L'oeil était dans la tombe - Christian De Metter

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L'oeil était dans la tombe - Christian De Metter

Message par stalker le Mer 25 Juin - 2:00

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Chaque album semble exiger son grain. Peut-être que l’auteur, au préalable, prend soin de rédiger son idée sur un bout de papier, puis l’écoute ensuite, très attentivement, l’oreille collée au papier. Serait-ce l’idée qui dirait le grain ?

De Vers le démon (2006) à L’œil était dans la tombe (2008), on peut s’imaginer qu’il n’y a que deux années d’intervalle, n’est-ce pas. De Emma au Curé, ou du Curé à Swinging London, d’autres années encore ; puis de Emma à Dusk, en passant par Le sang des Valentines, idem : juste du temps écoulé qui, peut-être, aurait permis à l’auteur d’évoluer, voire de s’améliorer.

Mais l’auteur semble bien demeurer l’oreille collée à ses bouts de papier, car les allures d’ébauches sauvages de tel album, si on les oppose aux airs impressionnistes de tel autre, sauront fausser la chronologie et toutes les suppositions à ce sujet.

Je pense que Christian De Metter possède une sacrée collection de pinceaux. Ou, plutôt, qu’une foule de personnages potentiels ne cesse de hurler dans sa tête, en demande d’existence qu’ils sont. Accordez-nous un grain propre, supplient-ils. Ne nous parez pas de mines récurrentes ; ne nous mélangez pas, même s'il est vrai que nous appartenons tous à la même espèce et à la même époque.
Nous sommes tous singulier.

Des tronches, des époques, des cultures, des contextes se succèdent ainsi dans l’univers de l’auteur, et ne se ressemblent pas. Ils s’assemblent, en revanche, dans l’univers de l’auteur lui-même. Dans son cerveau et par l’intermédiaire du regard qu’il pose sur des territoires humains souvent éloignés, voire fondamentalement opposés. Et les continents, dans cette œuvre, ne s’affrontent pas moins que les individus et les techniques employées pour les restituer dans les cases.

Dans tous les cas, quelque chose ne tourne pas rond. Chaque intrigue pourrait prétendre que des personnages sont malades, bien sûr. Au premier abord. Chacune pourrait tout autant épargner les êtres et s’en remettre à la nature humaine, ou à l’époque dans laquelle celle-ci infuse.
La nature ? L’époque ? L’impact de l’une sur l’autre ? Inversement ?
Où en sommes-nous exactement ?

L’œil serait-il effectivement dans la tombe ?



Dans cet album, le personnage principal s’appelle Patrick. Un petit air non dissimulé du Patrick Bateman de Bret Easton Ellis ? Quelle étrange ressemblance…
Sur la rive opposée : un flic. Un petit air de Paul Meurisse ? Disons Meurisse dans Le deuxième souffle de Jean-Pierre Melville.

Les références et les clins d’œil abondent dans l’œuvre de Christian De Metter. Une véritable arche d’un album à l’autre, dont les occupants naviguent entre Paris et Londres, Londres et le Nouveau Mexique, le Nouveau Mexique et Salem.

Mais la sève essentielle, dans ce voyage, c’est de l’humain.
Tout ce qu’on pourrait reprocher à De Metter, c’est que ses histoires finissent toujours bien.
Ce qu’on lui accordera à ce sujet, c’est qu’il aura fallu de sacrés dégâts pour en finir.
Mais c’est peut-être la nature qui veut ça.

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