La bande à Baader - Eli Edel (2008)

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La bande à Baader - Eli Edel (2008)

Message par stalker le Dim 7 Mar - 20:10

Dans les années 70, l'Allemagne est la proie d'attentats à la bombe meurtriers. La menace terroriste et la peur de l'ennemi intérieur ébranlent les fondements mêmes d'une démocratie encore fragile.
Sous la conduite d'Andreas Baader, Ulrike Meinhof et Gudrun Ensslin, une nouvelle génération radicalisée entre violemment en guerre contre ce qu'ils perçoivent comme le nouveau visage du fascisme : l'impérialisme américain soutenu par les membres de l'establishment allemand, dont certains ont un passé de nazi. Leur objectif est de créer une société plus humaine. Mais en employant des moyens inhumains, en répandant la terreur et en faisant couler le sang, ils perdent leur propre humanité.
L'homme qui les comprend est aussi celui qui les pourchasse : le chef de la police allemande, Horst Herold. Et même s'il réussit à capturer les jeunes terroristes, Herold sait qu'il ne s'agit que de la partie émergée de l'iceberg...




La Fraction armée rouge (en allemand Rote Armee Fraktion, également connue sous le sigle RAF), était une organisation terroriste d'extrême gauche - se présentant comme un mouvement de guérilla urbaine - qui opéra en Allemagne de l'Ouest de 1968 à 1998, contribuant au climat des années de plomb. Elle fut également surnommée Bande à Baader et groupe Baader-Meinhof, du nom de ses leaders historiques.

A la violence, le groupe, tout d’abord un petit noyau, réagira par la violence. Voleront en éclats locaux et parties d’institutions emblématiques d’une Allemagne impliquée dans les combats au Vietnam et les massacres qu’ils entraîneront. Des kidnappings assortiront cette lutte menée par des jeunes gens aux intentions initialement pacifiques. Mais existe-t-il des méthodes douces pour répliquer à la violence mise en œuvre par les Etats gouvernants ? C’est une des questions posées à l’Histoire et par ce film qui injecte le spectateur au cœur même de l’organisation terroriste en action.

Lorsqu’une personne jette une pierre, on appelle cela une action répréhensible ; si on jette mille pierres, cela devient une action politique. On incendie une voiture, c’est une action répréhensible ; si on incendie des centaines de voitures, c’est une action politique.
La contestation, c’est lorsque je dis que ça ne me convient pas. La résistance, c’est lorsque je fais en sorte que ce qui ne me convient pas ne puisse pas durer plus longtemps.


Un petit noyau qui va se développer peu à peu et devenir un groupe. Ses actions vont semer le désordre dans le processus politique engagé et inciter les autorités à prendre des mesures pour y remédier. Pour cela, il faudra des indications et des dénonciations. On identifiera les instigateurs du groupe et on mettra la main dessus. On les enfermera et on tentera de leur coudre la bouche pour les juger ensuite – on y parviendra, ou pas. Et quand on pensera que tous sont hors d’état de nuire, on constatera que le groupe a proliféré et qu’il n’était pas seulement question d’une dizaine d’individus.

– Je me demande pourquoi de nouveaux groupes de terroristes apparaissent encore. Qu’est-ce qui les motive ?
– Un mythe.


Nous allons empêcher la justice d’éliminer un à un nos combattants enfermés dans ses prisons, parce que le réel problème c’est que la justice n’arrive à s’en débarrasser qu’en les tuant les uns après les autres.

L’Etat possède tous les moyens pour parvenir, tôt ou tard, à étouffer de telles revendications et les actions choisies pour contester ses décisions. C’est une affaire de temps, de méthode et de discrétion. Sous un régime totalitaire ou sous un régime démocratique, la machine fonctionnera de la même façon, imperturbable, inatteignable. Et pour venir à bout des sujets rebelles, on n’économisera aucune méthode. On les enfermera et on les rendra dingues. Paranoïaques, sous-alimentés, isolés les uns des autres, on simulera des suicides et on tentera de les dresser les uns contre les autres. On les laissera pourrir d’eux-mêmes, de l’intérieur, pour ne pas inquiéter l’extérieur.
Ainsi, que trouvera-t-on à redire au sujet d’une problématique politique dont le peuple ignore même l’existence ? Ou presque. Car l’ignorance n’est jamais totale. La réalité se trouve toujours brandie sous nos yeux, au premier plan. Il suffit juste de cesser de faire la netteté sur l’arrière plan. Ce qui nécessite donc une action – de droite à gauche avec les doigts sur le zoom.
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Re: La bande à Baader - Eli Edel (2008)

Message par Gérard Delteil le Ven 27 Aoû - 13:44

Ce film a le mérite de montrer le contexte politique et social dans lequel est née la RAF. Mais, Baader lui-même est présenté comme un demi-cinglé, qui règne sur son groupe comme un chef de gang. Cela parait peu réaliste : s'il avait été aussi impulsif et désordonné, la RAF n'aurait pas réussi à tenir aussi longtemps face à un des plus puissants appareils de répression du monde. La survie d'un groupe terroriste clandestin exige des méthodes rigoureuses. De plus, le film hésite un peu entre le thriller commercial grand public pas dérangeant et le film politique. Le résultat s'en ressent.

A noter : on a l'impression que Baader et ses amis sont traités comme des princes dans leurs cellules, où l'on voit par exemple souvent, en arrière plan, une guitare sur laquelle s'attarde la caméra...
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