Quelques jours d'été / Un îlot de bonheur - Chabouté (1998-2001)

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Quelques jours d'été / Un îlot de bonheur - Chabouté (1998-2001)

Message par stalker le Lun 12 Avr - 15:10



Le chuchotement des rivières, petit homme ! N’oublie jamais ! …

Petit homme et Gamin sont les deux « héros » des deux récits qui composent ce recueil de Chabouté. Initialement, ils ne sont pas parus ensemble, mais on comprend pourquoi Vent d’Ouest les a réunis dans un même volume.
Des gamins, il s’agit de ça. Des gosses propulsés dans la réalité du monde adulte : papa et maman, puis d’autres personnages, des étrangers, plus ou moins curieux, plus ou moins souriants, parfois muets, mais dissimulant tous des secrets ; des secrets que seuls les gosses, peut-être, sont en mesure d’entendre, de saisir (de ne jamais répéter).

L’école, la campagne et le foyer familial sont les décors principaux de ces deux histoires où deux gamins se retrouvent comme pris dans des étaux. Des étaux ou au contraire des voies ouvertes, des portes, des explications et des possibilités (de se réfugier, de s’enfuir, de rêver, de devenir…).

Dans Quelques jours d’été, c’est un pêcheur soit disant muet qui ouvrira la voie à Petit homme. Dans Un îlot de bonheur, c’est un vagabond qui vit dans une caravane et passe ses journées dans un parc public, sur le même banc, toujours, dont deux policiers passent leur temps à l’évacuer – ce n’est pas bien d’être vagabond, c’est sale, c’est moche, ça pue, ça gâche le paysage, ça peut déranger tous ces gens qui s’embrassent entre les arbres et s’offrent des bouquets de fleurs. Tous ces gens, jeunes ou moins jeunes, qui s’aiment, se promènent main dans la main dans les allées, tandis que, plus tard, sous les yeux de Gamin et Petit homme, papa et maman passent leur temps à se gueuler dessus, à se détester, à oublier les petits gosses qui se détournent et s’en vont.

Quelques jours d’été et Un îlot de bonheur ; deux titres qui apparaissent comme des lueurs minuscules dans un champ de cendres sous un ciel orageux. C’est du Chabouté. Ces histoires ne nous ouvrent pas les yeux, elles nous suggèrent de le faire. Précisément comme dans le précédent album chroniqué sur le forum (Fables amères), nous savons déjà ce qui est dit et montré. C’est si banal, si évident, on le voit tous les jours. Ces histoires envisagent simplement de nous piquer dans les recoins sensibles de la conscience pour nous empêcher de regarder ailleurs, de mentir, de faire croire que tout va bien. Exactement comme dans la famille, vous voyez : il vaut mieux se taire, sinon ça fait des histoires.
Chabouté fait des histoires.

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