Une girafe en fumée

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Re: Une girafe en fumée

Message par edmond Gropl le Lun 17 Mai - 10:24

Cette nuit, selon le journal, suite aux festivités footbalistiques et aux emeutes collatérales, cet animal constitué de livres (dont deux series noires) a brulé, sacrifié sur l'autel de l'OM. C'est la première fois qu'un autodafé se produit.
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Re: Une girafe en fumée

Message par Ernest Kurtz le Lun 17 Mai - 12:39

Hum, parler d'autodafé, c'est accorder aux "bruleurs" une conscience historique que je ne suis pas sûr qu'ils aient. Mais c'est de toute façon bien dans l'air du temps sarkozien concernant l'attitude ambiante vis à vis de la culture (la culture contemporaine notamment).
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Re: Une girafe en fumée

Message par Manuel le Lun 17 Mai - 13:12

Je ne suis pas sûr que ceux qui ont brûlé ça se revendiquent de Sarkozy.
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Re: Une girafe en fumée

Message par Ernest Kurtz le Lun 17 Mai - 13:38

Manuel a écrit:Je ne suis pas sûr que ceux qui ont brûlé ça se revendiquent de Sarkozy.
Bien-sûr que non ! Mon propos était simplement de dire qu'il y a un "air du temps" pas du tout favorable à la culture; être riche, célèbre, jeune, beau, ça c'est à la mode; être cultivé, non ! Et le gouvernement Sarkozy (et lui-même) participe de cette ambiance (je ne voudrais faire un rappel un peu lourd, mais souvenons-nous quant même de "La princesse de Clèves"...); voir aussi l'état des aides aux associations culturelles. Quant aux valeurs propagées par la TV à 20h30... Je trouve que tout cela va dans le même sens et du coup, cela ne me surprend finalement pas qu'il y en ait pour se dire : "qu'est-ce qu'on en a à foutre de l'art, d'une statut de girafe faite en livres ?!?!"
Tu vois l'idée, cette fois ?
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Re: Une girafe en fumée

Message par txoa le Lun 17 Mai - 22:34

Peut être est ce brûler symboliquement ce dont ils se sentent exclus... En aucun cas un autodafé...
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Re: Une girafe en fumée

Message par edmond Gropl le Lun 17 Mai - 22:39

Ah bon, ça s'appelle comment?
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Re: Une girafe en fumée

Message par Chewie le Lun 17 Mai - 22:50

En langage journalistique moderne, ça s'appelle des "jeunes" qui, en "s'amusant", se laissent aller à quelques "débordements" bien compréhensibles, mais dont malheureusement, le "mobilier urbain" fait parfois les frais.

(L'oeuvre artistique reléguée au rang de simple meuble, c'est ça la modernité dont parlais le colonel).
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Re: Une girafe en fumée

Message par stalker le Mar 18 Mai - 1:35

Quel était le statut de cette sculpture initialement ? Appartenait-elle à la municipalité ? A une autre institution ?
Si l'autel était celui de l'OM, je ne vois effectivement pas très bien le rapport avec un autodafé, ni la différence avec une quelconque voiture garée là, ou une poubelle qui se serait de même prêtée à l'expression de pulsions vulgaires, dans le sens populaire, et point barre. Là-dessus, je rejoins en totalité ce que dit le Colonel Kurtz au sujet de la culture, ici et maintenant.

De toute façon, l'art dans la rue est un vaste leurre. L'art public, ça s'appelle. Si cette girafe s'inscrit dans ce cadre (dépôt du Fonds national d'art contemporain ou Commande publique du Ministère de la culture, ou commande municipale, ou simple inscription de cette création dans une programmation ponctuelle ?), c'est regrettable pour elle, dans tous les cas, mais c'est le risque couru.
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Re: Une girafe en fumée

Message par edmond Gropl le Mar 18 Mai - 10:24

Je crois que cette girafe avait été confectionnée par une association qui intervient autour de la lecture ("La faute à voltaire" pas une de ces associations lucratives sans but qui essaiment autour des permanences de tel ou tel député) et avait été posée la lors d'une manifestation culturelle à l'automne, il me semble. Ils ont du oublier de la ramener. Ca n'est pas du tout une oeuvre estampillée, elle n'est ni signée et n'a pas du couter tres cher, si ce n'est l'investissement des pauvres bougres qui l'ont fabriquée.

C'est sur qu'aux yeux de la mairie, elle a certainement moins d'importance qu'un container a 1500 euros et que pour le president de l'association des supporters, le grand J.P. Foucault et le president du club J.C. Dassier de TF1, ça ne doit pas être une grande perte. Quand à la mairie, ca doit un peu les emmerder puisque la ville a été élue capitale de la culture.

L'image de cette statue en flamme a fait la une de "la provence" avec en fond une bande de jeunes en maillot de l'om qui sautent de joie en narguant les CRS, jeunes issus de l'immigration. (jeunes que je fréquente dans mon travail et je ne dirais pas qu'ils ont aucune conscience politique ou historique, enfin a priori, ni plus ni moins que Didier deschamps ou Mathieu Valbuena) L'impact de cette photo est terrible et ce qui me gonfle au plus haut point, c'est que parmi tous les facteurs favorisant cet acte, un ne sera pas abordé, c'est le spectacle obscène et fascisant qu'est devenu le foot professionnel.
Les acteurs de l'OM devraient dire quelque chose a propos, pas forcement de cette girafe, mais de l'ensemble des dommages collateraux de cette funeste journée, mais ils ne diront rien (parce que tant que 200 000 pekins viennent se masturber devant tout les maffieux du staff, une vingtaine de joueurs millionnaires et Jean Claude Gaudin, même s'ils arborent des portraits de Che Guevara (dont la plupart des jeunes pensent que c'est un ancien joueur) ou reprennent des slogans de la CGT, tout roule) et c'est dommage parce que seuls les joueurs pourraient, par exemple en reconstruisant cette girafe, donner a cet acte un sens positif.
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Re: Une girafe en fumée

Message par Chewie le Mar 18 Mai - 12:15

edmond Gropl a écrit:c'est le spectacle obscène et fascisant qu'est devenu le foot professionnel.
Obscène, bien sûr.

Fascisant, certainement pas.

Pour être fascisant, il faudrait que le football professionnel prône la suprématie du groupe sur celle de l’individu, alors que c’est tout le contraire qui se passe : joueurs divas qui font des caprices, qui écoutent plus leurs sponsors que leurs entraîneurs, qui méprisent le public et leurs coéquipiers, qui se teignent les cheveux ou se tatouent pour se faire remarquer sur le terrain.

Pour être fascisant, il faudrait que le football professionnel prône la supériorité absolue de son club, de son équipe nationale. Or, les joueurs changent de club comme de chemise, au gré des différents mercatos et des bonus juteux qu’on leur propose. Même les équipes nationales n’ont plus aucun sens, on voit des brésiliens hâtivement naturalisés porter le maillot de la Suède (et ça n’a rien à voir avec une quelconque opposition immigré/de souche, on naturalise des joueurs qui n’ont jamais vécu dans leur « nouveau » pays). C’est pas le fascisme, c’est la foire aux bestiaux dans un monde où les grands clubs sont cotés en Bourse.

Pour être fascisant, il faudrait que le football professionnel prône des vertus guerrières, le suivi absolu des règles, le respect fondamental de l’arbitre. L’Ordre et la Discipline. Sur le terrain et dans les tribunes, avec des bataillons de supporter bien alignés qui chanteraient des chants guerriers sous leurs drapeaux. Au lieu de ça, on assiste au plus grand déballage de trucages, de coups fourrés, de comédies, de simulations qu’il soit possible sur le terrain tandis que dans les tribunes les pauvres gesticulent et suent dans les virages pendant que les stars du show-biz, des affaires et de la politique viennent se faire voir dans la tribune d’honneur ou les loges VIP. Les nazillons du virage sud détestent les bougnoules du virage nord et tout ce beau monde hait farouchement les notables de la tribune d’en face. C’est pas le fascisme - la grande orgie communautaire du groupe, de la « Nation » footballistique, de la « race » des supporters du FC Bidule - c’est juste la vitrine de l’ultralibéralisme vulgaire, obscène.

C’est l’ultra-libéralisme qui est un nihilisme, pas le fascisme. Le fascisme est un néo-paganisme de la race et de la guerre.

Que certains groupuscules de supporters relèvent du fascisme, oui, certainement, mais ce n’est pas ce que véhicule ce sport aujourd’hui en tant que valeur globale, il suffit de regarder la prochaine CDM qui s’approche (achetez des télés ! achetez des maillots ! achetez la Renault « Coupe du Monde » ! abonnez –vous au satellite pour suivre tous les matchs ! célébrez tous ensemble la grande fête du football sans frontières ! achetez le CD officiel de Shakira la libano-colombienne qui chante en anglais et en africain ! achetez, achetez, achetez, achetez, achetez…)
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Re: Une girafe en fumée

Message par txoa le Mar 18 Mai - 21:18

A l'heure où sans s'en apercevoir (bien aidé par la vaseline estampillée CCE), nous vivons une des période les plus noires de l'Histoire, la mise en coupe-réglée du monde par la finance, on nous dit, de regarder là, (ah, la force de l'image !), on nous présente des parallèles historiques douteux, voire carrément faussés, et on regarde là, de façon panurgique, gentiment indignés.
Pendant ce temps, j'entends parler de politiques sociales comme d'un luxe que nous ne pouvons plus nous payer, baisse de salaire, hausse de TVA, atteinte aux congés payés... Mais des livres brûlent (évidemment que c'est lamentable...), alors, haro sur ceux que le libéralisme triomphant laissent au bord du chemin.
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Re: Une girafe en fumée

Message par Ernest Kurtz le Mer 19 Mai - 11:11

Bien sûr, txoa, la tactique du détournement d'attention (d'ailleurs, cette coupe du monde de foot, quelle aubaine !), celle du bouc émissaire (la burqa conjugue d'ailleurs les deux, quel bol !!). Bon, je suis peut-être naïvement optimiste, mais je ne crois pas que les gens soient -tous- aussi crétins que cela et que lorsqu'ils y réfléchissent, j'imagine qu'ils prennent en compte leur quotidien et constatent alors chômage, gel des salaires, dégradation des services publiques, hausse des prix etc... (et voient, grâce à TF1, M6 ou Canal des reportages étalant la richesse luxueuse d'autres, ce qui, à tort ou à raison, peut alimenter leur colère). Maintenant, que cela puisse glisser vers des tentations nauséabondes, peut-être qu'on peut le craindre effectivement (mais j'ai envie de ne pas y croire).
Mais l'existence de ce que tu décris n'empêche pas aussi de réagir du des choses a priori moins essentielles (métaphore un peu moyenne: souffrir de problèmes cardiaques n'empêche pas de soigner son rhume !) Et moi, désolé, quand on détruit des "trucs" culturels (hors tout jugement esthétique de ma part), qu'on les brule ou qu'on supprime les subventions à des associations culturelles (pour moi, "quelque part", cela se rejoint), ça m'énerve !!
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Re: Une girafe en fumée

Message par edmond Gropl le Mer 19 Mai - 12:15

Petit rectificatif, cette Girafe a été confectionnée par une assiciation nommés "Artbook".
Hier il y avait dans "la provence" une pleine page de réactions sur ce barbecue, réactions assez mesurées de la part des commercants et habitants du coin. Pas un mot de compassion pour cet animal (ou pour les autres victimes des débordements) de la part des supporters (vrais ou faux) et surtout du staff de l'O.M.

CHEWIE.
Tu as sans doute raison, Fascisme n'est pas le bon mot, mais je ne sais comment nommer ce à quoi j'assiste ici avec le foot. Ca fait des années que des collègues (qui ne vont pas finir par me lyncher)m'expliquent que l'OM, c'est le peuple de Marseille, c'est le ciment social, la ferveur populaire etc.. (il n'y a pas ici, du moins pas ouvertement (enfin je crois) cette séparation ethnique ou sociale chez les supporters, enfin, en observant bien peut-être, mais c'est le contraire qui est revendiqué). Mais je trouve qu'il n'y a plus aucun rapport entre cette ferveur et la réalité. C'est à dire que je n'entends quasiment aucune voix parmi les supporters qui s'affiche en rebelle pour ne serait-ce que se permettre une observation sur le caractère bananier de ce club, sur tout les problèmes collateraux ni même sur l'état lamentable des terrains de foot sur Marseille. On ne peut pas aborder un sujet qui remette un tant soit peu en cause tout cela. Je ne sais pas comment nommer cet aveuglement.

TXOA.
j'ai pas dit Haro sur les incendiaires (15 interpellation 4 déférés au parquet (deux de Marseille, un de Marignane, un de Chambery) comparution immediate (je suppose)), je dis haro sur L'O.M. (dont les membres seraient (dans cette ville)les seuls à pouvoir, s'il s'exprimaient, donner un sens positif a tout cela. Actuellement dans certaines classes d'école, les instits organisent das actions pour reconstruire la girafe. Tu crois que l'OM va participer?, finalement peut-être que oui, j'espere).
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Re: Une girafe en fumée

Message par Chewie le Mer 19 Mai - 14:48

txoa a écrit: Mais des livres brûlent (...), alors, haro sur ceux que le libéralisme triomphant laissent au bord du chemin.
Et oui.

C’est bien de se réveiller, mais c’est juste un peu trop tard. Ca fait dix ans que l’extrême-droite a démontré que l’immigration massive imposée aux français est en fait une des armes principales du néo-libéralisme.

Comment imposer aux français, si fiers de leur système social, si prompts à la grève, le modèle économique libéral sans foi ni loi ? En brisant la solidarité des travailleurs.

Comment briser la solidarité des travailleurs ? En transformant les « banlieues rouges » de jadis en banlieues ethniques, en banlieues communautaires.

Diviser pour mieux régner. Il faut arrêter de pleurnicher sur Sarkozy. Il ne nous encule pas plus que Giscard avec le « regroupement familial » ou Mitterrand avec « SOS Racisme » et « Touche pas à mon pote ». « L’immigration : une chance pour la France » et la loi Stasi, ça date quand même de 1984. N'oublions pas que c'est Mitterrand qui a atomisé le Parti Communiste et qui a insité pour inviter le Pen aux grands débats médiatiques, faisant du FN le premier parti ouvrier de France après 1986. N’oublions pas non plus le soutien officiel du PS au projet de Maastricht.

La condition sine qua non pour imposer le marché global et la guerre économique à grande échelle, c’est la « libre circulation des biens et des personnes » que tous les idiots utiles de la gauche française ont soutenu. Qu’ils l’aient fait pas volonté « d’ouverture », de « fraternité » pourquoi pas, mais c’est au grand bénéfice de Goldman & Sachs et consorts, qui doivent bien se marrer à voir comment toutes les gauches d’Europe les ont aidé à instaurer le système ultralibéral dans l’ancien continent des Droits-de-l’homme et des Lumières.

Même Le Pen l’a reconnu : les immigrés sont avant tout des victimes de l’ultralibéralisme, on les a utilisés pour diviser les français, faire du dumping social, et essayer de sauver les retraites des cadres en comptant sur leur natalité.

Echec sur toute la ligne : aujourd’hui la France est en faillite et au bord de la guerre civile. On commence à en venir aux mains entre voilées et non voilées. Récemment, une mosquée a été mitraillée dans le Sud. Quant au pauvre Martin à Grenoble, tout le monde sait très bien qu’il a été victime d’une ratonnade, d’un crime raciste. Il a non seulement été battu et poignardé, mais un type s’est jeté sur lui les genoux en avant quand il était à terre pour essayer de lui briser la colonne vertébrale, afin qu’il finisse ses jours en fauteuil. Tout ça parce qu’il était blanc et identifié comme « un ennemi » par les racailles des quartiers. Les mêmes qui ont du s’amuser à brûler la girafe sous prétexte que « les livres, c’est pour les bouffons de gouères ».

Alors, oui, haro sur la racaille, parce qu’aujourd’hui c’est une question de vie ou de mort. Si un seul de ces connards vient toucher un cheveu de ma femme ou de mes filles, je sors le calibre 12, et je lui demanderais pas : pourquoi tant de haine en toi, mon ami, veux-tu qu’on parle de ton enfance difficile dans les quartiers ? Moi, j’ai vécu dans une cité, j’ai vécu dans la pauvreté, et j’ai jamais ni volé, ni violé, ni racketté, ni brûlé quoi que ce soit. Si ces types là n'ont pas assez de neurones pour réaliser qu'on les instrumentalise, qu'ils sont les nouveaux esclaves de la Rome moderne , que leurs ennemis ne sont pas les prolos français, mais ceux qui les ont fait venir en masse en Europe, ce n'est pas mon problème. Je ne vais pas me laisser immoler sur l'autel masochiste de la culpabilité éternelle de l'homme blanc chère à certains d'entre vous. On leur a fourni des logements avec l'électricité, l'eau courante et le chauffage, des allocations et l'école gratuite pour leurs gosses, des vacances à la mer en été et des voyages au ski en hiver, c'est dix fois plus que ce qu'ils auraient eu dans leurs pays d'origine, tout ça financé par les impôts des contribuables dont ils brûlent les voitures, alors qu'ils arrêtent de nous casser les burnes. Oui, il y a du racisme en France, comme il y en a dans tous les pays du monde. Et alors ? C'est une raison pour passer son temps à chialer ? Qu'ils se sortent les doigts du cul et qu'ils se bâtissent leur avenir, on va pas le faire pour eux.

Quand au pire, mon cher Colonel, on nage déjà dedans. Qu’est-ce qui te fait peur ? Marine Le Pen au second tour en 2012 ? C’est déjà quasiment acquis. Elle pourrait même être élue en 2017, après cinq années d’incurie supplémentaire avec le PS, de déficits aggravés et de fuites des capitaux sur fond de démantèlement total de l’industrie. Si c’est ça qui te fait peur, j’aimerais bien avoir des angoisses aussi anodines.

Quand à l’OM, Edmond, je suis passé récemment près du vélodrome avec un natif de Marseille, et ce qu’il m’en a dit c’est qu’il vaut mieux désormais ne plus y aller en famille, que les différentes associations de supporters se radicalisent et s’opposent tandis que tout ce que la ville compte de rappeurs et de mafieux vient exhiber ses chaînes en or et ses cagoles dans la tribune officielle.
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Re: Une girafe en fumée

Message par Manuel le Mer 19 Mai - 15:02

Chewie a écrit:
txoa a écrit: Mais des livres brûlent (...), alors, haro sur ceux que le libéralisme triomphant laissent au bord du chemin.
Et oui.

C’est bien de se réveiller, mais c’est juste un peu trop tard. Ca fait dix ans que l’extrême-droite a démontré que l’immigration massive imposée aux français est en fait une des armes principales du néo-libéralisme.

Comment imposer aux français, si fiers de leur système social, si prompts à la grève, le modèle économique libéral sans foi ni loi ? En brisant la solidarité des travailleurs.

Comment briser la solidarité des travailleurs ? En transformant les « banlieues rouges » de jadis en banlieues ethniques, en banlieues communautaires.

Diviser pour mieux régner. Il faut arrêter de pleurnicher sur Sarkozy. Il ne nous encule pas plus que Giscard avec le « regroupement familial » ou Mitterrand avec « SOS Racisme » et « Touche pas à mon pote ». « L’immigration : une chance pour la France » et la loi Stasi, ça date quand même de 1984. N'oublions pas que c'est Mitterrand qui a atomisé le Parti Communiste et qui a insité pour inviter le Pen aux grands débats médiatiques, faisant du FN le premier parti ouvrier de France après 1986. N’oublions pas non plus le soutien officiel du PS au projet de Maastricht.

La condition sine qua non pour imposer le marché global et la guerre économique à grande échelle, c’est la « libre circulation des biens et des personnes » que tous les idiots utiles de la gauche française ont soutenu. Qu’ils l’aient fait pas volonté « d’ouverture », de « fraternité » pourquoi pas, mais c’est au grand bénéfice de Goldman & Sachs et consorts, qui doivent bien se marrer à voir comment toutes les gauches d’Europe les ont aidé à instaurer le système ultralibéral dans l’ancien continent des Droits-de-l’homme et des Lumières.

Même Le Pen l’a reconnu : les immigrés sont avant tout des victimes de l’ultralibéralisme, on les a utilisés pour diviser les français, faire du dumping social, et essayer de sauver les retraites des cadres en comptant sur leur natalité.

Echec sur toute la ligne : aujourd’hui la France est en faillite et au bord de la guerre civile. On commence à en venir aux mains entre voilées et non voilées. Récemment, une mosquée a été mitraillée dans le Sud. Quant au pauvre Martin à Grenoble, tout le monde sait très bien qu’il a été victime d’une ratonnade, d’un crime raciste. Il a non seulement été battu et poignardé, mais un type s’est jeté sur lui les genoux en avant quand il était à terre pour essayer de lui briser la colonne vertébrale, afin qu’il finisse ses jours en fauteuil. Tout ça parce qu’il était blanc et identifié comme « un ennemi » par les racailles des quartiers. Les mêmes qui ont du s’amuser à brûler la girafe sous prétexte que « les livres, c’est pour les bouffons de gouères ».

Alors, oui, haro sur la racaille, parce qu’aujourd’hui c’est une question de vie ou de mort. Si un seul de ces connards vient toucher un cheveu de ma femme ou de mes filles, je sors le calibre 12, et je lui demanderais pas : pourquoi tant de haine en toi, mon ami, veux-tu qu’on parle de ton enfance difficile dans les quartiers ? Moi, j’ai vécu dans une cité, j’ai vécu dans la pauvreté, et j’ai jamais ni volé, ni violé, ni racketté, ni brûlé quoi que ce soit. Si ces types là n'ont pas assez de neurones pour réaliser qu'on les instrumentalise, qu'ils sont les nouveaux esclaves de la Rome moderne , que leurs ennemis ne sont pas les prolos français, mais ceux qui les ont fait venir en masse en Europe, ce n'est pas mon problème. Je ne vais pas me laisser immoler sur l'autel masochiste de la culpabilité éternelle de l'homme blanc chère à certains d'entre vous. On leur a fourni des logements avec l'électricité, l'eau courante et le chauffage, des allocations et l'école gratuite pour leurs gosses, des vacances à la mer en été et des voyages au ski en hiver, c'est dix fois plus que ce qu'ils auraient eu dans leurs pays d'origine, tout ça financé par les impôts des contribuables dont ils brûlent les voitures, alors qu'ils arrêtent de nous casser les burnes. Oui, il y a du racisme en France, comme il y en a dans tous les pays du monde. Et alors ? C'est une raison pour passer son temps à chialer ? Qu'ils se sortent les doigts du cul et qu'ils se bâtissent leur avenir, on va pas le faire pour eux.

Quand au pire, mon cher Colonel, on nage déjà dedans. Qu’est-ce qui te fait peur ? Marine Le Pen au second tour en 2012 ? C’est déjà quasiment acquis. Elle pourrait même être élue en 2017, après cinq années d’incurie supplémentaire avec le PS, de déficits aggravés et de fuites des capitaux sur fond de démantèlement total de l’industrie. Si c’est ça qui te fait peur, j’aimerais bien avoir des angoisses aussi anodines.

Quand à l’OM, Edmond, je suis passé récemment près du vélodrome avec un natif de Marseille, et ce qu’il m’en a dit c’est qu’il vaut mieux désormais ne plus y aller en famille, que les différentes associations de supporters se radicalisent et s’opposent tandis que tout ce que la ville compte de rappeurs et de mafieux vient exhiber ses chaînes en or et ses cagoles dans la tribune officielle.

Eh ben, ça remonte le moral !
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Re: Une girafe en fumée

Message par txoa le Mer 19 Mai - 17:27

Oui, et c'est surtout fait d'amalgames et de confusions. Je ne comprends pas, Chewie, qu'à chaque fois qu'un débat social se présente, tu l'ethnicises de façon monomaniaque. Je ne t'ai pas attendu pour me rendre compte de la catastrophe de l'Ultralibéralisme ni de son cautionnement par la social-démocratie.
Je ne culpabilise de rien, ni de ma peau, ni de l'histoire du pays où je suis né, je n'y suis pour rien. Mais je ne vois pas en quoi je pourrais être fier de cette même peau ou de ce pays qui m'a vu apparaître par hasard. On peut être fier de ce qu'on a fait, pas de ce qu'on est par ce même hasard.
Je déplore l'attitude de ces momes qui ont cramé un truc qui leur a échappé et pleure surtout l'inculture qu'on leur a imposé.
Quant au stade vélodrome, Chewie, tu parles apparemment d'un truc que tu ne connais vraiment pas. Dis toi que ton pote n'a surement pas la vérité sur le sujet, l'estampille "Marseillais" n'empêche pas de dire des conneries. Un jour j'ai croisé une sénégalaise rousse, je n'en ai pas déduit que toutes les sénégalaises étaient rousses.
Evidemment Gropl, que le foot est détestable (le milieu, pas le jeu), évidemment que c'est le grand cirque pour les incultes mais pour te consoler, dis toi que le théatre de la Criée est celui qui a le plus d'abonnés en france. Et que tous les supporters marseillais ne brulent pas des bouquins. Quant à la direction de l'OM, pfff..., elle n'est que le fruit de cette folie. J'avais du respect pour Diouf et Gerets, aucun pour Dassier.
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Re: Une girafe en fumée

Message par Chewie le Mer 19 Mai - 18:06

Oui, Txoa, je raconte n'importe quoi... La personne de Marseille que je connais raconte n'importe quoi... D'ailleurs, je passe mon temps à raconter n'importe quoi (de façon monomaniaque).

Sauf qu'aujourd'hui on peut éviter la guerre civile, à condition d'arrêter de se foutre la tête dans le trou et de faire l'autruche, mais dans dix ans il sera trop tard. Et tous les gens comme toi qui conduisent à pleine bourre vers le mur en disant "mais non, ça va passer, faut pas écouter les paranos" auront leur part de responsabilité dans le désastre général.
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Re: Une girafe en fumée

Message par edmond Gropl le Mer 19 Mai - 19:04

Txoa, Pape Diouf est parti avec quelques millions d'euros dans sa besace. Je suis contre les parachutes dorés. Ceci étant, ça paraissait pas être le mauvais bougre, il était plutot bien à sa place.

Chewie, tu dis aussi des énormités "Même Le Pen l’a reconnu : les immigrés sont avant tout des victimes de l’ultralibéralisme, on les a utilisés pour diviser les français"
Si il y en a un qui a bien utilisé cela, c'est bien lui et ça continue avec la fille et son FN Light.
De même que oui, la majorité de la délinquance visible, de la délinquance de rue, est le fait de jeunes issus de l'immigration. C'est vrai. Mais si tu prends la délinquance financière, la corruption politique, toute une série de malversations, c'est pas des immigrés du maghreb, c'est moins violent mais ca coute beaucoup plus cher.

Bon, sinon, moi je vis tres bien avec les differentes communautés de mon quartier (a part les discussions sur le foot) et mis à part quelques excités de tout bords, tout le monde fait des efforts ( et on est tous d'accord avec toi, sauf pour Le Pen (Parce que tu crois aussi un peu au pere noel, j'ai l'impression, y'a pas que Txoa et moi).
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Re: Une girafe en fumée

Message par Searclaw le Jeu 20 Mai - 2:52

C'est quoi qui t'angoisse dans toute cette histoire de guerre civile Chewie ?
Tu connais l'histoire de ton pays. Ce sont des choses qui arrivent.

C'est drôle, je suis cette conversation avec intérêt, et certains de tes arguments sont valides. Le problème que j'ai, en fait, avec ce que tu dis, c'est que comme dis Txoa, tu tires direct la carte "raciale" (comme si nous, hommes et femmes éduqués du 21 ème siècle, pensions encore que ces choses là existent) en faisant des amalgames si simplistes, dont à t'écouter le reste du temps, on ne te soupçonnerait pas capable.

Regarde ce qui se passe en Grèce. Là bas, point de guerre raciale, et pourtant, ils en ont eu de la tension entre fachos et immigrés. Non, là bas, LE PEUPLE se soulève, ensemble. Contre ceux qui les violent depuis trop longtemps, parce qu'il est devenu évident qu'il y a un ennemi commun, et ce n'est ni l'immigré, ni l'infidèle. Il y a peut être quelques vieux réacs aigris qui restent chez eux en pestant sur tous ces jeunes et ces bougnoules qui gueulent et qui foutent le feu, en se disant que c'était mieux la Grèce d'avant, et peut être qu'il y a aussi quelques islamistes radicaux qui se cloitrent dans leur HLM avec leurs femmes voilées en regrettant que ce soit pas l'armée de dieu qui soit entrain de faire bruler le grand Satan.

Mais on s'en fout, de ces gens là. Ils resteront sur le bord de la route de l'histoire. Ceux qui comptent, ce sont ces grecs, CES HUMAINS, hommes, femmes, arabes, européens, PEU IMPORTE, qui s'unissent sous une même bannière pour réclamer, main dans la main, leur droit à une meilleure existence. Ce sont eux qui bâtiront le monde de demain.

Quand ça, ça arrivera chez nous, et ça arrivera très vite, dis toi bien que pour le coup, ça ne sera pas que des beurs et des blacks qui vont foutre le feu et faire régner le désordre. Ce sera tout le monde. Et alors, ce jour là, toi t'auras le choix. Soit tu resteras chez toi devant TF1 en serrant ton calibre, prêt à dézinguer du terroriste, parce que c'est comme ça qu'ils nous appelleront, soit tu viendras te chauffer dehors avec nous, devant les feux de joie, et sans te poser de questions sur la couleur de la main qui te passera une merguez. Ou une cartouche.

Et à ce moment là, peut être, si tu choisis la deuxième option, tu te rendras peut être compte que nous vivons, que tu le veuilles ou non, sur une sphère ronde sans lignes imaginaires , où les cultures se métissent comme un doigt tendu à la consanguinité autocratique des cercles fermés de décideurs fortunés, ceux qui foutent en l'air cette planète qui nous appartient sans distinction de race, de classe, de sexe ou de religion, tout en nous enculant allègrement, nous, blancs, noirs, marrons, rouges et jaunes, qu'ils avaient jusque là réussi à monter les uns contre les autres, pour éviter, pour un temps, que nous ne mettions le doigt sur les véritables coupables. Peut être que tu entendras Moustaki repris par un groupe de rap, Brel par des punks, Maurice Chevalier par des soukousseurs Sénégalais, Piaf par des coreux Japonais, ou même la Marseillaise en Reggae.

Et peut être, si tu as vraiment de la chance, que tu trouveras ça pas si mal.
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Re: Une girafe en fumée

Message par stalker le Jeu 20 Mai - 4:48

Je ne pense pas que chez nous, en France, on soit sur le point de sortir pour profiter du feu de joie, comme tu le dis, Searclaw. On nous a suffisamment muselé pour ça. Quand on n'aura plus rien à perdre, peut-être, mais pour le moment il faut payer les crédits et penser à ses économies, à sa petite gueule, bien à l'abri, à son petit confort, à ses petites causes. Et crédit rime avec égoïsme. On est loin du feu de joie. Ce n'est pas une opinion, c'est juste un constat. Il suffit de regarder autour de soi, de très près, et d'écouter les gens parler. Le feu de joie, c'est ce qu'ils redoutent.

Mais je ne vois pas non plus le rapport entre la girafe incendiée et la question raciale. Cette question fausse la perception ; elle nous oriente vers des mauvaises causes. Désigner l'étranger, c'est trop facile. Trop expéditif. Je ne dis pas que l'impact est moindre et négligeable ; je voudrais juste dire qu'avant de montrer l'étranger du doigt, on ferait mieux de se considérer, nous, les fameux français (immaculés, lisses, irréprochables, droits). On ferait mieux d'arrêter de penser à nos petites gueules et d'admettre qu'on n'est pas blanc du tout, contrairement aux apparences.
Le racisme, c'est un raccourci commode. Un alibi. Une façon de se détourner de nos propres lacunes. De se mentir à soi-même.

Et pour revenir à la girafe, je pense qu'elle n'a eu que ce qu'elle méritait. Exposer la culture de cette façon, c'est de la provocation. Les gens se fichent de la culture. Les contribuables l'injurient car leur argent y passe (dans les porte-avions aussi, mais on ne les exhibe pas sur les places publiques). Ceux qui ont compris que la culture était un moyen de mieux vivre, de mieux comprendre, de jouir de l'existence, savent où trouver la culture (centres d'art, bibliothèques, théâtres, librairies...). Pourquoi l'exhiber comme ça, puisqu'on sait que l'écrasante majorité n'en a que faire et la méprise par ignorance ?
Si on tend bien l'oreille, on s'aperçoit vite que 2000 bouquins qui partent en flamme, ce n'est rien à côté de 30 voitures qui subissent le même sort.
On en est là. C'est comme ça.
Et visiblement ce n'était pas une oeuvre "d'Etat", donc il n'y aura pas de conséquence.
Le problème c'est la connerie. Et la connerie est universelle. Sans frontière.

L'autre problème, c'est qu'ici, sur le forum, comme partout ailleurs, chacun y va de son opinion sur une situation ; chacun se jette sur le sujet pour glisser ses convictions et se heurter naturellement à celles des autres. Le soucis avec les opinions, c'est qu'elles finissent souvent par s'éloigner de la situation, en ne l'ayant à aucun moment considérée pour ce qu'elle était, mais pour ce qu'elle est en mesure de nous permettre de vomir nos opinions. Généralement, la situation s'en trouve inchangée. Et nous aussi, d'ailleurs.
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Re: Une girafe en fumée

Message par Ernest Kurtz le Jeu 20 Mai - 9:11

Seaclaw, ton enthousiasme est bien sympathique mais, je le crains, un peu naïf. Désolé, comme j'ai aussi cru comprendre que le pensait stalker, je ne crois plus "au grand soir"; et j'ai peur que la révolte grecque ne retombe comme un vieux soufflé. Mais, rien n'étant écrit dans le marbre pour ce qui est de l'avenir...

Stalker, absolument pas du tout d'accord avec toi concernant le sort de cette girafe. Non, "les gens" ne se fichent pas de la culture. Voir le succès de certaines expositions, de la nuit des musées et de plein d'autres choses qui ne me reviennent pas pour l'instant; il y a plein "de gens" partout qui continuent à lire des livres, aller voir des films, des pièces de théâtre, à écouter de la musique, etc... "Les gens" sont susceptibles de s'intéresser à la culture, si on leur en donne l'occasion et les moyens (intellectuels); "les gens" ont besoin de la culture, même si l'époque n'en fait plus une valeur importante. Et il faut donc faire du prosélytisme, la répandre dans la rue, la faire entrer partout là où elle n'est pas encore. Le problème n'est pas tant, selon moi, que les gens se foutent de la culture, mais plutôt qu'ils méprisent les autres cultures (au sens large). Je suis sûr que parmi les brûleurs de girafe, il y avait des mecs qui écoutent du rap, par exemple (et le rap est de la culture). Tout cela a plus à voir avec le respect des différences, l'ouverture d'esprit, la tolérance, etc... Brûler cette girafe, c'est la même chose qu'écouter les conneries qu'a dites Finkelkraut à propos de Diam's.
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Re: Une girafe en fumée

Message par txoa le Jeu 20 Mai - 9:40

Chewie, je n'ai jamais dit que tu disais n'importe quoi, je dis que tu ethnicisais tous les problèmes sociaux, c'est un fait, mais je suis assez OK sur certains de tes arguments.
Si, tu dis n'importe quoi sur ce qui se passe dans l'enceinte du vel'. C'est un sujet que je connais un peu. Beaucoup. supporter de l'OM par atavisme, j'en connais ses recoins, son histoire et sa sociologie ainsi que l'histoire des clubs de supporters mais il me semble que ce n'est pas le sujet et pas le lieu.
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Re: Une girafe en fumée

Message par Chewie le Jeu 20 Mai - 10:37

Je vous aime bien les gars, et tout et tout, mais il faut rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu.

(Oui, je sais, je cite le Christ comme ça, hop, en toute modestie).

La version officielle dit que ce sont des voyous, des casseurs qui ont brulé cette pauvre girafe. De la pyromanie nihiliste et désoeuvrée. Point.
Ce n’est pas moins qui le premier ait avancé que ces soi-disant voyous pourraient en fait constituer un groupe homogène dans sa démarche et ses motivations :
Peut être est ce brûler symboliquement ce dont ils se sentent exclus
alors, haro sur ceux que le libéralisme triomphant laissent au bord du chemin.
Txoa sous entend que cet acte serait en fait une revendication politique ou sociale, voire une manifestation sociétale, du sous prolétariat brisé par le néo-libéralisme.

C’est une analyse qui se défend tout-à-fait, mais dont on ne peut nier l'aspect partisan, pour le moins politisée, qui n’a rien à voir avec la thèse officielle du simple « voyou ». Mais ça ne choque personne, il a le droit de faire son interprétation politique du BBQ girafesque (ce qui est normal sur un forum de discussion).

Moi, on me tombe dessus parce que je mets les pieds dans le plat, j’avance que son décryptage post-marxiste me convient moyennement, que si clivage il y a aujourd’hui en France, il est plus de l’ordre du communautaire et que le risque d’éclatement définitif du corpus social français m’inquiète beaucoup plus que la violente, pourtant déjà effarante, du néo-libéralisme. Que la crise n’est pas la cause du futur effondrement, mais simplement le révélateur d’une crise politique sans précédent dans l’Histoire de la nation française.

Une crise née de l’immigration massive qu’on a imposé et aux français, et aux populations immigrés (par des leviers différents) et qui a aboutit à une impasse politique majeure jalonnée par la marche des beurs en 1984, les premières émeutes à Vaux-en-Velin en 1991, l’avènement de la culture du ghetto pour aboutir à trois semaines d’insurrection en novembre 2005. Cette crise ne date pas d’hier, elle est profonde, enracinée, elle a généré beaucoup d’amertume chez les français de souche et parmi les populations immigrées et aujourd’hui les français ne constituent plus un peuple. Il n’y a plus aucun rapport entre un jeune de la cité qui parle le sabir de la banlieue et jeune rural qui vit dans un petit village. Ce n’est pas une simple question de revenus, beaucoup de ruraux sont très modestes, et ils n’ont pas les associations, les city stades, les transports urbains dont jouissent les jeunes des villes. C’est une question de projet politique et de vision de l’avenir.

nation, nom féminin
Sens : Ensemble de personnes vivant sur un territoire commun, conscient de son unité (historique, culturelle, etc.) et constituant une entité politique.


Ca ne vous saute pas au visage ? L’unité culturelle et historique, c’est tout ce que rejette ces jeunes. Ils clament haut et fort leur appartenance au Maroc ou à l’Algérie et rejettent l’histoire de France. « La France est à nous », « On va vous commander dans dix ans » voilà leur crédo, leur motto.

Ils ne disent pas : nous allons bâtir le France du futur avec vous, ils disent : nous allons prendre notre revanche du colonialisme et vous mettre au pas, sur ce qui fut votre sol.

Voilà, ce qui m’inquiète. Et ce qui m’inquiète encore plus, c’est la récession économique depuis 2008, car elle pourrait bien constituer l’élément détonnant qui manquait jusqu’ici. En accentuant les difficultés et les inégalités, elle fait ressortit les vieilles rancoeurs, les vieilles tensions qu’on voit aujourd’hui : crêpage de chignon entre voilées et non voilées, remise en cause de la polygamie officieuse de certains, débats autour des mosquées, de l’emploi des jeunes des cités, la perte d’autorité parentale, la mauvais maîtrise de la langue, la place des femmes en banlieue. Tout ça tourne autour du même point : la non intégration de la vague migratoire sans précédent subie depuis 1980.

Quand la guerre civile éclate au Texas au XIX siècle, c’est parce qu’on est passé en 20 ans d’une population majoritairement mexicaine et catholique à une population immigrée majoritairement blanche et protestante.

Quand la guerre civile éclate au Liban en 1975, c’est parce qu’on a imposé aux libanais 800 000 réfugiés palestiniens dans un pays de 3 millions d’habitants.

On ne joue pas impunément avec la démographie d’un pays, c’est ça que j’essaie de vous faire comprendre. Ces deux exemples montrent que ce n’est pas une question raciale.

(Je pourrais même dire que ce sont vos assertions qui sont racistes lorsque vous supposez ça, car je n’ai jamais écrit, ni même pensé, qu’ils faillent s’en prendre aux immigrés à cause de leur couleur ou de leur origines...)

A vous lire, c’est la fête du slip : « amalgames », « confusions », « racisme »…
On se croirait chez Ardisson, moi qui prenait ce bazar pour un lieu où l’on pouvait vraiment discuter, je constate que pour des gens qui se penchent sur l’avenir du roman noir français, et donc l’avenir de la société française, vous n’aimez quand même pas trop sortir des sentiers battus.

Ce qui ne fait qu’aggraver mon sentiment qu’on est foutus puisqu’il est impossible de porter le débat sur le fond du problème, nous n’aurons dont pas l’opportunité ni les moyens d’essayer de les résoudre.



PS : Txoa, pour l’OM, je ne fais que répéter ce que m’a dit un marseillais de Marseille, qui ne va plus au stade pour les raisons que j’ai cité. Maintenant, c’est son point de vue, mais ce n’est pas parce qu’il est contraire au tien qu’il dit forcément n’importe quoi, si ?
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Re: Une girafe en fumée

Message par Searclaw le Jeu 20 Mai - 12:41

Stalker, je suis absolument d'accord avec toi sur ton analyse giraffienne. Je rejoins toutefois Txoa, également.

Nous verrons comment les choses évoluent, en Grèce comme en France. Je ne suis pas prophète. Mais je pense qu'il y a du potentiel.

Chewie, si je peux me permettre, ton analyse de l'histoire est aussi politiquement orientée que l'avis (à mon sens bien plus sociologique) de Txoa. La guerre civile mexicaine, tous les historiens te le diront, est directement liée à un contexte économique. La guerre civile libanaise a été d'avantage une guerre de religion (les tensions étaient présentes bien avant l'arrivée des palestiniens) et les coupables en sont avant tout la Syrie et Israel, qui en ont profité pour se faire la guéguerre dans ce pays qui sert de tampon entre leurs deux états. Les deux cotés ont armé leur faction préférée, ont incité la haine, les ont entrainés, et ont envoyé chacun leur armée pour les soutenir. J'ai eu une copine originaire du Liban, on en a discuté souvent avec sa famille, je pense qu'ils savent de quoi ils parlent.

Ils ne disent pas : nous allons bâtir le France du futur avec vous, ils disent : nous allons prendre notre revanche du colonialisme et vous mettre au pas, sur ce qui fut votre sol.

Parce que tu discutes souvent avec eux ? C'est qui "ils" ? Les quelques milliers d'agités que montre TF1 pour faire peur aux vieilles, ou les millions d'autres qui sont comme nous tous, entrain de galérer pour trouver un boulot ? (je ne m'inclus pas dans ce nous).

si clivage il y a aujourd’hui en France, il est plus de l’ordre du communautaire et que le risque d’éclatement définitif du corpus social français m’inquiète beaucoup plus que la violente, pourtant déjà effarante, du néo-libéralisme

Et c'est là où tu te contredis, et c'est là où on te capte plus. Tu disais il y a deux pages que cette situation, c'était la faute du néo-libéralisme. Pourquoi donc est-ce que tu t'évertues à t'inquiéter des symptômes et pas de la maladie ?


Nation :
1. idée selon laquelle il est possible de dessiner des traits sur une représentation en papier de la terre, et de déclarer que les gens dans certains carrés sont pareils, et surtout différents de ceux du carré d'à coté.
2. idée dont on peut se servir pour créer et exacerber des conflits culturels à des fins politiciennes, justifier des guerres, et polariser la peur de l'autre et de sa différence (voir 1)

L’unité culturelle et historique, c’est tout ce que rejette ces jeunes


Oui. Et j'en fais partie. Parce que l'unité culturelle n'a jamais existé en France, et que l'unité historique ça ne veut rien dire. Une brève histoire de la France :

Invasion romaine. Cohabitation des cultures gauloises et romaines. Invasion des Francs, conflits des cultures Gallo-romaines et Franques. Conflits entre paiens et chrétiens. Conflits entre Capétiens et Carolingiens. Conflits entre la France et les Anglais. Bourguignons. Armagnacs. Conflits entre Catholiques et Protestants. Les Jansésistes et les Jésuites. Conflits entre républicains, Chouans, Vendéens et Bretons. Conflits entre Républicains et Bonapartistes. L'Espagne. L'Alsace-Lorraine. Les Colonies. Etc... etc... etc...

Désolé Chewie, mais ta France historico-culturelle n'existe pas. Cette idée, que, quelque part, il existe une identité nationale figée, transcendantale à l'histoire mouvementée et aux cultures différentes qui se sont toujours tirés la bourre sur ce minuscule secteur d'une minuscule planète dans une petite galaxie paumée dans un coin de l'univers, et ben c'est du gros pipeau si tu te penches deux secondes sur les FAITS. Tu peux argumenter qu'il y a moins de différences entre un Chouan et un Républicain qu'un musulman et un "français de souche" (?). Je te dirais que leur conception du monde se différencient de manière aussi radicale. L'un est partisan d'un état catholique et totalitaire, l'autre d'un état laïque et républicain. Ah, mais ils mangent tous les deux du porc...

Certes je ne suis pas français, et je ne me revendique d'aucun pays parce que je trouve ça absurde, mais j'ai quand même grandi dans cette culture française. Tu nous vois, nous deux, gérer un pays ensemble ? La bonne blague. Sommes nous tous les deux "français" au sens culturel du terme ? Oui.

Les gens sont des gens. Des êtres à part entière. Txoa, toi, moi, Stalker, Kurtz, Edmond, un jeune de banlieue, un bonehead, un juif de Paris, un catho de Corse, on a tous UNE SEULE CHOSE en commun : on est des humains. L'immigration a toujours existé, elle existera toujours, les cultures se sont toujours rencontrés, ont cohabité ou se sont fait la guerre. Toujours. On vient tous d'Afrique.

Tout ça pour te dire que l'idée dont tu te fais de la culture française (et qui a bien a moins de cent ans) , dont je suis relativement certain que peu de français se revendiquent, elle disparaitra. On peut trouver ça grave à un niveau personnel. Mais on ne peut pas trouver ça important au niveau métaphysique. Parce que ce n'est pas historiquement honnête.

Des petits énervés de L'OM basanés ont brulé une girafe en livres ? Pendant ce temps là, notre gouvernement récupère une espionne à l'aéroport, qui s'est faite griller à inciter à la révolte dans un pays majoritairement islamiste. Là bas, "chez ces gens là", ce ne sont pas des girafes en livres qui ont brulé.
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Re: Une girafe en fumée

Message par edmond Gropl le Jeu 20 Mai - 13:57

Je t'assure Chewie, qu'avec mes amis d'origines multiples, on est tous d'accord avec toi sur le constat. (pas sur ton interpretation historique, mais sur la réalité de la situation actuelle). Bon Qu'est-ce qu'on fait maintenant?

Stalker, cette girafe (prénommée Zarafa) avait toute sa place. C'est pas les gens du quartier qui l'ont brulé (sinon elle aurait brulée depuis longtemps, c'est un des endroit les plus chauds de la ville).
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Re: Une girafe en fumée

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