. Riche d'amour, riche d'argent. L'argent ne fait pas le bonheur, c'est ce que disent ceux qui en ont. Je suis né en ayant tout, tout ce qui pouvaient faire mon bonheur. Pour moi le malheur n'était qu'un jeu de mots, un exercice de style. Enlevez bon, remplacez le par mal et vous obtiendrez un mot nouveau. Vide de sens, sans signification aucune. Histoire de boucher un trou dans le dictionnaire. Pour moi le malheur n'était qu'un truc qui fini toujours par s'arranger, le début d'un film qui finira bien. Un truc qui nous fait sourire et même parfois rire parce qu'on sait, au fond, que ça ne va pas durer.

Le malheur.
Je l'ai vu pour la première fois à l'âge de treize ans, à treize heures. Le journal télévisé. Des enfants, le ventre gonflé par un vide bien trop grand, les membres plus fins qu'une baguette de pain. Ecrasés par les bombes de ceux qui tiennent les manettes. Ceux qui décident comment on doit vivre et quand on doit mourir. Des enfants, des innocents. Un sourire s'est installé au bord de mes lèvres, mal à l'aise. Ça ne va pas durer, ça ne peut pas durer ! Et pourtant… La semaine suivante ils étaient encore là et la semaine suivante et la suivante… Toujours plus maigre. A chaque fois mon sourire mettait plus de temps à s'installer, je le forçais un peu en me demandant qui avait bien pu écrire cette histoire, ce scénario bien trop long. Désirant au fond de moi, tout au fond, étrangler ce monstre.

A gauche de l'écran il y avait un petit enfant, trop petit. Trop petit pour l'âge que l'on pouvait lire dans ses yeux. Gros plan. Il pleure, les larmes effaçant la poussière sur ses joues creusées. J'ai d'abord pensé à une maladie, contagieuse, car moi aussi je sentais les larmes me monter aux yeux, brouiller ma vue, transformant ces images atroces en une sorte de mirage.
Mon père est entré dans la pièce. Immense et beau, comme un père. D'un doigt il a effacé la misère de l'écran. Tel un dieu moderne. Il m'a pris dans ses bras, a essuyé mes yeux et m'a bercé, comme un bébé. Trop grand.
Il m'a emmené à la fête, pour que je voie des sourires et entende des rires. Des sourires et des rires d'enfants. Pour me faire croire que tout ce que je venais de voir n'étais pas vrai, juste un mauvais film. Un mauvais scénario. Histoire de diluer ma peine avec du bonheur. Il m'en ensuite emmené faire les boutiques et il m'a offert de la joie, dans du papier doré. Il a dégainé son arme, la plus puissante au monde, qui nous tient par les couilles. Une Master gold. Un sourire épanoui s'est installé sur le visage du vendeur, seulement sur celui du vendeur. Moi j'avais encore, dans un coin de la tête, des squelettes au ventre gonflés qui piétinaient, en hurlant.

Les années ont passé. Engloutis dans les sables mouvants de l'amour familial les squelettes ont disparus, les hurlements se sont tus. Plongés dans les méandres de mon subconscient. Les anniversaires se sont succédés. Mon premier compte bancaire, ma première carte, ma première voiture et puis un jour, elle. Mon premier amour.

Elle était la fille des meilleurs amis de mes parents. Et elle ressemblait beaucoup à la seule femme que j'avais jamais aimé jusqu'à ce jour, celle qui m'avait porté, élevé et tant aimé, ma mère. Nous sommes passés à table, ma mère avait mis les petits plats dans les grands, puis les parents sont partis nous laissant seuls, elle et moi. Pour qu'on s'aime.

Pendant j'ai vécu un bonheur total. Une vie sans tâche, isolée du reste du monde, dans un cocon doré. Un bon boulot trouvé par un ami de papa, un bel appartement situé dans un quartier chic trouvé par une amie de maman. Un bonheur total, irrémédiable. Peut être.
Nous avons décidé de nous marier, elle et moi, surtout elle. Elle a amené ça sur le tapis, passer devant le maire, officialiser notre bonheur. Devant témoins. Mon frère et sa sœur. Nous avons décidé d'annoncer la nouvelle à mes parents le jour de leur anniversaire de mariage, dans un mois. Encore une idée à elle.
Un mariage, blanc.

Chaque jour je voyais grandir dans ses yeux l'impatience et la joie. Chaque soir elle me baisait un peu plus fort, me chevauchant sans retenue, m'avalant sans limites. Utilisant son cul comme une alliance. Nous avons invité mon frère pour lui annoncer la bonne nouvelle. Demain. Il viendra avec sa petite amie.

Sa petite amie.

Je ne la décrirais pas, aucun mot ne mérite de parler d'elle. Aucun mot n'est capable de décrire sa beauté. Aucun mot ne peut dire à quel point je l'ai aimé, tout de suite. Tellement.
J'ai bien failli ne pas oser lui faire la bise par peur de la salir, de la souiller au contact de ma peau encore dégueulasse des baisers de l'autre, celle à propos de laquelle mon cœur m'avait menti. Le traître. Je ressens une envie terrible de l'arracher de ma poitrine, de le lacérer à coups de dents et de le balancer par la fenêtre pour que les passants le piétinent, le réduisent en bouillie.
A ce moment précis j'ai su, j'ai su que l'amour n'est pas le plus grand des bonheurs mais la pire des tortures lorsque celle que vous aimez n'est pas celle qui vous aime. Je me suis réfugié dans la salle de bain et j'ai pleuré. Des larmes de sang venues droit du cœur, blessé. J'ai conjugué le verbe souffrir à tous les temps et suis ressorti de la salle de bain. Blanche. Trop blanche.

A table, je suis assis en face d'elle. Mon esprit hurle, déchire mes tympans de l'intérieur pulvérisant tout sur son passage. Du sang coule de mon nez, de mes oreilles, de mes yeux. Goutte à goutte dans mon assiette. Personne ne semble le remarquer. Plic ploc, plic ploc. Je fini mon steak, saignant. Le dessert arrive, annoncer la (bonne) nouvelle. Mon estomac se noue, se tord jusqu'à se déchirer. Ils rient et applaudissent aussi fort que j'ai mal. Mal. Malheur.

Elle s'appelle Clara, ce n'est pas assez beau, aucun prénom n'est assez beau pour elle. Je veux mourir maintenant, partir avec l'image de se sourire qui me déchire comme une lame de rasoir. Mon amour pour elle est en moi, comme un cancer qui me bouffe. Un cancer du cœur, envahit par des métastases au sourire à faire pleurer les anges.

Ils sont partis. La douceur de sa joue contre la mienne. L'autre me baise sur le canapé encore plein du parfum de Clara. Ce n'est pas assez beau. L'autre croit que je pleure de jouissance ou de bonheur, elle lèche mes larmes, salées, sales. Demain matin elle partira pour trois jours chez sa mère. Seul.

Seul. Je fixe mon reflet dans le miroir, ce visage que les compliments de ma mère m'avaient appris à trouver séduisant me parait maintenant être immonde. Défiguré, ravagé par un coup de foudre. Le bonheur n'existe plus, il est trop petit, en arrière plan, à gauche de l'écran. Trop maigre. Et je pleure, toute l'eau de mon cœur qui fini par se déshydrater, ma peau devient sèche, ridée, mon sang n'est plus que croûtes et caillots et je tombe en poussière, sur le lit. A mon réveil tout m'agresse, les oiseaux m'insultent joyeusement par la fenêtre ouverte, le soleil me crache ses rayons au visage et des voix hurlent au fond de ma tête, les bébés squelettes refont surface et ils ont tous le même visage, le mien. Les hurlements continuent à intermittences régulières.
Le téléphone, pas Elle, l'autre. Je souris des mots hypocrites, des mots d'amour corrodés, des tendresses bouffées par la moisissure d'un autre amour. Parasite.
Je ne lui en veux pas, elle n'y est pour rien, je suis le seul responsable. Je me hais. J'exècre ce moi dont elle veut faire un nous. Je suis l'ion négatif, attiré, aspiré par l'ion positif. Elle.

A nouveau devant la glace, cette fois-ci pour essayer de me raser. Mes mains tremblent, une goutte de sang vient rougir la mousse, intimidée par ma gueule de déterré. Je pose le rasoir et me passe de l'eau sur le visage, ma main se pose sur mon cou. Prends-moi. Commence à serrer. Plus fort. Mon cœur bat de plus en plus vite. Plus vite. La douleur devient insupportable. Fais-moi mal. Je perd connaissance et m'écroule.

Le malheur n'existe plus. Je dois être mort, je ne ressens plus rien. Un ange me caresse la joue et j'ouvre les yeux. Une feuille de papier toilette m'effleure le visage, je ne savais pas que le trône de dieu ressemblait à ça. Je me relève, vomis et tire la chasse. Le paradis pue bien trop à mon goût, je vais tenter de survivre encore quelques temps, juste un peu.
Jambes de coton, tête dans le brouillard. Pendant ma perte de connaissance, un fumier a transporté mon appartement sur un bateau, mal de mer. Le canapé reste à peu prés stable. A la télé on dit que Jean Giraudoux n'était qu'un putain d'antisémite alors qu'au collège on m'avait appris à aimer son œuvre. Trahison, Ondine, maman. Téléphone. Ma mère m'invite à dîner. Après le dernier patient de mon père, psychiatre de renom. A dix neuf heure trente, six heures pour me déterrer, il va falloir gratter.

_ Ça va mon chéri ?
_ Ça va maman, j’ai juste tenté de m’étrangler vers onze heures ce matin mais à part ça je vais bien.
_ Tu as vraiment le même humour que ton père mon grand.

Voilà, le même humour que mon père.

Le simple fait de voir mes parents m’aide à me sentir mieux. Clara et ses chics squelettes cessent leur ronde macabre dans ma tête, cessent de piétiner mon cerveau. Ma migraine se calme petit à petit et la vie me parait plus belle sans cette douleur sourde derrière les yeux mais je ressens toujours cet amour, bourreau des cœurs, de mon cœur. Blessé.

Les jours passent, le temps passe, je le sens dans mon dos comme un vent froid et humide. Alors que j’avance dans un décor apocalyptique, l’odeur glacée des cadavres invisibles envahit mes narines. Les cadavres dans le placard, le malheur. Il existe bel et bien, je l’ai vu de mes yeux, dans mes yeux. Dans le miroir.

Une seconde, un regard, ont suffit à tout faire basculer, à ce que tout s’effondre. Je n’ai jamais cru au coup de foudre, pas plus qu’en quoi que ce soit d’autre. J’ai besoin de connaître pour aimer, je connais ma mère, mon père ou mon frère mais je ne connais pas Clara. Et je l’aime.
Comment cela a-t-il pu se produire ? Elle a séduit mon cœur, mon cerveau et même mon estomac qui pendant plusieurs jours a refusé toute nourriture. Mes yeux ne restent ouverts que dans l’espoir de la voir apparaître au coin d’une rue, derrière une porte. Ils se révulsent pour voir l’image que je garde d’elle au fond de moi. Je perds parfois le contrôle de mes jambes qui la cherchent, me propulsant contre les murs. Des bleus tapissent ma peau comme si mon sang voulait s’échapper de mon corps et couler vers elle, la rejoindre. Je ne mange plus, ne dors plus et l’autre ne voit rien. Engloutie dans sa frénésie de bonheur à venir, dans son impatience. Chaque soir elle me berce, m’embrasse, me sourit, me baise, me serre, m’étouffe. Me tue.

Au cours de ma chute vers le néant j’ai vu une branche à laquelle j’ai réussi à me rattraper. Cette branche n’est autre que l’amour de mes parents, le bonheur que va leur procurer la nouvelle. Leur rendre la monnaie de leur pièce pour tout ce qu’ils m’ont donné, tout ce bonheur. Je vois d’ici leurs airs réjouis, leur sourire, les débordements de joie de maman et la joie retenue mais sincère de papa. Tout ça lorsque nous allons leur annoncer la nouvelle, dans une heure au moment du dessert. Bon appétit, pour la dernière fois.

A table. Tout les quatre. De l’élégance, des chandelles et du bon vin. Je plane au dessus de la table, réintégrant mon corps lorsqu’on m’adresse la parole. En partant je ne savais pas quel sourire prendre, j’ai mis celui du dimanche et des repas de famille, il va bien avec la nappe et les couverts en argent. Je plante mon regard sur le sourire de ma mère, ses lèvres pulpeuses de la couleur du rubis, épaisse comme une bouée de sauvetage qui me sauverait de la noyade.

On allait se marier. Pour le meilleur comme pour le pire. On commencera par le pire et à force d’oublier, à force de m’oublier, on en viendra au meilleur. Mes parents seront tellement heureux. Pas maintenant, au cours du dessert. Mon père, vénéré de tous parle du contrat qu’il a signé pour son prochain livre, ce livre qui va bouleverser le monde de la psychanalyse. Maman : Tu veux bien aller chercher mes lunettes sur mon bureau s’il te plait mon chéri ? Oui, maman, tout ce que tu voudras. Derrière mon dos, tout les trois sourient, impatiens, je ne les vois pas.

Les lunettes, elles sont posées sur un épais cahier noir sur lequel est écrit mon prénom, Ange en grosse lettre gothiques ; Je m’assied sur le siège de mon père et ouvre le cahier. Des dattes, des petits morceaux de textes, tout les événements importants de ma vie, ma mère à pris soins de les noter avec tout son cœur dans ce cahier, année après année. Mon baptême, mon premier vélo, mon entrée au collège. Toujours dates et photos, toujours des sourires et à chaque fois quelques signes que je ne comprenais pas. 11 Ans Première H. Pas de photos. Les larmes aux yeux, je regarde ces visages immobiles qui ont contribués au bonheur parfait de mon passé.
C’est donc ça qu’ils avaient mijoté tout les trois. Une première larme coule, je tourne la page, une photo de moi seul en larmes devant la télé. 13 Ans, ma première rencontre avec le malheur. Qui a pu prendre cette photo. Une photo sur laquelle mon père me console sur le canapé devant la télé éteinte : Dixième H. Une photo de moi seul dans ma chambre, me tripotant devant un porno, qui a pu ?

L’incompréhension forme un barrage dans ma gorge. Je commence à suffoquer. D’autres larmes coulent, des larmes acides, qui ravagent mon visage. Discrètement je passe dans mon ancienne chambre d’enfant, intacte. Je trouve enfin l’appareil photo haut de gamme derrière un miroir sans teint. J’ouvre à nouveau le cahier au comble du désespoir, vers les dernières pages, Ange rencontre Alice (l’autre), il tombe amoureux comme suggérer pendant H. Alice s’installe dans leur tout nouvel appartement.
Douzième et dernière Hypnose, Ange rencontre Clara ? Coup de foudre comme prévu pdt H.

Une photo de moi en gros plan au moment où je la vois pour la première fois. Une dans la salle de bain en pleurs. Plus loi. Moi, le visage bleu, ma main serrée autour du coup. Moi par terre, la tête contre les chiottes. Moi chez mes parents le soir où ils m’ont redonné vie.

Date d’aujourd’hui : Ils viennent nous annoncer la nouvelle de leur mariage, J’envoie Ange Chercher mes lunettes.

« Nous sommes impatients, viens vite nous rejoindre au salon mon enfant »

Debout dans l’encadrement de la porte je les regarde. Des milliers de litres de larmes coulent de mes yeux. Le goût de la bile imprègne ma gorge. Je titube vers eux, ils sourient. Mon père a sortis son carnet de travail, il me regarde, prend des notes, me regarde, prend des…

Alors que penses tu de la nouvelle étude de ton père ? Demande ma ravie est fière. Un enfant toujours à l’abri du malheur devient un homme heureux et comblé et il vit soudain une tragédie. On a du exacerber tes sentiments à l’aide de l’hypnose pour rendre tout ça un peu plus vendeur, tu es d’ailleurs très réceptif félicitation.
ALORS C’EST CA ? JE SUIS QU’UN PUTAIN DE COBAYE POUR VOUS ?
Et quel cobaye mon fils ! Nous t’avions sous la main, on ne voulait pas d’un autre enfant et papa à eu cette idée d’étude géniale juste avant que je ne me fasse avorter, tu l’as échappé belle, ça tu peux le dire. On a beaucoup aimé la scène de l’étranglement dans la salle de bain c’était très émouvant. Vraiment.

Tous m’avaient trahis. Elle est l’autre n’étaient que des comédiennes ratées en manque de succès, grassement payées par mes parents. Personne. Personne ne m’a jamais aimé. Pas une seule seconde.

Mon père continuait de prendre ses notes, l’Autre mangeait du gâteau en ricanant discrètement, contrairement à ma mère qui elle riait ouvertement. Je me suis approché d’elle puis j’ai encerclé ces épaules de mon bras droit pour de la gauche lever le cahier noir le plus haut possible et le rabattre de toutes mes forces sur son beau visage. Regards stupéfaits puis éclats de rires en trio par la symphonie des monstres. J’ai frappé, encore et encore, jusqu’à ce que son corps ne s’affale sur le sol. Je me suis accroupi à ses cotés et j’ai continué à frapper, glissant dans le sang qui coulait, aveuglé par le sang qui giclait. En rythme avec le rire de mon père qui continuait de prendre ses notes. Ce livre va faire un succès considérable ! Enoorme ! L’autre mangeait son dessert sur lequel avait giclé un peu du sang de ma mère. Je me suis approché d’elle attrapant au passage un couteau sur la table. Elle m’a regardé dans les yeux prononçant des mots que je n’entendais plus et elle a commencé à se caresser les seins et l’entre jambes. J’ai visé le cœur tranchant un de ses doigts du même coup, l’annulaire de la main gauche.

Mon père ne pouvait plus écrire tellement il riait. Le visage, la chemise, les mains maculés du sang de celle qui m’avait donné la vie, je me suis approché de lui. J’ai vomi. Sur sa tête, ses beaux cheveux bruns et bouclés. Faisant redoubler ses éclats de rire. Déments. J’ai pris son plus beau stylo, Il n’y aura pas de livre papa, jamais il n’y aura jamais de livre. Ton scénario est bien trop long. Monstre !

Il m’a fallut un peu de temps pour les installer les uns à cotés des autres et régler la minuterie de l’appareil photo, je ne voulais pas louper notre dernier portrait de famille. Tout devait être parfait. Ils étaient parfaits. Tout ce rouge donnait beaucoup de vie à leur corps inerte. J’ai lancé l’appareil et me suis précipité derrière le canapé. Me tenant bien droit, j’ai eu le temps juste avant que le flash ne nous éclaire, de ma trancher la gorge.

Dubitatif, le flic fixe l’écran de son pc alors qu’apparaît la photo que le labo vient de lui transmettre. Il ne voit que ça en arrière plan, à gauche de l’écran, le malheur, la gorge tranchée et le sourire aux lèvres.

NoëlB

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Message par limbes le Mar 17 Aoû - 15:46

Ton texte m'a intéressée, même si je le trouve peu crédible. Il m'a fait penser à quelqu'un que j'ai entendu une fois (ou j'ai peut-être rêvé), qui disait avoir tenu un journal intime, pour le compte de son enfant, dès sa naissance (lui qui parlait pour le compte de son enfant, il disait "je" comme si lui-même était l'enfant). Je me rappelle m'être demandée l'incidence d'un tel récit, d'une telle fiction sur la construction d'un individu à qui on aurait fait lire sa vie, aux prismes de son parent se faisant passer pour lui. Mais ce n'est pas tout à fait ton sujet.


Dernière édition par limbes le Mer 18 Aoû - 20:53, édité 1 fois

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Message par NoëlB le Mer 18 Aoû - 17:10

Merci Limbes, je suis bien conscient que tout ça n'est pas très crédible et c'est un peu le cas de tout mes textes je pense mais la crédibilité n'est pas ce que je recherche. Je suis surement encore trop imprégné par ma passion pour James Herbert, Peter Straub ou encore Monsieur Graham Masteton. Je ne me compare pas à eux loin de là mais je les préfère à des écrivains très crédibles et techniques (ennuyeux?) alors forcément...

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Message par Manuel le Mer 18 Aoû - 17:25

Le fait qu'une histoire ne soit pas vraisemblable n'est pas grave, à partir du moment où on l'assume et on conçoit le texte en conséquence. Celle-ci, bonne, aurait été encore meilleure si tu avais carrément joué la carte de l'étrange et du fantastique. Je pense aussi que les 30 premières lignes auraient pu être coupées. Mais tu as trouvé un style qui retient l'attention.

D'accord avec toi : il y a des histoires crédibles et pleines de détails qui deviennent embêtantes.

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Re: à gauche de l'écran de Noël Boudou

Message par limbes le Mer 18 Aoû - 19:35

C’est vrai que crédibilité n’était pas le bon mot (enfin, ce n’est pas ce que je pense, je n’ai pas besoin qu’une histoire soit objectivement réaliste, j’ai juste besoin d’y croire, et je peux parfaitement croire à des choses fantastiques). Je n’arrive pas vraiment à voir ce qui m’a gênée, du coup, c’est bizarre.

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Le but

Message par NoëlB le Mer 18 Aoû - 21:57

Le but de ce texte est tout bête après avoir écris Noir je voulais écrire un texte qui commence bien et qui finisse mal, j'ai donc démarré sur la phrase Je suis né heureux et le reste est venu tout seul comme à chaque fois que j'écris, j'ai une phrase de départ, aucun plan, je découvre l'histoire au fur et à mesure. C'est une méthode difficile pour rester toujours cohérent (pas crédible :)) mais c'est celle qui me convient pour le moment... Merci encore pour l'attention portée.

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Message par stalker le Mer 18 Aoû - 23:55

Manuel a écrit:(...) il y a des histoires crédibles et pleines de détails qui deviennent embêtantes.
Toi, tu as lu Chattam.

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Message par Ernest Kurtz le Jeu 19 Aoû - 9:10

Moi, j'ai bien "acheté" cette histoire. J'ai bien aimé le style vif, rapide, sans fioritures. Bon, c'est totalement paranoïaque, mais why not ? J'ai totalement adhéré (hormis le coup de la Master Gold qui tient par les couilles, je trouve que cette réflexion ne colle pas avec le personnage), la "révélation" me va (j'ai beaucoup aimé le cynisme de la réflexion de la mère sur l'avortement). J'ai donc été bien pris par l'histoire... jusqu'au massacre final (A partir de "Mon père continuait de prendre ses notes, l’Autre mangeait...") A partir de là, je ne marche plus. Cette fin est trop "irréaliste", même en regard de ce qui a précédé (et puis, réaliser une telle expérience pour écrire un bouquin.... hum...). La fin est trop grand guignol à mon goût. Un truc plus pervers (je ne sais pas quoi), m'aurait plû davantage.

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