You can't put your arms around a memory

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You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Ven 20 Juin - 18:56

Certains la connaissent déjà, c'est donc pour les autres et pour Johnny Thunders, aussi, l'incarnation du rock'n'roll loser.



Pat déballa sa guitare avec application. Le soin porté à cette succession de gestes pouvait étonner celui qui ne connaissait du personnage qu’une morgue faite de je-m’enfoutisme ostensible, lustrée par des années de scène locale. Il y avait dans ses mouvements tant de délicatesse et de douceur dans son regard que l’on avait l’impression qu’il extrayait un bébé de son berceau. Puis, indifférent au brouhaha du « On air », le bar-rock le plus déjanté de la ville, il brancha la Telecaster pourpre et rutilante à l’ampli, la suspendit à son portique et délia sa longiligne silhouette. Il adressa une œillade faussement indifférente au public et de manière très sensuelle, fit glisser ses mains sur le micro comme si il le caressait. Il alluma une cigarette et ferma les yeux. On ne voyait que lui. A ses côtés, les autres membres du groupe prenaient position et déjà Jo faisait résonner la ligne de basse répétitive qui ouvrait le premier morceau. Le silence se fit dans la salle, précédé de quelques applaudissements. A la guitare, arc-bouté sur son ampli, Fredo torturait un larsen tandis que Pat ajustait maintenant sa guitare, au niveau des genoux comme il se doit. Enfin, de la pénombre du fond de scène, Denis leva ses baguettes et les frappa quatre fois en cadence. Le cinquième temps se perdit dans un déluge de sons amplifiés que le public encaissa avec un plaisir libérateur d’autant que de ce mur sonore, se détachait la voix de Pat, arrogante et éraillée, comme passée au papier de verre.
Le set des Soulbreakers alternait compositions (paroles en anglais de Pat, musique des Soulbreakers) et reprises de standards. Aussi, entendit on, ce soir là, en plus des morceaux du groupe, des chansons jouées à plein volume du panthéon rock’n’roll du groupe: Les Dogs, Les New York Dolls, les Kinks, les Sonics…
Au terme de deux heures d’un concert brûlant, Denis abandonna un ultime coup de cymbale et les musiciens firent mine de poser leurs instruments. Comme de bien entendu, la salle se mit à crier qu’elle en voulait une autre. Alors, Pat, yeux mi clos et tête abandonné sur une épaule, gratta les premiers accords de « You can’t put your arms around a memory » de Johnny Thunders. Il les fit tourner une minute avant que d’une voix cassée qu’il réussit à rendre émouvante, il entonne :

It doesn’t pay to try
All the smart boys know why
It doesn’t mean I didn’t try
I just never know why
It isn’t cause I’m all alone
Baby you’re not at home...

Echoué au comptoir dans la partie la plus sombre de la salle, un homme, jusque là complètement détaché du concert, tressaillit. A tel point que son verre de bière se répandit sur le sol jonché de ses propres mégots.

***

La Nouvelle Orléans, 22 avril 1991.

A quoi pensait John Anthony Genzale Jr., alias Johnny Thunders, tandis qu’il arpentait les pavés du Quartier français ? Peut être que la mort de Steve Marriott, survenue deux jours plus tôt, le renvoyait elle quelques années en arrière, lorsque, avec Phil Lynott, mort dans les premiers jours de 1986, ils avaient enregistré une superbe version de « Daddy rollin’ stone ». Steve Marriott et Phil Lynott. Et lui, Johnny, avec la came, comme trait d’union entre eux trois. Peut-être ce presque quadragénaire, réalisait-il, au moment où il s’abritait du soleil sous les arcades de Bourbon Street, que la sainte légende du rock’n’roll n’était décidément qu’un mythe rance et mortifère. Décrocher était si difficile…



Les deux français débarquèrent à la Nouvelle Orléans par le hasard de l’auto-stop. Savannah les avait ennuyé, aussi avaient ils décidés de filer vers l’ouest. Un couple de hippies du genre qu’on ne pouvait plus trouver qu’aux U.S.A, combi Volkswagen orné de l’autocollant « nuclear, no thanks. », cheveux longs et patchouli, les avait arrachés au macadam du côté de Montgomery. Le terminus de ce périple à quatre-vingt kilomètres heure était la capitale de la Louisiane. Les deux voyageurs se dirent que l’occasion était belle de connaître le légendaire Deep South, le pays cajun. Et puis, dés le départ, ils avaient pris le parti de l’errance à travers les States plutôt que celui du voyage planifié.
Ils descendirent dans un hôtel au standing au dessus de leurs moyens mais ils n’étaient pas inquiets. Ne visitaient ils pas ce pays parce qu’il était celui des rêves fous et de l’argent facile ?
Ce jour là, ils déambulèrent des heures dans le quartier français, de Bourbon Street au Jackson Square, naviguant entre mimes, cracheurs de feu, clowns et musiciens. Ils visitèrent nombre de bars du Vieux-Carré, se saoulant de bière et de musique de tous styles, jazz, bien sûr, mais aussi Zydeco, cajun. Ils goûtèrent à la cuisine locale à s’en faire crever la panse. C’est en titubant, ivres et heureux que les deux touristes français regagnèrent leur hôtel le soir venu. Plutôt que de monter directement dans leur chambre, ils décidèrent de s’attarder au bar afin de descendre quelques bières. Ils remarquèrent deux hommes vautrés sur les banquettes molles dont l’aspect jurait avec le standing de l’établissement. Le chapeau à large bord de l’un, son costume de lin et sa fine moustache lui donnait l’air d’un jeune aristocrate latino. L’autre, vêtu plus simplement d’un jean, d’une chemise noire et d’une veste de costume de la même couleur, avait le cheveu long et hirsute et portait un gros anneau à l’oreille droite. Ses yeux mi-clos accompagnés d’un incessant grattement du nez trahissaient quelque chose que les routards français connaissaient bien : l’addiction à l’héroïne. Ils restèrent accrocher au comptoir une bonne partie de la soirée, à alterner bières et whiskies et à jeter des regards discrets sur ces hommes dont le visage et le look leur disaient quelque chose. Lorsque ceux-ci se levèrent, ils avaient enfin deviné à côté de qui ils s’étaient saoulé : Willy de Ville et Johnny Thunders. Le premier disparut dans les couloirs de l’hôtel tandis que le second s’approcha du bar, un demi sourire aux lèvres et la démarche hésitante. Ils furent frappés par son visage pâle et creusé, par ses paupières qui clignaient sans cesse et ne s’ouvraient qu’à demi comme si ses yeux ne s’accommodaient jamais vraiment à la lumière pourtant tamisée. En plus de ce regard étrange, s’affichait sur sa face ce sourire ironique qui lui donnait l’air d’être à la fois présent et absent. C’est Daniel le premier qui osa l’aborder en lui demandant s’il buvait quelque chose, ce que Thunders accepta évidemment. La discussion devint plaisante, la rock star à la réputation sulfureuse se montrant aimable. Avec un phrasé lent et hésitant, comme si chaque mot lui arrachait un effort, il parla de la musique de la Nouvelle Orléans, causa de son ami Willy de Ville, de cet autre récemment décédé, Steve Marriott, il évoqua le Japon dont il revenait. Puis, il perdit son regard quelque part au delà de ses bottines à bout pointus avant de leur proposer de finir la soirée dans sa chambre si ils le désiraient. Une soirée avec le fondateur des New York Dolls et des Heartbreakers ! Les français acceptèrent et le suivirent. Qu’attendre de la chambre de Johnny Thunders ? Le manche d’une guitare débordait d’un flight case posé à même le sol, valise éventrée, fringues éparpillées… Sur un guéridon, une liasse de billets se mêlait sans pudeur à divers papiers à côté d’une boite de laquelle Johnny sortit la traditionnelle dinette du junky, cuillère, élastique, seringue. Mais ce n’est pas de l’héroïne qu’il s’envoya dans les veines, mais de la méthadone. Il crut bon préciser qu’il suivait un programme de sevrage depuis l’année précédente.
Les choses se compliquèrent dés cet instant sans qu’ils ne surent jamais les raisons exactes. Certes, il y eut la frustration de ne pouvoir se fixer avec de la vraie came. Thunders sans héroïne, une hérésie ! Certes, sous l’effet de la méthadone, Thunders changea radicalement d’humeur, les insultant sans raison apparente. Et puis il y avait tout ce fric sur la table, plus de deux milles dollars. Mais pourquoi ils rouèrent de coups le pauvre corps de celui qui était une de leur idole, cela leur échappa totalement. Une folie pure. Lorsqu’ils cessèrent de cogner, Johnny respirait encore mais semblait en sale état. Ils hésitèrent alors: alerter les secours, partir vite et loin ou bien… Ils choisirent. Ils emplirent une seringue de méthadone et l’injectèrent dans un bras ballant et déjà passablement perforé. Ils organisèrent enfin une mise en scène sensée duper les flics : une fois le corps nu, ils le placèrent en position fœtale au pied d’un meuble et jetèrent la seringue dans la cuvette des toilettes sans tirer la chasse. Une overdose. C’est comme ça qu’ils imaginaient la mort d’un junky. D’un junky nommé Johnny Thunders. Nu et seul. Daniel et Patrick ramassèrent argent et prescription de substitut à l’héroïne et quittèrent l’hôtel la nuit même et la Nouvelle Orléans au petit matin.

Le corps meurtri des coups de ces deux abrutis, le cerveau farci de méthadone, l’esprit au ralenti mais encore conscient, vers quels horizons pouvaient dériver les pensées de Johnny Thunders en attendant une mort qu’il savait inéluctable ? Voyait il, à la manière de ceux chez qui défile leur vie avant le trépas, ses fans coller aux basques de Thunders-le-junky-flamboyant ? Quelle maldonne par lui entretenue, quelle souffrance, quelle solitude qu’il n’a pourtant jamais cessé de chanter. Et lorsque repus de concerts catastrophiques, d’invectives en public et de dérapages en tout genre, ceux là regagnaient leur vie rangée, où pouvait il aller, lui ? Il ne pouvait retourner à rien d’autre, il était là, entier. Si seul.

***

L’enseigne du bar était éteinte depuis longtemps et le reste du groupe déjà couché lorsque Pat se décida à lâcher le comptoir et à charger son matériel dans le coffre du vieux break. Sous la lumière pâle et luisante de crachin, entre fatigue et alcool, son allure de rocker étincelant n’était qu’un souvenir. Il ressemblait à ce qu’il était, un récent quadragénaire avec mal au dos titubant seul dans la nuit sous le poids d’un ampli trop lourd.
Il ferma le hayon avec soulagement et s’apprêtait à monter dans sa voiture lorsqu’il entendit quelqu’un l’appeler d’un recoin sombre de la ruelle.
« - Patrick ?
- Qui est là ?
Une silhouette qu’il ne reconnut pas s’avança en contre-jour.
- Tu ne me reconnais pas, Pat ?
L’homme s’avança d’un pas supplémentaire de façon à être éclairé par le faible éclat du lampadaire. Il était vêtu pauvrement, les rares cheveux qu’avaient épargné une calvitie avancée étaient hirsutes et le sourire qu’il arborait dévoilait une hygiène dentaire douteuse. Si le gars n’était pas encore totalement estampillé S.D.F, le processus qui mène à la cloche était déjà bien entamé. Pat ne le reconnut pas.
- Daniel, Pat. C’est moi, Daniel.
- Daniel ?
- Ca fait un choc, hein ?
- Non…enfin, ouais. Ca fait un bail.
- Seize ans et quelques. Depuis notre retour de la Nouvelle Orléans. Tu n’as pas oublié la Nouvelle Orléans ?
- Je n’ai rien oublié.
- Et je te retrouve dans ce bar quelconque à reprendre des morceaux de ce bon vieux Johnny. Avec une certaine élégance, à défaut de talent, je reconnais.
- Je ne sais pas comment je dois prendre ça mais merci quand même. Et toi, qu’est ce que tu deviens ?
Daniel éclata d’un rire sans joie qui se termina en toux grasse. Pat se sentait mal à l’aise. Jamais il n’aurait imaginé rencontré Daniel un jour. Ils s’étaient quitté à Roissy en avril 91 en se disant « à la prochaine », mais l’un comme l’autre savait qu’ils ne se reverraient plus. Bien que jamais ils ne se désolidarisèrent dans la tourmente de cette nuit folle, ce qui s’était passé dans cet hôtel de la Nouvelle Orléans avait définitivement fracassé leur amitié.
- Pas grand chose. Ca fait seize ans que je suis un pas grand chose. Que je cauchemarde, que je pleure, que je picole.
- Faut mettre ça de côté maintenant, Dan. Thunders était un junky, alors mort plus tôt ou plus tard, pour ce que ça aurait changé...
- Espèce d’ordure !
Daniel avança brusquement vers Patrick en plongeant une main de sa poche de laquelle il dégagea un opinel ouvert. De l’autre, il attrapa Patrick à la gorge et le plaqua violemment contre sa voiture.
- Je vais te buter, salopard. T’avais pas le droit !
Patrick, à court d’oxygène, parvint quand même à murmurer.
- Pas…pas le droit de quoi ?
L’haleine de Daniel était chargée d’alcool et de tabac froid. Sous le nez de Patrick, son visage coupe-rosé prématurément vieilli s’agitait et, fixés à son regard, deux yeux noirs brillaient d’un éclat de folie. Il avait peur.
- Pas le droit de t’en sortir si bien, sans remords ni regrets ! Regarde moi ! Pas le droit de reprendre ses chansons et surtout pas celle-là, pas le droit de prendre ce nom ridicule de Soulbreakers ! En souvenir des Heartbreakers, je suppose ? Regarde moi, je t’ai dit ! Je ne suis plus grand chose, mais toi t’es encore pire ! Un poseur sinistre et pathétique, un mec qui n’a jamais fait le deuil de ses rêves d’adolescent sans jamais avoir eu le talent pour les réaliser. Tu l’as tué…
- Toi aussi, merde !
Il avait répliqué dans un sursaut indigné.
- Ta gueule ! Toute ma putain de vie, je paierais mon acte. Toi, tu vas le solder ce soir !
Pour montrer le sérieux de la menace, il brandit la lame rouillée devant les yeux affolés de Patrick dont le pantalon de scène s’auréolait à l’entrejambe. Dans un souffle qui laissa de la salive aux commissures des lèvres, il parvint à balbutier:
- Et tu seras un assassin pour la deuxième fois.
- Comme toi. Tu as tué deux fois la même personne.
Il ne se passa rien pendant un temps que Patrick jugea interminable puis au lieu d’enfoncer la lame entre ses côtes comme celui ci s’y attendait, Daniel lâcha prise et disparut dans la nuit.

Tandis que, sur l’avenue en contrebas, les lumières des phares déchiraient l’étoffe épaisse de la nuit, un homme dont la vie n’était qu’affaire de prestance, pleurait à genoux sur un trottoir humide. C’est sur son propre sort qu’il sanglotait.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par stalker le Sam 21 Juin - 15:22

Je ne connaissais pas ce texte.
La forme de cet hommage me plaît bien. Je ne connais pas suffisamment la vie de Thunders pour pouvoir distinguer dans le texte les touches de fiction de la part de réalité. Mais peu importe après tout ; ça fonctionne assez bien.

Quelques petites notes :
- L'abondance de références musicales peut être étouffante par endroits, selon moi.
- Certaines tournures sont assez intéressantes, mais elles s'opposent à d'autres qui apparaissent passe-partout, atténuant le côté personnel du texte.
- Pas mal d'erreurs ou de manque de ponctuation, puis quelques fautes de conjugaison.

Au plaisir de te relire ici.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Sam 21 Juin - 19:46

Merci Stalker. Pour ce qui est de Thunders et de sa mort, il y a la version officielle, trouvé mort d'OD dans la chambre d'un hôtel de New Orleans, nu en position foetale. Une mort très commode pour une police sudiste peu encline à procéder à une enquête sérieuse pour un yankee toxico, rocker et chevelu. Parce qu'il existe des zones d'ombre et des questions auxquelles il n'y a pas de réponse.
- Qu'est devenu son fric et sa méthadone (JT était en cours de désintox, ce qui semble contradictoire avec la version officielle) ?
- Qui étaient les deux mecs que l'on a vu avec lui dans la soirée ?
- La position du corps, cette nudité, ces seringues jetées ostensiblement dans la chambre, tout cela n'est il pas too much, trop collant à l'image que renvoyait le gars ?

Le reste c'est de la fiction...

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par Replay le Sam 21 Juin - 19:55

Même avis que Stalker. Des bricoles.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par edmond Gropl le Mar 1 Juil - 11:59

L'autre soir, sur Arte, y'avait ça:

Ils n'ont montré que des extraits. Le peu que j'ai vu du bonhomme Thunders ajoutait de la dramaturgie à ton texte.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Mer 2 Juil - 13:26

Merde, loupé. C'est un truc que j'ai envie de voir depuis longtemps. Lech Kowalski a été un des premiers à émettre de sérieux doutes sur la mort de Johnny. Il a découvert ce mystère en voulant faire un docu sur les derniers jours de JT.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par edmond Gropl le Mer 2 Juil - 13:56

A noter le commentaire an bas d'affiche "Darkly hilarious", ca se traduit par?

Ce que j'ai vu, c'était dans Tracks, un portrait de Lech Kawelsky, quelques secondes ou on voit J. Thunders sur scène qui ne tient debout que par le produit qu'il a dans les veines.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Mer 2 Juil - 14:01

Je ne sais pads comment traduire ça...C'est du punk.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par Replay le Lun 7 Juil - 0:33



***
Tiens, qu'en penses-tu ?


Pat déballa sa guitare avec application. Le soin porté à cette succession de gestes pouvait étonner celui qui ne connaissait du personnage qu’une morgue faite de je-m’enfoutisme ostensible, lustrée* par des années de scène locale. Il y avait dans ses mouvements tant de délicatesse et dans son regard tant de douceur qu’on avait l’impression qu’il soulevait un bébé de son berceau.
Indifférent au brouhaha du « On air », le bar-rock le plus déjanté de la ville, il brancha la Telecaster pourpre et rutilante à l’ampli, la suspendit à son portique et redressa sa silhouette longiligne. Il adressa une œillade faussement indifférente au public et de manière très sensuelle, fit glisser ses mains sur le micro comme si il le caressait. Il alluma une cigarette et ferma les yeux.
On ne voyait que lui. A ses côtés, les autres membres du groupe prenaient position tandis que Jo faisait résonner la ligne de basse répétitive, celle qui ouvrait le premier morceau. Il y eut quelques applaudissements, puis le silence se fit dans la salle. A la guitare, arc-bouté sur son ampli, Fredo torturait un larsen tandis que Pat ajustait maintenant sa guitare, au niveau des genoux . Dans la pénombre du fond de scène, Denis leva enfin ses baguettes et frappa quatre fois en cadence. Le cinquième temps se perdit dans un déluge de sons amplifiés que le public encaissa avec un plaisir libérateur. De ce mur sonore émergeait la voix de Pat, arrogante et éraillée, comme passée au papier de verre.
Le set des Soulbreakers alternait compositions (paroles en anglais de Pat, musique des Soulbreakers) et reprises de standards. Aussi, entendit on, ce soir là, en plus des morceaux du groupe, des chansons jouées à plein volume du panthéon rock’n’roll du groupe: Les Dogs, Les New York Dolls, les Kinks, les Sonics…
Au terme de deux heures d’un concert brûlant, Denis conclut d’un ultime coup de cymbale et les musiciens firent mine de poser leurs instruments. Comme de bien entendu, la salle se mit à crier qu’elle en voulait une autre. Alors, Pat, yeux mi clos et tête abandonnée sur une épaule, gratta les premiers accords de « You can’t put your arms around a memory » de Johnny Thunders. Il les fit tourner une minute avant d’entonner d’une voix émouvante, cassée:

It doesn’t pay to try
All the smart boys know why
It doesn’t mean I didn’t try
I just never know why
It isn’t cause I’m all alone
Baby you’re not at home...

Echoué au comptoir dans la partie la plus sombre de la salle, un homme, jusque là indifférent à la musique, tressaillit et se mit à trembler à tel point qu’il renversa son verre de bière qui répandit sur le sol, imbibant les mégots qu’il avait jetés à ses pieds au cours des heures précédentes.

***

La Nouvelle Orléans, 22 avril 1991.

A quoi pensait John Anthony Genzale Jr., alias Johnny Thunders, tandis qu’il arpentait les pavés du Quartier français ? Peut être que la mort de Steve Marriott, survenue deux jours plus tôt, le renvoyait quelques années en arrière, au temps où lui et Phil Lynott, mort dans les premiers jours de 1986, avaient enregistré une superbe version de « Daddy rollin’ stone ». Steve Marriott et Phil Lynott. Et lui, Johnny, avec la came, comme trait d’union entre eux trois. Peut-être ce presque quadragénaire, réalisait-il, au moment où il s’abritait du soleil sous les arcades de Bourbon Street, que la sainte légende du rock’n’roll n’était décidément qu’un mythe rance et mortifère. Décrocher était si difficile…


Les deux français débarquèrent à la Nouvelle Orléans grâce aux hasards de l’auto-stop. Savannah les avait ennuyés, aussi avaient ils décidé de filer vers l’ouest. Un couple de hippies, du genre qu’on ne pouvait plus trouver qu’aux U.S.A, combi Volkswagen orné de l’autocollant « nuclear, no thanks. », cheveux longs et patchouli, les avait arrachés au macadam du côté de Montgomery. Le terminus de ce périple à quatre-vingt kilomètres heure était la capitale de la Louisiane. Les deux voyageurs se dirent que l’occasion était belle de connaître le légendaire Deep South, le pays cajun. Et puis, dés le départ, ils avaient choisi l’errance à travers les States plutôt que le voyage planifié.
Ils descendirent dans un hôtel bien au dessus de leurs moyens mais ils n’étaient pas inquiets. Ce pays était celui des rêves fous et de l’argent facile.
Ce jour là, ils déambulèrent des heures dans le quartier français, de Bourbon Street au Jackson Square, naviguant entre mimes, cracheurs de feu, clowns et musiciens. Ils visitèrent nombre de bars du Vieux-Carré, se saoulant de bière et de musique de tous styles, jazz, bien sûr, mais aussi Zydeco, cajun. Ils goûtèrent à la cuisine locale à s’en faire crever la panse. C’est en titubant, en touristes ivres et heureux qu’ils regagnèrent leur hôtel le soir venu. Plutôt que de monter directement dans leur chambre, ils firent escale au bar afin de descendre quelques bières supplémentaires. Il n’y avait plus grand monde dans le salon de l’hôtel, mais les français remarquèrent deux hommes dont l’aspect jurait avec le standing de l’établissement. L’un avait un chapeau à larges bords, un costume de lin et une fine moustache qui lui donnaient l’air d’un jeune aristocrate latino. L’autre, vêtu plus simplement d’un jean, d’une chemise et d’une veste de costume noirs, avait le cheveu long, hirsute, et portait un gros anneau à l’oreille droite. Il avait les yeux mi-clos et se grattait sans arrêt le nez, symptômes archiconnus de l’addiction à l’héroïne. Les français restèrent accrochés au comptoir une bonne partie de la soirée, à alterner bières et whiskies et à jeter des regards discrets sur ces hommes dont le visage et le look leur donnait une impression de déjà-vu. Lorsque ceux-ci se levèrent, les touristes réalisèrent enfin à côté de qui ils s’étaient saoulés : Willy de Ville et Johnny Thunders. Le premier disparut dans les couloirs de l’hôtel tandis que le second s’approcha du bar, un demi sourire aux lèvres et la démarche hésitante. Ils furent frappés par son visage pâle et creusé, par ses paupières qui clignaient sans cesse et ne s’ouvraient qu’à demi comme si ses yeux ne s’accommodaient pas à la lumière pourtant bien faible. En plus de ce regard étrange, s’affichait sur sa face ce sourire ironique qui lui donnait l’air d’être à la fois présent et absent. Daniel l’aborda le premier, osa lui demander s’il buvait quelque chose. Thunders accepta comme s’il s’était agi d’une évidence. Avec un phrasé lent et hésitant, comme si chaque mot lui arrachait un effort, la rock star parla de la musique de la Nouvelle Orléans, causa de son ami Willy de Ville, de cet autre récemment décédé, Steve Marriott, il évoqua le Japon dont il revenait. Puis, il perdit son regard quelque part au delà de ses bottines à bout pointus avant de proposer de finir ensemble la soirée dans sa chambre . Une soirée avec le fondateur des New York Dolls et des Heartbreakers ! Les français acceptèrent et le suivirent.
Le manche d’une guitare débordait d’un flight case posé à même le sol, valise éventrée, fringues éparpillées… Sur un guéridon, une liasse de billets se mêlait sans pudeur à quelques papiers à côté d’une boite de laquelle Johnny sortit la traditionnelle dinette du junky, cuillère, élastique, seringue. Méthadone, précisa Johnny Thunder, il suivait un programme de sevrage depuis l’année précédente.
Les choses se compliquèrent dés cet instant sans qu’ils puissent en découvrir jamais les raisons exactes. Thunders changea radicalement d’humeur, se mit à les insulter. Il y avait tout ce fric sur la table, plus de deux mille dollars. Pourquoi rouèrent-ils de coups celui qui était une de leurs idoles ? Ils cognèrent, cognèrent, et lorsqu’ils cessèrent de cogner, Johnny respirait encore mais semblait en sale état.
Ils emplirent une seringue de méthadone et l’injectèrent dans un bras ballant déjà passablement perforé.
Ils le déshabillèrent et l’arrondirent en position fœtale au pied d’un meuble. Ils jetèrent la seringue dans la cuvette des toilettes sans tirer la chasse. Overdose. C’est comme ça qu’ils imaginaient la mort d’un junky. D’un junky nommé Johnny Thunders. Nu et seul. Daniel et Patrick ramassèrent l’argent, l’ordonnance pour la méthadone et quittèrent l’hôtel la nuit même puis la Nouvelle Orléans au petit matin.

Le corps meurtri, l’esprit au ralenti mais encore conscient, vers quels horizons pouvaient dériver les pensées de Johnny Thunders en attendant sa mort? Son cerveau farci de méthadone lui envoyait-il un défilé de fans pourle consoler, pour glorifier Thunders-le-junky-flamboyant ? Le junky qui chantait la souffrance de la solitude à des hommes qu’il invectivait, qui venaient le voir s’exhiber dans des concerts catastrophiques puis regagnaient leur vie rangée. Ils rentraient chez eux, mais où pouvait il aller, lui ? Il ne pouvait retourner à rien d’autre, il était là, entier. Si seul.

***

L’enseigne du bar était éteinte depuis longtemps et le reste du groupe déjà couché lorsque Pat se décida à lâcher le comptoir et à charger son matériel dans le coffre du vieux break. Sous la lumière pâle et luisante de crachin, entre fatigue et alcool, son allure de rocker étincelant n’était qu’un souvenir. Il ressemblait à ce qu’il était, un quadragénaire qui avait mal au dos titubant seul dans la nuit sous le poids d’un ampli trop lourd.
Il ferma le hayon avec soulagement et s’apprêtait à monter dans sa voiture lorsqu’il entendit quelqu’un l’appeler.
« - Patrick ?
Une silhouette qu’il ne reconnut pas sortit d’un recoin sombre de la ruelle et s’avança en contre-jour.
- Tu ne me reconnais pas, Pat ?
L’homme fit un pas supplémentaire et se tint sous le lampadaire. Il avait des fringues miteuses, les cheveux emmêlés et les dents abîmées. Si le gars n’était pas encore totalement estampillé S.D.F, le processus qui mène à la cloche était déjà bien entamé. Pat ne le reconnut pas.
- Daniel, Pat. C’est moi, Daniel.
- Daniel ?
- Ca fait un choc, hein ?
- Non…enfin, ouais. Ca fait un bail.
- Seize ans et quelques. Depuis notre retour de la Nouvelle Orléans. Tu n’as pas oublié la Nouvelle Orléans ?
- Je n’ai rien oublié.
- Et je te retrouve dans ce bar quelconque à reprendre des morceaux de ce bon vieux Johnny. Avec une certaine élégance, à défaut de talent, je reconnais.
- Je ne sais pas comment je dois prendre ça mais merci quand même. Et toi, qu’est ce que tu deviens ?
Daniel éclata d’un rire triste qui se termina en toux grasse. Pat se sentait mal à l’aise. Jamais il n’aurait imaginé rencontrer Daniel un jour. Ils s’étaient quitté à Roissy en avril 91 en se disant « à la prochaine », mais l’un comme l’autre savait qu’ils ne se reverraient plus. Leur amitié s’était définitivement fracassée dans cet hôtel de la Nouvelle Orléans.
- Pas grand chose. Ca fait seize ans que je suis un pas grand chose. Que je cauchemarde, que je pleure, que je picole.
- Faut mettre ça de côté maintenant, Dan. Thunders était un junky, alors, un peu plus tôt ou plus tard, pour ce que ça aurait changé...
- Espèce d’ordure !
Daniel avança brusquement vers Patrick. Il le plaqua violemment contre sa voiture et lui posa sur la gorge l’Opinel qui ne quittait jamais le fond de sa poche.
- Je vais te buter, salopard. T’avais pas le droit !
Patrick, à court d’oxygène, parvint quand même à murmurer.
- Pas…pas le droit de quoi ?
L’haleine de Daniel puait l’alcool et le tabac froid. Son visage couperosé se crispait, se tordait et ses yeux noirs brillaient d’un éclat de folie. Il avait peur.
- Pas le droit de t’en sortir si bien, sans remords ni regrets ! Regarde moi ! Pas le droit de reprendre ses chansons et surtout pas celle-là, pas le droit de prendre ce nom ridicule de Soulbreakers ! En souvenir des Heartbreakers, je suppose ? Regarde moi, je t’ai dit ! Je ne suis plus grand chose, mais toi t’es encore pire ! Un poseur sinistre et pathétique, un mec qui n’a jamais fait le deuil de ses rêves d’adolescent sans jamais avoir eu le talent pour les réaliser. Tu l’as tué…
- Toi aussi, merde !
Il avait répliqué dans un sursaut indigné.
- Ta gueule ! Toute ma putain de vie, je paierai mon acte. Toi, tu vas le solder ce soir !

Pour montrer le sérieux de la menace, il brandit la lame rouillée sous les yeux de Patrick dont le pantalon de scène s’auréolait à l’entrejambe.
Dans un souffle qui lui laissa de la salive aux commissures des lèvres, il parvint à balbutier:
- Et tu seras un assassin pour la deuxième fois.
- Comme toi. Tu as tué deux fois la même personne.
Il ne se passa rien pendant un temps que Patrick jugea interminable puis au lieu d’enfoncer la lame entre ses côtes comme celui ci s’y attendait, Daniel lâcha prise et disparut dans la nuit.

Tandis que, sur l’avenue en contrebas, les lumières des phares déchiraient la nuit, un homme dont la vie n’était qu’affaire de prestance, pleurait à genoux sur un trottoir humide. C’est sur son propre sort qu’il sanglotait.


*lustrée, là je ne comprends pas du tout ce que tu veux dire: exacerbée ou atténuée ?

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Lun 7 Juil - 20:59

Merci Replay, je vais me lire ça bien tranquillement.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par Ernest Kurtz le Ven 9 Avr - 20:19

J'arrive bien après la bataille, tel le carabinier moyen, mais bon... en farfouillant le forum, le titre m'a attiré évidemment.
Je me permets de donner un rapide et bien tardif avis à chaud : J'aime beaucoup ce texte. Vraiment. Style, fond, l'idée, etc... Il me plait vraiment bien (et me cause pas mal), bravo! Sauf que... je trouve que la dernière phrase n'est pas au niveau. Désolé, je la trouve un rien cliché, je crois que j'aurais aimé quelque chose de bien plus dérisoire ou mesquin; il y a un côté rédemption du personnage que je trouve facile. J'aurais préféré que tu ne le sauves pas.
Bon, c'est juste un ressenti perso.
Cela dit, il m'a bien replongé dans des souvenirs des années 80. A l'époque, on avait une private joke sur JT, à force de le voir passer toujours dans la même salle parisienne: "Thunters, il joue pas au Gibus, il HABITE au Gibus". (Je sais, ça ne parle qu'à moi, mais ton texte m'a fait ressurgir à la mémoire cette vanne -pourrie- et j'en souris encore).
Sinon, tu en as fait quelque chose de ce texte ?

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Ven 9 Avr - 20:25

Ben, je l'ai déposé sur Noir Bazar et il y est encore et tu l'as fait revivre et c'est chouette.
La dernière phrase, c'est drôle, mais je la vois comme le contraire d'une rédemption, un mec qui ne peut que s'apitoyer que sur lui même. Je la voulais sans concession pour le personnage. Mais bon, c'est un peu loupé.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par Ernest Kurtz le Ven 9 Avr - 20:37

Comme quoi, l'interprétation personnelle que chacun fait d'une phrase.
Sinon, ma question, c'était pour le cas où tu serais intéressé par un concours de nouvelles rock (en cliquant sur le mot "rock" ci-avant, tu tomberas sur la page)

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Ven 9 Avr - 23:50

Je clique où ?

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par limbes le Sam 10 Avr - 0:25

Sur rock, Txoa (après "nouvelles")
Dis donc, tu es à la masse (enfin je dis ça, mais moi aussi je suis à la masse)

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par Ernest Kurtz le Sam 10 Avr - 11:21

http://sites.google.com/site/mycafecastor/reglement
La prochaine fois, je mets le lien en gras souligné couleurs relief.
Pour ledit concours, date limite = 1er mai.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Sam 10 Avr - 16:18

Mmmfff..., je l'ai expédié cette nuit du coup. Merci.

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par Ernest Kurtz le Mar 22 Juin - 16:35

Tiens, par curiosité, je suis allé jeter un nouveau coup d'œil sur le site de ce concours. Pas pris le temps de lire les nouvelles gagnantes mais j'ai vu que la tienne avait été parmi la vingtaine retenue pour la sélection finale sur les 313 reçues au total. Même si tu n'as pas décroché le pompon, congratulations, man!

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Re: You can't put your arms around a memory

Message par txoa le Mar 22 Juin - 22:43

Merci...man.

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Re: You can't put your arms around a memory

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