Jusqu'à ce que mort s'ensuive - Roger Martin (2008)

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Jusqu'à ce que mort s'ensuive - Roger Martin (2008)

Message par Ham and Jam le Mer 17 Fév - 15:38



« Jusqu’à ce que mort s’ensuive de Roger Martin, fait partie de ces livres que l’on quitte à regret, tant l’envie est forte de continuer le voyage aux côtés de personnages rencontrés sur la ligne des mots ». Le ton est donné par Didier Daeninckx, maître du polar s’il en est. Et l’on ne peut que souscrire à ce point de vue.
Roger Martin, auteur notamment de AmeriKKKa, Voyage dans l’Internationale néo-fasciste et de la bande dessinée AmeriKKKa avec le concours de Nicolas Otéro, poursuit son exploration de l’Amérique ségrégationniste avec ce polar qui sort de l’oubli des faits historiques peu ou pas du tout connus.

Douglas Bradley, fils de bonne famille noire américaine parfaitement intégrée dans l’American way of life (papa est directeur régional chez Coca-Cola …), souhaite s’engager dans l’Académie Militaire et ainsi devenir le nouveau Colin Powell. Une lettre de refus « en application du règlement intérieur de l’armée des Etats-Unis » va anéantir ses espoirs. Et le pousser à comprendre les raisons de ce refus improbable. Douglas Bradley va alors entrer dans un engrenage infernal qui le conduira en Normandie où le passé de son grand-père est enterré dans un cimetière militaire : Robert Bradley a été pendu pour viol en 1944 et repose sous la terre qui l’a vu débarquer quelques jours plus tôt pour libérer l’Europe du joug nazi.
Au fil de sa quête de vérité, Douglas va découvrir le visage de l’Amérique que sa bonne famille lui avait dissimulé : le racisme, la ségrégation, le déni de droits pour les noirs, notamment dans l’armée. Ces droits qui seront bafoués jusque dans ce cimetière clandestin caché des yeux de tous.

Dans un rythme haletant, avec un suspens savamment distillé, le lecteur suit Douglas Bradley, les services secrets de l’armée américaine à ses trousses, dans un parcours dont le dénouement qui exhume de nouveau un fait historique inconnu – la répression de la « Force Noire » sur le sol des Etats-Unis - confère à Roger Martin le titre de « grand » du polar.

Un livre « que l’on quitte à regret ».

Cette fiction de Roger Martin est à lire dans la continuité du témoignage de Louis Guilloux, OK, Joe – alors interprète pour les cours martiales américaines en Bretagne en 1944 – qui avait dénoncé ce racisme et la différence de traitement entre accusés noirs et blancs, mais aussi de L’interprète d’Alice Kaplan qui retrace les crimes et procès suivis par Louis Guilloux sur les lieux mêmes de l’action plus de 60 ans après.


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Ham and Jam

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