L'année du Dragon - Michael Cimino (1985)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

L'année du Dragon - Michael Cimino (1985)

Message par Manuel le Ven 22 Jan - 16:52




Un film-phare des années 80, réalisé par Michael Cimino, sur un scénario d'Oliver Stone, avec Mickey Rourke.

THÈME : Un jeune chef ambitieux prend la tête de la mafia chinoise à New York. Pour assurer son pouvoir, il va jusqu'à s'allier aux seigneurs du Triangle d'Or. Cela provoque une guerre sanglante à Chinatown. C'est alors qu'un policier décide de s'attaquer à la mafia. Tout seul, sans l'aide de personne. En effet, il est de toute façon rejeté par ses supérieurs. Il ne pourra compter que sur le soutien (plus ou moins spontané) d'une jeune journaliste d'origine chinoise qui deviendra son amante. Pourtant, et sans s'attarder sur le choix des méthodes, il parviendra à neutraliser ses ennemis et à arrêter le jeune chef. Son combat solitaire aura été victorieux.

LE FILM : C'est un film-phare des années 80. Un des gros succès commerciaux de la décennie. Il fut aussi nominé pour plusieurs prix, notamment le césar du meilleur film étranger : mais les jurés lui préférèrent « La rose pourpre du Caire », de Woody Allen. Sans vouloir polémiquer, ce choix ne me paraît guère judicieux. Il contribua à lancer Oliver Stone, ici scénariste. Et il fit de Mickey Rourke une star. Malheureusement, cet acteur ne fit pas la carrière qu'on lui prédisait.

REACTIONS : Ce fut une des grandes polémiques de la décennie. En résumé, on accusait ce film d'être raciste. Je me souviens personnellement d'un long article dans Libé qui soutenait cette thèse en alignant les arguments et en dénigrant à peu près tout. Aujourd'hui, les critiques estiment plus simplement que Michael Cimino faisait une allégorie sur lui-même : rejeté par les studios, il devait se battre seul pour retrouver sa place dans le cinéma.

INVRAISEMBLANCES : Ce film contient des incohérences et invraisemblances qui frappent avec le recul. Déjà, le thème central : un flic qui s'attaque tout seul à la mafia. Cela ne résiste pas à une analyse de cinq minutes. Il y a aussi la scène où le même flic va casser la figure au chef mafieux : invraisemblable qu'un leader de la mafia n'ait pas une armée de gardes du corps pour le protéger ! On ajoutera que l'obstination du héros à parler du Vietnam et de ses origines polonaises finit par devenir franchement énervant. Pourtant, et paradoxalement, ces incohérences expliquent en partie la qualité du film, car elles le distinguent des polars de l'époque, plus formatés. Impossible, du reste, de savoir si lesdites incohérences étaient dans le scénario ou si elles furent le produit du montage.

DOCUMENTATION : Contrairement aux accusations lancées à l'époque, le film était fort bien documenté. On voit la mafia chinoise organisée en familles où règne un grand respect entre parents et enfants : très juste. On voit aussi le chef mafieux se livrer à des oeuvres sociales, notamment en finançant les études d'une jeune fille pauvre : très juste aussi. Et quand le flic lance que le concept de mafia est né en Chine et non en Sicile, c'est une vérité historique. Le seul reproche est qu'on ne voit pas le cérémonial qui entoure les réunions de ces organisations... mais il est vrai que personne ne le connaît !

MOTS TABOUS : Dans « le Parrain », on n'entendait jamais prononcer le mot « mafia ». Ici, on n'entend jamais les mots « Triades » ou « Tongs », lesquels sont pourtant les noms des mafias chinoises.

CONCLUSION : Cette oeuvre demeure un film-phare des années 80. Sortis des polémiques, il nous reste un polar palpitant, à voir et à revoir.
avatar
Manuel

Messages : 311
Date d'inscription : 23/04/2009
Localisation : Paris

Voir le profil de l'utilisateur http://manuelruiz.canalblog.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum