Vorace - Antonia Bird (1999)

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Vorace - Antonia Bird (1999)

Message par stalker le Dim 21 Mar - 18:42

Durant la guerre Etats-Unis-Mexique, le capitaine Boyd est envoyé aux confins du pays, dans une contrée où des meurtres d'une monstruosité inouïe se succèdent, attribués à un militaire cannibale rendu fou par le froid et les privations. Comment combattre l'assassin vorace devenu, d'après la légende indienne, insatiable de chair humaine ?



Ce qu’il y a de plus effrayant dans la fuite, c’est le risque de se retrouver dans un endroit pire encore.

C’est un petit fort complètement perdu entre les montagnes et les forêts, piégé par la neige, peuplé d’une dizaine de personnes, dont un prêtre, des indiens et ce militaire qu’on a expédié là pour le récompenser d’avoir survécu lâchement à une tuerie.
Nous savons de quoi va nous parler le film : un étranger surgit au cours d’une nuit dans le fort et raconte une histoire de gens qui se sont fait dévorer par un guide. Lui est parvenu à s’échapper et, d’après ce qu’il prétend, une femme serait encore vivante là-bas, dans la caverne, à trois jours de marche du fort.

– Pardonnez-moi, mais, vous avez bien dit « pas de nourriture pendant trois mois » ?
– J’ai dit « pas de nourriture », je n’ai pas dit qu’il n’y avait rien à manger. Vous comprenez.
Vous comprenez ?


Une équipe décide de se rendre sur les lieux pour tenter de sauver cette femme et de neutraliser le guide cannibale. L’expédition est menée par cet étranger, tantôt craintif, tantôt suspect.

Ce n’est pas la peur de mourir qui anime les personnages de ce film, c’est celle de se faire dévorer par un semblable. Les fusils et les armes blanches en viennent à perdre leur sens, leur potentiel à nous défendre, à nous préserver de l’ennemi. Ces armes sont impuissantes, car il existe autre chose de beaucoup plus mortel, de beaucoup plus terrorisant que des balles dans la peau : les dents et les ongles de l’homme dans notre propre chair.

L’indien le rappelle : le guerrier mange la chair de son ennemi mort pour en puiser l’énergie, pour que son sang continue de couler dans des veines ; pour que le pouvoir et la force du vainqueur se trouve décuplée.
Il en est de même dans de multiples civilisations, qu’il s’agisse de guerriers ou d’ancêtres qu’on mange afin qu’ils s’incarnent à travers leurs descendants. Le cannibalisme fut aussi pratiqué afin de réguler des populations. D’autres croyances et superstitions incitent l’homme à manger l’homme. De nombreux exemples dans l’Histoire évoquent aussi des hommes qui ont mangé leurs semblables, morts, dans le seul but de survivre. L’exemple le plus célèbre est probablement celui qui inspira le tableau Le radeau de la méduse, de Géricault, fort décrié à l’époque, parce qu’il ne s’agissait pas seulement de survie, mais du pouvoir organisé au sein d’une hiérarchie.

Pratique antique ? Barbarie des temps anciens ? Rites sauvages disparus ? Non.
L’homme blanc mange le corps de Jésus Christ tous les dimanche.

Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant, qu’à le manger mort ; à déchirer par tourments [tortures] et par gehennes [supplices] un corps encore plein de sentiments [sensibilité]. (Montaigne)

En 1999, l’écrivain Albanais Ismaïl Kadaré s’est insurgé contre les pratiques révélées en ex-Yougoslavie : « Ce à quoi l’on assiste aujourd’hui au Kosovo – l’éradication d’un peuple entier, sa mise à mort, l’amputation de ses membres, comme à l’époque du cannibalisme – témoigne que toute la panoplie de la barbarie humaine, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, y est utilisée. »

En décembre 1999, les adversaires de la société de consommation et de la mondialisation, rassemblés à Seattle, manifestèrent lors de la conférence de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) en brandissant des pancartes proclamant que « le capitalisme est la forme la plus avancée du cannibalisme. »
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Re: Vorace - Antonia Bird (1999)

Message par Ernest Kurtz le Dim 21 Mar - 19:21

Intéressant. Mais du point de vue cinématographique, cela donne quoi ? De la p'tite série B cheap sympathoche ? Ou plus proche d'un certain type de films d'auteur (à la Carpenter, par exemple) ?
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Re: Vorace - Antonia Bird (1999)

Message par stalker le Dim 21 Mar - 19:32

Bonne question.
On est loin de la série B, mais on n'est pas chez Carpenter non plus (aucune surenchère au niveau des scènes sanglantes, ni aucune dérision). Il s'agit plus d'un western, tant pour l'environnement que pour l'époque à laquelle se déroule l'histoire, et aussi au niveau de la mise en scène, puis de l'importance des paysages : cadrage des personnages dans la nature. La musique y contribue aussi : elle est remarquable, évolutive (et elle persiste dans la tête pendant un assez long moment). Donc western.
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Re: Vorace - Antonia Bird (1999)

Message par Ernest Kurtz le Dim 21 Mar - 19:35

OK, merci. Je suis assez preneur du genre. Je vais donc voir à voir...
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Re: Vorace - Antonia Bird (1999)

Message par stalker le Lun 22 Mar - 2:53

En fait, je crois qu'il y a du Sam Peckinpah dans ce film. Je ne sais pas si tu connais. Je songe à Chien de paille, par exemple. C'est très différent, je précise, mais en matière de western, ce serait beaucoup plus proche de Peckinpah que de John Ford, par exemple. Les personnages y sont beaucoup plus modernes. Plus proches de nous.


Dernière édition par stalker le Lun 22 Mar - 3:25, édité 1 fois
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Re: Vorace - Antonia Bird (1999)

Message par stalker le Lun 22 Mar - 3:04

Je vais me refaire Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia, un de ces jours, de Peckinpah.
Dans la famille des road movies.
C'est un petit chef d'oeuvre.
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Re: Vorace - Antonia Bird (1999)

Message par Ernest Kurtz le Lun 22 Mar - 11:59

Aaaarrrrggggghhhhhh! Si tu me parles du grand Sam, je me précipite illico !!! "La horde sauvage" et "Pat Garrett et Billy le Kid" sont dans mon Panthéon ciné, Mac Queen n'a jamais été aussi bon que dans "Guet-apens", j'adore Warren Oates depuis que je l'avais découvert dans les Peckinpah, etc... Très bonne initiative que de re-jeter un coup d'œil à "Apportez-moi la tête de...". Pour ma part, j'ai revu assez récemment l'excellent "Coups de feu dans la sierra" et j'ai mis "Croix de fer" au chaud dans ma "Pile à revoir".
OK, convaincu je suis, je vais donc partir en quête de "Vorace".
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