The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

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The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par edmond Gropl le Mar 9 Mar - 17:50

The Ghost, un " écrivain - nègre " à succès est engagé pour terminer les mémoires de l'ancien Premier ministre britannique, Adam Lang. Mais dès le début de cette collaboration, le projet semble périlleux : une ombre plane sur le décès accidentel du précédent rédacteur, ancien bras droit de Lang...

C'est tiré d'un livre de Robert Harris "l'homme de l'ombre".
L'intrigue en elle même est intéressante pour nous car elle met en scène un "écrivain fantôme" .Cette condition de "nègre" et la schizophrénie qu'elle induit est un élément fondamental de ce thriller. Ce doublement de personnalité va plutôt virer à la paranoïa.
Je ne dis rien de l'histoire si ce n'est qu'elle concerne le role de Tony Blair et ses accointances avec la politique américaine. ( et forcement, après le film, on se pose la question du sens de l'arrestation de Polanski en Suisse, mais c'est une autre histoire, enfin peut-être).
Bref, l'intrigue est bien foutu sans être extraordinaire ( Ross Thomas qui reste à mes yeux le maitre du Thriller noir-politique a fait mieux avec à peu pres les mêmes éléments, avec son "crépuscule chez Mac") , disons que c'est du niveau d'un bon épisode de MI-5, dont d'ailleurs un des épisodes est un peu similaire,(a part qu'il s'agit d'un manuscrit fantôme).

Ce qui est magistral, c'est la mise en scène.
La scène préliminaire est extraordinaire. La proue d'un ferry s'ouvre et crache ses véhicules et en quelques secondes, on sait que quelque chose foire, sans savoir immédiatement de quoi il s'agit. La tension est immédiate et elle ne se relâchera pas.
Un peu plus tard, après le générique, on se retrouve dans les bureaux luxueux d'un éditeur londonien avec une scène assez violente entre éditeurs, c'est assez rare dans le cinéma (du moins d'après ma faible connaissance du genre) une telle violence verbale dans le milieu de l'édition, entre agent, directeurs de filiales, écrivain, avocats.
Toutes les scènes sont terribles, c'est vraiment travaillé ( comme chez Cronenberg ou le prophète de Jacques Audiard, on sent qu'il y a du travail, une minutie, une recherche constante, c'est un plaisir).
Je n'ai pas décelé une seule incongruité.
Les acteurs sont au sommet de leurs capacités. (parmi eux, James Belushi, le frère de John, dont j'apprends qu'il a obtenu la nationalité albanaise)

Enfin, la musique, une musique de film noir à l'ancienne, un riff de Jazz envoûtant joué par un grand orchestre. Elle est signée Alexandre Desplats.

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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par limbes le Ven 12 Mar - 22:38

Ce qui m'a beaucoup plu, ce sont les scènes dans la maison, sur l'île, notamment dans le bureau où le nègre travaille. Il y a une immense fenêtre qui découpe le paysage (la mer, une sorte de lande désolée) dans laquelle on voit par intermittences l'homme à tout faire balayer et tenter de mettre du sable et autres branches dans une brouette, alors que le vent est déchaîné et que ça ne sert manifestement à rien. C'est à la fois absurde et inquiétant.
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par Ernest Kurtz le Ven 2 Avr - 18:13

J'en sors tout juste. D'accord avec gropl dans l'ensemble. Mais honnêtement, je m'attendais à mieux, compte tenu des enthousiasmes que j'avais lus ici ou là. Mise en scène, acteurs (petite pincée au cœur perso en reconnaissant Eli Wallach bien bien bien vieux...), décors (superbe demeure en effet), intrigue qui se suit et qui accroche, etc... ok pour tout ça. Mais bon, à mes yeux, cela reste très très loin de ce que j'aimais chez Polanski, ce côté malsain, tordu qu'il y avait dans ses films jusqu'à "Le locataire". Et puis je trouve la façon dont apparaît la solution un peu simplette (déjà ressenti ça avec "La neuvième porte").

limbes a écrit:on voit par intermittences l'homme à tout faire balayer et tenter de mettre du sable et autres branches dans une brouette, alors que le vent est déchaîné et que ça ne sert manifestement à rien. C'est à la fois absurde et inquiétant.
C'est le seul truc que j'ai trouvé "polanskien" comme j'aime.

edmond gropl a écrit:Je n'ai pas décelé une seule incongruité
Je me demande car...
Spoiler:
Quand il se retrouve à l'hôtel après avoir fui du ferry, il téléphone à Rykard. Celui-ci est anglais, donc on pourrait supposer qu'il est en Angleterre. Et même s'il est aux US, je trouve qu'il va bien vite pour rejoindre le ghost writer à son hôtel.
La fin ? Une coïncidence qu'il se fasse écraser ? Un peu gros je trouve. Sinon un assassinat ? Même en passant un coup de portable, je ne vois pas comment quelqu'un aurait eu le temps d'organiser aussi rapidement un assassinat le temps qu'il quitte la réception après avoir fait comprendre à Ruth à ce qu'il avait découvert. Ou alors Amelia Bly est aussi dans le coup? Pas explicite en tout cas
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par edmond Gropl le Ven 2 Avr - 19:16

Ah oui, c'est vrai. (pour la 1° Observation).
Pour la seconde, ça me semble possible. Du moins y crois-je.

C'est vrai qu'il n'y a pas cette touche perturbante polanskienne. Je l'ai pris un peu comme un film de genre, un thriller politique à la Ross Thomas. Maintenant j'essaie de voir a quel moment Polanski aurait pu glisser un grain de sable pervers, ça doit être possible.
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par stalker le Ven 2 Avr - 20:07

Ernest Kurtz a écrit:(...) ce que j'aimais chez Polanski, ce côté malsain, tordu qu'il y avait dans ses films jusqu'à "Le locataire".
J'ignore si ce chef d'oeuvre a été réédité en DVD.
Je lui ai toujours trouvé une touche lynchéenne, sans doute grâce à la dent, en référence à l'oreille de Blue velvet, et l'inquiétante étrangeté qui règne en permanence dans ces deux films. A moins que Blue velvet ne soit doté d'une touche polanskienne ?
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par limbes le Sam 3 Avr - 0:28

Oui, c'est vrai que le film n'est pas très tordu.

Le truc qui m'a semblé le plus incongru, pour ma part, c'est le fait que le ghost, compte tenu de sa personnalité, couche avec la nana (vu qu'il supposait déjà être tombé dans un sacré merdier, on aurait pu penser qu'il se dise que ça n'allait pas arranger les choses)
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par Ernest Kurtz le Sam 3 Avr - 10:52

limbes a écrit:
Le truc qui m'a semblé le plus incongru, pour ma part, c'est le fait que le ghost, compte tenu de sa personnalité, couche avec la nana (vu qu'il supposait déjà être tombé dans un sacré merdier, on aurait pu penser qu'il se dise que ça n'allait pas arranger les choses)
Pas sympa de révéler un élément de l'intrigue (bon, très secondaire, anecdotique même, ok, ici) pour ce qui ne l'ont pas vu et voudraient.
Bon, sinon, moi, cela ne m'a pas gêné, compte tenu des circonstances, de ce que l'on sait sur la vie amoureuse du ghost et de ce que l'on comprend de la personnalité de la femme (au moins, ne disons pas de laquelle il s'agit...). De toute façon, il peut arriver aux mecs de ne pas toujours penser avec leur cerveau. Et cela dit, je trouve que cette femme a un charme terrible dans le film.
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par Ernest Kurtz le Sam 3 Avr - 11:21

stalker a écrit:
J'ignore si ce chef d'oeuvre a été réédité en DVD.
Je lui ai toujours trouvé une touche lynchéenne, sans doute grâce à la dent, en référence à l'oreille de Blue velvet, et l'inquiétante étrangeté qui règne en permanence dans ces deux films. A moins que Blue velvet ne soit doté d'une touche polanskienne ?
Ouais, il existe en DVD.

Jamais fait le rapprochement avec Lynch. Pas vu aucun des deux depuis fort longtemps. Mais c'est vrai que dans les deux cas, il y a un élément déclencheur issu du corps (Oreille / dent). Cependant, ensuite, je trouve que cela n'a plus rien à voir: chez le Lynch, c'est Alice (enfin Kyle Mac Lachlan) qui traverse le miroir et découvre le "monde d'en dessous", la face obscure, en dessous du monde mièvre dans lequel il vivait jusqu'alors - et aussi la découverte du monde sombre en dedans de lui, ses propres pulsions refoulées- (je sais, ça fait un peu psychanalyse du café du commerce...). Chez Polanski, c'est un individu falot, effacé, bouffé par la culpabilité qui sombre petit à petit dans la folie, qui décroche du réel (alors que Mac Lachlan découvre un autre réel qu'il ne pouvait/voulait pas voir).
Pour caricaturer je dirais que le cinéma de Lynch est plutôt schizophrène, avec une face quasi gnan-gnan et une face sombre (Blue Velvet, Twin Peaks, Lost Highway, Mulholland Drive, même Sailor et Lula), le cinéma de Polanski plutôt paranoïaque avec des complots (Rosemary's baby, Ghost writer, Frantic il me semble), un monde caché inquiétant et menaçant pour l'individu (le bal des vampires, la neuvième porte) ou la plongée dans sa propre folie -pour échapper à la menace ?- (Répulsion, cul de sac, le locataire). Le cinéma de Polanski est beaucoup beaucoup plus pessimiste que celui de Lynch.

Des avis divergents, quelqu'un ?
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par stalker le Sam 3 Avr - 20:07

Ernest Kurtz a écrit:
Ouais, il existe en DVD.
Très bonne nouvelle.

Et aucune objection en ce qui me concerne, colonel Kurtz. Voilà un tableau plutôt bien brossé du parallèle entre Lynch et Polanski (dont on parle peu sur le forum, mais j'ai l'impression qu'il s'agit à présent de grands classiques, ou de films cultes sur lesquels tout a déjà été dit, peut-être - mais de nouvelles générations viennent, qui ne les connaîtront pas, d'où la nécessité d'en parler encore et encore, quitte à se répéter un peu ; quoique, il est toujours intéressant de vérifier comment ces oeuvres vieillissent, au regard de ce qui est produit aujourd'hui et de ce qui sera produit demain)
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par Ernest Kurtz le Lun 5 Avr - 13:13

stalker a écrit:
Ernest Kurtz a écrit:
Ouais, il existe en DVD.
Très bonne nouvelle.
Pas sûr cela dit qu'il soit facile à trouver...
stalker a écrit: il est toujours intéressant de vérifier comment ces œuvres vieillissent, au regard de ce qui est produit aujourd'hui et de ce qui sera produit demain)
et aussi de la façon dont chacun de nous vieillit...
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Re: The Ghost writer - Roman Polanski (2010)

Message par stalker le Sam 25 Sep - 4:52

Je viens enfin de voir le film.
Une des premières choses qui m'a frappé, c'est l'insistance faite sur l'ignorance du nègre en matière de politique. Il me semble que Polanski se sert de cet élément pour précisément révéler la politique sous la forme d'un carnaval, ou alors d'une organisation complexe, pipée. Beaucoup de détails dans ce sens apparaissent au cours de la première heure, glissés dans des interviews télévisuelles, dans le rapport du réel à l'écran, dans des petits riens, des petits gestes. Rien de bien nouveau, mais si personne ne le rappelle, on va finir par l'oublier.
Ensuite, ça se complique, le nègre est englouti par la machine.

Par ailleurs, si on s'attarde bien, on peut remarquer que "les gens", le peuple, sont extrêmement en retrait du film, des cadrages, du scénario : réduits à quelques manifestants à banderoles dynamiques, à des silhouettes grises anonymes qui circulent sous la pluie. Un autre carnaval ou bien une quotidienne marche funèbre.

Et cette grande baraque contemporaine bâtie sur cette île, entourée de sable, est assez troublante, effectivement. Je pense qu'elle exerce une pression particulière, comme certains lieux le font parfois dans certains films (ou livres). Ainsi que les tableaux qui grouillent sur les murs (il y a du sens dans ces tableaux là, mais ça demanderait une approche spécifique - je suis certain qu'ils ne sont pas ici par hasard, ni choisis par hasard). Car, comme le dit Gropl, tout est mesuré, calculé. Et je pense que ce film est extrêmement critique, voire virulent, lié à des époques précises, mais ça demande un deuxième visionnage au cours duquel on ne serait plus captivé par l'intrigue, puisqu'on la connaîtrait, et où on pourrait s'attarder sur des détails.

Je trouve la séquence du GPS excellente.

J'en oublie beaucoup, mais il y a une autre séquence particulièrement réussie, c'est une des dernières : lorsqu'un petit papier plié circule dans une foule, de main en main (en plan séquence) et parvient à son destinataire. C'est du grand art.

Il y a effectivement des similitudes avec La neuvième porte, mais je trouve The ghost writer plus épuré, moins romantique aussi, et moins vendeur, au bénéfice de l'angle critique, justement. Ce film est très froid, en fait. Il m'évoque un bol de glaçons. Le genre de film que je reverrai sans doute dans pas longtemps.
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